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Il y a Mémoire et Mémoire : La véritable fracture numérique

Article publié le 22 mai 2008

Le symbole est, éthymologiquement parlant, une pièce cassée en deux morceaux.

La réunion des deux permet de retrouver le sens originel/al.

C’est ainsi que fonctionne le cerveau de l’homme à partir de ce qui est prétendu être de la connaissance stockée, en fournissant la partie qui permet de "donner du sens" à ce qui, en son état morcelé, n’en a aucun.

La numérisation, qui semble faire gagner du temps, de la place, de l’énergie ... aux systèmes qu’utilise l’homme, est en fait un procédé qui demande de plus en plus à ... la seconde partie de la pièce, à savoir : la capacité que possède l’homme de redonner ce qui manque au code pour "signifier".

Cette économie apparente en est-elle réellement une ?

Certains signes, notamment chez les plus jeunes et les plus âgés, ne montrent-ils pas que ce gain n’est en fait que tout à fait temporaire ?

C’est cette question de l’épuisement de la mémoire et de ses conséquences qui est abordée dans l’article.

La conclusion n’en est qu’ébauchée, l’intégration des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (qui consistent, en partie, à réclamer de plus en plus de compétences en matière de "reconnaissance de forme" de la part de "l’interagi") n’irait pas d’elle-même, et surtout pas pour les âges où la pensée est en formation.

Vers un retour souhaitable à une certaine dose d’analogique ?

La dernière mode en matière de pédagogie est de « réhabiliter » la mémoire.

Cette qualité de la pensée qui avait été jugée, de façon un peu hâtive, plutôt inutile, dans un monde où il existe une foultitude de prolongements technologiques du cerveau, permettant de le soulager de ce qui était alors surtout considéré comme un effort.

Ainsi, la mémoire est désormais reconnue comme utile dans la phase d’apprentissage des petits d’hommes, pour « aider les structures permettant la résolution de problème » à tenir en place dans un esprit, mais aussi pour ce qu’elle donne de consistance à la pensée des « vieillissants »

Fort bien ! Il est toujours agréable de voir un anathème ou un mépris tomber.

Mais il y a mémoire et mémoire.

A quelqu’un qui me disait récemment, à propos de mon orthographe (encore défaillante, mais en amélioration constante depuis la petite école)

« Il suffit de se rappeler que … »

Je posais la question, restée sans réponse :

« Oui, mais comment fais-tu pour te rappeler ? »

A propos des méthodes de « rappel », chacun connaît d’ardents partisans des moyens mnémotechniques. Ces procédés qui permettent précisément de « retenir une information » (prétendument) sans gros effort de mémoire.

Voilà semble-t-il, LA solution de ce difficile « rappel ».

Peut-être … sauf qu’il s’agit ici d’un artifice, d’une ruse qui repose précisément sur les compétences de la mémoire et s’en sert, au-delà des apparences, pour obtenir le résultat visé.

Un petit détour par une des erreurs - liées aux insuffisances de certains raccourci de théories de l’information - qui abondent dans le livre d’Ollivier Dyens (« La condition Inhumaine ») permet d’illustrer le tour de passe-passe.

En effet, l’auteur y prétend que l’on peut compacter l’information « dix » en utilisant moins de dix éléments.

Et monsieur Dyens, d’exhiber fièrement l’écriture symbolique 10 qui ne nécessite que deux signes, avec une économie apparente de 80%.

Il y a effectivement escamotage de la réalité du procédé. En effet, non seulement l’auteur semble oublier que dans le mot utilisé « dix » il n’y avait déjà plus que trois caractères (et là aussi un compactage qui n’en est pas un pour les raisons qui vont suivre), mais surtout, il occulte le mécanisme de décompactage qui permet de lire et comprendre ce « 10 ».

Car en réalité, toute l’information n’existe pas dans l’écriture « 10 » (Pas plus d’ailleurs que dans « dix », alors qu’elle s’y trouve - en grande partie - dans I I I I I I I I I I)

Les 70% ou 80% d’information soi-disant « économisés » se trouvent bien quelque part (analogie avec les fausses économies faites sur des produits payés en partie par un moyen détourné : taxes, impôts, coût annexes cachés …)

Pour preuve l’attitude que l’on peut très bien imaginer de la part d’un fin lettré chinois du IIIème siècle, mis face à ces caractères.

