De plus en plus de pays à travers le monde, soucieux d’apporter leur contribution dans la lutte contre le changement climatique global et de sécuriser leurs demandes énergétiques de surcroit, succombent aux agrocarburants. Une filière qui bénéficie pour le moment d’une bonne image mais qui, vous allez le voir, n’apparaît pas si durable que cela.
Depuis quelques années
maintenant, les programmes d’aides alimentaires et notamment la PAM (Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies), souffrent d’une hausse
conséquente du prix des matières premières alimentaires (maïs, soja,
colza,...).
Le fait est qu’actuellement, de plus en plus
d’exploitants de terres agricoles modifient l’orientation finale de
leurs produits, qu’ils destinent d’avantage qu’hier à rejoindre le
marché des agrocarburants.
Résultat. Des terres
fertiles, autrefois destinées à nourrire les hommes, se retrouvent
aujourd’hui à remplir les reservoirs de l’industrie énergétique et de
nos voitures, occasionnant par la même occasion une inflation des
produits alimentaires de base.
Au sein des pays les moins avancés,
ou la dépendance face aux importations reste très forte, la situation
ne cesse d’empirer et les programmes internationaux d’aide alimentaire
ne peuvent que constater la hausse de leurs dépenses.
La PAM notamment, nous rapporte LeMonde,
organisation de laquelle dépendent 73 millions de personnes, devra
débourser en 2008 au moins 30 % de plus que l’an passé, portant ainsi
le surcoût de l’aide à 500 millions de dollars. Il semble donc que
cette situation puisse être en partie (ce n’est pas le cas pour la
hausse du prix du blé) imputable aux agrocarburants.
Le maïs par
exemple est une matière première alimentaire très appréciée par la
filière des "biocarburants". Ainsi, sur 10 tonnes de céréales produites
et destinées à l’élaboration de combustible "bio", 9.5 tonnes relèvent
de la maïsiculture. Maïs dont les prix semblent épouser avec un
remarquable "mimétisme", la courbe montante du cours du baril de
pétrole.
Encore une fois l’argent est le principal
moteur, loin devant les véritables préoccupations environnementales
réelles, de cette dynamique des agroénergies.
Une dynamique qui
profite aussi bien aux pays développés qu’aux pays du "sud" qui y
voient un moyen d’améliorer les conditions de vie de leurs populations
paysannes et de s’arracher en quelque sorte à la pression que fait
peser sur leurs économies, le choc pétrolier actuel.
Aujourd’hui de nombreux pays font le parie des agrocarburants.
La
France, la Chine, les Etats-Unis sont autant d’états qui souhaitent,
d’ici à 2020, pouvoir couvrir environ 15 % de leurs besoins en
combustibles grâce aux agroénergies.
Une volonté qui
semble ne plus avoir de limites et qui intervient à un moment ou les
bouleversements de l’agriculture mondiale se succèdent et font peser le
risque d’une pénurie.
Ainsi, la convertion des exploitations
destinées à l’agroalimentaires en exploitations destinées aux
agrocarburants vient se coupler à d’autres problèmes qui participent
déjà depuis quelques temps de la hausse du prix des denrées de base.
Aux
mauvaises récoltes consécutives, aux modifications des habitudes
alimentaires de certains pays tels que l’Inde ou bien encore la Chine
(+ consommation d’aliments d’origine animal = + bétail donc + de
production donc + de consommation par ce bétail d’aliments issus de
l’agriculture), vient donc se greffer cette volonté de nombreux états
de réduire leur dépendance au combustible noir.
Une situation qui oblige aujourd’hui les Nations Unies à se pencher sur ce qui pourrait bien devenir, si elle n’est pas raisonnée et discutée, une nouvelle impasse écologique symbole de la décroissance et de l’atteinte à l’homme par l’homme lui même.
+ de colza pour moteur ?
+ Vidéo.
L’agriculture en question.
Thèmes
et pendant ce temps là à haiti on mange des galettes de boue...
Je vous recommande l’excellent livre de Fabrice Nicolino : « La faim, la bagnole, le blé et nous, une dénonciation des biocarburants » chez Fayard.
Tout y est, du bilan carbone désastreux des agrocarburants au désastre écologique que leur production entraîne en passant par le drame vécu par des populations d’agriculteurs expropriés...
lu ce vendredi taggé sur une affiche dans le métro "les biocarburants : conduire ou mourir(de faim) il faut choisir !"
ouais.. bah un grand respect a ce Citoyen, un des derniers en France visiblement. Si vous etes revoltés, vous aussi faites la revolution VOUS MEME en passant vos messages forts....sur les murs, sur les routes, sur toutes les affiches de pub qui nous volent notre cervelle. N attendez pas qu on la fasse pour vous... ca n arrivera jamais !
DPM
un titre objectivement plus sensé serait : "Les agrocarburants : une arnaque economique ?"
le but étant de multiplier les moyens de nous prendre tous pour des cons. Et ça marche !
Continuons a salir la terre et a détruire notre propre berceau..
I had a dream... all my people standing up to claim their rights.... not today... not today.
Sadly,
DPM
c’est pas un faux débat ? comme le retour au charbon pour éviter de polluer au gazol ? ( http://www.impots-utiles.com/bonusm... ) on tourne pas un peu en rond dans ce pays ?
Bien sûr, c’est une impasse ! Quand je pense qu’après ça, il y en a encore pour affirmer que le Marché est le meilleur moyen d’allouer les ressources à la meilleure place !
Faire rouler les bagnoles des riches avec la bouffe des pauvres, moi j’appelle ça un crime contre l’humanité ! (sans parler du bilan catastrophique sur l’environnement : énergie consommée, terres ravagées, pesticides, engrais, érosion, populations déplacées, forêts rasées, etc, etc).









