Article publié le 18 juin 2007
Les 27 ministres de l’agriculture de l’Union européenne ont conclu un accord, mardi 12 juin, pour un nouveau règlement sur les productions biologiques. Une concession est faite aux OGM. C’est le principe de réalité contre le principe de précaution soutenue par la démocratie européenne.
La démocratie européenne est à l’épreuve de la réalité des OGM. L’accord majoritaire validé, le 12 juin, par les Ministres européens de l’agriculture prévoit que l’Europe autorise, à partir de 2009, des dérogations pour utiliser certains pesticides de synthèse et des intrants issus d’OGM, pour les cas où des équivalents non transgéniques n’existeraient pas.
Le Conseil européen a aussi décidé d’appliquer un seuil de tolérance pour la contamination accidentelle des produits bio par des OGM. Ce seuil est fixé à 0,9% d’un produit, comme pour l’agriculture conventionnelle.
Les parlementaires de l’Union avaient largement refusé toute trace d’OGM dans l’agriculture bio (611 voix contre, 61 voix pour). Mais cette vision idéale - soutenue par la voix démocratique - de l’agriculture biologique ne résiste pas à l’épreuve des faits. Comme chacun sait, les oganismes génétiquement modifiés « voyagent » partout. Il est impossible de garantir un produit agricole 100% sans traces génétiquement modifiées. D’où la décision pragmatique du conseil européen. On peut la contester mais elle est "raisonnable".
L’Europe lutte réellement contre les OGM en agriculture, mais cette lutte a des limites.
La Roumanie, qui avait misé sur le soja génétiquement modifié pour doper une économie toujours très agricole, a été obligée de revoir sa politique depuis son intégration dans l’UE. Le gouvernement roumain, avec l’aide de l’Europe, accorde aujourd’hui des compensations financières (250 € / ha) aux producteurs de soja pour qu’ils abandonnent les cultures OGM et se reconvertissent. Environ 200 000 ha de cultures sont concernées en Roumanie. Mais la « pollution » OGM entraînée par ces parcelles est réelle.
Les OGM en agriculture posent un problème d’environnement mondial. Face à ce problème, l’Europe ne peut pas se permettre la désunion. Mais la réalité, c’est que la firme américaine Monsanto, qui a notamment vendu aux Roumains des semences de soja OGM, a obligé l’Europe à accepter une pollution de fait.
Sans un gouvernement européen fort, sans une politique économique européenne capable de peser contre les Etats-Unis, comment imaginer des garde-fous contre des politiques commeciales agricoles agressives ? Un traité européen simplifié, tel que le souhaite Nicolas Sarkozy, sera-t-il suffisant pour prendre les bonnes décisions dans ce domaine ?
En attendant, là où Monsanto a testé ses semences et ses pesticides, les agriculteurs Bio « contaminés » sont condamnés à disparaître.
Je suis désolé de le dire à un "pro-européen", mais l’Europe apparaît comme une véritable fumisterie dans ce dossier des OGM :
Le 31 mars dernier, un article du Monde intiulé "Le Parlement européen ne veut pas de traces d’OGM dans les produits bio". Effecetivemetn, le parlement européen consulté sur la question du seuil d’OGM dans l’agriculture bio s’était prononcé en faveur d’une réduction de ce taux de 0,9% à 0,1%, seuil de détectabilité des OGM.
Cet avis n’a nullement été pris en compte... L’articel expliquant, "Le pParlement ayant seulement un rôle consultatif en matière d’agriculture, c’est au Conseil qu’il reviendra de trancher, en juin."
Et effectivement, le Conseil s’est prononcé contre cette mesure visant à protéger l’agriculture biologique.
On peut se demander à quoi peut bien servir d’élire des députés européens, si leur avis n’est même pas pris en compte dans les instances européennes sur des questions comme celles-ci !
A noter que lors de ce vote du Parlement européen pour la réduction du taux d’OGM dans le bio, chez les les députés français, nous apprend le journal Le Monde, "seuls les eurodéputés UMP ont voté contre" !
On voit bien là ce à quoi nous prépare le gouvernement de Sarkozy, derrière les beauc discours environnementaux, et la prudence sur les OGM.
sorry pour les fautes d’orthographe (précipitation)
D’autre part, excusez-moi, mais j’avais lu assez vite votre article, en diagonale.
Cette position du Conseil n’a rien de "raisonnable" ! C’est tout simplement un constat d’échec de la politique face aux pressions des lobbies industriels, et/ou d’un de l’absence de volonté politique pour prendre en compte l’avis des citoyens et les simples principes de sécurité et de transparence environnementale et sanitaire.
Cela me fait penser à cette phrase tirée d’une dépêche AFP récente commentant la dernière accréditation du maïs mon810 en France par Alain Juppé et Christine Lagarde (interdit en Allemagne) :
"C’est une affaire politique, on n’est plus dans la rationalité. La rationalité devrait au contraire permettre d’accélérer le mouvement en faveur des OGM car l’Europe va perdre sa compétitivité vis-à-vis des Etats-Unis", avait affirmé à l’AFP Christophe Terrain, président de l’Assemblée générale des producteurs de maïs (AGPM). "
C’est exactement le même type de discours de lobbyiste et idéologique :
"être rationnel c’est accepter la compétitivité économique industrielle internationale" et ne réduire les activités humains qu’à cela...
et cela quand bien-même si cela porte sur des produits, inutiles voire dangereux d’un point de vue agronomique et écologique, dont personne ne veut, et qui ne répondent véritablement qu’à la volonté de créer de nouveaux marchés captifs, sans aucune certitude concernant l’impact de ces activités sur l’environnement, la santé animale et humaine.
C’est la vision aveugle et scientiste du monde avec l’illusion de contrôle, de maîtrise du vivant qu’elle implique, qui semble imposer un certain mode de pensée dans les instances internationales.
0,9% d’OGM c’est la mort de l’agriculture bio et c’est l’agroalimentaire qui pavoise car derriere les OGM il y a aussi le brevetage du vivant et les semences qui ne servent qu’une fois+le scandale des semences qui ne sont plus inscrites au repertoire(voir le procès avec kokopelli) !!
Je ne suis pas aussi professionnelle que vous dans ma recherche d’infos. néanmoins j’aimerais dire simplement que L’europe n’a pas pu se construire justement à cause des lobbys industriels, qui ont repoussé la consolidation politique aux calendes grecques en favorisant la soit disante extension géographique. L’échec du référendum européen pour la constitution témoigne bien de cette prise de conscience. Ce n’est pas un réflexe mais bien le signe que la consolidation politique attendait pour se manifester d’où la nécessité urgente aujourd’hui de se mobiliser contre une politique d’attrapes nigauds. L’exigence française et allemande, la position des Hollandais,toute l’histoire est interpellée depuis les origines du traité de Rome : la conscientisation des enjeux est tangible enfin. Le lavage de cerveaux est bien expliqué dans un essai publié aux éditions des Milles et Une Nuits La destruction du savoir en temps de paix. Là où il y a une maladresse politique, la manipulation du pouvoir traditionnel asseoit le lobby et le macchiavélisme. Je vais trop Loin, là ? Je ne crois pas. La compétitivité de L’europe est dans son savoir, son savoir faire et son savoir être autrement dit dans sa combativité. Son patrimoine historique.












