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Sortir du capitalisme pour sauver la planète

Article publié le 29 janvier 2009

Hervé Kempf n’est pas que journaliste au Monde. C’est un écologique de raison, un militant de la plume qui a commit un nouvel ouvrage de référence pour la cause environnementale. « Pour sauver la planète. Sortez du capitalisme », un livre d’une actualité brulante.

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Ne croyez pas qu’Hervé Kempf soit un khmer rouge/vert. Il ne veut pas abandonner l’économie de marché, juste sortir de ce qu’il nomme être « un état social dans lequel les individus sont censés n’être motivés que par la recherche du profit et consentent à laisser régler par le mécanisme du marché toutes les activités qui les mettent en relation ».

Kempf met en perspective 30 ans de capitalisme débridé et mortifère, que d’aucuns appellent ultralibéralisme pour faire oublier l’actionnaire. 30 ans où les grands actionnaires et leurs serviles hauts dirigeants, gagnent en influence – et en profit -pour imposer leur matrice égoïste. Alors que la crise financière fait rage, « rien ne serait pire que de laisser l’oligarchie, face aux difficultés, recourir aux vieux remèdes, à une relance massive, à la reconstitution de l’ordre antérieur ». L’urgence écologique et la justice sociale doivent être au cœur du projet politique de l’époque !

Un altermondialiste Kempf ? Peut-être. Mais avec la rigueur d’un scientifique pour le constat. Nous accélérons la destruction de la terre pour assouvir les besoins compulsifs d’une oligarchie et de ceux qui aspirent à en être. En contrepartie d’une aliénation à un système qui génère cette crise économique majeure, doublée d’une crise écologique sans précédent, la classe moyenne prend quelques miettes du gâteau des oligarques et les pauvres, les miettes des miettes. Seule une petite oligarchie mondiale, jouit véritablement d’un système qu’elle a détourné à son unique profit. Merci pour les autres - vous, moi, nous, …image

Alors, pourquoi continuer ? Pourquoi accepter plus longtemps cette aliénation ? Parce que la manipulation collective du système capitaliste a détourné l’individu des logiques collectives. Un conditionnement psychique du chacun pour soi, où le bien commun a été réduit à l’augmentation du PIB. En prendre conscience. Plus que jamais, « être subversif, c’est passer de l’individuel au collectif ».

Hervé Kempf démystifie la « croissance verte », cet artéfact de la vieille croissance teinté de bonne conscience, que l’oligarchie a fini par intégrer. Qui ne vise qu’à perpétuer le système capitaliste sans rien changer à son caractère dévastateur. La croissance verte est un « big green washing  » inventé par l’élite sous la pression de l’opinion publique, pour perpétrer l’illusion technologique et continuer d’engranger des dividendes.

La technologie ne sera pas suffisante pour vaincre la crise environnementale. Ni le nucléaire, ni les énergies renouvelables n’empêcheront le désastre du changement climatique. Le nucléaire encore moins que les énergies renouvelables. Il faudrait un changement radical pour dérouter la trajectoire du désastre.

Le constat du livre pourrait paraître sombre, exit l’illusion de la croissance verte. Déconstruction globale, il faut aller plus loin, réinventer l’organisation des relations sociales pour servir des objectifs de biens communs, pour ne plus rester aliéné dans une matrice individualiste. Il faut se déconditionner pour ouvrir l’avenir des possibles.

Rester dans l’économie de marché et sortir du capitalisme, c’est nourrir une exigence de solidarité salvatrice pour l’humanité et l’écosystème. Ce n’est pas revenir à l’âge des cavernes ou à l’économie planifiée. C’est vivre dans une époque où le marché serait « un usage du monde, et non un despote névrosé », pour « reconnaître aux personnes d’autres motivations pour agir que leur intérêt propre ». Mutuelles, coopératives, associations, taux d’imposition, indicateurs de bien être, associations, investissements solidaires, réglementations d’exigence environnementale et sociale, … nous avons les outils d’alternative au capitalisme.

Qui pour porter ce projet politique ? En France, en Europe, dans le monde ?

 

Ecouter Hervé Kempf avant ou après l’avoir lu, c’est iciimage.

Thèmes

Ecologie Société Décroissance Art Livre

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commentaires
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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.125.127) le 30 janvier 2009 à 21H16

Discours d’investiture de Barack Obama :

Nous n’allons pas nous excuser pour notre mode de vie, nous le défendrons sans relâche"

"La question qui se pose à nous n’est pas, non plus, de savoir si le marché est une force qui œuvre pour le bien ou pour le mal. Sa capacité à produire de la richesse et à propager la liberté est sans égale, mais cette crise nous a rappelé que si nous ne sommes pas vigilants, le marché peut devenir incontrôlé."

"L’état de notre économie nécessite des mesures audacieuses et rapides, et nous allons les prendre (...) pour poser des jalons en vue de faire redémarrer la croissance. (...)Nous allons rendre à la science la place qui lui revient, et nous servir des merveilles de la technologie (...) Nous allons exploiter l’énergie du soleil, du vent et du sol pour faire marcher nos voitures et nos usines."

http://www.lemonde.fr/ameriques/art...

