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Peut-on mettre un terme à la querelle des OGM ?

Complément de réflexion à la Querelle des OGM (PUF 2006)

Article publié le 12 juillet 2007

Pendant que la superficie des plantations OGM continue de croître au niveau mondial, la France cultive son “exception culturale” en se faisant remarquer par une querelle particulièrement violente. Est-il possible de mettre un terme à ce débat sans fin ? La réponse revêt un enjeu stratégique pour l’agriculture de notre pays, mais également pour la démocratie. D’où la nécessité de se poser la question de la responsabilité des acteurs qui défendent cette technologie.

Pendant que la “seconde révolution verte” continue... Depuis 1986, année où les premiers essais ont eu lieu, en France, aux Etats-Unis et au Canada, cela fait vingt ans que l’on plante des OGM en plein champ.

Entre ces prémisses expérimentales et les premières plantations commerciales en 1995, 3 647 essais auront été réalisés. En 2006, la superficie mondiale plantée dans 22 pays était de plus de 100 millions d’hectares. Plus de 10,3 millions d’agriculteurs dont 90 % de petits paysans, cultivent des OGM. Enfin, les plantes qui s’apprêtent à entrer sur le marché présentent des avantages environnementaux indéniables : par exemple, une expérience menée l’an passé par une équipe sino-américaine a permis à des riziculteurs chinois de réduire leur consommation de pesticides de près de 80 %.

Plus rien ne semble pouvoir faire obstacle à la technologie qui s’inscrit petit à petit dans l’histoire de l’agriculture. Plus rien, sauf peut-être l’impossibilité de trouver un terrain d’entente entre les promoteurs de la technologie et ses opposants les plus actifs... Les partisans de “l’exception culturale” résistent.

Quelles sont donc les raisons des “anti-OGM” ? Quand certains descendent dans les champs revêtus d’une combinaison anti-radiation, d’autres, vont faucher en famille et en bras de chemise... Alors que les premiers, plus sensibles aux problèmes environnementaux aiment à répéter que “les OGM sont des plantes que la nature ne produit pas elle-même”, les seconds, plus soucieux de l’avenir de l’agriculture dite “paysanne”, protestent contre la mondialisation qui s’impose avec un mode d’agriculture qui apportera des changements sociaux qu’ils n’ont pas choisis.

Dans aucun de ces deux cas, il ne semble possible de réduire ces attitudes à des manifestations irrationnelles : quel que soit le degré d’animosité qu’ils dégagent, les opposants ont des raisons qui leurs sont propres.
Le problème étant qu’ils pensent “avoir raison”, ce qui leur donnerait le droit d’agir en dehors de tous cadres juridiques. Or si on ne peut rejeter d’un revers de la main ces récriminations, on peut encore moins accepter que l’on supprime d’un coup de faux des années de recherche ou le droit d’un agriculteur à planter les semences qu’il souhaite.

Coupables ou victimes ?

Et pourtant, la culpabilité des faucheurs ne fait pas encore jurisprudence. D’ailleurs, à écouter leurs discours, ce sont eux les victimes et ils ne font qu’exercer leur légitime défense. Ils saccagent au nom du principe de précaution. Ils militent pour le droit de désobéissance civique. Tout cela leur donnant le droit d’être en état de “récidive légale”. Beau cas d’école, donc que ces particuliers qui prétendent agir au nom de leurs concitoyens, alors que personne ne leur a jamais rien demandé. Condamnés par un tribunal, amnistiés par un autre. Mis en garde à vue, puis relâchés aussitôt. Empêchés par un cordon de CRS dans un champ, simplement photographiés par des gendarmes dans une parcelle voisine...

Coupables ou victimes ? La réponse, tout le monde la connaît : il est interdit de s’en prendre à la propriété d’autrui. Donc il est interdit de faucher les champs, que ceux-ci soient expérimentaux ou commerciaux. Alors qu’attendent vraiment les tribunaux ? Qu’attendent les politiques pour faire respecter les mesures de la directive 2001-18, étant donné que les députés ont furtivement transposé celle-ci par un décret en mars 2007, ce, pour ne plus avoir payer les 300 000 euros d’amende par semaine de retard.

La peur de l’opinion.

Les experts, c’est connu, aiment répéter que l’opinion a peur des OGM. 

