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Le solaire chez moi

Article publié le 15 juin 2007

Le solaire chez moi

Depuis son installation fin 2000, ma chaudière à gaz donnait des signes de faiblesse. En janvier, elle m’a lâché. J’ai installé un cumulus pour l’eau chaude, j’ai fait quelques feux dans la cheminée, ajouté des chauffages d’appoint et nous avons passé l’hiver.

Il est maintenant temps d’installer le solaire. J’étudie la question depuis un an et j’ai pas mal tourné en rond. Notre cahier des charges : nous couper le plus possible des énergies fossiles. Nous voulons renoncer au gaz mais nous n’avons rien contre l’électricité.

Même si ma position sur le nucléaire est ambigüe, je suis obligé de constater que, en France, l’électricité est une énergie propre, soit nucléaire, soit hydraulique. Par ailleurs, les panneaux photovoltaïques progressent beaucoup en ce moment, sans parler des micro-éoliennes. L’électricité propre devrait devenir de plus en plus abondante.

Partant de-là, je croyais qu’il existait une solution écologiquement compatible. Vous allez voir que ce n’est pas gagné. Pourtant ma maison ne pose pas de difficultés particulières :

  1. Elle est située dans le midi au bord de l’étang de Thau.
  2. Elle est orientée plein sud, super isolée, avec des grandes baies vitrée.
  3. Il y a sur le toit de la place pour 16 m2 de panneaux.
  4. La surface habitable de 200 m2 est pourvue d’un chauffage au sol.
  5. Nous sommes quatre (je ne suis pas encore habitué à ce chiffre).
  6. Nous payons 1200 euros/ans de gaz.

J’ai alors consulté trois professionnels, puis en désespoir de cause un parent qui travaille dans le domaine. Tous proposent la même solution.

Une centrale solaire fabrique de l’eau chaude grâce à des panneaux. Plus il y a de panneaux et plus le ballon de stockage de l’eau est grand, plus on s’autonomise.

Toutes les centrales peuvent produire l’eau chaude sanitaire. Certaines, appelées Combiné, peuvent servir d’appoint à un chauffage. Dans le midi, ont peut produire 80% de l’eau sanitaire et 40% du chauffage. Pour compléter, il faut une centrale traditionnelle.

Voici les solutions proposées.

  1. Combiné Viessmann (750 litres) avec 6 m2 de panneaux sous vide : 15 000 euro. Chaudière à granulés de bois en appoint (consommation estimée à 3 tonnes de granulés/ans) : 15 000 euro.
  2. Combiné Giordano (1400 litres) avec 12 m2 de panneaux : 18 000 euros. Pompe à chaleur air : 12 000 euros.
  3. Chauffe-eau solaire Frisquet (400 litres) avec 6 m2 de panneaux sous vide : 10 000 euros. Pompe à chaleur air : 12 000 euros

Et maintenant mes critiques...

  1. La première solution utilise une source d’énergie renouvelable, le bois, en complément. Malheureusement l’approvisionnement en granulés est cher (230 euros la tonne), il faut des camions, donc relâcher du CO2 sur les routes. Par ailleurs, la combustion du bois dégage aussi du CO2. Certes il pourra être refixé par la photosynthèse mais pas immédiatement. Comme les problèmes climatiques semblent nous pendre au nez, brûler du bois est juste moins pire que brûler des énergies fossiles. Ça paraît plus écolo mais c’est tout aussi nocif s’il nous reste peu de temps pour agir (ok... le bois en pourrissant dégage aussi du CO2).
  2. La seconde solution, avec son énorme ballon et ses grands panneaux (mais pas sous vides donc -20% d’efficacité), utilise le solaire à plein régime. Une pompe à chaleur électrique fournit le chauffage complémentaire. Deux problèmes. En été, les panneaux continuent de produire de l’eau chaude en grande quantité. À un moment donné, on ne sait plus trop quoi en faire. Pour refroidir l’installation, on peut chauffer une piscine mais, vivant au bord de l’eau, je n’ai pas de piscine. L’installateur me garantit qu’il n’a jamais eu de problème mais mon conseiller familial est sceptique. Tout comme une centrale à granulés bois, la pompe à chaleur est dans ce cas une énergie d’appoint de luxe.
  3. La troisième solution me paraît la plus rationnelle. Pourquoi combiner deux sources d’énergie alternative. Une pompe à chaleur peut très bien s’occuper de 100% du chauffage, enclenchant éventuellement ses résistances par grand froid (entre couvrir 60% et 100% du chauffage avec la pompe n’entraîne qu’un petit surcout). En revanche, il est logique de fabriquer l’eau chaude avec le solaire car le rendement est très bon.

