Article publié le 7 avril 2008
Mardi dernier j’arrive en ville avec un léger mal de tête. J’entre dans la première pharmacie que je vois et je demande de l’ibuprofène. La préparatrice me tend une boite d’ibuprofène Merck de 20 comprimés, sans vignette, mais cela ne me dérange pas n’ayant pas l’intention de la ’’faire marquer" par mon médecin traitant ultérierement.
- Deux euros soixante dix.
Je paye et sors.
Rentré chez moi, je regarde le prix de la boite d’Advil (marque princeps de l’ibuprofène) : deux euros et cinquante deux centimes la boite de trente, moins cher que le générique !!!
Intrigué j’interroge la Banque Claude Bernard qui, entre autres, fournit des renseignements sur les médicaments et je vois qu’il existe deux sortes de génériques : ceux remboursés par la Sécurité Sociale pour lesquels le prix est un peu moins de 2 euros la boite de trente et les autres, non remboursés par la SS et dont le prix est libre.
Le pharmacien m’a vendu un générique prix libre au coût de 13,5 centimes le comprimé, l’Advil étant à 8,4 centimes le comprimé, et le générique remboursé sécu à 6,4 centimes. Deux fois plus cher, merci mon bon.
J’ai décidé de refaire un tour en ville et d’acheter quelques boites d’ibuprofène pour la migraine que je sentais monter parallèlement à ma mauvaise humeur. J’ai fait le tour de 12 pharmacies avec la même demande :
- Pourrais-je avoir une boite d’ibuprofène pour ma tête ?
Les résultats sont les suivants :
- sept fois j’ai reçu de l’ibuprofène générique remboursé à 6,4 centimes le comprimé ;
- cinq fois de l’ibuprofène conseil avec un prix qui variait de 9,5 à 14,5 centimes le comprimé ;
- pour rappel, le comprimé d’Advil coûte 8,4 centimes.
J’ai obtenu un conseil oral sur les modes de prise et les limites posologiques quatre fois sur douze, dont deux furent écrits sur la boite.
Le ticket de caisse m’a été proposé spontanément une fois (pour un générique remboursé), jamais pour les génériques conseils où j’ai du le réclamer.
J’ai arrêté mon test à douze pharmacies car il se faisait tard et elles fermaient. Par ailleurs je ne me voyais pas visiter les, environ, 60 pharmacies de la ville, à moins de mettre les boites récoltées en vente sur eBay ou de les offrir à Noël.
Que l’on me comprenne bien, je ne me place pas d’un quelconque point de vue ethico-moralisant : les prix des génériques conseils sont libres, les pharmaciens sont donc libres de pratiquer ceux qu’ils désirent, point barre. Ce qui m’irrite est le fait que ce soit la loterie, que l’on se sache pas combien l’on va payer lorsque l’on demande son médicament.
Si, avec l’ibuprofène, nous sommes un peu dans l’anecdote, on peut se demander ce qui va se passer avec l’arrivée, chez le pharmacien, de nouveaux médicaments sans prescription.
Voici ce qu’en dit egora.fr (site médical réservé aux professionnels) :
La mise à disposition devant le comptoir des officines de plus de 200 médicaments non soumis à prescription en libre-service « contribuera à améliorer le pouvoir d’achat des citoyens français, en favorisant l’éducation thérapeutique et en préservant l’ensemble des garanties de sécurité sanitaire que l’officine apporte aujourd’hui », estime Roselyne Bachelot. La ministre de la Santé a jugé samedi, lors du salon Pharmagora 2008, que cette mesure garantissait « une transparence légitime » et permettait à la fois de « faire jouer le jeu de la concurrence » et de « renforcer le conseil ». La toute petite expérience que je viens de mener me laisse des doutes et, à tout le moins, impose un affichage clairement visible avant l’achat, de tous les médicaments conseils.
Thèmes
Mais les pharmacies n’ont pas le droit de s’entendre sur les prix et c’est bien là le principal. Vous venez d’en apporter une fois de plus la preuve que cette loi stupide est respectée comme la loi les oblige .