Mais, il est une autre peur : celles que les décideurs ont de l’opinion et ce chiffre de “77 % de Français opposés aux OGM” a quelque chose de terrifiant. Difficile de se prétendre démocrate et de l’ignorer. Pourtant comment les consommateurs peuvent-ils faire pour juger de cette technologie, eux qui n’ont “jamais eu un OGM entre les mains” et qui sont à la merci aussi bien des campagnes de communication des industriels que des ONG ?

Pauvre opinion publique, la voici dans la situation de devoir dire si elle veut d’une technologie dont certains lui affirment qu’elle va sauver l’humanité, alors que d’autres lui soutiennent, qu’au contraire, elle la mènera à sa perte. D’habitude, “le client est roi” et s’il ne veut pas de la toute nouvelle barre de chocolat qu’on lui propose, parce qu’il ne la trouve pas à son goût, l’industriel et le distributeur la retirent sans poser de question. Alors pourquoi pas là ?

S’agit-il d’un complot pour empoisonner l’humanité ? Si c’est le cas,
pourquoi n’y-a-t-il pas encore eu de victime ? Et pourtant, à défaut du consommateur, l’agriculteur, lui, sait pourquoi il veut de cette technologie et il peut juger de son efficacité. Et si les agriculteurs bénéficient de certains avantages, le consommateur en profitera également... ce qu’il pourra “matérialiser” quand les OGM de seconde génération seront sur le marché.

De l’inutilité à la responsabilité.

Oui mais voilà, diront certains, il est possible de se passer de cette technologie qui est inutile et dangereuse... Soit ! Mais que faire des chiffres rappelés au début ? Vous parlez de danger, mais pourquoi les 70 millions d’euros investis par l’Union européenne dans l’évaluation des risques n’ont pas permis de les mettre en évidence ? De nouveau, nous sommes revenus à une opposition frontale entre idéologies autour des risques et des avantages. Il semble donc qu’il faille regarder ailleurs pour justifier ou invalider la technologie.
Or, c’est principalement la responsabilité du chercheur, de l’industriel et de l’agriculteur qui est remise en cause par les opposants. A la base du questionnement utilitariste se trouve un problème éthique. Et jusqu’à présent, toutes les tentatives pour résoudre ce problème en faisant appel au principe de précaution ont été vouées à l’échec.

Mais est-ce le bon outil ?

Comme nous l’avons démontré ailleurs, on peut aussi bien l’utiliser pour accompagner le développement d’une technologie que pour lui faire obstacle (les faucheurs en sont le meilleur exemple). Ce principe aurait donc tout à gagner s’il était complété par un principe plus approprié pour l’expertise tel que, par exemple, "le principe de cas par cas" (comparer des technologies entre elles, éviter les généralisations abusives, tenir compte du facteur temps...). Il existe, on le constate, toute une panoplie de principes à la disposition des acteurs de la filière OGM pour garantir le développement de la technologie en toute sécurité. Il n’y a donc aucune raison de remettre en cause leur “responsabilité” surtout qu’ils ont spontanément recours à ces outils.

A contrario, nous pourrions les accuser de ne pas faire leur devoir s’ils venaient à “déserter” la scène nationale. Car en effet, il est un danger bien plus grand que celui de l’expérimentation en plein champ, c’est celui qui consisterait à ne disposer d’aucun expert de niveau international en France. En effet, comment ferions-nous alors pour évaluer les risques que nous prétendons dénoncer ? De ce point de vue, il est impératif que nos chercheurs puissent continuer leurs travaux en laboratoire, mais aussi en plein champ. Il est un autre danger également, c’est celui qui déléguerait aux autres pays le soin de développer la technologie et nous rendrait dépendant de leurs innovations et de leurs productions.

Aurions-nous fini par inventer le TGV si l’on avait écouté les prophètes de malheur qui, à la fin du XIXe siècle, clamaient le danger de la vitesse des trains ? Certes non ! D’autres s’en seraient chargé à notre place et nous aurions dû leur acheter la technologie...

En conclusion, il apparaît clairement que le devoir de recherche et développement sont des impératifs pour une nation telle que la France, mais que ceux-ci ne pourront jamais être tenus sans une part d’audace. Or il en va ici de notre liberté. Faire le choix de décrocher en se cachant derrière le principe de précaution, c’est risquer de perdre cette liberté, celle qui garantit notre savoir et notre pouvoir. Faire le choix de se maintenir au niveau du trend mondial, c’est rester maître de son destin. Ainsi, on ne mettra vraiment un terme à la querelle des OGM que lorsque l’on aura une conscience claire de cette nouvelle forme de responsabilité et des enjeux qu’elle recouvre.