image

Toutes ces considérations sont bien belles mais s’écroulent quand je regarde les chiffres. D’un point de vue économique, je n’ai aucun intérêt de passer au solaire. En tenant compte des détaxes, la solution 3 me coûte moins que le gaz au bout de 15 ans. À ce moment, l’installation sera-t-elle toujours opérationnelle. Oui en théorie seulement.

Bien sûr je pense que le gaz va augmenter durant les 15 prochaines années. Mais rien ne prouve que l’électricité ne suivra pas la même tendance.

Si j’étais rationnel, je réinstallerai le gaz. Mais non, je vais faire un effort, je vais opter pour la troisième solution, à moins que l’un de vous ne me montre que j’ai tout faux.

Je trouve par ailleurs cette histoire de détaxe très dangereuse. Dans nos calculs nous ne devrions pas les prendre en compte. En effet, si on installe le solaire comme moi pour des raisons écologiques, les coûts réels ont une implication écologique.

Si je dois travailler comme un fou pour payer ma centrale, je dépense de l’énergie, donc je pollue. Je suis loin d’être persuadé que le bilan écologique puisse être positif.

Par ailleurs, si les centrales solaires coûtent réellement aussi cher à fabriquer, c’est que leur fabrication consomme aussi beaucoup d’énergie. Ces énergies consommées de part et d’autres compensent-elles les gains très faibles obtenus après plus de vingt ans ?

J’ai tendance à dire que non à moins que les constructeurs ne se goinfrent sur notre dos, et sur celui de la planète. En fait, j’en arrive à cette conclusion. Quelques petits malins font des dérèglements climatiques leur business. Il faut se méfier de ceux qui, au premier abord, paraissent les plus propres sur eux.

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47 votes

commentaires
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par LE CHAT (IP:xxx.xx1.75.49) le 15 juin 2007 à 12H33

je pense que les prix vont baisser sur ce marché d’avenir alors que les tarifs de l’énergie vont eux fortement augmenter , alors ça sera vraiment intéressant pour le porte monnaie

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par Mimie (IP:xxx.xx0.68.134) le 24 juillet 2007 à 10H40

On n’est encore sur un marché balbutiant ! La technologie n’est pas encore au point mais on fait l’effort de s’y intéresser. IL faut juste un peu de temps "Rome ne s’est pas fait en un jour." ça deviendra vraiment interessant pour le porte monnaie dans peu de temps !

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(IP:xxx.xx3.54.32) le 15 juin 2007 à 12H45

Il faut être sacrément atteint du cerveau pour décréter que le nucléaire est "propre". L’auteur n’a semble-t-il jamais entendu parler des déchets radioactifs, des rejets radioactifs dans l’environnement, des rejets CHIMIQUES massifs (cuivre, zinc, sodium, sulfates, phosphore, chlorures, morpholine, etc) des centrales dans les rivières. Par ailleurs, les mines d’uranium causent des pollutions majeures. Et, enfin, la filière nucléaire est aussi émettrice de gaz à effet de serre, et en quantités croissante.

Alors, le nucléaire "propre" : malhonnêteté ou stupidité ?

