Un peuple rejeté cherche sa place.
Article publié le 25 février 2008
Sans cesse expulsés, les roms cherchent leur place dans la ville romaine. Culture différentes et mode de vie particulier les rejettent dans des camps inhumains. Les autorités n’arrivent pas à s’adapter.
J’arrive à Rome par un bus de nuit depuis Turin le samedi 9 février. Après avoir pris un cappuccino pour le petit-déjeuner, je cherche un hôtel pour backpacker. Partout dans le monde, ces hôtels bon marché accueillent les voyageurs comme moi avec leur sac à dos et leur offrent pleins de services : internet, casier pour ranger ces objets de valeurs, laverie… C’est un moyen de rencontrer des jeunes du monde entier, enfin, surtout des pays riches du Nord…
Je passe quelques journées à découvrir la ville éternelle, en l’arpentant de long en large sous un beau ciel bleu, même si je garde mon bonnet et mes gants car le fond de l’air est frais. Je visite le colisée et le mont palatin. A la basilique de Saint Paul, un groupe de pèlerin rentre en procession dans la nef d’une taille extraordinaire. Les chants et les guitares remplissent le monument et la ferveur religieuse devient palpable.
Je rencontre autours d’un café des professeurs italiens en architecture. Nous sommes dans l’ancien abattoir de Rome, qui est en train d’être rénové pour en faire un centre artistique et écologique. Il avait été abandonné pendant des dizaines d’années. Un squat c’est ouvert dans une aile du bâtiment. Des réfugiés kurdes squat une autre aile et ont crée une sorte de centre culturel. Une troisième aile sert d’écurie pour les chevaux qui trainent les touristes en carriole autour du Colisée. Des familles Roms avaient trouvé un endroit où elles pouvaient rester dans l’espace central.
Les enseignants ont commencé à travailler dans ce lieu interlope proche de leur faculté mais hors des règles de la ville, avec une structure associative : STALKER. Un jardin communautaire est crée avec la participation des Roms et sert de point de contact. Suite à l’éviction du camp par la mairie pour entamer la rénovation des lieux, STALKER étudie la situation des camps en ville et dans sa périphérie.
L’an dernier, 8 groupes d’étudiants ont pris le train depuis la gare centrale et sont partis dans des directions opposées. Ils sont descendus au bout d’une heure et sont retournés en direction du centre-ville. Ils ont recensés en route une soixantaine de camps de Roms mais aussi de clandestins, de travailleurs précaires…
Il y a deux ans, les étudiants avaient suivis le cours du Tibre pour effectuer ce même travail de recensement et d’analyse. Une cartographie nouvelle de la région de Rome est créée, et un étudiant prépare une thèse spécifique sur un camp situé juste à côté du périphérique intérieur. Le but est de proposer à la mairie un modèle de camps autoconstruits par les familles Roms sur un terrain occupés de manière illégales pour le moment.
Je me retrouve finalement embarqué mercredi soir dans un convoi de 9 caravanes qui vont parcourir durant 3 jours les franges de l’agglomération romaine à la rencontre des communautés gitanes. Des étudiants de l’université de Deft aux Pays Bas ont rejoins les étudiants de l’Université de Rome 3. Une équipe monte un documentaire qui devrait présenter les différentes facettes de Rome sur Discovery Channel.
Les premiers gitans seraient arrivés au XV° siècle, mais n’étant pas catholique ils ont été persécutés. Sans cesse expulsé, la communauté que j’ai rencontrée jeudi matin a quitté la Roumanie au début du siècle. Ils ont travaillé dans une zone industrielle de Belgrade avant d’être de nouveau obligé de se déplacer après la deuxième guerre mondiale et ils arrivent en Italie, où certains membres de leur famille étaient déjà installé.
Vivant en communauté, avec un modèle économique d’artisanat basé sur la récupération, avec parfois 6 à 10 enfants par famille, le mode de vie atypique des Roms ne rentre pas dans les schémas urbains des autorités. Les camps sont en grande majorités illégaux, et leur états sont tous déplorables, allant du camp de container au bidonville, ce sont tous des ghettos, physiquement séparé de la ville, sans réelle contacts avec l’extérieur. souvent sans eau potable.
La mairie cherche par exemple a regroupé dans Castello romano 1200 personnes, habitant dans des containers préfabriqués : 2 chambres, une salle de bain et une salle de séjour. C’est le plus grand camp de concentration de Roms en Europe. Les familles n’ont pas le droit de les adapter à leurs modes de vies, ouverts vers l’extérieur, avec des espaces communs comme les vérandas où les différents membres de la famille se retrouvent. Le camp s’ouvre directement sur une autoroute, et il faut une heure pour rejoindre le centre ville, sans transport en commun.
La ville de demain devra prendre de plus en plus en compte les modes de vie des personnes déplacées à cause des catastrophes climatiques : un enjeu de taille pour les urbanistes du monde entier et pour le respect des droits de l’homme.
Les photos des camps étudiés sont en ligne : Castel Romano, Salviati, Casilino 900, Foro Italico
Candoni est la première église Rom.
Des photos de l’abattoir actuel.
qu’est ce que c’est :"" un hotel pour back packer ""pouvez vous nous le dire...et comment les découvrir dans une ville....merci.....
C’est quoi cet article ?
La situation des Roms n’est pas facile en effet. Le racisme n’est jamais très loin dans ces situations...
Les Back packer sont plus ou moins des auberges de jeunesse. Terme anglo-saxon notamment utilisé en Australie...
j’ai été interviewée sur le stress, il y a trois jours avenue de l’opéra, par une jeune équipe très interessante et dynamique, qui m’a donné donc les coordonnées pour votre association,
bravo pour ce que vous faites, continuez, et je vais être attentive à vos démarches,
je suis artiste de métier et l’on a parlé du stress,
Bravo pour votre article sur les roms très interessant surtout pour rehabiliter leur mode de vie et culture, lorsque l’on voit comment berlusconi a chasse les roms d’italie, je trouve que cela rapelle certaines périodes fachistes, des methodes d’un autre âge, quelle tristesse, beryl
avec amitié, beryl
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