Jean-Paul Oury, docteur en histoire des sciences et technologie, auteur de La Querelle des OGM, aux PUF (avril 2006)

Thèmes

Plantes Développement durable Agriculture Agro-alimentaire OGM ONG Sécurité alimentaire Biotechnologies

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54 votes

commentaires
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(IP:xxx.xx7.175.219) le 12 juillet 2007 à 18H35

Respect à tous les faucheurs d’OGM, le combat continue !

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(IP:xxx.xx7.175.219) le 12 juillet 2007 à 18H44

Regardez les dégats des OGM à moins que vous ne soyez aveugles comme l’auteur de l’article, prenez conscience, les OGM sont un réel Danger pour la santé publique (dysfonctionnements des reins et du foie notamment)

http://www.dailymotion.com/relevanc...

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(IP:xxx.xx8.14.226) le 13 juillet 2007 à 13H18

je étudiant en biologie, peut-être futur chercheur. je tiens à réagir sur cet article, premièrement pour faire part de mon opinion sur les ogm, et surtout pour expliquer en quoi cet article démontrant les bienfaits des ogm est mal fait. Je ne discuterai pas du cas de la légitimité des faucheurs, puisque ce n’est pas mon domaine (par contre je compte donner mon opinion et l’expliquer).

Comme l’auteur le dit, les premiers essais sur les ogm en plein champs datent du milieu des années 80. Cela fait donc plus de 20 ans que l’on nous annonces une grande révolution agricole, avec des avancées environnementales et surtout la fin de la faim dans le monde. Je souhaiterai savoir en quoi les ogm vont permettrent à tout le monde de manger à sa faim alors qu’un récent rapport de l’onu affirme que l’agriculture actuelle permettrai (en répartissant EQUITABLEMENT les ressources de nourrire 12 milliards d’être humains, soit quasiment le double de ce que nous sommes actuellement). En cela, les ogm ne sont donc pas nécessaires. POur ce qui est de l’exemple de la réduction de 80% de pesticides, il faut bien faire attention aux mots utilisés par l’auteur. Il est peut-être vrai que les agriculteur chinois ont réduit leurs UTILISATION de pesticide de 80%, mais tout simplement parce qu’ils n’ont pas besoin de répandre beaucoup de pesticides parce que la plante le fabrique elle-même. Autrement dit, cela représente certes un avantage pour le paysans (moins de travail et surtout moins de frais de produits phytosanitaires), mais en aucun cas une avancée pour l’environnement, puisque les pesticides sont toujours présent dans la plantes, et donc dans nos assiettes et dans les sols et les rivières. De ce point de vue donc, aucune avancée environnementale.

Par ailleurs, ceci n’est qu’un exemple parmis d’autres. Je pourrai vous siter l’exemple du coton indien. Combien de producteurs indiens de coton ont choisi les ogm parce que les semenciers ogm leur ont promis, comme aux chinois cités par l’auteur, une réduction d’utilisation des insecticides. IL y eu effectivement une réduction les 4-5 premières années, mais une fois les insectes devenus résistant aux insecticides, les paysans durent a nouveau utiliser les produits phytosanitaires, et cela, après quelques années, à une dose supérieur à celle utilisée avec les semences de coton qu’ils utilisaient avant les ogm. Encore une fois, ceci n’est qu’un exemple, et un chercheur pro ogm vous donnera un contre exemle après le mien. Mais ce qu’il ne pourra pas faire, c’est vous affirmer que la quantité de pesticide DANS LA PLANTE a diminué.

Pour ce qui est des faucheurs. L’auteur dit que ceux-ci sont coupables car il est interdit de s’en prendre au bien d’autrui. Que doit donc faire un agriculteur bio qui voit sa récolte contaminée par des ogm. On peut considérer que ses cultures ont été attaquées, puisqu’en fin de compte, il est obliger de détruire ses cultures. Dans ce cas, l’agriculteur ogm est donc coupable lui aussi de destruction du bien d’autrui. Le problème étant qu’aucun assureur ne souhaite couvrir ce risque, preuve que celui-ci est bien réel et surtout impossible à empêcher en milieu ouvert.