Quelle information y lirait-il ? (Aucune de celle censées s’y trouver !)

Ainsi en est-il du moyen mnémotechnique qui s’appuie très largement sur des éléments déjà résidents en mémoire.

On pourra objecter que « pourtant cela marche » (1)

Et effectivement, dans certains cas, une grande quantité d’information peut-être mémorisée (voir « l’art de la mémoire » ) au moyen de quelques éléments « mnémotechniques ».

L’analyse des meilleurs d’entre eux (voir l’ouvrage cité) montre qu’ils s’appuient pour la plupart sur une grande quantité d’analogie qui nourrit d’un « sens annexe » la relation établie entre ce qu’il faut mémoriser d’une part et l’auxiliaire de la mémoire (« le moyen mnémotechnique ») de l’autre.

Le sens, les liens de proximité, aident à « retenir » de grands ensembles d’informations, tout simplement parce que l’ensemble a par essence « de la tenue », une « cohérence » et que, comme pour les répliques d’une pièce de théâtre, l’une appelle l’autre et la mémorisation s’en trouve facilité.

C’est pourquoi il faut distinguer deux types différents « d’effort de mémoire ».

L’un recherche une donnée possédant des liens analogiques (cohérence et proximité) avec de grandes entités de sens (ex : chemin permettant de se rendre dans telle clairière) et pour lequel la mémoire est aidée à tout moment par la possibilité de porter « des regards circulaires » d’un lien vers un autre (ce petit buisson en boule sous le très grand chêne, là où il faut obliquer vers un sentier à droite) et donc, de proche en proche, de parvenir, par reconnaissances successives, jusqu’au lieu (à l’information) désiré(e).

(l’analogie spatiale est pertinente, parce que dans ce type d’espace mémoire la notion de distance possède une certaine pertinence)

anatomiquement, le cerveau est surtout de nature analogique, on y reconnaît notamment des "aires" cohérentes

L’autre type d’effort concerne une « île de sens » déconnectée de tout autre territoire. (ex : quel est donc l’interrupteur qui permet d’allumer les lumières du salon ?) et pour lequel seule la force brute de la mémoire permet d’aboutir.

Une des conséquences des choix technologiques qu’a fait l’homme ces dernières décennies, a pour conséquence directe la nécessité de mémoriser en permanence des données en rapport avec l’effort de second type (« îles de sens »)

Ainsi, contrairement à ce que l’on entend souvent dire (c’est le cas dans le livre cité d’Ollivier Dyens) chez un grand nombre de spécialistes des NTIC, la quantité d’informations que doit maîtriser un enfant ou un adulte n’a pas augmenté à notre époque - elle est en effet bien plus grande pour un habitant des forêts amazoniennes – c’est sa nature qui a changé et rend beaucoup plus pénible l’effort nécessaire pour « conserver en mémoire » ces unités fractionnées de sens.

L’un des effets de cette modification du type de lecture du monde et du genre de mémorisation par morceaux sans connexion qu’elle implique, est peut être un certain épuisement des capacités de mémorisation des enfants qui, dès l’école primaire, ont à assimiler d’énormes quantités de données, du fait que les connaissances proposées à son étude ne lui sont pas « compréhensibles » dans des relations d’analogie (seul type de lien non totalement codé) (2)

Il est ainsi tout à fait possible que l’échec croissant des systèmes scolaires occidentaux (3) notamment dans les domaines liés au (bon) sens (par exemple « la résolution de problème » soit du en grande partie à cet épuisement de la mémoire (que l’on peu qualifier de morte : celle où les données stockées n’ont pas ou peu de dynamisme propre vers d’autres données) provocant une saturation-rejet chez les uns, une protection dans la paresse et l’apathie pour d’autres, et même, pour ceux considérés comme les meilleurs éléments, une perversion des capacités de mémorisation. La mémoire se trouvant alors exclusivement orientée vers la capture fixe sans recherche des liens de proximité (voir même en les écartant comme parasite de la perception claire) parce que ce mode est celui qui donne les meilleurs résultats statistiques, en rapport avec le type d’évaluation fragmentée (notamment celles « par compétence ») et la recherche d’une efficacité maximale, locale (toujours ces îles, ces fractions du réel, jugées pour elles-même).

