NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
Sur la valorisation énergétique de la biomasse

Article publié le 15 octobre 2007

image La combustion de la biomasse qu’elle soit sous forme de biocarburants ou de déchets de toute sorte, y compris le bois sous forme de ’pellets’, ne s’inscrit absolument pas dans le concept du développement durable. Après plus de 50 années d’agrochimie et d’agriculture industrielle, les terres sont tellement dégradées à travers le monde qu’on a absolument besoin de chaque kilogramme de biomasse animale et végétale pour régénérer les écosystèmes. La teneur en humus des terres agricoles, mais aussi des sols forestiers a chuté à un dixième de sa valeur en moins d’un siècle. Même si personne ne semble admettre, c’est la cause profonde de nos problèmes d’eau et aussi de la pollution par les nitrates.

La destruction de la biomasse animale (y compris les déjections humaines) sous prétexte d’épuration (même par les plantes !) et celle de la biomasse végétale pour la production d’énergie, prépare des déséquilibres graves dans la biosphère, comme la désertification, les sècheresses, les inondations. Elle renforce aussi d’une manière importante le réchauffement planétaire, mais aussi la pollution par les nitrates. La destruction massive de la biomasse rejette beaucoup de CO2 dans l’atmosphère, mais surtout diminue la capacité de régénération des écosystèmes susceptibles de piéger les gaz à effet de serre.

Compte tenu de ce fait, l’utilisation des biocarburants (biodiesel, bioéthanol, biogaz, pellets de bois) est un gâchis immense et compromet notre avenir. Même si la plupart des scientifiques les ignorent, les observations expérimentales s’accumulent pour montrer que pendant la photosynthèse, les plantes semblent fixer plus d’énergie solaire que celle qu’on peut en récupérer par combustion simple. Ce fait paradoxal n’a pas encore une explication scientifique satisfaisante. Si ces observations devaient se confirmer, par des expériences à plus grande échelle, elles ouvriraient des perspectives encourageantes devant la valorisation énergétique de la biomasse, sans déséquilibrer la biosphère.

A ce sujet, j’ai formulé l’hypothèse (à vérifier), suivant laquelle à côté du processus de réduction (transfert d’électrons) pour la synthèse de la cellulose, les plantes semblent fixer de quantités plus importantes d’énergie, par un autre procédé, dont l’explication se trouve sans doute dans les travaux de physicien français Louis Kervran. Il s’agirait, peut-être d’une sorte de fusion froide biologique. L’énergie ainsi stockée ne peut être récupérée que par un système biologique fonctionnant avec des bactéries. La combustion simple rend impossible cette récupération. C’est la raison pour laquelle, si étonnant que cela puisse être, le rendement de fixation de l’énergie solaire par les plantes paraît très faible (1 à 4 %). Ce pourcentage est faible, car il est mesuré uniquement par calorimétrie (combustion totale). Dès qu’on fait les mesures sur un système biologique, pendant le compostage suivant la méthode de Jean Pain, l’énergie de basse température (entre 60 et 65°C) récupérable, dépasse celle obtenue par combustion. C’est ce qu’on a mesuré il y a déjà quelques années à Londerzeel (Belgique), au Comité Jean Pain. Ces mesures doivent, évidemment, faire l’objet de vérifications. Afin d’augmenter les rendements, il sera aussi nécessaire de procéder à une sélection de bactéries capables d’effectuer cette récupération calorifique.

Même au cas où mes hypothèses devaient s’avérer non fondés, le fait expérimental bien établi est là : le compostage suivant la méthode de Jean Pain dégage des quantités d’énergie du même ordre de grandeur que celle obtenue par la combustion simple des déchets de bois destiné au compostage. La différence est qu’après la récupération de son contenu énergétique, le compost obtenu reste disponible pour la régénération des terres agricoles et forestières ; et même pour un programme de reconquête du désert.

Si l’on veut utiliser la biomasse végétale pour la production d’énergie, la filière la plus rationnelle me semble être la récupération de la chaleur du compostage pour le chauffage des bâtiments et des serres.

On renforce donc l’écosystème pour piéger le CO2 de l’atmosphère (diminuer l’effet de serre par ’puits de carbone’), on rejette moins de CO2 et on obtient au moins autant d’énergie que par la combustion ? peut-être plus...

C’est la raison pour laquelle, depuis des années, je dis haut et fort :

« La valorisation énergétique de la biomasse - du moins dans le contexte actuel - est un immense gâchis. La valeur biologique de la biomasse détruite sous prétexte de valorisation énergétique (ou d’épuration) est bien supérieure à celle de l’énergie obtenue. »

Dans l’intérêt de la biosphère il n’est donc pas conseillé de brûler les pellets de bois du biogaz ou des biocarburants. La filière de compostage valoriserait aussi la biomasse d’origine animale et humaine. L’imprégnation du bois pourrait se faire avec du lisier d’élevage, des effluents des toilettes. C’est sans doute la façon la plus rationnelle d’éliminer ces déchets.