Par la suite, l’auteur nous parle de la peur de l’opinion et affirme que celui-ci est perdu entre les arguments balancés tantot par les firmes biotechnologiques et les ong opposées aux ogm. Sachez

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par Atlantis (IP:xxx.xx4.175.14) le 13 juillet 2007 à 16H30

Vous parlez de danger, mais pourquoi les 70 millions d’euros investis par l’Union européenne dans l’évaluation des risques n’ont pas permis de les mettre en évidence ?

Si vous êtes vraiment docteur, à moins d’avoir fait l’autruche toute votre vie, vous ne pouvez ignorer que "publication scientifique" est le synonyme politiquement correct de "tas de fric".

Des études qui prouvent la nocivité, il y en a pour les OGM, il y en a pour les cellulaires, pour les effets des champs électriques basse fréquence etc ... Il suffit de chercher ça remonte vite. Et les expériences ont pu être reproduites par d’autres équipes, elle-même mises à l’index à leur tour par la communauté des pairs (des ’vendus’ serait plus correct).

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(IP:xxx.xx6.83.61) le 13 juillet 2007 à 16H35

Mr le docteur en lisant votre article, je n’ai qu’une phrase qui me vient à la bouche :

espèce de sale c.. les yeux bordés de nouilles !!

Je suis triste pour vous.

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par eva (IP:xxx.xx3.37.13) le 14 juillet 2007 à 22H50

Bonjour,

L’homme qui a écrit cet article a commis des erreurs incroyables et impardonnables pour tout scientifique qui se respecte. La rélité la plus simple lui donne tort.

"Plus de 10,3 millions d’agriculteurs dont 90 % de petits paysans, cultivent des OGM." http://www.viacampesina.org/main_fr... http://www.percyschmeiser.com/ Ce n’est pas parce qu’une chose a été répandue de manière plus ou moins douteuse et anti-démocratique, qu’elle est bonne.

Envoyé Spécial sur France 2 a consacré un reportage entier aux OGM et aux paysans qui y étaient passés. La réalité n’a rien de rose. J’espère que vous noterez les trous dans les pis des vaches et les veaux malformés si vous avez l’occasion de trouver ce reportage effarant.

"Enfin, les plantes qui s’apprêtent à entrer sur le marché présentent des avantages environnementaux indéniables : par exemple, une expérience menée l’an passé par une équipe sino-américaine a permis à des riziculteurs chinois de réduire leur consommation de pesticides de près de 80 %." Vulgaire désinformation surfant sur le manque d’information sur la question du 3/4 des lecteurs.

- la plante sécrète son propre pesticide toute sa vie, qu’elle soit attaquée par des insectes ravageurs ou non. Avant, les paysans aspergeaient lors d’attaques d’insectes, maintenant, la plante est sans cesse gorgée de pesticide. Vous mangez à coup sûr du pesticide. Le docteur Séralini a fait de nombreuses études sur l’impact des pesticides sur le corps humains et sur le foetus.

- depuis qu’ils sont passés aux OGM aux Etats-Unis, les ventes de pesticides et insecticides ont explosé. Les insectes développent un phénomène d’accoutumance bien plus rapidement si ils consomment une plante sécrétant son propre insecticide.

- les pesticides produits par les plantes se retrouvent dans le sol et dans les nappes phréatiques de la même manière (racines).

- Une grande partie des OGM créés sont tolérants à l’herbicide Roundup de Monsanto. Ils peuvent être aspergés de Roundup sans mourir, les autres plantes considérées comme non désirées dans le champs, elles, meurent. Les paysans ont donc tendance à asperger encore plus, puisque leurs plants ne sont plus affectés par le Roundup.

"Plus rien ne semble pouvoir faire obstacle à la technologie qui s’inscrit petit à petit dans l’histoire de l’agriculture. " Elle s’inscrira tristement dans cette histoire. L’on a aussi chanté les louanges de l’amiante, du DDT... entre parenthèses, avant de se spécialiser dans les OGM, Monsanto a également fabriqué de l’Agent Orange. Humanisme quand tu nous tiens. Vous êtes bien naïf monsieur, cela serait touchant si vos erreurs n’étaient aussi graves.

