Faut-il habiter la Californie pour manger plus sainement ? Le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger a promulgué vendredi une loi interdisant l’utilisation d’acides gras trans dans les restaurants de L’Etat, une première aux Etats-Unis présentée comme une mesure de santé publique.
L’alimentation et ses conséquences sur notre santé est au cœur des débats.
Depuis quelques décennies, nos modes de vie ont évolué et en
conséquence, nos habitudes de consommation ont été modifiées. La
consommation de produits industriels (pizzas, plats préparés, gâteaux,
pâte à tartiner, barre chocolatée, viennoiserie ...) a augmenté
considérablement pour différentes raisons qu’il serait peut être temps de reconsidérer :
- ces plats sont présentés comme équilibrés (en vitamines, minéraux,...) et variés
- par gain de temps (qui n’a jamais cédé aux plats préparés le soir en rentrant après une longue journée de travail ?)
- parce que leur goût et leur texture sont très appréciés notamment par les enfants (qui n’a jamais glissé dans le cartable un goûter industriel : barre chocolatée, viennoiserie, gâteau ?)
- pour leur rapport prix/rapidité de préparation/équilibre du menu
Avant de revenir en détail sur les AGT, rappelons que Les gras présents dans les aliments se composent de quatre différents types d’acides gras :
- saturés qui peuvent être fabriqués par l’organisme à partir des glucides et des lipides. On les retrouve dans : beurre, margarine, viandes, lait entier, produits laitiers, huiles concretes (palme et coprah). Astuce pour les reconnaître : ils sont solides pour la plupart à température ambiante.
- mono insaturés qui peuvent être fabriqués par l’organisme à partir des glucides et des lipides. Origine surtout végétale : huile d’olive source d’oméga 9, graisse d’oie et de canard. Astuce pour les reconnaître : ils sont liquides à température ambiante et solides au froid.
- polyinsaturés,
acides gras dits « essentiels » car l’organisme ne peut pas les
fabriquer, ils doivent être apportés par l’alimentation, ce sont
notamment les fameux oméga 3 et 6. On les retrouve dans : huile tournesol, de carthame, de pepins de raisins, de sésame (source d’oméga 6),
huile de lin,de colza, de soja,de noix (source d’oméga 3), poissons des mers
froides (sardines, rougets, maquereaux, saumons, flétans). Astuce pour les reconnaître : ils sont liquides quelque que soit la température
- Les acides gras Trans (AGT)
Les AGT existent à l’état naturel en petite quantité (dans la graisse et
le lait des animaux ruminants donc on les retrouve dans la viande de
boeuf, mouton ou le lait de vache, de chèvre et les produits laitiers)
mais la plupart sont artificiels, créés en laboratoire par les
industriels par un procédé d’hydrogénation qui consiste à transformer
des acides gras (huiles liquides) insaturés en graisses (saturées) plus
ou moins solides à température ambiante.
Cette matière ajoutée à certains produits va leur donner plus de consistance, une texture crèmeuse plus agréable ou un côté plus croustillant, un goût meilleur et surtout augmenter la conservation du produit (les AGT empêchent le rancissement). Les AGT = faciles à produire, très bon marché, se conservent plus longtemps = Le rêve pour les industriels !
Les AGT : Les répérer
Les AGT sont partout : les plats préparés, les viennoiseries, les pâtes
à tarte, les pâtes à tartiner, les confiseries, les biscuits, les
pâtisseries, les croque-monsieur, les biscottes, les céréales, les
barres de céréales, la margarine, ...
Par contre vous ne trouverez pas sur le produit inscrit clairement dans
la composition "acides gras trans" mais vous pouvez les identifier par :
"huiles végétales ou matières grasses hydrogénées ou partiellement hydrogénées".
Malgré les recommandations de l’afssa (voir plus bas), aucune
obligation n’est donnée aux industriels afin de faire apparaître
clairement la présence de ces AGT dans leurs produits ni surtout leur quantité. Il est donc très difficile de savoir quel produit en contient et surtout de mesurer la quantité absorbée quotidiennement.