Compte tenu du fait que 60% de l’énergie consommée par les ménages sert pour le chauffage, on comprend que le chauffage par le compost couvrirait une proportion non négligeable des besoins, tout en régénérant les terres. En renforçant les sols forestiers par le compost obtenu, on augmenterait encore la production du bois à l’hectare et on piègerait de plus en plus de CO2 pour freiner l’échauffement planétaire. Avec la combustion directe du bois, et des biocarburants, on le renforce.

Pour en savoir plus : Eautarcie

 

Bookmark and Share
39 votes

commentaires
votez :
par jcm (IP:xxx.xx4.162.93) le 15 octobre 2007 à 13H36

A ceci près que la chaleur dégagée par le compostage est de la chaleur à très bas niveau de température en comparaison avec les températures obtenues par combustion.

Il faudrait donc relever ce niveau de température de la chaleur issue du compostage afin de la rendre utilisable (transportable à un coût acceptable, efficace dans un processus de chauffage pour une surface d’échange acceptable...) ce qui nécessiterait de très grosses pompes à chaleur.

A ceci près aussi qu’une bonne part de la production de "pellets" (mais ne pourrait-on parler français et appeler cela des granulés de bois ?) provient de rebuts de l’industrie du bois qui étaient, il n’y a pas si longtemps, tout simplement des déchets dont on ne savait que faire...

Quand à la fusion froide... ne nous échauffons pas !

votez :
par Atlantis (IP:xxx.xx4.175.14) le 16 octobre 2007 à 10H39

Il y a des projets de chauffage par chaleur de compost. A dimensionner en fonction du besoin du bâtiment (passoire vs passif), mais il y a quand même une taille critique à avoir. Pour une ferme ça pose pas de pb, mais pour de l’urbain c’est pas gagné (ça sert toutefois de complément, c’est tjrs ça de pris). Valoriser la biomasse c’est bien, mais faut pas oublier que l’énergie la plus propre c’est celle qu’on ne consomme pas.

Quant aux sciures dont on fait des pellets il est évident qu’en toilette sèche ça sera nettement mieux qu’en chauffage pellets.

votez :
(IP:xxx.xx9.150.162) le 17 octobre 2007 à 00H43

Depuis que le gigot d’agneau congelé provenanr de NZ ou d’Australie est peu cher plein de vallons de nos montagnes sont la proie des ronces et sont complantés en forêts. La biomasse augmente...Une des raisons du "Waldsterben" ce sont fes especes inadaptées sur des sols maigres qu(il faudrait amender.

Dans le cycle du carbone le passage sous la forme gazeuse Co2 est une forme obligée. L’ Australie en soignant les éructations et la pétomanie de ses ruminants a réduit le trou d’ozone de manière significative.

Alors à quand le tour de nos vaches nos moutons nos chèvres en Europe.....

Par ailleurs comme économie d’énergie DEMENAGEZ dans le Sud Avec plus d’ensoleillement vous allez déja pouvoir profiter de la photo-voltaique. La biomasse n a pas encore dit son dernier mot. Les chaines de carbones saturées d’hydrogène seront les carcasses des carburants de nos ’moteurs à hydrogène’.

votez :
par Mobar (IP:xxx.xx6.100.147) le 17 octobre 2007 à 09H07

La valorisation énergétique de la biomasse présente l’intérêt unique de pouvoir être réalisée à la demande et de produire des vecteurs énergétiques de grande valeur(chaleur haute température, électricité de pointe, biocarburants Fischer-Tropsch, Hydrogène, méthanol ...) avec des technologies parfaitement maitrisées.

Chose qui est irréalisable dans l’état actuel de la technique avec les autres énergies renouvelables.

Le faible rendement énergétique de la photosynthèse voudrait que l’on réserve les utilisations de la biomasse aux applications à haute valeur ajoutée.

Ce qui n’est pas le cas, en France plus des deux tiers de la biomasse produite par l’accroissement biologique naturel des forêts et des plantations agricoles est abandonné, brulé sur parcelles ou pire mis en décharge.

La valorisation énergétique pour produire de l’électricité de base, dont la production française est excédentaire, n’est pas non plus une solution efficace.

Mettre en avant une valorisation par des procédés biologiques ne présente d’intérêt que pour les biomassses très humides et/ou contenant de fortes proportion de minéraux et de polluants, c’est un non sens pour des composés secs à forte proportion de lignine comme les résidus de bois.

La chaleur basse température (jusqu’à 130°C) peut facilement être produire par des capteurs solaires avec des rendements très élevés (de 60 à 70%) et pour un coût économique et environnemental minimum. Proposer de d’utiliser la biomasse pour cette utilisation : est ce une ineptie ou de la provocation ?

Quant à la fusion froide ... autant entrer en religion.


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]

Les Auteurs deÉnergies
çaDérange - 278 articles
Biosphère Blog - 37 articles
rcoutouly - 34 articles
Sylvie Simon - 35 articles
Mobilité durable - 157 articles
Eric Lombard - 2 articles
Eric Delhaye - 9 articles
Philippe - 4 articles