"Les partisans de “l’exception culturale” résistent." http://www.ac-rennes.fr/pedagogie/h... Rien de nouveau dans le fait de présenter les résistants et les adeptes de la désobéissance civile comme des ignares violents. Je ne vous félicite pas.

"Le problème étant qu’ils pensent “avoir raison”, ce qui leur donnerait le droit d’agir en dehors de tous cadres juridiques." Deleuze : "lorsque le pouvoir prend pour objet la vie, la vie devient résistance au pouvoir". Les cadres juridiques... il y en a eu qui interdisaient aux noirs de s’asseoir à des places réservées aux blancs, à des femmes de voter... ce n’est pas parce qu’une loi ets loi, qu’elle est juste. Les lois évoluent avec les besoins de la société, ce ne sont pas des strophes momifiées à jamais.

"le droit d’un agriculteur à planter les semences qu’il souhaite."... ce qui est amusant, c’est que cette phrase est toujours assénée à sens unique. Et l’agriculteur conventionnel ? et le bio ? Dans votre monde, il n’y a aucune place pour ces gens. Votre envie d’imposer les OGM vous fait vous asseoir sur les droits que vous énoncez vous-mêmes quand ils sont appliqués à d’autres.

"Beau cas d’école, donc que ces particuliers qui prétendent agir au nom de leurs concitoyens, alors que personne ne leur a jamais rien demandé.". Nous atteignons une profondeur de pensée abyssale. Nous sommes des millions dans le monde à ne pas vouloir d’OGM et vous résumez ces gens là à "personne". Les seuls qui veulent des OGM sont ceux-là mêmes qui s’engraisseront copieusement avec : les laboratoires et les agriculteurs productivistes dont le respect de la Terre et des gens est le cadet des soucis.

"Coupables ou victimes ? La réponse, tout le monde la connaît : il est interdit de s’en prendre à la propriété d’autrui." Bien ! coupable le transgéniculteur qui pollue le champ de l’agriculteur conventionnel et de l’agriculteur bio ! coupable Cargill qui vole les terres des indiens d’Amazonie afin de planter du soja OGM après avoir rasé la forêt ancienne ! coupables les Monsanto, Syngenta & co qui brevetent le vivant, patrimoine mondial de l’humanité ! coupables ceux qui veulent breveter les semences vieilles de centaines d’années, sources de vie pour beaucoup de paysans ! Ah non... c’est vrai, selon votre système de valeur, il faut tout inverser et clouer au pilori et l’indien Kayapo et l’agriculteur bio. Ne soyez pas ethnocentriste et allez un peu vous renseigner sur les suicides de 100 000 indiens endettés suite au passage aux OGM, sur ce qui se passe au Brésil, en Argentine, au Canada... et peut-être là, dans un éclair de lucidité, vous réaliserez que les faucheurs ne sont que la partie visible française d’un titanesque iceberg de contestation mondial. Exemple au Mali : http://www.ruralinfos.org/spip.php?... En Inde : http://www.agoravox.tv/article.php3...

"La peur de l’opinion."... alors, il faut savoir... soit personne n’est d’accord avec les faucheurs "ces particuliers qui prétendent agir au nom de leurs concitoyens, alors que personne ne leur a jamais rien demandé.", soit l’opinion est de leur côté ! vous vous contredisez piètrement.

"Les experts, c’est connu, aiment répéter que l’opinion a peur des OGM. ". Cessez d’opposer le peuple aux experts, c’est assez déplaisant comme opinion. Le peuple mangera ces OGM, le peuple a la capacité de comprendre une chose si on lui explique, et donc le peuple a son avis à dire. Ce n’est pas à 0,01 % d’experts en recherche appliquée qui ont à décider de l’avenir de l’agriculture mondiale aux dépends des peuples. Cette idée élitiste n’a pas sa place dans un débat de cette envergure.

"Pourtant comment les consommateurs peuvent-ils faire pour juger de cette technologie, eux qui n’ont “jamais eu un OGM entre les mains” et qui sont à la merci aussi bien des campagnes de communication des industriels que des ONG ? http://www.infogm.org/ Achetez les dvd : "the future of food" (mk2) et le dvd de christian Velot (chercheur et maître de conférence) http://www.confederationpaysanne.fr...

Sur amazon, vous pouvez également trouver les livres de Gilles-éric Séralini de la Commission du Génie Biomolléculaire.