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par mclerc (IP:xxx.xx3.182.121) le 15 juin 2007 à 12H51

Et tu fais quoi sans le nucléaire ? Tu te frottes avec un gant de crin ? Et ça engueule ceux qui essayent ! ;-)

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par Mimie (IP:xxx.xx0.68.134) le 24 juillet 2007 à 10H45

Le nucléaire n’est pas une panacée ! C’est juste une réponse que l’Etat à proposer par solution de facilté ! IL y a peut être d’autre solutions ! Mais ce la reste un buisness interessant....

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par mclerc (IP:xxx.xx3.182.121) le 15 juin 2007 à 12H47

Je te signale qu’en Israël où l’ensoleillement n’est pas sensiblement meilleur que chez toi, on utilise bêtement des touques de 200 litres peintes en noir, pour chauffer l’eau sanitaire. Et ça marche ! Pour le reste, je te conseille d’aller voir (par internet, bien sûr) chez les Allemands. Il sont beaucoup plus en avance que nous la dessus. Et tu fais venir sans problème. Mais ce que je te dis n’est que théorique : je n’ai pas passé le cap ! Amicalement. :-)

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(IP:xxx.xx6.1.164) le 15 juin 2007 à 19H09

l’article est interressant, car il part d’une situation concrete, et pas défavorable (climat mediterrannéen). avec quelqu’un effectivement pret a mettre la main à la pate (et au portefeuille).

pas si simple de renoncer au gaz ! on peut s’attendre effectivement s’attendre a une augmentation des prix de l’elec et du gaz !

sur l’ile de la réunion, très equipée en chauffe eau solaire (les conditions sont la bas très favorbles avec uune durée du jours variant entre 11 et 13 h) les cauffes eau solaire (pas sous vide) sont au prix de 3000 euros, je trouve ça cher pour la simplicité du mecanisme, et c’est vrai qu’avant d’amortir 3000 e dd’elec pour le chauffe eau, un cyclone peut trés bien tout emporter( ou du vandalisme ou vol pur et simple).

bref il faut avoir de solide conviction pour se lancer dns l’aventure.

bravo !!!

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par Toulousain (IP:xxx.xx5.254.182) le 16 juin 2007 à 18H12

Récemment encore commercial dans un grand groupe national qui propose de l’ENR, je me rappele qu’une proposition avec du matériel SCHUCO, garanti à 80 % de son rendement initial ( 78%) au bout de 25 ans, pour un combiné 500 litres coutait 15000 euros TTC posé avec 10 m² de panneaux plans. Otez les subventions et le crédit d’impôt.. surtout que vous etes dans une région avantagée en ce qui concerne les subventions !

Il existe en effet un problème avec l’énergie produite l’été : il existe une solution de couverture (manuelle ou pas) pour couvrir une partie des panneaux. Vous trouverez aussi sur le Net des solutions de décharge de cette énergie.

En ce qui concerne l’énergie grise de la fabrication des panneaux,elle existe certes, mais un étude récente la limite , elle s’annule en moins de 10 ans d’utilisation.

En ce qui concerne le bois, il semble que le C02 dégagé soit égal au CO2 consommé lors de la pousse de l’arbre : opération nulle.

Soyons clairs : il est difficile de se passer d’une filière EDF/GDF, je n’ai pas trouvé de possibilité de s’en passer. un bon poèle à bois me parait bien..le système à pellet lui aussi rend dépendant d’une filière.

En ce qui concerne une PAC, il faut se méfier des données effectuées en labo dans des conditions idéales, le COP tombe assez vite et l’appui EDF devient important.

Et à ceux qui pensent que les prix vont baisser, je leur rappelle que le solaire à 30 ans d’existence, que ce qui se gagnera encore un peu par économies d’échelle ( et pas sur la qualité) sera perdu par l’augmentation des matières premières.. Et quand le cout de l’énergie aura suffisamment monté pour rendre presque indispensable le solaire, croyez vous que vous aurez encore des subventions et des crédits d’impots ?

Bonne installation.

