Le pari des fameux "10 plus X"
pronostiqués par M. Cohn-Bendit qui avait déjà mené les Verts en 1999
(9,72%), est gagné. Et de loin, avec environ 16% des voix selon les
estimations. L’Alliance écologiste indépendante d’Antoine Waechter et
Francis Lalanne recueillerait 3,7%, selon OpinionWay, ce qui porterait
le vote "écolo" à près de 19%.
"Dany
a été une super locomotive. Sans lui, le résultat aurait été
incontestablement inférieur", assure l’ex-Greenpeace Yannick Jadot,
candidat dans l’Ouest. Dès l’automne, "on était déjà sur la
transformation écologique de l’économie, on n’a jamais dérogé à ça, ça
paye !", juge-t-il.
Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts,
se dit "content du tour de piste fait par Dany pour nous aider à nous
relever" après la déroute de Dominique Voynet à la présidentielle 2007
(1,57%).
La diffusion de "Home", une ode à
l’environnement de Yann Arthus-Bertrand vue par 8 à 9 millions de
personnes sur France 2 vendredi, a aussi été un "vrai coup de pouce",
dit-on chez les Verts qui avaient obtenu moins de 8% en 2004.
Pour
les Français, "les écologistes ont toujours été perçus comme des
Européens, Cohn-Bendit en est l’incarnation et avec Eva Joly, ça a été
un couple porteur", affirme Stéphane Rozès (société de conseil CAP)
pour qui l’altercation entre MM. Cohn-Bendit et Bayrou jeudi a profité
à l’ex-leader de Mai 68.
Pour Philippe Raynaud, professeur de
Sciences politiques à l’université Paris-II Panthéon-Assas, "la
récupération de José Bové est une belle opération" car
l’altermondialiste "a chassé sur les terres du NPA" d’Olivier
Besancenot pendant que M. Cohn Bendit, qui est "objectivement beaucoup
plus à droite que les Verts français habituels", a "chassé sur celles
de Bayrou".
Au départ improbable, "cet attelage ayant
tenu dans la cohérence jusqu’à la fin, l’électorat s’est dit que si des
personnes aussi diverses arrivaient à s’entendre tout au long d’une
campagne c’est qu’elles étaient rassemblées par un contenu, ce qui a
été perçu comme efficace par les électeurs", selon M. Rozès.
En
tout état de cause, pour M. Raynaud, ce scrutin a permis "un bon
renouvellement d’image pour les Verts" mais "le problème est de savoir
si ça va dépasser les européennes".
C’est tout l’enjeu de
l’après-7 juin pour le parti écologiste dont le Cnir (parlement) se
réunit le week-end prochain pour commencer à discuter de la suite du
rassemblement.
Environ 13.000 personnes, le double des
adhérents Verts, ont signé l’appel Europe-Ecologie durant la campagne.
"On veut les garder", explique M. Placé.
Pour lui, il n’y a
"aucun tabou sur la question organisationnelle et structurelle" :
faut-il "rénover les Verts, faire une confédération, une fédération des
partis associés ?", s’interroge-t-il. Tout paraît ouvert.
Mais "Dany" qui a porté ce rassemblement, a déjà dit qu’il serait "présent" mais sans être "moteur" de cette transformation.
Cet
excellent résultat doit également permettre aux écologistes de bien se
positionner pour les régionales prévues en 2010, puis la présidentielle
2012. "On va essayer de transformer l’essai aux régionales", assure M.
Placé pour qui "la dynamique d’autonomie des listes écologistes sera
forte". Le PS est prévenu.
Source : AFP