L’enfant et l’adulte, seraient, si cette hypothèse se confirmait, en danger, à la manière du coureur dont les muscles ne parviennent plus à équilibrer les échanges d’oxygènes ce qui rendrait la combustion non permanente (elle brûle alors, dans le cas évoqué, le muscle lui-même de façon irréversible).

Ainsi, l’économie qui avait semblé permettre une acquisition plus rapide de connaissances élaborées, n’en était en définitive pas une.

A vouloir épargner le coût (notamment en temps) de la forme et du passage par un support choisi (c’est cette économie que revendique l’informatique comme un progrès essentiel) considéré comme un frein à la circulation de l’information, c’est dans une collection d’objets et de concepts îles, totalement abstraits, que l’on a immergé l’enfant (4)

L’illusion de la réussite persiste en général jusqu’à l’entrée en sixième, mais pour ceux qui ont pu observer l’évolution des cohortes d’élèves en collège, de 11 à 15 ans, l’échec de cette fragmentation des acquis est patent. (5)

Il est à noter que dans toutes les disciplines, les textes qui s’adressent aux enseignants les exhortent sans cesse à « donner du sens » aux situations pédagogiques proposées.

Comme si cet élément (6) pouvait être ajouté en extrait, à la manière de ces sachets d’épices qui, sont censés distribuer un supplément de goût (voire le goût lui-même) pour un plat préparé surgelé.

Je contemplais récemment avec un peu d’amusement et beaucoup de tristesse, un regroupement de personnes face à un tableau électrique aux innombrables voyants et boutons.

Un technicien expliquait à tout le personnel administratif de l’établissement, le « fonctionnement » (code) associé aux éléments les plus importants de ce tableau (ils étaient nombreux et tous incompréhensibles – c’est à dire sans support autre que mémorisable de façon primaire.)

Chaque jour, nous avons ainsi des efforts supplémentaires à fournir pour « retenir » (en nous) la partie principale de nouveaux codes, devenus essentiels à notre activité professionnelle ou même privée.

Ainsi le mot « fracture numérique » est-il particulièrement adapté à ce qui fragmente chaque jour un peu plus la réalité de l’enfant, de la femme et de l’homme moderne.

Cassée en morceaux de plus en plus petits (toujours l’analyse fonctionnelle et sa réponse locale et codée) nous épuisons notre mémoire et notre temps dans une dépense d’énergie qui excède souvent ce que les technologies modernes sont censées nous avoir fait économiser.

Il ne s’agit bien entendu, en aucun cas, de condamner, ni le progrès technique, ni ce que la science et son prolongement dans l’invention et l’innovation, ont apporté à l’homme, car, pour paraphraser la bible, « leurs fruits sont bons » mais ce, avec deux conditions préalables impératives.

- La première est d’assigner à ces « progrès » des places qui respectent les besoins de l’homme (notamment physiologique et spirituels (7)) autant du point de vue de leur activité que de leur cohérence (la pensée de l’homme a besoin d’espaces cohérents pour se construire et subsister)

- La seconde est de ne pas imposer à l’utilisateur de ces moyens, des interfaces qui n’ont pas de sens, c’est à dire qui n’expriment pas une unité dans laquelle la pensée de l’utilisateur pourrait s’orienter, mais du code pur qu’il est nécessaire de mémoriser pour lui-même. (Depuis longtemps, les élèves qui apprennent les notions d’Intensité, de Tension et de Résistance électrique, le font, pour des raisons en grande partie commerciales, en utilisant un seul et même appareil – le multimètre – dont l’affichage est numérique. Ici, la confusion est totale, et toute continuité/progressivité de la grandeur disparaît)

Ainsi, de même que des dessinateurs de « belles formes utiles » - ou appropriées - (les designers) participent à la conception des objets techniques, il devient essentiel que les membres d’une profession à inventer (entre l’ergonome et l’artiste) développent des lieux d’interactions entre l’homme et la machine (interface) qui proposeraient ces liens d’analogie que la technique ignore – et pour cause, puisque le « sens » lui est tout à fait étranger – et sans lesquels cette interaction devient la cause d’une surcharge inutile et même souvent absolument néfaste à plus ou moins long terme.

