Article publié le 23 décembre 2008
Devedjan exfiltré de l’UMP pour devenir Ministre de la relance économique, sans budget ni pouvoir, en charge de coordonner l’action des autres ministères, pour de dépenser plus et plus vite l’argent que l’on n’a pas. Bien entendu, l’aiguilleur de la dépense publique pour une relance hypothétique ressort les vieilles rengaines, écoute les mêmes lobbys, ceux qui ont été braqués par le Grenelle de l’Environnement qui se diluera de toute façon à petit feu législatif… Devedjian est de la vieille école, droite dure et décomplexée, et l’ancien ministre délégué à l’Industrie qu’il fut jusqu’en 2005 n’a pas été pro green tech, loin s’en faut. Il ne s’est pas converti depuis. En plus, il n’est pas vraiment pote avec Borloo.
Donc, en toute incohérence, ce plan de relance qui aurait du être la
mise en œuvre anticipée du Grenelle de l’Environnement, l’ignore
largement. On va relancer les autoroutes, accélérer et augmenter la
commande de voitures de police et gendarmerie (50 millions d’€
équivalents à 2700 véhicules, soit +10 % du parc de leur parc), … et
prôner les économies d’énergie. Belle démonstration de logique
gouvernementale, où la main droite ignore ce que fait la main gauche.

La relance économique a n’importe quel prix écologique, l’histoire du
grenelle de l’Environnement attendra pour être écrite. Inventer
l’économie verte on verra plus tard. Laissons cela aux européens s’ils
y trouvent motivations, aux américains si Obama prend le contre pied de
Bush... Devedjian, n’est pas là pour inventer, mais servir des intérêts
qui ne sont pas tous solubles dans le vert. Sa lettre de mission, est
une feuille de route digne des Shadok. Pompe soldat Devedjian, pompe,
le pire est incertain … ;-)
A lire, le très bon billet de Corinne Lepage dans LaTribune.fr
.
"En
définitive, tout se passe comme si le choix avait été fait non pas de
pousser l’industrie verte, mais au contraire de continuer à soutenir
les industries à bout de souffle ou condamnées du XXe siècle, au lieu
d’encourager leur reconversion et de soutenir les nouvelles
technologies.
Or
le plan de relance, bien loin de tracer une voie nouvelle, ne fait
qu’ajouter de la confusion en distillant l’effort. Cette orientation
condamne à moyen terme notre population à un chômage croissant même
après la reprise mondiale qui viendra, parce que nous n’aurons pas une
offre correspondant à la demande mondiale. Faute d’avoir compris qu’il
fallait investir dans la reconversion écologique, le plan de relance et
la politique effectivement suivie ne produiront que des effets modestes
et de très court terme. "









