Article publié le 27 mars 2007
Le vin, celui que nous défendons en tout cas, est une entité à part entière, magique, unique, qui associe l’inné et l’acquit, le talent et la passion, le ciel et la terre, l’homme et la science, le matériel et l’irrationnel, la poésie et le savoir, le plaisir et la mesure (si l’on a soif, on boit autre chose)…
Il y a, pour accéder à cela, deux valeurs, intimement liées, que certains “winemakers” tentent de nous faire oublier :
- une culture. Celle du vin s’exprime de plusieurs façons. En premier lieu, il faut respecter la nature. C’est elle qui a modelé des territoires, formé des strates, créé l’érosion, apporté des alluvions… Qui peut nier la force d’un terroir de silex à Sancerre, des calcaires marins à astérie à Saint-Émilion, des galets et de l’argile à Châteauneuf-du-Pape, de la craie en Champagne, du calcaire enrichi de marnes rouges à Gevrey-Chambertin, des graves et de l’alios à Léognan ou des marnes du lias en Alsace… ? Cette nature, enrichie d’altitudes et de climats spécifiques (l’influence océanique est forte en Médoc, le mistral souverain en Provence, les bois et forêts protecteurs en Champagne…), il faut donc l’entretenir, la respecter, la mettre en valeur au travers d’une écologie évidente. L’homme n’intervient qu’après. Il a le choix : soit il se prend (très) au sérieux, plante n’importe où, mise sur les sophistications œnologiques, multipliant les “jus de confiture”, bref, fait un “produit”, blanc, rouge, mousseux ou rosé, et parfois à des prix inadmissibles. Soit (on se doute que c’est celui-ci qui a notre préférence), le vigneron fait partie intégrante de son terroir, s’efface devant lui en le laissant s’exprimer, maîtrisant les techniques modernes qui sont alors les bienvenues quand elles ne viennent pas “aseptiser” les vins. Évidemment, il s’agit d’abord d’avoir un terroir digne de ce nom… ceci expliquant peut-être cela. Le vin, c’est donc le reflet d’un état d’esprit.
- une éthique. Eh oui, il faut avoir une éthique, aujourd’hui plus qu’hier. En-dehors d’une éthique de la vigne, il y a une éthique morale. On ne peut pas accepter l’arrogance de quelques propriétaires (vous n’en trouverez pas beaucoup dans MILLÉSIMES, www.millesimes.fr) face à la crise sociale que connaît (comme d’autres secteurs) le monde du vin en France. Chacun doit être rémunéré et la solidarité doit primer. Le prix n’entre pas en cause, c’est l’état d’esprit qui compte : on peut être riche et savoir partager, élever le plus grand vin du monde et rester modeste, promouvoir sa région avant d’aller chercher ailleurs. C’est cela, qui mérite le respect.
Thèmes
Ca commence à faire beaucoup de voir le lobby viticole venir faire sa com, presque quotidiennement sur ce blog.
Votre produit festif, unique, magique, a brisé des centaines de milliers de vies, de familles .. Nos hopitaux sont abondamment fréquentés par des gens qui un jour, ont commencé à consommer de l’alcool, dont du vin, et voient, comme conséquence à leur dépendance, toutes les pathologies qui y sont liées.
Faut il également rappeler la responsabilité de l’alcool dans les accidents de la route (je sais,il n’y a pas que le vin) et toutes ces jeunes vies brisées.
C’est une réalité que vous ne pourrez pas cacher derrière des termes qui visent à apporter une image positive à ce qui, au travers de l’addiction à ce produit, peut devenir une terrible drogue ...
L’essentiel, c’est une consommation avec modération... Le vin est ici, à mon sens, présenté comme un produit de notre terroir qui fait partie intégrante de notre culture...












