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Effort

Article publié le 17 mars 2008

On vit une époque où la notion d’effort n’est pas valorisée. Le plaisir prime et seule la volonté de vouloir avoir tout tout de suite et sans effort reste à la surface. Mais la vie nous montre très vite qu’il n’est pas possible de rester ainsi dans le pulsionnel. Il est normal que pour obtenir une chose, il faille fournir un effort. Un enfant qui apprend un instrument de musique, ne peut pas y parvenir s’il ne fait pas d’effort. Ça parait logique et pourtant l’effort est mal vu. Alors souvent, on n’incite pas l’enfant à persévérer, parce qu’on ne veut pas l’y forcer. En effet, il n’y a pas lieu de forcer, mais ce n’est pas pour autant qu’il faille abandonner au premier obstacle venu. Au contraire, il faut l’accompagner dans la difficulté, lui donner des outils pour surmonter l’obstacle afin qu’il puisse aller de l’avant et atteindre une satisfaction méritée lorsque le but est atteint. C’est pour tout le monde pareil. Il est normal de fournir un effort pour obtenir un résultat. Mais trop souvent l’effort rime avec souffrance. Ça doit provenir du temps où pour obtenir les choses, on obligeait l’enfant à continuer, il était forcé sans accompagnement. Il était alors laissé seul face à sa difficulté et cette solitude était vécue comme une véritable souffrance.

Par quelque part, la notion d’effort est à réapprivoiser. Il ne s’agit pas de revenir dans l’idée de forcer, mais au contraire d’apprendre de la difficulté, d’accompagner l’enfant ou l’adulte d’ailleurs, face à ce qui est difficile pour aller de l’avant. Mais il est nécessaire aussi de quitter cette idée illusoire de croire qu’on peut toujours obtenir les choses facilement. Car au moindre obstacle, on baisse les bras.

Est-ce pour autant que l’effort doit être opposé au plaisir ? Non, au contraire. Au lieu de voir l’effort comme une souffrance, il est peut-être plus judicieux de l’appréhender de façon plus neutre en sachant qu’au bout du compte, il y a la réelle satisfaction d’être parvenu à quelque chose. Et si au bout du compte, on n’est pas parvenu à son but, l’effort fourni sera toujours une source d’enseignements. De plus, même en se donnant du mal (déjà l’expression en dit long sur l’image qu’on en a), il est possible de se faire plaisir. Même si la pratique musicale demande de la rigueur et de l’effort, on en retire un vrai plaisir. Faire sa gamme peut devenir aussi source de plaisir. Apprécier faire les choses sans toujours se projeter dans un hypothétique ailleurs qui sonne souvent comme une fuite. Je crois aussi qu’il est important de réassocier le plaisir avec l’effort. Ne plus systématiquement les opposer. C’était nécessaire à un moment, car le plaisir était trop mis en retrait et l’effort sonnait plus souvent à une forme de violence qu’autre chose. Mais on en est plus là (du moins on ne devrait plus en être là et surtout ne pas y revenir) et il y a un véritable équilibre à trouver. Ainsi, les obstacles de la vie, et il y en a beaucoup, ne nous apparaitront pas comme des coups de massue sans solutions.

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