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Attali, ou l'anti grenelle

Article publié le 30 janvier 2008

Comment la commission Attali enterre le Grenelle de l’environnement

Dans le monde rêvé de jacques Attali et des ses mandataires, il n’est de croissance que productiviste et de développement que libéré des contraintes et carcans élaborés par des lobbies et autres passéistes timorés. Parmi ces insupportables rigidités, celles qui limitent la libre occupation de l’espace et les règles environnementales. Moins de trois mois après le Grenelle de l’environnement et avant même les premières lois cadres, celui-ci serait donc enterré, comme l’avant projet de rapport le laissait déjà entrevoir avec l’abandon programmé du principe de précaution. Trois des vingt « décisions fondamentales » proposées en témoignent, les autres pour l’essentiel n’en font pas état, c’est peut être pire.

De grands chantiers…peu durables : Depuis le plan Marshall, il n’est d’ambition sérieuse en France sans investissements dans les infrastructures. Ainsi chaque génération ajoute les siens sans trop se soucier de l’achèvement des précédents ni de leur cohérence globale. Développer des ports sans s’assurer de leur liaison aux grands axes, via des transports durables, fluviaux ou ferrés, serait un coup d’épée dans l’eau et rejetterait à nouveau des camions sur les routes. On ne peut oublier ainsi le projet de canal Seine Nord Europe dont l’avancée butte sur l’insuffisance criante de financements publics. Or, ce canal permettrait de supprimer le principal goulet d’étranglement du réseau fluvial européen et relierait le bassin parisien aux grands ports du nord de l’Europe, détournant ainsi de la route plus de 300.000 camions. Et qu’en est il des « autoroutes ferroviaires » promises, censées relier par fer le sud et le nord de l’Europe, si ce n’est un seul train par jour et par sens entre Perpignan et Luxembourg ? Dans le même temps, l’autoroute ferroviaire atlantique est reportée sine die faute d’investissements publics. Et la SNCF continue à fermer des centaines de plateformes régionales de fret, y compris là où collectivités et entreprises avaient réalisé de coûteux investissements de branchement. Alors, oui à de nouveaux grands chantiers, si tant est qu’ils soient concertés, financés et durables.

 

Libérer la grande distribution ? C’est bien connu, le commerce en France croule sous les contraintes, notamment celles créées par MM. Galland et Raffarin, réputés pour leur attrait pour une économie administrée… Mais, de fait, que peut-on accorder de plus aux grandes enseignes alors même que les surfaces commerciales autorisées chaque année ont été multipliées par trois en moins de 10 ans et que 80% des demandes sont accordées, selon le statistiques les plus officielles ? Ce ne sont plus les entrées de ville que nous pourrons stigmatiser demain pour leur urbanisation débridée, mais chaque échangeur routier ou autoroutier car tout terrain agricole situé à proximité d’un flux de véhicules et donc de consommateurs potentiels, sera susceptible de devenir zone commerciale ou entrepôt logistique. Comme si les français souffraient d’une pénurie d’offre commerciale et non de pouvoir d’achat…

 

La vitrine des Ecopolis : Comme la Chine à Dongtan et d’autres pays en mal de communication verte, la France se doterait d’une vitrine urbaine écologique. Dix Ecopolis d’un coup, soit 500.000 logements plus les équipements nécessaires, à réaliser pour partie avant 2012, contre moins de cent logements effectifs à Bedzed dans la banlieue de Londres, le seul éco-quartier cité dans le rapport. Mais qu’y a-t-il d’écologique à étaler à nouveau l’urbanisation en créant de nouveaux pôles urbains alors que le pays est maillé de milliers de villes et bourgs qui n’attendent que le concours des pouvoirs publics pour intégrer plus de normes durables dans leur aménagement ou leur rénovation ? Depuis quand le recyclage urbain serait moins écologique que la construction de villes ex nihilo ? Et qui va payer alors que l’Etat, certes prodigue dans les années 60 lors de la création des villes nouvelles, a abandonné ces dernières années jusqu’au simple financement des tramways et sites propres de bus ?

Jacques Attali rentrera peut être un jour à l’Académie mais ce ne sera pas en habit vert…

alaincluzet.fr 

 

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51 votes

commentaires
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par léonard (IP:xxx.xx3.117.111) le 30 janvier 2008 à 10H57

On ne peut que souscrire à cet article et se demander comment Jacques Attali résoudrait des problèmes planètaires alors qu’il rêve de croissance financière et démographique pour faire le bonheur de l’humanité.

léonard

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par judel.66 (IP:xxx.xx7.159.75) le 30 janvier 2008 à 21H35

pourquoi diable sarco est il allé chercher l’interventioniste kouchner et attali ...pour quoi et pour qui avons nous voté.....

votez :
par tsé (IP:xxx.xx5.199.208) le 20 février 2008 à 19H52

serait également enterré par ce rapport, le respect du principe de précaution (à revoir) que nous avions eu tant de mal à obtenir, cette commission considérant qu’il freinerait la sacro-sainte croissance des intégristes néolibéraux. :-((


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