Mais bon, tant que l’on n’abondera pas en génuflexions devant les gourous de OGM, nous serons dans l’erreur selon vous.

"une technologie dont certains lui affirment qu’elle va sauver l’humanité". Aucune technologie ne sauvera l’humanité. Le deus ex machina est une erreur grossière. Tant qu’il y aura des hommes cupides et machiavéliques, toute technologie pourra être mal utilisée. Je vous renvoie au rapport du FAO sur le bio :

http://www.fao.org/organicag/defaul...

Ce rapport des Nations-Unies sur les bienfaits de l’agriculture bio vous passera sans doute à des lieues au-dessus puisque vous êtes tout entier à vôtre tâche de propagande pour un modèle destructeur et éthiquement inacceptable. A vrai dire, je mets surtout ce lien pour les lecteurs.

"S’agit-il d’un complot pour empoisonner l’humanité ? Si c’est le cas,pourquoi n’y-a-t-il pas encore eu de victime ?" Désinformation assez grossière (vous pourriez au moins vous creuser un peu la tête pour trouver des mensonges plus probants et moins facilement démontables, c’est lassant).

- 100 000 paysans indiens suicidés car endettés à cause des OGM (rendement en chute libre, besoin de plus de pesticides car les insectes deviennent résistants, pressions des multinationales, menaces sur les paysans pollués aux OGM (Monsanto les accuse d’avoir planté illégalement des plantes OGM brevetées et demande des indemnisations))

- Gilles-éric Séralini a démontré qu’il y a des lésions sur le foie, les reins, des mutations de la formule sanguine chez des rats nourris aux OGM.

- Ne nous resortez pas cette éternelle phrase qui se veut l’argument par excellence : "aux Etats-Unis ils en mangent depuis longtemps et rien ne s’est passé !". Afin de pouvoir affirmer une chose pareille, il faut :

- étudier les habitudes alimentaires de milliers de gens pendant une longue période, faire de multiples analyses avec des groupes témoins non nourris avec des OGM, avant/après, et ce, sur tous les organes du corps. Pouvez-vous me citer pareil déploiement de moyens ? Vous dites "pourquoi n’y-a-t-il pas de victimes ?"... je vous réponds "parce que certaines personnes n’ont aucun intérêt à en trouver puisque les OGM leur rapportent beaucoup d’argent". Aucune étude n’a jamais prouvé l’innocuité des OGM sur le corps à long terme.

Ce n’est pas en en faisant manger à des rats quelques semaines que l’on va savoir ce qu’il adviendra à des humains en ayant mangé 10 ans. Par ailleurs, la boite de Pandore ouverte, les OGM se révèlent difficiles à tracer, à suivre, ils contaminent toujours plus de cultures. Il devient difficile de savoir qui en mange et qui n’en mange pas, alors comment pouvez-vous si benoitement demander où sont les victimes ? Il faudrait déjà pouvoir faire des tests sur plusieurs années pour le savoir.

Mais non... les multinationales de l’agro-alimentaire, salivant d’avance à l’idée de leurs profits, oublient tout principe de précaution et jettent sur le marché à la hâte tout nouvel oGM créé, quitte à le retirer quand il aura été démontré qu’il est nocif. Le mal ayant été fait puisque toutes les autres cultures auront été contaminées et il sera impossible de cultiver autre chose (le colza peut ainsi germer 15 ans de suite au même endroit même si l’agriculteur n’en veut plus... les colza OGM sont encore plus difficiles à supprimer car ils résistent aux herbicides !).

"l’agriculteur, lui, sait pourquoi il veut de cette technologie et il peut juger de son efficacité." Quel est cet archétype d’agriculteur que vous semblez tant aimer ? s’agit-il du petit pourcentage d’agriculteurs productivistes et gloutons qui s’accaparent une majorité des terres ? s’agit-il du cultivateur de coton africain mené en barque par les marketteurs des multinationales semencières ? Nombreux sont ceux qui se permettent d’énoncer des jugements assez sévères quant à la question de l’efficacité des OGM. Si le rendement peut effectivement être un peu supérieur les 3 premières années, la suite est plus désespérante. Les OGM résistent moins bien au stress hydrique que des variétés rustiques, et s’avèrent moins rentables après les fausses joies des 3 premières années. Au final, comme les OGM sont plus chers, moins rentables, les paysans se retrouvent endettés... et se suicident en masse (Inde).

