Article publié le 28 mai 2007
L’empreinte écologique s’invite en pleine campagne électorale… À trois semaines du scrutin, Le Soir, en partenariat avec le WWF et Dedicated Research, lance son troisième baromètre environnemental. La mesure de l’impact de nos comportements individuels sur la planète est de fait indissociable des décisions que le prochain gouvernement prendra afin d’inciter, d’aider fiscalement voire de contraindre les citoyens à agir dans leur sphère de compétence.
C’est acquis : la conscience environnementale a largement gagné du terrain depuis le lancement du premier baromètre en janvier 2006. Mais, comme le rappelait voici peu le sondage de Bruxelles-Environnement sur « Les Belges et le climat », un pont reste à jeter entre la prise de conscience des enjeux planétaires et la difficile mise en pratique des actes et des gestes qui préserveront la biosphère.
Signe de l’engouement à l’égard de notre baromètre, vous êtes déjà 65.000 lecteurs du Soir en ligne à avoir mesuré votre empreinte écologique. Professeur à l’Institut de Démographie de l’Université Catholique de Louvain, Françoise Bartiaux a décrypté avec Luis Reategui Salmon l’évolution de vos réponses et des engagements pris afin de limiter votre empreinte écologique. L’UCL a comparé les résultats obtenus de janvier à octobre 2006 à ceux de la période octobre 2006 - janvier 2007.
Premier constat : il y a moins de différences hommes/femmes. « L’empreinte masculine est de 4,1 hectares, l’empreinte féminine de 3,9. Et il y a très peu de différences en termes d’engagements, analyse-t-elle. La composition socio-économique des répondants a peu changé. » Françoise Bartiaux constate toutefois que les moins de 24 ans se sont moins intéressés au questionnaire et que deux groupes d’âge tirent l’empreinte écologique vers le haut : les 25-34 ans et les 55-64 ans (phénomène nouveau).
Parmi vos habitudes de consommation, une attention plus grande est portée à l’électricité : 55 % des personnes interrogées déclarent y faire attention, contre 50 % dans la première période. « Les campagnes de sensibilisation y sont probablement pour quelque chose. » De même, 14,3 % des répondants estiment désormais que leur logement est mal isolé (contre 10,7).
Un gage de sérieux ? Vous vous êtes un peu moins engagés depuis octobre 2006 : en moyenne, seulement 5,7 engagements, alors qu’auparavant, vous formuliez 6,4 engagements.
On constate aussi que peu de répondants (1 %) prennent tous les engagements proposés. « Ce sont là les signes d’un plus grand sérieux, ou d’un plus grand réalisme, estime Françoise Bartiaux. Les gens ont mieux évalué leur impact et la faisabilité de chacun de leurs engagements. »
Les « récalcitrants » (aucun engagement) sont quant à eux bien moins nombreux : ils passent de 6 % à 3 % seulement.
Parmi les 15 engagements proposés, certaines mesures ont connu un franc succès : l’utilisation de papier recyclé est adoptée par 59 % des lecteurs et 45 % sont prêts à débrancher leurs appareils électriques.
La grande surprise intervient en matière énergétique : pour les individus prêts à utiliser un fournisseur d’électricité « verte » (éoliennes, panneaux solaires), on est passé de 41 % à 51 % des répondants. « Cette progression de dix points est vraiment significative, analyse Françoise Bartiaux. Reste à savoir si le marché peut répondre à une telle demande… »
En revanche, le problème de la voiture constitue toujours un point de crispation. Si plus de gens s’engagent à en réduire leur utilisation ou à adopter une conduite moins nerveuse, personne n’accepte de ne plus utiliser sa voiture. Mais quelque 4 % des personnes sont prêtes à faire deux pleins de biocarburant par semaine ! Pour le professeur Bartiaux, cette crispation « révèle bien l’enjeu social et économique derrière la question environnementale ».
Thèmes
Energie Ecologie Développement durable Environnement Empreinte écologique Société Electricité
je ne souhaite pas utiliser de l’energie "verte" elle est in fine beaucoup trop chère,et pas toujours si verte que çà. je veux continuer à utiliser de l’electricité nucléaire !
D’autant qu’un fournisseur d’énergie verte est irréaliste techniquement.
Bon, OK, j’accepte une note négative...
g.jacquin










