
La forme larvaire de certains animaux diffère notablement de la forme adulte. Ces différences morphologiques traduiraient la fusion d’organismes dont les génomes s’exprimeraient l’un après l’autre au cours de la vie de l’animal.
Dans son œuvre, Darwin mettait l’accent sur le caractère graduel de l’évolution, l’accumulation de modifications mineures transmises via les mécanismes de l’hérédité. Ce gradualisme a aussi été prôné par les partisans de la théorie synthétique de l’évolution, dans les années 1960-1970. Cependant, il ne fait pas l’unanimité. De fait, certaines formes ne peuvent s’expliquer que par un changement soudain. C’est notamment le cas des larves, les formes juvéniles de nombreux animaux. Elles diffèrent parfois si notablement des adultes qu’elles deviennent, qu’un observateur non averti pourrait y voir deux espèces. En un sens, il pourrait avoir raison ! Selon l’hypothèse du « transfert larvaire » que nous proposons, les larves, et les gènes qui les spécifient, auraient été transférés d’une lignée animale à une autre par une hybridation entre espèces. En d’autres termes, les animaux qui ont une forme larvaire seraient-ils issus de la fusion de génomes exprimés l’un après l’autre ?
C’est l’hypothèse la plus étonnante de ce mois, hypothèse contestable mais stimulante. La chenille serait à l’origine une chenille (comme les péripates qui restent des chenilles une fois adultes) et le papillon un papillon avant qu’ils ne mélangent leurs génomes ou plutôt, ils ne les mélangent pas mais les ajoutent pour les exprimer l’un après l’autre ! C’est là la nouveauté, une nouvelle forme de symbiose qui est un partage du travail dans le temps avec une phase larvaire destinée à l’accumulation de réserves et une phase sexuelle dédiée à la reproduction (les papillons sont tout de séduction). En fait ce transfert larvaire n’a été étudié pour l’instant que chez des crabes, étoiles de mer et autres concombres de mer mais il se base sur le contraste entre le fait que des larves paraissent identiques avant de se métamorphoser en organismes très différenciés. Il permettrait d’expliquer certains sauts de l’évolution (révolutionnaires) qui se produisent par réorganisation et transfert de gènes plutôt que par optimisation des fonctions existantes et ne se limitent pas à l’acquisition d’une forme larvaire (absent des pieuvres et calamars par exemple).
Cette hybridation est contestée par Marc-André Selosse qui privilégie l’hypothèse d’un ancêtre commun ou de la convergence bien connue (entre dauphins et poissons par exemple), si ce n’est les différences d’expression des gènes au cours du temps (sevrage). Il y a souvent aussi un dimorphisme prononcé entre mâles et femelles sans que ce soit le résultat d’une fusion d’organismes différents. Le phénomène de transfert de gène par fusion semble bien problématique enfin, mais l’idée est nouvelle et ne manque pas d’intérêt. Les larves comme les chenilles auraient pu acquérir cette propriété d’accepter un génome étranger pour lui passer la main dans la métamorphose. Mais si l’état larvaire est un caractère primitif, ce n’est qu’un cas particulier d’arrêt du développement, comme un prolongement de l’enfance. En tout cas, c’est bien le même organisme qui se métamorphose puisque le papillon garderait une certaine mémoire du temps qu’il était chenille ! A signaler quand même que Sciences&Avenir (p24) fait état de la perplexité provoquée par le génome d’un ver (meloidogyme incognita) qui semble constitué de 2 génomes différents. A suivre...
- Les ARN des bactéries pathogènes, p66

Les bactéries pathogènes perçoivent leur environnement grâce à des systèmes sensoriels élaborés et reprogramment l’expression de leurs gènes dédiés à l’infection. Des ARN sont au cœur de cette adaptation.
Ce sont les ARN les véritables acteurs de la vie à qui l’ADN sert de mémoire et les protéines d’outils. On se rend compte qu’ils servent aux bactéries à se coordonner, à se réguler, à déclencher la virulence en fonction de la température, etc. Le danger dans le fonctionnement de la cellule, c’est de se perdre dans sa complexité entre processus correctifs et correctifs des processus correctifs, par un système d’inhibition et d’inhibition de l’inhibition... En programmation, on appelle cela des verrues et l’on sait que cela rend vite les programmes illisibles et difficiles à modifier.
Thèmes
je n’ai rien compris sinon que ce doit être important .
de visu je connais , mais serais ce possible de clarifier ce processus ?
cordialement
Bonjour jean zin,
"Selon l’hypothèse du « transfert larvaire » que nous proposons" : qui est ce "nous" ? Le G.R.I.T. ?... Cette hypothèse a-t’elle été formalisé dans un article publié dans un journal spécialisé par ex, avec plus de détails que vous n’en donnez ? Mon acquis personnel m’incline plutôt vers la différence d’expression des gènes au cours du temps et même la mise sous silence de nombreux gènes non utilisés sous une forme.