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(IP:xxx.xx6.248.59) le 16 juin 2007 à 18H18

Lorsqu’on change la voiture, on n’a pas obligatoirement besoin d’aller voir chez Ferrari ou R.R. Voici des produits qui rendent le même service, pour un prix qui n’a rien à voir... http://www.energiedouce.com/boutiqu...

Amicalement.

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par jeandb (IP:xxx.xx3.74.36) le 17 juin 2007 à 11H57

propos de l’énergie , il faut savoir que l’énergie hydraulique n’est pas assez développer . Certes EDF a étudié les sites ou on peut mettre des barrages et a monopolisé l’énergie hydraulique en marginalisant la microhydraulique . tout au plus on accorde icic ou là des autorisations avec des tracas avec les clubs de pêches.

Pourtant une gestion globale de l’eau appliquée sur l’ensemble du territoire pour résoudre bien d’autres problèmes liés à l’eau pourrait élargir le champ d’application de la micro hydraulique sur l’ensemble du territoire et non pas seulement sur les lit majeur des cours d’eau

http://perso.wanadoo.fr/biefs.dupilat/

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(IP:xxx.xx7.186.158) le 18 juin 2007 à 10H12

Bonjour, et bravo pour la direction que vous prenez !

Je suis aussi en train de chercher des solutions pour ma maison (située pas si loin de thau que ça ;-) ). Deux techniques ont retenu mon attention :

- Pour éviter la surchauffe l’été, tout en optimisant les apports solaire l’hivers, il suffit tout simplement d’installer ses capteurs un peu plus verticaux que préconisés généralement : Avec des capteurs totalement verticaux plein sud, l’apport au mois de juillet est exactement le même qu’au mois de janvier ! L’optimal pour les mois d’hivers est de 62° chez moi, bien loin des 45° généralement conseillés (qui correspondent à un optimal annuel, mais qui veut des capteurs efficace en juillet ?)

- Une solution d’appoint à base de pompe à chaleur très efficace est d’utiliser les capteurs solaires comme source froide de la pompe à chaleur : en refroidissant l’eau des capteurs avec la PAC, on décuple leur rendement, les rendant même capable d’utiliser efficacement le rayonnement diffus les jours de pluie ou couverts ! Si on complète avec la cheminée les qqes jours à -5°C dans l’hivers, ça doit pouvoir faire le compte !

Reste plus qu’a chiffrer tout ça pour voir si l’aspect économique est aussi séduisant que l’aspect fonctionnel !

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par bigup (IP:xxx.xx4.186.250) le 20 juin 2007 à 09H46

Electrabel ( Suez maintenant) a rehaussé en 2 ans le prix du gaz de 50%...

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(IP:xxx.xx3.65.100) le 20 juin 2007 à 23H00

Comment peut on avoir la naiveté d’imaginer qu’un équipement climatique installé en 2007 et donc équipé d’automatismes électroniques fonctionnera toujours dans 15, 19 ou 20 ans. Le solaire sans subvention n’est pas prêt d’être rentable pour qui fait une analyse lucide de son coût réel d’exploitation et de son amortissement. Un nouveau snobime ’développement durable’ s’installe. Jadis on garait son 4 x 4 bien en vue sur son trottoir. Demain un bardera son toit de panneaux et de capteurs.

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par corse_air (IP:xxx.xx7.177.53) le 16 novembre 2007 à 15H19

Bonjour la pompe à chaleur alimentant le plancher chauffant est la meilleure solution, de plus avec un ballon d’appoint elle peut fournir l’ECS, mais alors elle ne peut plus rafraîchir le plancher chauffant. Donc PAC air/eau pour le chauffage plus : ballon solaire de 300 litres (pas besoin de 400) avec 4.6m² de capteurs ou ballon thermodynamique de 290l. Avec les aides (crédit d’impôt et ademe) vous ne serez pas à plus de 21000€. Votre facture d’électricité pour chauffage et ECS sera divisée par 4.


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