Dans une société où le paraître prend trop souvent le pas sur l’être, il est temps de permettre à chaque être humain de découvrir sa vraie identité...
Il est aujourd’hui facile de constater que le corps occupe une place de plus en plus importante dans notre société de consommation. Il est une « valeur » de notre monde moderne et occidental qui amène nombre de personnes à s’y intéresser, et quelques unes à tout centrer sur lui. Les codes sociaux nous imposent une image quasiment unique : le corps doit être harmonieux, avec des mensurations préétablies qui sont rien moins que celles d’un homme ou d’une femme au statut idéal. Et quand nous ne disposons pas de ce corps parfait, il nous est quasiment imposé de nous transformer afin de ressembler à cette norme. Magnanimes, les marchands de tous poils nous aident en nous vendant tout ce qui nous devient nécessaire : régimes, salles de fitness, soins et chirurgie esthétique… Sont-ils bons avec nous !
Est-il besoin de rappeler que le corps est vivant et évolue avec le temps en fonction de différents facteurs ? Sportif ou sédentaire, gros mangeur ou « soupe légère », professionnel de l’agriculture, du bâtiment, mineur de fond ou employé de bureau… nous voyons tous notre corps se transformer en fonction de la vie que nous menons. Or, dans le même temps, notre époque impose – à qui veut bien se laisser se l’imposer - le poids des interdits moraux qui font du corps un « objet social » matraqué par la publicité autour d’images qui le façonnent en un objet de consommation. Grotesque tentative de faire de nous des femmes objet ou des hommes machine à la beauté pensée, prévue, outrageusement suggérée, voire carrément imposée.
Plus que jamais, l’industrie de l’apparence est florissante. Les régimes amaigrissants ne cessent d’augmenter leur nombre, des maladies mentales concernant le poids sont de plus en plus fréquentes, les capitaux investis dans les recherches cosmétiques et dans la chirurgie plastique sont en hausse constante et le recours à des méthodes drastiques de modification du physique sont utilisées par des personnes de plus en plus jeunes.
Faut-il pour autant se perdre dans l’illusion que seuls peuvent nous donner la beauté le chirurgien esthétique, les mille et un produits cosmétiques, l’esthéticienne, les régimes, les cures… ? C’est bien ce que voudraient nous faire avaler les magazines – féminins et masculins – qui vivent de la manne publicitaire des vendeurs de beauté. En 2003, le magazine américain Teen rapportait que 35 % des jeunes filles de 6 à 12 ans avaient déjà suivi au moins une régime, et que 50 à 70 % d’entre elles croyaient souffrir d’embonpoint alors que leur poids était tout à fait normal.
Pour notre monde « moderne », l’apparence des choses et des gens est devenue bien plus importante que la profondeur d’une personne, d’une action ou d’une pensée. Voyez comme le cinéma et, plus encore, la télévision, révélateurs de notre société, ne nous montrent que du fantasme : des filles qui ne vieillissent pas, des hommes tout aussi beaux, des situations de rêve, et parfois quelques idées pour faire illusion.
Que transmettons-nous alors à nos enfants ? Car tous ces modèles, ainsi que l’attitude même des parents, peuvent inciter un(e) adolescent(e) à vouloir maigrir ou à entreprendre un régime, rarement pour améliorer la santé mais surtout pour avoir une meilleure apparence, pour plaire au sexe opposé ou pour s’aimer davantage. Les parents qui ont suivi régime après régime, qui portent des critiques négatives sur leur propre corps ou sur celui de l’adolescent l’encouragent, souvent sans le vouloir, à s’interroger sur sa propre physionomie.
Souvenons-nous que chez les Grecs anciens, avoir un beau corps, un corps sain, relevait avant tout d’une profonde sérénité en parfaite correspondance avec l’harmonie de l’univers. C’est pourquoi le culte du corps fut rapidement lié à une activité religieuse. C’est par lui que les hommes ressemblaient aux Dieux et par Eux qu’ils pouvaient le protéger. Ainsi, un beau corps résultait-il avant toute chose, d’un équilibre interne de la passion et de la raison.
Arrêtons d’être des « otages », apprenons plutôt à prendre soins de nous, à nous faire plaisir, car , oui, la notion de plaisir est importante dans tous les domaines de la vie.
Réapprenons à manger de tout, osons être nous - mêmes.
Prenons soins de notre beauté intérieure.
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