Effectivement, les références ont sauté dans cet extrait de ma revue des sciences reprises de mon blog.
Il s’agit d’un article de "Pour la Science", p52, signé de Donald Williamson et Sonya Vickers. Les thèses de Williamson ont été publiées en 2006 dans le Zoological Journal of the Linnean Society.
Je suis moi-même dubitatif mais il n’y a pas de religion à avoir dans l’affaire. C’est une hypothèse à tester. Sinon je ne sais quoi répondre à ceux qui ne comprennent pas : il y aurait 2 génomes qui cohabitent dans les chenilles, le génome de la chenille et celui du papillon qui seraient bien différenciés et s’activeraient l’un après l’autre...
Des cas d’hybridations ont déjà été largement documenté. Typiquement, les mamifères peuvent porter le foetus grace à l’incorporation du génome d’un virus, qui empeche la reaction immunitaire.
Oui, bien sûr, ce n’est en aucun cas l’hybridation qui serait une nouveauté ici, ni la symbiose, c’est d’une part l’hybridation de 2 organismes complets et complètement différents mais surtout une symbiose qui se partage dans le temps entre les 2 organismes. Sinon le transfert de gènes est un mécanisme de base de l’évolution, en particulier chez les bactéries.
MAIS...mais alors, la génétique et tout le fric que l’on a mis dedans...ce ne serait que de la vaste foutaise ??? et tout le fric de la France...il part en fumée ? ...nos diabétiques vont devoir encore attendre alors ? et si quelque chose chapeautait l’ ARN et l’ ADN comme quelque chose (peut être la même chose) pourrait chapeauter le fonctionnement de notre cerveau puisqu’un être Humain peut très bien vivre avec un cerveau gros comme une noix !....
Il faudrait avoir plus de détails sur les observations et le cadre théorique qui ont mené à formuler cette hypothèse. Il est étonnant que l’on face peu souvent référence à la théorie systémique de l’évolution, dont les linéaments apparaissent depuis les années 1960, avec les travaux de Lynn Margulis, notamment. Celles-ci amènerait à reconsidérer les hypothèses dans un cadre scientifique actuel.
je suis une étudiante en chirurgie dentaire j’ai besoin d’un article surles maladies infectieuses chez l’enfant
Quel type de maladies infectieuses infantiles souhaitez-vous étudiez ?
Je serai ravis de pouvoir vous aider.
Mr-bienetre
Voici ce que j’ai publié le mercredi 15 avril 2009 dans notre bulletin virtuel hebdomadaire (Département des sciences fondamentales de l’Université du Québec à Chicoutimi).
Mauvaise science et entêtement
La présentation récente d’un résumé d’article scientifique dans le cadre du cours d’Évolution m’amène à lancer une mise en garde du côté de la production importante d’articles du Dr Donald Williamson sur le transfert larvaire. Son hypothèse principale voudrait que la production accidentelle d’hybrides entre larves d’invertébrés marins appartenant à des phylums différents (!) ait donné naissance à de nouveaux groupes au cours de l’histoire de la vie. Par la suite, le génome se serait exprimé de façon séquentielle, une partie définissant la larve, l’autre partie l’adulte. Son approche et ses conclusions sont vertement critiquées par plusieurs spécialistes reconnus (voir American Scientist mars/avril 2008). Depuis plus de dix ans, ces derniers lui reprochent son manque de rigueur au niveau des éléments de connaissances qu’il véhicule et des « évidences » qu’il apporte. Et ses résultats expérimentaux n’ont pas pu être reproduits dans d’autres laboratoires que le sien… (« faute » grave en science). Les éléments de comparaison entre les larves d’invertébrés marins et les larves d’insectes ne tiennent tout simplement pas la route, dénotant une méconnaissance totale du domaine entomologique (voir article de Pour la science en septembre 2008). En fait, si l’hypothèse - en apparence révolutionnaire - du transfert larvaire avait des bases solides, elle mériterait quelques pages dans les grands périodiques scientifiques comme Nature et Science. Ce n’est pas pour demain semble-t-il…
Robert Loiselle, M.Sc. Biologiste-entomologiste Responsable des laboratoires de biologie Université du Québec à Chicoutimi
j ai dix ans est jai une chenille qui bouge dans sa cocombre c est bizar je voudrais que vous mexpliquer parceque je ni comprend pas trais bien ????????










