Article publié le 16 juillet 2008
Le pétrole est cher, heureusement des solutions montrent le bout de leur nez. Construisons le premier bateau électrique du monde fonctionnant grâce aux énergies solaires et éoliennes. Ca va jaser !
Les quelques bateaux solaires dont on entend parler dans la presse ne sont, à part une ou deux exceptions, que des prototypes qui ne servent qu’à alimenter la vanité de leur concepteur. S’ il s’agit de traverser l’atlantique moins vite qu’un rameur avec un bateau qui a couté des millions ou de faire le tour du monde avec un prototype inhabitable et commercialement inexploitable, alors où est l’intérêt ?
Certaines multinationales, acceptent de sponsoriser de tels évènements, c’est qu’elles y trouvent leur compte. Je n’en suis pas certain. La traversée de l’atlantique d’un bateau solaire ressemblant plus à un radeau qu’a un véritable navire commercial ou de plaisance, n’a pas eu les échos souhaités. Et pour cause, il à mis plus de temps que Christophe Colomb ou qu’un champion rameur pour rallier les Antilles ! (avec les Alisées en plus).
Un élève électricien du secondaire se penchant sur les véritables performances de l’énergie solaire seule, aboutirai à la conclusion suivante : Le rendement photovoltaïque ne peut en aucun cas, actuellement, répondre aux besoins énergétiques d’un bateau à moteur exploitable en mer. Nous le savions alors pourquoi nous le prouver à coup de million d’euros ?
Si cette énergie n’est pas suffisamment rentable pour alimenter des moteurs propulseurs électriques, elle existe néanmoins et n’est pas négligeable, il faut donc l’utiliser pour les besoins du bord en éclairage, électronique et informatique. Mais où trouver, l’énergie propre qui nous manque en milieu marin ?
Il existe une source d’énergie très présente en mer, c’est le vent. Aucun obstacle ne vient perturber son déplacement, malheureusement, il n’est pas constant. Quand il n’y a plus de vent, un voilier s’arrête. Y a t-il un moyen de stocker cette force et de la réutiliser par temps calme ?
Oui, en transformant le vent en électricité. Les génératrices éoliennes ont un rendement nettement supérieur aux cellules photovoltaïques et, même si la technologie des accumulateurs d’électricité (batteries) est en plein développement ainsi que les condensateurs haute puissance, nous sommes capable aujourd’hui de stocker l’électricité.
L’autre source d’énergie propre très présente en mer est l’hydrogène. Ce gaz représente les 2/3 de la composition de l’eau. Autant dire que lorsque les technologies de production d’hydrogène seront parfaitement au point, un navire se déplacera sur son carburant. Il faudra attendre encore quelques années.
La lumière et le vent suffisent à déplacer un navire exploitable à une vitesse modérée. Les technologies sont au point.
Sur les voies navigables intérieures, le problème ne devrait plus se poser depuis longtemps. Le transport de passagers ou de fret sur les canaux, les lacs et les rivières, ne demande que très peu d’énergie. Une péniche de 38 mètres de long sur 5 mètres de large est poussée par un moteur de 250 cv, c’est à dire un moteur de camion, alors qu’elle transporte l’équivalent de 10 camions. Un moteur électrique de 40 kw suffit donc. Il faut absolument développer le fret fluvial électrique en utilisant le réseau national mais aussi l’énergie solaire. En effet une péniche de type Freycinet, offre une surface de roof de 150 m2 soit un équivalent de 18 kw crète photovoltaïque, pratiquement la moitié des besoins !
En mer les besoins en puissance sont doublés car il faut faire face aux intempéries et aux vagues. La solution actuelle serait donc une solution hybride photovoltaïque/éolien. Voici quelques concepts viables de bateaux solaire et éoliens :
En 2010, le premier yacht solaire et éolien de la planète devrait faire le tour du monde afin de prouver que l’on peut utiliser ce type de bateau autrement que pour l’exploit uniquement. Il durera 333 jours, fera escale 76 fois et emportera à son bord une équipe de télévision réalisant des reportages et une émission téléréalité permettant aux téléspectateurs de voyager avec l’équipage. Le challenge sera de ne pas utiliser une goutte d’hydrocarbure. Au retour une entreprise de construction navale sera créée produisant les bateaux du designer naval cabinet BSB
Le bateau se nomme " CATASOLEOLE 2008V4", le projet est encore en phase de recherche de financement Catasoleole 2008 V4"
Une vidéo présentant ce projet est visible sur le site Projet BSB
Souhaitons que ce projet d’avenir, comme beaucoup d’autre ne tombe pas dans l’oubli par faute de moyen.