"Vous parlez de danger, mais pourquoi les 70 millions d’euros investis par l’Union européenne dans l’évaluation des risques n’ont pas permis de les mettre en évidence ?" Parce que ce sont les semenciers qui vendent les OGM qui fournissent les dossiers aux commissions d’étude ! http://www.greenpeace.org/france/ne... http://www.lalliance.fr/Espace-Pres... http://www.criigen.org/index.php?op... Puisque les risques ont été mis en évidence et que visiblement vous refusez de les constater, nous pouvons conclure que votre position est anti-scientifique et relève plus de l’idéologie qu’autre chose.

"Il existe, on le constate, toute une panoplie de principes à la disposition des acteurs de la filière OGM pour garantir le développement de la technologie en toute sécurité. ". Expliquez moi donc comment empêcher du pollen de contaminer des plants bio ou conventionnels, ou des plantes sauvages de la même famille (par exemple avec le colza) ? je serai vraiment curieuse ! N’importe qui peut constater que quelques fois dans nos flaques d’eau nous avons du sable du Sahara (hé oui)... alors ne me racontez pas surtout qu’il suffit de mettre 50 m entre deux champs pour sécuriser des "essais". L’on sait très bien marquer des pollens et les reconnaître entre eux pour ne pas avoir besoin de faire les tests avec des OGM... comme dit Christian Velot "rassurez-moi, si vous faites une opération d’entraînement pour parer à une attaque chimique dans le métro, vous mettez tout, mais quand même pas le gaz !". Voilà pourquoi les faucheurs existent.

"Car en effet, il est un danger bien plus grand que celui de l’expérimentation en plein champ, c’est celui qui consisterait à ne disposer d’aucun expert de niveau international en France. " Ce n’est pas parce que les Etats-Unis ou un autre pays ont développé une horreur, que l’on doit se sentir honteux de ne pas être encore à leur niveau. Si on suit votre logique, l’on devrait s’inquiéter de ne pas avoir notre Guantanamo, de ne pas avoir de spécialistes cyniques en déforestation sauvage, de ne pas avoir nos temples créationnistes (c’est une coquette théorie fort en vogue Outre-manche... vite, vite ! nous sommes en retard sur eux !)

Par ailleurs... nous pouvons également profiter de l’empirisme des paysans ayant fait l’erreur de passer aux OGM. Cela fait dix ans que certains essayent de se débarasser des OGM, il faut être masochiste, cynique ou inconscient pour désirer introduire cette technologie de mort en France.

"l est un autre danger également, c’est celui qui déléguerait aux autres pays le soin de développer la technologie et nous rendrait dépendant de leurs innovations et de leurs productions." Nous sommes dépendants des Etats-Unis pour le Coca-cola, ce n’est pas pour cela que cette boisson est une bonne chose (il parait que cela détartre merveilleusement les toilettes ceci dit).

Et si nous prenions le problème dans l’autre sens : actuellement l’Europe est la seule à encore pouvoir cultiver sans OGM, l’Argentine par exemple, ne le peut déjà plus. Quand la catastrophe sanitaire sera là, et elle pointe déjà le bout de son nez, ce seront ces pays là qui nous demanderons de l’aide. Il ne s’agit pas d’être plus pollueur que le pollueur, mais d’anticiper la crise au vu de ce que l’on peut déjà constater, et de développer des solutions durables et respectueuses de la vie.

"Aurions-nous fini par inventer le TGV si l’on avait écouté les prophètes de malheur". Un TGV qui déraille tue quelques centaines de personnes, des OGM colonisant l’agriculture inaugureraient la plus grande prise de pouvoir n’ayant jamais existé sur Terre par rapport aux droits fondamentaux de l’Humain à l’auto-détermination et à l’indépendance alimentaire. Les OGM peuvent dévaster l’agriculture mondiale.

Vous parlez de "part d’audace"... mais à vous lire, ils s’agit d’inconscience réelle et d’anti-science primaire. Vous brûlez fébrilement les étapes nécessaires à une connaissance sûre et profonde, vous vous roulez dans l’ivresse de la découverte sans prendre le temps de la mesure et de la contradiction.

