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Agrocarburants : les hésitations de l'Europe

Article publié le 11 décembre 2008

Agrocarburants : les hésitations de l'Europe

Voici une nouvelle qui reste d’actualité, en cette fin d’année 2008, où l’on oublie un peu les engagements sur le développement durable pour se concentrer sur la crise financière :

Les Vingt-Sept de l’Union Europenne tente toujours de se mettre d’accord sur un durcissement des critères susceptibles d’encadrer la production de carburants d’origine végétale destinés à couvrir 10 % de la consommation des transports d’ici à 2020. L’objectif actuel est de 5% en 2015.

A ce stade, le débat se focalise sur la définition des critères de certification des agrocarburants. "Le consensus progresse sur le principe de normes strictes, mais l’on reste divisés sur les modalités", résume un diplomate. La discussion oppose les pays qui défendent, à l’instar de la France, de l’Allemagne et des nouveaux Etats membres, des filières nationales de production et ceux qui misent sur les importations pour combler leurs besoins. C’est le cas du Royaume-Uni, des Pays-Bas, ou des pays scandinaves.

Avec la France, certaines capitales ont suggéré de s’approvisionner dans les seuls pays ayant ratifié au moins dix conventions ou traités internationaux dans le domaine de l’environnement et des droits sociaux. Le protocole de Kyoto de lutte contre le réchauffement climatique, les textes sur le travail des enfants, ou les libertés syndicales seraient pris en compte.

Cependant, un tel dispositif, considéré comme de l’"impérialisme vert" par les pays émergents, a peu de chances de voir le jour sous cette forme.

Le commissaire chargé de l’énergie, Andris Piebalgs, a déjà proposé d’interdire les agrocarburants en provenance de régions indispensables à la biodiversité, ou menacées de déforestation. Une option moins contraignante consisterait à obliger l’ensemble des producteurs, et non plus les pays fournisseurs, à respecter une série de standards en matière de droits sociaux, de pollution de l’air, de l’eau, ou des sols.

Les Etats membres divergent aussi sur l’efficacité des agrocarburants en matière de lutte contre les gaz à effet de serre. Les pays scandinaves et le Royaume-Uni ne veulent certifier que les produits permettant une réduction de 50 % des émissions de CO2 par rapport aux énergies fossiles. D’autres, comme la France, souhaitent s’en tenir dans un premier temps au seuil actuel de 35 %, afin de développer leur production en attendant les agrocarburants de seconde génération. Et refusent de durcir ce critère avant l’horizon 2015-2020.

Les détracteurs des agrocarburants ont reçu l’appui du conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU, Jeffrey Sachs : pour cet économiste américain, les programmes de promotion adoptés en Europe et aux Etats-Unis "n’ont pas de sens dans des conditions de famine mondiale". Un argument qui fait bondir la Commission.

"Les biocarburants semblent être devenus un bouc émissaire", a rétorqué Mariann Fischer Boel, la commissaire en charge de l’agriculture. Pour elle, l’envolée du prix des céréales est essentiellement liée au développement de l’Inde et de la Chine, aux mauvaises conditions climatiques, ou à la spéculation.

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Energie Bio Politique Agrocarburants Europe

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