Thèmes
Transports Développement durable Environnement Energies renouvelables Evolution Solaire Eolienne Technologies Eco-conception
mi 2008 : recherche de financements croisière prévue en 2010 : planning un tantinet irréaliste.
(quant à critiquer la vitesse et prendre ensuite l’exemple des péniches pour justifier de l’alimentation en PV, merci la déontologie ...)
Réponse à Atlantis : Cher monsieur, je suis l’auteur de l’article et ne comprends pas votre réaction. Je ne critique pas la vitesse, j’essaie simplement de dire qu’il faut arrêter les expériences stériles de pseudo exploit qui n’en sont pas. Tout scientifique de base se servant de simples règles de trois sait que l’on peut faire le tour du monde grâce à l’énergie solaire avec une embarcation légère expérimentale. Certain y investissent des millions d’euros et je ne comprends pas le but, c’est tout. Ces sommes d’argent investies seraient plus utiles à la construction de navires exploitables et rentable pour le développement durable et c’est possible. En ce qui concerne les péniches, elles sont lentes et naviguent à 5 noeuds mais transportent dix fois plus de fret. On peut donc dire que pour le mëme volume transporté qu’un camion , elle vont à 50 Noeuds soit environ 90km/h. Sur le plan déontologique, je suis moi-même de la Marine marchande et tout ce que je souhaite, c’est que les choses évoluent.
Cordiales salutations Hugues Boyenval
"Tout scientifique de base se servant de simples règles de trois sait que l’on peut faire le tour du monde grâce à l’énergie solaire avec une embarcation légère expérimentale"
Sans être scientifique ni de base ni d’autre chose, chacun sait qu’il y a bien longtemps, nos ancêtres traversaient les mers et les océans de façon entièrement éco-écologique : à la rame et au vent. Cà s’appelait des galères.
Ne nous méprenons pas, je n’ai pas la prétention d’être un bon journaliste, ce n’est absolument pas mon métier. Je suis plus un scientifique, qu’un homme de littérature. Mon article, à peine publié, a recueilli un certain nombre de votes négatifs. Je ne suis pas dupe, ceux qui ont voté sont les mêmes qui se sentent visés. Je tiens à préciser à ces gens, que mon but n’est pas de recueillir des fleurs, ni sur le web, ni sur l’eau. mon seul but est d’exprimer mon opinion et d’essayer de faire avancer les choses. Fini de faire joujou, aujourd’hui les gens veulent du concret !
Bonjour Hugues,
La traversée de l’atlantique, le tour du monde et tous ces records servent ils vraiment à quelque chose ?
Cela fait plus de 15 ans que nous fabriquons et développons des bateaux solaires ( www.mwline.ch ). Une des difficultés les plus grandes que nous avons eues n’ont pas été d’ordre technique. Comment faire pour propulser un bateau avec un excellent rendement ? La réponse repose sur des heures de travail d’ingénieurs et d’architectes navals. Pour votre information le SUN21 n’est pas un grand pédalo ou un simple radeau mais la base de l’Aquabus C60. Ce catamaran de 60 places a entre autre transporté 1’000’000 de visiteurs en 2002 en Suisse lors d’une exposition nationale. Grâce à plusieurs années de recherche et d’applications constructives sur les lacs, nous avons pu, avec l’aide de notre client l’association SUN21, faire la traversée de l’Atlantique en 2006-2007. La partie Canaries – Caraïbes a été effectuée en 29 jours, à une vitesse de 4 nœuds (jour et nuit) et uniquement avec l’énergie du soleil. La puissance moyenne utilisée par les moteurs a été de 2 kW. Cette traversée nous a aussi permis d’obtenir un certificat des records (délivré par le fameux Guinness World Records). Vous pensez vraiment qu’un rameur irait plus vite ? Votre comparatif n’est pas cohérent. Imaginez aussi que le voyage a été effectué par 5 personnes avec le confort certes un peu sommaire d’un voilier (toilette, cuisine et couchettes). Ce bateau pourrait aussi remplacer demain certain bateaux à moteurs thermiques. Enfin le prix de ce catamaran est nettement inférieur à 1 million d’Euro car il vaut environ 600’000.- Euro. Sur le marché de la plaisance, un voilier de 14 m par 6,6 m de large coûte plus que 600’000.- Euro.