Les AGT : Les risques
Les effets défavorables des acides gras trans sur le risque cardiovasculaire sont connus depuis le début des années 1990.
Une étude publiée en 1997 par the new England journal of medicine a
révèlé qu’ils pourraient faire augmenter ce risque de l’ordre de 30%.
Des études scientifiques publiées en 2006 par le "New England
Journal of Medicine" ont confirmé qu’il existait une relation
importante entre les AGT et les maladies cardiovasculaires et que
l’élimination des acides gras trans dans les aliments transformés
pourrait supprimer de 72 000 à 228 000 accidents ou maladies cardiaques
par an aux États-Unis. Un rapport entre AGT et le diabète (par augmentation du taux du cholestérol LDL (mauvais) et diminution du taux de cholestérol HDL (bon)), l’obésité et la stérilité féminine avait également était établi.
Leur impact sur le risque de cancer du sein restait à définir. Une étude publiée par l’INSERM
vient de révéler que le risque de cancer du sein est presque doublé
chez les femmes ayant des taux sanguins élevés d’acides gras trans. Les
acides gras trans incriminés sont ceux d’origine industrielle (produits
manufacturés, pains industriels, viennoiseries, gâteaux, chips, pâtes à
pizzas).
Ce n’est
pas le fait de consommer un produit industriel de temps en temps qui va
poser problème mais bien sa consommation régulière ou l’accumulation de la consommation de ces produits.
Les AGT, Comment les éviter ?
Allez vivre en Californie ! C’est en effet le premier Etat des Etats-Unis
à interdire les AGT dans les plats préparés dans les restaurants.
Ainsi huiles, margarines et autres matières grasses contenant des AGT
devront être bannies de tous plats préparés mis en vente dans les
restaurants ou tout autre établissement sous peine d’une amende pouvant
atteindre 1.000 $.
New York, Philadelphie et Seattle ont déjà adopté de telles mesures
(des amendes pouvant aller jusqu’à 2000 $ à New york) par contre elles
n’avaient à ce jour pas été appliquées à un Etat entier ni étendues à
d’autres établissements que les restaurants car elles continuaient à
être vendues dans les supermachés.
Toutefois, l’étiquetage mentionnant la présence d’AGT est obligatoire
et il n’est pas rare de voir des produits avec la mention "sans
graisses trans" ou plutôt "fat trans free" comme argument marketing.
Mais en France, qu’en est il ?
En 2005, l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments)
avait publié un rapport qui évaluait le B/R (rapport bénéfice/risque)
de ces AGT sur la santé.
L’AFSSA constate que :
- Les apports moyens des acides gras trans sont : pour les hommes de 3,2 g/j, pour les femmes de 2,8 g/j, ce qui représente 1,3 % de l’apport énergétique total (AET) quotidien.
- 5 % de la population française adulte présente une consommation en AGT totaux de 2 % de l’AET. hommes = 6 g/j, femmes = 5 g/j.
- Les plus grands consommateurs (garçons de la tranche d’âge 12-14 ans) de matières grasses en France absorbent près de 8 g/jour d’AGT, et dépassent le seuil de 2% des AET.
L’AFSSA recommande :
- de considérer la valeur de 2% de l’apport énergétique total comme un niveau de consommation à ne pas dépasser.
- de réduire de 30 % au moins la consommation de certains aliments contributeurs d’ acides gras trans (viennoiseries, pâtisseries, produits de panification industriels, barres chocolatées, biscuits) de faible intérêt nutritionnel.
- de ne pas diminuer la consommation de lait et les produits laitiers
bien qu’ils soient des aliments fortement contributeurs des AGT totaux
et de consommer de préférence les produits demi-écrémés ou écrémés.
