une arme d’intimidation massive
Article publié le 16 janvier 2009
Pour la deuxième fois en quelques mois, Moscou joue un jeu dangereux en pratiquant la politique du fait accompli, instaurant le rapport de force comme outil de résolution d’une crise. « Menteur, Voleur, toi-même » : une véritable dispute de cour d’école. Pendant que Kiev et Moscou se chamaillent, l’Europe subie et est prise à témoin. Il ne s’agit pas ici de déterminer les responsabilités respectives du blocage, les éléments - géopolitiques, diplomatiques et économiques - entrant en ligne de compte sont trop complexes. Seul le résultat nous importe, à tour de rôle et selon l’évolution des négociations Kiev et Moscou privent l’Europe d’énergie en plein cœur de l’hiver.
La démonstration est faîte qu’en fermant les robinets du gaz, la Russie est en mesure de faire plier l’Europe en mettant une partie du continent sur les genoux. L’arme énergétique comme instrument de levier politique a de beaux jours devant elle et illustre un peu plus la fin de la « mondialisation heureuse » décrite par Jean Arthuis. Les politiques énergétiques – les infrastructures, les choix de diversification et de sécurisation des approvisionnements, les politiques alternatives - exigent un temps long et par conséquent une grande fiabilité des partenaires ; après la crise Géorgienne, la Russie et la brutalité qui la caractérise nous donne des signes inquiétants en la matière.
Chacun s’accorde à penser que les difficultés rencontrées par notre époque exigent des coopérations internationales, notamment en matière d’environnement et de lutte contre la pauvreté. Que se passera-t-il si d’autres ressources deviennent des instruments de domination dans un contexte de crise favorisant le « chacun pour soi » ? Et si demain on utilisait la satisfaction des besoins en eau ou même l’alimentaire (problèmatique exacerbée par les OGM) comme instruments de négociation géopolitique. La Russie a ouvert la voie des armes d’intimidation massives.
Alexis du Fontenioux. Janvier 2009