D’anciens objets techniques sont d’éclairants exemples, tels que la montre qui, après un court engouement pour l’affichage totalement codé (Numérique (8)) est majoritairement revenue à l’analogie : cycle de la journée -> cercle dans lequel se déplacement de façon continue les pointeurs de temps que sont les extrémités des aiguilles, lesquelles délimitent des aires en rapport avec les fractions de temps.

coïncidence spatiale des aiguilles d’une montre

Ici le code est réduit à très peu, notamment pour la petite aiguille dont le mouvement est quasiment (à un facteur 2 près, que l’on peut justifier par du sens) analogue à celui de la Terre sur elle-même.

Concernant la montre, il est à noter qu’un des seuls îlots de résistance du fil du temps fractionné par le code (affichage numérique), est le fait d’un fabriquant dont l’activité principale est la production de calculatrices.

Retrouver un sens aux objets de la vie pour, à terme, redécouvrir et redonner un sens aux gestes mêmes de la vie (suppression de la plupart des « boutons OUI/NON » à mémoriser) voilà un travail à PIB non glouton en énergie, pour les prochaines décennies.

Un des bénéfices de cette mission étant de supprimer la si bien nommée « fracture numérique » qui n’est en rien la rupture entre l’homme et la machine du fait d’une supposée incompétence de celui-ci (il n’y a rien de plus facile que d’apprendre du code, et les NTIC s’acquièrent très rapidement, dans de court modules de formation, pour ceux qui en ont le besoin et l’usage).

Cette fracture est celle du sens, celle de la personne humaine elle-même, dont la vie, morcelée par les multiples îlots de code entre lesquelles elle doit se partager (temps, mémoire …) est effectivement brisée, fractionnée, avec le résultat que l’on connaît tous en matière de perte de sens, de stress, et de gestion de temps.

Se souvenir de cela fait sens, c’est précisément là que se trouve la différence de nature entre la machine qui n’en possède qu’une et l’homme qui maîtrise ces deux habiletés : il y a mémoire et mémoire.

(1) (A ceux qui relèveraient une incorrection de langage : la science préfère le digital « cela fonctionne » à l’analogique « ça marche ». Pourtant, le second résiste. Une résistance aussi grande à un sens).

(2) A l’école primaire, les élèvent étudient l’informatique (ils y passent d’ailleurs un Brevet Spécifique le B2I) c’est à dire le code des logiciels, des éléments de science en rapport avec des domaines dont l’échelle est très différente de celle de l’homme, à savoir la biologie moléculaire et l’astronomie. C’est à dire des lieux où le sens ne permet pas de globaliser la mémorisation d’un territoire (par des liens en cascades en rapport avec les notions de proximité)

(3) ils le sont tous plus ou moins et rejettent en général la « responsabilité » sur les acteurs – parents, enseignants et même élèves – car chacun sait ( !) que l’erreur N’est QU’humaine.

(4) Et les projets en cours d’apprentissage précoce de la lecture dès la maternelle, ne visent qu’à l’accélération de ce processus.

(5) Il semble que certains acteurs du système, ont été conscient de ce manque de cohérence globale.

Le remède proposé a été dans le meilleur des cas inefficace. Parfois même il a amplifié l’effet qu’il entendait supprimer (des séances de mises en cohérences dans des projets tels que les Travaux Personnels Encadrés, les Itinéraires de Découverte, ou encore des démarches d’apprentissage annoncées comme spiralaires (mais qui sont le plus souvent que des entassements successifs, morcelant encore davantage les contenus de formation)

(6) on voit ici les traces de l’outil numérique par excellence, à savoir « l’analyse fonctionnelle » capable au mieux de produire un robot, mais aucunement de générer un processus biologique autrement qu’à des fins industrielles.

(7) S’il est encore permis d’user de ce mot dans un monde où un grand nombre de paroles labellisées proclament que « l’homme (n’)est (qu’)une machine qui palpite » (les parenthèses ne sont pas dans la citation originale de Ollivier Dyens.

(8) Pour lequel toute continuité est brisée puisque, après avoir affiché 19h59 le cadran propose 20h00 où tous les signes ont changé (et qui suppose donc un décodage fin, ici en rapport avec ce qu’autrefois on nommait « les nombres complexes » et en particulier le système sexagésimal)

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Cerveau

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commentaires
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par Dimetrodon (IP:xxx.xx9.89.125) le 22 mai 2008 à 15H17

Pour résumer : plus nos ordinateurs ont de la mémoire, plus l’homme aussi a besoin de mémoire pour se souvenir de tout ce qu’il a engrangé dans son ordinateur.