Finalement pourquoi cette traversée ? En dehors de toutes les bonnes raisons déjà évoquées par notre client ( www.transatlantic21.org ), nous avons pu profiter d’un important levier de communication. Il y a 5 ans, lorsque vous démarchiez pour vendre un bateau solaire, les clients potentiels vous posiez comme première question : « un bateau quoi ? solaire ? ça existe ça ?? » Aujourd’hui grâce à des opérations de presse du type du SUN21, les réactions ont changé. Les réponses deviennent plutôt : « Ah comme le bateau qui a traversé l’Atlantique ? c’est génial ça ! ». A partir de là, une partie de la communication a passé. Reste l’entier de la démarche commerciale à faire. Dès lors, il nous est plus facile de rentrer en contact avec les professionnels du transport pour la navigation fluviale, pour les taxis dans les ports, pour les navettes touristiques, etc… Je pense donc que les entreprises qui se profilent avec des records dans l’énergie solaire et la navigation sont de véritables anticipateurs.
Dernier point, concernant le fait d’utiliser uniquement l’énergie solaire et non d’autres sources d’énergies renouvelables. Lorsque vous préparer pour un client un bateau qui va avoir comme seul source d’énergie les quelques kW fournit par le soleil (10 kW max pour le SUN21), votre approche technique devient très fine. Grâce à ceci vous optimisez l’entier du bateau. Cette optimisation devient alors un véritable atout pour les futures constructions navales. Si demain nous avons un client qui souhaite une pile à combustible en plus ou une éolienne classique ou un générateur Bio, nous pouvons l’intégrer à nos bateaux car ils ont été optimisés.
Avec les bateaux solaires, nous préparons le présent et l’avenir de la navigation afin de retrouver des embarcations qui ne sont pas énergivore. Nous continuerons à faire des records afin d’informer le public que la navigation à moteurs propres et silencieuses existe.
Cher Richard, encore une fois , je ne nie pas les efforts que vous avez fait,ni le travail que tout cela représente. Je ne conteste pas non plus vos compétences. Vous savez très bien que vous représentez un exemple pour moi, d’ailleurs je parle de vous sur la première page de mon site et j’avais émis, il y a quelques années, le désir d’intègrer votre équipe. Il faut que vous sachiez que, depuis peu, j’ai de plus en plus de demande de petits armateurs de bateaux de promenade en mer qui veulent investir dans des bateaux solaires. Encore hier, un client de la région de Narbonne, m’a demandé de lui concevoir un catamaran solaire pouvant transporter ses 100 passagers à la vitesse de 20 noeuds , 8 heures par jour. Lui répondre que c’est possible serait lui mentir. Par contre les solutions hybrides existent avec l’assistance du réseaux public EDF. Je ne jette pas le solaire à la poubelle, toute utilisation sera de l’énergie à fournir en moins, c’est évident. Quand ce genre de client me dit : ah mais je croyais qu’on avait traversé l’atlantique ! je suis bien obligé de répondre que oui, mais à la vitesse de 4 noeuds. Je ne critique pas cette vitesse, je n’ai rien dit de plus qu’elle n’est pas exploitable commercialement en mer. Il ne faut pas que les professionnels de la mer se trompent car si beaucoup sont d’excellents marins, certains ne sont pas ingénieurs. Je déplore donc qu’il n’y ai pas plus de constructeurs fabriquant des bateaux électriques hybrides, car pour le moment, en attendant les nouveaux panneaux solaires, les nouvelles batteries ou condensateurs le solaire n’est pas à lui seul la solution pour cette demande.
Cordialement Hugues