"Or il en va ici de notre liberté." Oh oui monsieur, vous ne croyez pas si bien dire. Celle, hystérique de quelques nantis cyniques, contre celle de milliards de personnes potentiellement prises en otage.

"Faire le choix de se maintenir au niveau du trend mondial, c’est rester maître de son destin.". Cette phrase donne la nausée. Vous êtes de ceux qui pensent que la vie des dogons n’a aucune valeur ? vous pensez que les 90% de gens qui ne font pas partie de votre nommé "trend", ne méritent pas de dire leur avis ?

Votre pensée s’exprime ici en une apothéose élitiste qui fait froid dans le dos. L’idéologie de la classe et de la nation supérieure dans toute sa splendeur, voilà ce qui se cache sous ces mots. Vous méprisez potentiellement les milliards de personnes ne vivant pas dans les sphères riches de l’Occident. Vous leur refusez le droit à l’auto-détermination, le droit au choix. Saoûlez-vous de la sensation d’appartenir à un "trend" jusqu’à l’écoeurement, ne sont pas les plus admirables qui croient l’être.

"docteur en histoire des sciences et technologie", allez donc mettre les mains dans la Terre et apprendre à cultiver afin d’avoir une vision correcte de votre sujet. Cultiver la Terre ne s’apprend pas dans les livres, un paysan pauvre du Chili ou un cultivateur de coton du Mali a plus de légitimité pour parler de ce sujet que vous. Vous pensez savoir alors que vous avez une vision très réduite du sujet et absolument aucune pratique de la Terre. Votre savoir est ampoulé et abstrait, vous ne faites pas partie de ceux qui ont les ongles noirs de terre et qui nourissent le monde.

Je termine là ce pavé et remercie ceux qui ont eu la patience d’en prendre connaissance. La colère est bien présente dans ces lignes, il ne peut en être autrement après avoir entendu tous ces témoignages de petits paysans désespérés et avoir lu ce ramassis d’inepties.

Bon courage à tous ceux que de rudes batailles attendent. Aujourd’hui tout va pour le mieux voilà notre erreur, demain tout ira mieux, voilà notre espérance.

Scientifique ayant gardé une éthique, levez-vous. Sauvez la recherche fondamentale.

Eva

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(IP:xxx.xx7.175.219) le 16 juillet 2007 à 21H27

une réponse de l’auteur à ces commentaires serait intéressante, mais peut-etre n’a t-il aucun argument qui tienne la route

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par themask62 (IP:xxx.xx3.175.51) le 17 juillet 2007 à 00H53

Je suis opposé aux OGM dans l’état actuel des choses. Pas besoin de savoir si l’on va en être malade ou non mais :

- le bio ne contamine pas les Ogm mais le contraire est vrai. C’est une atteinte à ma liberté.Si les gens veulent manger des Ogm, très bien. Mais que les producteurs gèrent leur production sous serre. On verra le prix des ogm...
- breveter le vivant doit avoir ses limites : la graine Terminator (utilisable une seule fois) me donne sincèrement le tournis.
- l’utilisation amoindrie de pesticides sur le moyen terme est une chose fausse et c’est un fait.

3 raisons simples et évidentes. Il y en a beaucoup d’autres.

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par jean-noël (IP:xxx.xx6.8.224) le 26 juillet 2007 à 11H13

Le débat sur les ogm est hélas économiquement et politiquement contaminé : au lieu de réponse, il y a un "débat" qui consiste non à mener une réflexion, mais à empiler exemples et contre-exemples pour finalement finir dans l’invective. Prendre des peécautions est nécessaire, tout comme le contrôle des flux financiers. Mais les écolo-intégristes ne parlent que d’interdiction, condamnent a priori. En fait, à jouer de la sorte, la seule chose qui devient impossible est une solution intelligente. Beaucoup en son au niveau de raisonnement zéro : "il y a un cas où, alors toujours." Avant d’avoir besoin d’esprit scientifique, il faudrait déjà utiliser le bon sens, non comme répétition stupide d’arguments standards mais comme principe de base de la réflexion.

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par Fares (IP:xxx.xx1.130.194) le 17 novembre 2007 à 19H50

Bien sûr qu’on peut mettre un terme à la querelle sur les OGM. Il suffit de remettre en cause leur brevetabilité et de les faire basculer dans le domaine public.

Renoncer aux brevêts, pour permettre l’établissement un débat apaisé et objectif.

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