Ce n’est pas nouveau. Tout le monde sais bien que « trop d’information tue l’information ».

Car l’information brute ne présente aucun intérêt pour elle-même. Une fois acquise, elle doit être intégrée, "digérée" en quelque sorte.

On ne dira pas que l’homme est dépassé par la machine, ça ne veut rien dire puisque la machine sans l’homme n’a aucune utilité. Elle est conçue par et pour l’homme. Elle est d’ailleurs conçue pour que ses performances soient supérieures à celles de l’homme nu. Une voiture, une fusée, un avion, permettent de marcher ou voler plus vite, beaucoup plus vite que l’homme à pied.

L’ordinateur stocke (et les disques durs comme les barrettes mémoire grossissent régulièrement) des octets, des kilo-octets, des méga-octets, des téra-octets et bientôt des péta-octets.

C’est pareil que les livres imprimés : jamais la vie d’un homme pourra suffire pour tout lire.

Je pense donc qu’il faut se limiter à intégrer l’information dont on a besoin, car au final, ce que cherche l’homme, même si bien souvent il le cherche mal et se fourvoie, c’est le bonheur, la liberté et la bonne convivance. Seule l’information qui mène à cela lui est utile.

Le reste relève de l’inutile, du futile ou de la redondance. Ce n’est pas un hasard si on les appelle parfois "faits divers"…

Souligner enfin que l’homme peut aussi exister en dehors de sa mémoire. je ne parle pas de la mémoire nécessaire pour la vie quotidienne comme par exemple savoir parler ou conduire une auto, mais la mémoire qui accumule des souvenirs, compte le temps et empile les regrets. Cette mémoire-là peut nous rendre esclave et il faut aussi apprendre ou réapprendre, comme un enfant, à goûtter l’instantanéité de l’instant présent.

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par le bateleur (IP:xxx.xx3.1.209) le 22 mai 2008 à 18H35

En fait, l’information n’existe pas au sens où on veut nous le faire croire.

Donc tout cela est bien au-delà encore de ce que vous évoquez. Dire à quelqu’un qu’on lui a communiqué une information, signifie en fait qu’on l’a sommé de compléter des traces communiquées. Un peu à la manière de Sherlock Holmes reconstruisant la personnalité d’un criminel à partir de trois empreintes de pas.

Il est très difficile, mais tout à fait indispensable, d’arriver à se secouer l’esprit, pour se débarrasser des conceptions sans fondement mais labélisée, en rapport avec la notion de connaissance. D’abord il y a naissance de l’être ensuite celui-ci peut créer du sens en s’appuyant sur des perceptions ou des signes.

Il n’y a pas de connaissance sans être. Ni le savoir, ni l’information, ni même la donnée ne se stocke sur un support sans intentionnalité.

Ce qui est nouveau précisément c’est la nécessité de reconnaître non pas que trop d’information tue l’information mais que dans l’être vivant, l’information sans connexion avec un domaine dense et étendu (lui même connecté à d’autres domaine) cette information est un leurre, du vent qui n’existe que du fait du mouvement qui l’agite et qui, au repos retrouve son état de quasi néant.

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par Picospin (IP:xxx.xx2.246.90) le 22 mai 2008 à 16H07

La connaissance des mécanismes de la mémoire fait partie d’un des sujets les plus importants qu’ont à traiter les neurosciences, cette nouvelle discipline qui regroupe des thématiques aussi diverses que l’imagerie cérébrale,l’expérimentation animale sur les comportements et les connexions neuronales. La mémoire assure le squelette psychique de l’individu puisqu’elle permet de relier le présent au passé au-delà du simple vécu de l’individu. Depuis la destruction massive de groupes humains, la mémoire est l’objet d’études fréquentes et approfondies pour éviter qu’elle ne se délite et que ne disparaissent complètement les vestiges psychiques, historiques, culturels des personnes assassinées. Les supports de la reconnaissance du passé sont menacés par des destructions massives eux aussi que les survivants tentent de préserver à un moment où les religions sont remplacées par les superstitions, les attitudes sectaires, les croyances en des fausses sciences. Pour s’accrocher au passé, un des moyens les plus naturels et les plus efficaces est de convoquer l’affectivité, le rappel des émotions avec lesquels il est plus facile d’articuler les faits mémoriels. Cette élaboration possède un lieu privilégié, l’hippocampe, et des effecteurs neuronaux dont les effets chimiques s’expriment au niveau des synapses c’est à dire aux articulations entre les fibres nerveuses ou axones et les dendrites.