L’AFSSA incite les professionnels :
- L’obligation d’étiquetage des acides gras trans serait de nature à inciter les industriels à améliorer la composition de leurs produits puisque la recommandation d’étiquetage ne s’applique qu’en cas de dépassement de seuils correspondant aux normes de l’offre alimentaire actuelle.
- Concernant les graisses dites cachées (les margarines industrielles et le shortenings), utilisées dans la fabrication des viennoiseries, pâtisseries, biscuits, barres chocolatées et les margarines de toutes qualités utilisées comme pâtes à tartiner ou en cuisine, l’Afssa précise que la diminution des teneurs en acides gras trans dans ces graisses cachées ne doit pas s’accompagner d’une augmentation des teneurs en acides gras saturés.
-
La limite en acides gras trans devrait être fixée à 1 g/100 g de
produit sous sa forme consommée, soit 9 Kcal/100 g de produit,
équivalant à 0,4 % de l’AET
3 ans plus tard, rien n’a changé et aucune mesure n’a été prise pour obliger les industriels à appliquer ces mesures.
Pourtant il est bien établi que plus de 2 millions et demi de
personnes consomment trop d’AGT et que si pour un enfant le risque
commence à partir de 4g/jour, sa consommation avoisine les 5g/jour
voire 8g/jour !
Alors qu’attendons nous pour prendre des mesures plus draconiennes et obliger les industriels à plus de transparence ?
En attendant, vous pouvez éviter ces AGT :
-
en limitant votre consommation de produits industriels (plats préparés, produits transformés, fast food, margarines)
- en les répérant sur l’emballage (par matière grasse ou huile hydrogénée ou partiellement hydrogénée mais attention la quantité n’est pas indiquée)
-
en consommant local et de saison (et oui on y revient toujours..)
- en achetant des huiles de première pression à froid bio, en bouteille de verre teintée (pour éviter l’oxydation)
Pour aller plus loin
- Etude de l’Inserm
- les recommandations de l’AFSSA
- Le rapport de l’AFSSA "risques et bénéfices des acides gras trans apportés par les aliments"
- Wikipédia "acides gras trans"
-
le livre de Marie Paule Dousset "Savoir acheter, le guide des étiquettes"
-
L’émission de France 2 "envoyé spécial" que je vous invite à revoir
Thèmes
Bien-être Alimentation Nutrition Huiles végétales Consommation Sécurité alimentaire Additifs alimentaires
acide gras trans signifie que dans sa chaîne hydrocarbonée, l’acide gras contient une double liaison qui au lieu de présenter une géométrie cis, comme dans la plupart des acides gras, présente une géométrie trans, ce qui entraîne des propriétés physico-chimiques différentes. Ceci est d’ailleurs correctement décrit dans l’article de Wikipedia. Les acides gras totalement saturés, par exemple, ne sont donc pas des AGT, au moins dans la définition chimique. Tout ceci pour dire que la famille des acides gras constitue un ensemble complexe, difficile à analyser par les chimistes, dont la séparation en structures définies demande des travaux importants. Cela est nécessaire pour établir des relations AGT-risques cardiovasculaires précises. Cela a-t-il été fait ??
Le souci de ces acides trans n’est pas nouveau mais il s’explique içi : http://liberty291.vox.com/library/p...
Nos chers pouvoirs publics en sont complétement complices, j’aimerai bien une étude chiffée disant ce que coûtent au système de soin l’utilisation de ces produits nocifs qui font le bonheur des industriels ...
Cela doit coûter bien plus cher que bien des postes sur lesquels notre gouvernement actuel est en train de rogner !
Le pire est pour 2009 ! (aller voir les deux vidéo concernant le CODEX alimentarius, le génocide par la nourriture)
"Cela est nécessaire pour établir des relations AGT-risques cardiovasculaires précises. Cela a-t-il été fait ? " je ne sais pas ce serait effectivement à vérifier
Le codex alimentarius oui j’ai découvert cela ! j’ai d’ailleurs posté un billet et mis à la vidéo en ligne sur le blog http://blog.evydemmentbio.com/index...