Natural capitalism http://www.natcap.org/sitepages/pid...

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par reflexvital (IP:xxx.xx7.54.44) le 1er février 2009 à 09H13

Je suis assez consterné moi aussi par les discours d’Obama. Le type est évidemment très sympathique, l’enthouiasme autour de son élection très rafraîchissante pour le monde, mais si Obama ne veut pas remettre en cause la croissance comme objectif, il ne remettra pas l’homme au centre de l’économie. La croissance a cruellement besoin d’argent !

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par reflexvital (IP:xxx.xx7.54.44) le 1er février 2009 à 09H26

Je viens de comprendre que vous défendiez l’idée d’une économie positive, en gros passer d’une industrie "fossilisée (oui, un petit jeu de mot !) pour passer une à une économie toujours aussi mondialisée, capitaliste, mais tournée vers les énergies renouvelables, le bio, etc.

J’ai longtemps cru à cette voie. Pour moi, écologiste et retour à la terre me semble une voie de garage : tout le monde ne pourra vivre de son lopin de terre, le retour au moyen-âge n’est pas une solution.

L’économie doit pouvoir continuer à exister. Cependant. Si Véolia, Renault, EDF et autres deviennent un jour les chantres d’un capitalisme vert, la pollution perdurera comme aujourd’hui.

Simplement, au lieu d’avoir des voitures qui polluent, des des centrales électriques qui polluent, nous aurtont des usines qui fabriquent ces technologies qui polluent tout autant (ou presque autant) !

Alors faut-il une économie verte mondialisée, ou une économie locale, solidaire, basée sur les réseaux humains ? Je penche pour la seconde solution aujourd’hui...

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(IP:xxx.xx3.70.22) le 31 janvier 2009 à 09H21

Bof, l’analyse de kempf est largement incomplète. La seule voie serai de sortir de l’imbécilité, avec un peuple qui n’accepterai plus le pouvoir des élus/puissants, mais qui serait connecté à sa conscience en permanence. Un monde où l’on ne pourrai plus (se) mentir. Autrement dit, c’est pas demain la veille et même en virant le capitalisme on créera autant de dégats. A la limite on en créera moins en étant moins nombreux, mais c’est tout.

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par pissefroid (IP:xxx.xx1.190.217) le 31 janvier 2009 à 18H29

Je pense que c’est la seule voie qui peut garantir la conservation de l’humanité de l’espèce humaine. Penser aux autres, partager, devrait devenir la première qualité de l’espèce. Ne pas chercher le plus, mais chercher le mieux. Le plus est toujours égoïste, le mieux est altruiste. C’est pour cela qu’il faut sortir du capitalisme.

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par ch. le bec-troadec, réflexologue (Paris) (IP:xxx.xx7.54.44) le 1er février 2009 à 09H07

Rompre avec le capitalisme est évidemment la solution la plus pertinente pour sortir de la crise sociale, écologique et économique qui secoue la planète.

Travailler pour, non pas pour gagner toujours plus, mais pour répondre à ces besoins semble une philosophie de vie beaucoup plus "écologique", plus humainement soutenable.

Le seul soucis, c’est comment sortir de la logique capitaliste ? Airbus, Renault, Véolia et toutes ces entreprises qui font travailler des millions de personnes à travers la planète ne peuvent pas exister hors de capitalisme financier.

Rompre avec le capitalisme signifierait jeter tous ces employés à la rue ! Est-ce seulement envisageable ?

http://www.lachosenumerique.com/la-...

 :-/

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par lampedusa (IP:xxx.xx2.20.118) le 22 février 2009 à 09H53

Le travail n’est pas l’unique horizon du génie humain.

Dans sa forme industrielle le Travail a été créé pour enrichir le capitalisme (et tout ce qui s’en suit : financiarisation, marchandisation de toutes activités humaines, culture assujettie à sa valeur mercantile, on ne dit :" plus que ce livre est beau, on dit combien on en a vendu d’exemplaires ! ...) Les valeurs définies en Bourse remplacent toutes autres considérations ...

Il nous faut une vie d’accomplissement et retrouver la valeur culturelle qui a caractérisée les époques précapitalistes, valeurs de l’esprit sur le mercantile.

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par lampedusa (IP:xxx.xx2.20.118) le 22 février 2009 à 10H20

Dans sa forme industrielle le Travail a été créé pour enrichir le capitalisme (et tout ce qui s’en suit : financiarisation, marchandisation de toutes activités humaines, culture assujettie à sa valeur mercantile, on ne dit :" plus que ce livre est beau, on dit combien on en a vendu d’exemplaires ! ...) Les valeurs définies en Bourse remplacent toutes autres considérations ...

Il nous faut une vie d’accomplissement et retrouver la valeur culturelle qui a caractérisée les époques précapitalistes, valeurs de l’esprit sur le mercantile.

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