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par le bateleur (IP:xxx.xx3.1.209) le 22 mai 2008 à 18H47

La connexion à la perception n’est elle pas essentielle dans l’enracinement de la mémoire. Celle-ci ne s’appuie-t-elle pas essentiellement ce qui demeure des sens après le stimulus ? Le rapprochement entre le stockage de traces dans les tiroirs d’un ordinateur et la mémoire telle qu’elle existe chez les êtres vivants n’est elle pas purement et simplement totalement infondée ?

Plus la science traque la pensée et plus elle se rapproche de la peau et s’éloigne des rouages des lieux où l’on calcule.

Nous n’avons pas fini de re-comprendre ce que les anciens disaient lorsqu’ils plaçaient la pensée dans le coeur. Peut-être bientôt cessera-t-on à ce propos de les railler ?

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par Jones Do (IP:xxx.xx7.9.118) le 22 mai 2008 à 17H25

Ouais ! effectivement chacun dans son coin, sans le dire, arrive tout doucement aux limites de ce qu’il peut retenir comme code (pur : les numéros de tel, les codes d’accès, les numéros d’identification etc. ou non : le vocabulaire réduit à des formes normées) mais chacun pense être le seul à souffrir, et souvent croit que la cause est une incompétence dont il est responsable. Et donc, se tait. Personnellement, je ne crois pas que tous ces gens qui nous bassinent sur l’Europe de la connaissance (en fait, l’Europe du numérique) sont prêt à lâcher le crachoir et reconnaître qu’ils ont fait fausse route. Je pense qu’effectivement il faudra obliquer, voire même faire marche arrière, mais que malheureusement ce ne sera que contraints et forcés, lorsque tout commencera à se lézarder (Alzeimer est une bonne image de cela), que les choses pourront commencer à changer. En attendant, ce qu’on propose c’est plutôt toujours plus de numérique, de sans sens. Et quand je regarde la dernière plaque chauffante que j’ai acheté et face à laquelle je me suis retrouvé tout bête à ne pas savoir quoi faire de mes mains pour faire chauffer l’eau du thé, je me dis qu’on est pas prêt à remettre de l’analogie dans les manettes.

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par le bateleur (IP:xxx.xx3.1.209) le 22 mai 2008 à 18H50

Votre plaque, c’est le tableau électrique que j’évoquais. Rien n’y fait sens tout du mécanisme est inaccessible à l’utilisateur qui se retrouve dans une absence d’espace, en présence avec des portes logiques dont il faut à tout instant décoder le sens absolu et relatif (lois de composition des signaux entre eux)

Face à un monde totalement inerte.

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par µ (IP:xxx.xx4.51.64) le 24 mai 2008 à 15H31

SI l’on considère que la mémoire est un outil, peut-on laisser aux personnes le soin d’utiliser cet outil à leur guise. En général, si elles n’ont pas cet outil, elles en développeront d’autres...

Face au numérique ou à ma plaque électrique... pourquoi la plaque me parait intuitive alors que je suis morte de trouille face à une allumette ? pourquoi le logiciel "linux" très construit, dont on "voit l’intérieur" m’a demandé infiniment plus d’efforts que windows ?

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par le bateleur (IP:xxx.xx2.255.75) le 24 mai 2008 à 20H44

Je dis dans l’introduction que la mémoire est très à la mode.

Elle l’est parce que les compétences en rapport donnent des signes de faiblesse.

Il suffit d’évoquer les alertes des maîtres d’école d’un côté et la célèbre maladie de la fin de vie de l’autre.

Oui, l’homme est un tout et pianote sur sa palette de talent (autant qu’il les développe) comme il l’entend et en fonction de ses goût/difficultés.