Cette loi n’a fait qu’aggravé la Santé Publique. Comme vous le faites remarquer les prix vont être indiqués ...mais, il n’y a pas que des maux de tête dans la population et les petites colères d’êtres bien susceptible à prendre en compte dans une pharmacie, réfléchissez svp. A vous lire, il faudrait peut être instaurer des contrôleurs de prix pour les pharmacies, la société sera sauvée et ils auront "droit" à leur 35 heures et leurs congés payés et leurs ponts en mai et..leurs avantages sociaux avec interdiction de les virer s’ils préfèrent les seins d’une copine de 9h30 à 11 heures plutôt que les fiches de prix sur les devantures des pharmacies.
Il y a qu’en même d’autres problèmes de Santé Publique et si les pharmacies ne relèvent pas le défi, il va falloir organiser la société autrement.
La pratique tarifaire des officines devient des plus opaques et malle-intentionnées ... Ils sortent des médicaments vente-libre "moins" chers d’apparence que les non-génériques ou aussi chers que les génériques, en revanche, la quantité est 30% moindre !
Consommateurs, soyez vigilants !
Les pharmaciens vous mentent et vous détroussent ...
Arrêtons de sacraliser les médicaments dont les pharmaciens ne voient en eux qu’un moyen de faire grassement fortune ....
Quel abnégation pour la science. Attention quand même de ne pas prendre tous les comprimés à la fois.
Vous soulevez un vrai problème. Impossible de connaître les prix dans une pharmacie. Les pharmaciens sont de épiciers à l’ancienne et qui défendent leurs privilèges. De plus, ceux qui sont honnêtes défendent les autres.
les pharmaciens sont des marchands.
point barre !
Exact ! Et de mauvais commerçants en plus !
Je ne comprends pas où est le problème ? Il ne s’agit pas d’un générique mais d’un médicament non remboursé. A partir du moment où le produit ne comporte pas de vignette de remboursement son tarif est libre de tout encadrement par la sécu. Le déremboursement entraine généralement un triplement des prix. Il faut bien vivre ... Et par la même occasion un déplacement des prescriptions vers un autre produit, remboursé et moins cher.
Je ne peux qu’être d’accord, dans l’esprit, avec cet article ! Je suis pourtant moi même pharmacien, mais je pense que nous nous devons de garder une certaine logique de prix ! si un médicament remboursé reste meilleur marché qu’un médicament non remboursé, à nous de le conseiller (et en premier lieu, de refuser de les référencer ! *)
*Pour info, il ne nous est pas toujours possible d’avoir des prix bas ! Les prix sont dictés par les labos qui nous octroient plus ou moins de remises, remises qui sont rebasculées sur le prix de vente !
Que le médicament soit ton premier aliment : serment d’hypocrite.
A quand la prochaine enquête, sur les anti-tussifs, par exemple ?
Blague à part, et quand j’ai entendu que cette mesure était entre autres destinée à favoriser le pouvoir d’achat, j’ai sursauté ! A moins de prendre l’expression dans son sens littéral.
Je me suis permis de vous citer ici : Les prix du médicament
Je suis furieux car je viens de vivre la même mésaventure que vous . Je rentre à la pharmacie ce jour à 18h : J’ai demandé de l’advil 20 comprimés ou un générique moins cher . Bilan : Ibuprofène ARROW à 2.7 la boite de 20 . Je vérifie sur internet et je tombe sur votre article Scandaleux ; Tout aussi scandaleux de constater que les pharmaciens ne remettent jamais de ticket de caisse... et scandaleux de s’apercevoir que ARROW n’affiche aucun prix sur son produit . Tout ceci sent l’arnaque !
Client d’une pharmacie qui refuse un médicament générique ne pourra plus bénéficier du tiers payant. les générique sont des vrais médicaments bénéficiant de l’expérience acquise pendant des années d’utilisation. Ils répondent à des exigences strictes de qualité.
Les pharmaciens sont des marchands avant tout pour la grande majorité.
"Les pharmaciens sont des marchands avant tout pour la grande majorité."
Pour ça, je suis bien d’accord et je ne vous le fais pas dire !
Je viens de faire la même expérience a la pharmacie du coin : je montre la boite d’ibuprofène Arrow 30 cp à 1.91€, je demande la même chose. Devinez : la pharmacienne me vend une boite de labo rationpharm à 1€85 et me dit "c’est pareil". J’ai économisé 6 centimes, j’aurais du lui dire merci.
Je sors de la pharmacie, rentre chez moi et quelle surprise ! c’est une boite de 20. J’ai donc payé 30% plus cher, "mais c’est pareil".
C’est malhonnête !