Se rappeler du code est, dans un premier temps plus simple, et c’est précisément le piège. Plus simple, parce qu’il n’y a pas de connexions affectives. C’est notamment l’intérêt des maths où (quoique) il n’y en aurait que très peu. Mais, sur le long terme, trop s’appuyer sur ce type de mémoire mène à de graves problèmes d’interconnexion (ce qui permet l’intuition et le bon sens)

En fait, on rencontre le même problème que partout ailleurs, celui de la rentabilité à court terme.

A court terme, il vaut mieux faire mémoriser du code ... ça rentre mieux (pas de résistance à l’apprentissage) mais à long terme, toutes ces données mortes, sans dynamisme interne, s’avèrent inutilisables.

Et c’est ce que l’on constate dans la suite des études de nombreux petits d’hommes.

Ce qui structure la vie est cette relation d’analogie dont la pensée rationnelle (Bachelard en tête) se méfie tant, au point de carrément la disqualifier comme outil de construction de la cohérence.

Une question tout de même : avez vous une montre à affichage digital ? (teinté de sourire)²

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par ninive (IP:xxx.xx5.169.251) le 24 mai 2008 à 17H33

Vous écrivez au début :"C’est ainsi que fonctionne le cerveau de l’homme à partir de ce qui est prétendu être de la connaissance stockée, en fournissant la partie qui permet de "donner du sens" à ce qui, en son état morcelé, n’en a aucun." Mais, alors pour les personnes qui n’ont pas de cerveaux et qui donnent toute satisfaction à leur femme et aussi chef de service...comment expliquez-vous ? Le spécialiste a parlé "d’hydrocéphale"...pourtant vous semblez avoir très bien démonté le mécanisme de la mémoire MAIS...ALORS, je vous signale que du coté oriental, une théorie parle de corps éthérique ..et d’autres spécialistes réussissent à améliorer la mémoire, les possibilités en calcul juste en mettant une petite aiguille , au bon endroit je suppose... Comment osez-vous donner de telles informations si précises sans rassembler les connaissances dispersées ? Surtout que pour un non spécialiste comme moi ,votre raisonnement parait tout à fait correct. Peut être cela vous permettrait d’améliorer votre grande compétence sur le sujet et de nous en faire profiter. J’ai retenu en lisant ces livres d’acuponcture et je me permets de vous signaler qu’il y aurait de fins filaments qui transportent des énergies transporteuses d’information. Ces filaments se coupent en endroit nommés ’points d’acuponcture , et parfois il y a 7 filaments, alors le point est plus important, parfois 14 et même 21 alors, ce serait les centres des fameux chakras. ET, et un centre spécifique , celui du bas, je crois serait plus orienté en spécialisation pour notre mental concret. Le cerveau donc ne serait qu’un recepteur - transmetteur spécialisé en des zones particulières et précises . Ont-ils osés mettre leurs aiguilles dans ces zones ?...Mais, ceci explique les découvertes concomitantes de nos scientifiques, lors d’examens parfois le ’ ça m’est revenu !’ ... Il est des expériences très troublantes par ex. celle de cet Anglais qui explique la raison du déplacement sur de très grandes distances des troupeaux d’éléphants et de girafes + les 2 lots de rats affamés de part et d’autre de l’océan , on montre la solution à l’un pour ouvrir une trappe qui permet la descente de la nourriture et l’autre lot trouve , un peu le même exemple que nos savants Américain et Français....donc, nous aurions un corps éthérique mais tout corps physique aurait un corps éthérique et la terre est une boule physique, donc avec la même matière que nous ou au moins une ’partie’ de matière semblable à nous humains, animaux ou plantes....un peu comme nous avons en corps physique les même atomes de carbone, azote, calcium, oxygène que la terre elle même.. Ce qui se complique un peu est que selon les individus ,il y aurait une ,deux et parfois trois énergies qui sont présentes...mais, pour la mémoire, je ne vois pas l’intérêt de cette précision mais je me permets de vous l’indiquer.

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par le bateleur (IP:xxx.xx2.255.75) le 24 mai 2008 à 20H58

Parler d’un corps éthérique c’est se condamner par avance à une disqualification des propos.

Monsieur Giorgio Metta peut dire qu’il va réaliser d’ici un an (six mois maintenant) un robot qui aura les capacités d’apprentissage d’un enfant de deux ans (devenu 10 mois lors d’un entretien récent ... plus le terme approche plus les prétentions diminue, tout en demeurant exorbitante) mais dire qu’il y a des éléments en rapport avec le corps d’un être vivant, qui le dépasse et relie les uns aux autres, cela ne se fait pas dans le monde de la science.

Pourtant, sur cette piste tout à fait steinerienne ( ... Goethe) je répondrais tout de même si un tel corps éthérique existe, il est lieu de cohérence et d’analogie, en aucun cas le code ne peut le nourrir et réciproquement.

L’acuponcture (et d’autres techniques) peuvent renforcer telle ou telle activité du corps, et donc aider à la mémorisation, mais il n’y a pas de connaissances purement granulaires. Si la machine s’en contente c’est parce que pour paraphraser René Daumal "elle connaît tout mais ne comprend rien"

il est tout à fait dommageable que nous ayons pris comme modèle de fonctionnement de la pensée des mécanismes frustes du type de ceux que les informaticiens ont mis au point. En retour, nous y avons gagné l’oubli et la non prise en compte de la spécificité de l’homme, à savoir précisément "la compréhension".

Les systèmes scolaires tentent de réagir en travaillant "la méthodologie" et la "résolution de problème" comme des savoirs faire spécifiques. (ou le fameux "donner du sens" aux situations de formation)

C’est un peu comme tenter de battre des ailes dans le vide.

L’échec de tout cela est de plus en plus patent.

Une urgence : apprendre aux maîtres à faire des séquences pédagogiques qui s’appuient plus largement sur la pensée non strictement logique : "enseigner avec le cerveau droit" (cette formulation étant bien sur une simplification)

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(IP:xxx.xx5.169.251) le 25 mai 2008 à 11H55

@ le bateleur (IP:xxx.x2.255.75):Votre phrase m’interpelle :

"""Pourtant, sur cette piste tout à fait steinerienne ( ... Goethe) je répondrais tout de même si un tel corps éthérique existe, il est lieu de cohérence et d’analogie, en aucun cas le code ne peut le nourrir et réciproquement.""" L’existence de ce corps existe puisque démontré par des scientifiques Chinois aux Américains dans les années 1975 avec départ rapide des scientifiques Américain très vexés et rattrapage de justesse des suites de l’offense, considérée par eux comme faite aux usa même et non à eux scientifiques , par le président lui-même. Si il existe donc, il est lieu de croisement d’information entre le monde physique et les mondes supérieurs comme le corps mental par exemple comme nos amis Chinois l’ont démontré. Ceci sous tend si je les crois que nos chromosomes ne seraient que des ’" interprétateurs " ’ comme notre cerveau, d’ordres venant ou plutôt passant par le corps éthérique. Une preuve avancée pour des problèmes d’hérédité est que si l’on modifie chez un jeune animal une petite tare en agissant avec des aiguilles d’acuponcture ...et bien, cette modification se répercute sur ses descendants et surtout ses arrières enfants. Nous attendons la suite...ils grandissent les petits enfants ! et une expérience similaire avait été réalisée bien avant que la France ne mette toute sa fortune restante dans l’étude des chromosomes. Pour plus de renseignements, il existe des chercheurs en France , solitaires mais très performants , comme Madame Janine Fontaine qui a réussi des guérisons sans toucher le corps physique comme le très regretté médecin de grandes personnalités Espagnoles à Palma. Parmi ses livres, il en est un qui parle de la médecine du corps énergétique . Le rôle d’interface y est très bien expliqué. Que tout se simplifie quand on admet cette possibilité ! et ceci ne remet pas du tout en cause notre science qui seule permettra de véritables progrès mais actuellement avec les mensonges qui s’institutionnalisent comme les physiciens l’ont confessé cet été, elle a tendance à stagner .

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par le bateleur (IP:xxx.xx2.255.75) le 25 mai 2008 à 16H44

Votre réponse est un peu en marge du sujet, je ne développerai donc pas.

Ce que je voulais simplement signifier c’est que la science n’est majoritairement pas prête à discuter avec quelqu’un qui évoquerait autre chose que le mécanique.

Voir l’incroyable conclusion de Monsieur Dyens "L’homme est une machine qui palpite".

Sinon pour le reste, je préfère, pour les raisons évoquées, et dans la mesure où cela n’interfère pas avec l’article sur "la fracture numérique" me taire sur ce que je pense du corps éthérique ainsi que des champs morphogénétiques de R. Sheldrake.

Merci de vos précisions.


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