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Les monnaies locales : un outil pour la relocalisation de l'économie

Article publié le 25 mai 2007

Un autre monde est possible et une petite carte de paiement pourrait en être le sésame.

A l’occasion du lancement du SOL, monnaie alternative pour les réseaux de l’économie solidaire et les échanges de proximité, il faut revenir sur l’importance des monnaies locales pour la relocalisation de l’économie et la sortie du productivisme marchand, même si ce n’est pas dans l’air du temps et très loin des projets d’une gauche déboussolée...

Il est certes bien difficile de convaincre de l’utilité d’une monnaie locale, on croit même que c’est impossible à mettre en oeuvre alors que c’est sûrement la voie de l’avenir et que les outils en sont immédiatement disponibles, ce qu’on peut qualifier de miraculeux ! Le principal obstacle qui reste désormais se situe dans une évolution radicale des mentalités qui devraient opérer un complet retournement en pensant le changement social à partir du local, dans l’esprit de l’altermondialisme.

Au lieu de tout attendre du pouvoir central et des stratégies top-down, il faudrait se convertir à la construction par le bas (bottom-up) d’une alternative locale à la globalisation marchande. Les prochaines élections municipales pourraient permettre d’en commencer l’expérimentation sans plus tarder. Hélas, c’est loin d’être gagné d’avance. Pourtant l’enjeu est de taille et il y a urgence !

C’est pourquoi nous allons essayer de répondre aux 3 questions :

pourquoi une monnaie ? pourquoi relocaliser l’économie ? pourquoi une monnaie locale ?

- L’état de la question

La monnaie fait l’objet, non sans raisons, de toutes les opprobres. On affecte de la mépriser, elle passe de main en main en silence, souvent même avec une certaine honte, les regards qui se détournent. C’est pourtant sans doute le secret de notre monde et qui devrait faire l’objet de toute notre attention. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, bien peu parmi les économistes s’en sont réellement préoccupés avant Keynes qui a montré toute sont importance dans la régulation des cycles économiques et l’arbitrage entre inflation et dépression. Ensuite, les monétaristes vont plutôt tenter de nous persuader que c’est une fausse route et que la monnaie est intouchable ou presque, sa régulation ne faisant que fausser les mécanismes du marché supposés optimaux ! Il est vrai que la marge de manoeuvre est étroite, mais elle reste décisive malgré tout.

Face au chômage de masse actuel et la surévaluation de l’Euro, on pourrait donc être tentés par le retour aux politiques keynésiennes qui ont si bien réussi pendant les ’30 glorieuses’. Ce serait pourtant une erreur d’en attendre autant car le monde a changé et ce n’est pas la monnaie qui manque actuellement dans la planète financière, c’est sa répartition qui est trop inégalitaire. Outre que l’injection de liquidités dans une seule partie du monde est difficilement réalisable quand on n’est pas la monnaie de référence comme le dollar (pour peu de temps encore peut-être), on risque de plus de nourrir avec cet excédent de ressources la bulle immobilière ou d’autres bulles spéculatives qui résultent de la concurrence que se font les riches entre eux pour l’acquisition des richesses, sans créer véritablement de richesses supplémentaires ni d’emplois.

Ce n’est pas une raison pour ne rien faire, mais pour faire autrement, de façon plus subtile et différencié avec différentes monnaies. La question qui se pose, c’est celle du niveau pertinent d’intervention monétaire qui n’est plus celui de la nation (qui agit par le déficit budgétaire), ni même de l’Europe (aux pays trop disparates), mais le niveau le plus local. C’est sans doute ce qui est bien difficile à admettre mais pourtant, non seulement c’est au niveau local que le pouvoir monétaire retrouve toute son efficacité mais, surtout, les monnaies locales constituent l’instrument indispensable d’une relocalisation de l’économie devenue nécessaire pour équilibrer la globalisation marchande et entretenir un tissu économique dynamique et performant tout en privilégiant les circuits courts et protégeant contre une marchandisation à outrance.

Il y a 3 questions qui se posent ici : 1) pourquoi une monnaie ? 2) pourquoi relocaliser l’économie ? 3) pourquoi une monnaie locale ? A l’évidence tout ceci est très loin des aspirations actuelles, ce qui montre tout le chemin qui reste à parcourir pour renouveler les anciennes visions théoriques et des idéologies qui datent de notre entrée dans l’ère industrielle alors que nous sommes désormais à l’ère de l’information, si différente à tant de points de vue ! Il ne suffira pas d’ajustements aux marges mais d’un renouvellement théorique complet, non pas l’abandon des valeurs de justice et de solidarité mais leur réalisation dans un tout autre cadre. Il faudra apprendre aussi à tenir compte un peu plus sérieusement des questions écologiques dont on commence seulement à pressentir le caractère central. C’est un complet changement de mentalité que l’époque exige de nous.

- Pourquoi une monnaie ?

La monnaie est un instrument ambivalent mais c’est une réalité éminente puisque c’est un objet entièrement social, incarnation de la totalité sociale et de la confiance dans la société comme un tout. En effet, la monnaie est toute de symbole, on le sait depuis qu’elle est devenue monnaie-papier avant de devenir pur jeu d’écriture entre ordinateurs en réseau. La monnaie n’est qu’un droit de tirage sur la richesse produite, on le sait au moins depuis que l’afflux d’or des Amériques a fait monter les prix en Espagne (et les salaires, notamment des soldats) dès lors que les moyens monétaires augmentaient sans augmentation équivalente de la production, c’est même là l’origine de l’économie politique. Il n’y a pas d’objet plus social que la monnaie, objet de convention frappé du sceau du souverain. Il n’y en a pas non plus qui représente autant la totalité comme telle. En même temps on peut y voir un véritable fétiche auquel on prête un pouvoir propre alors que ce pouvoir ne tient qu’à l’institution sociale. C’est notre propre puissance qui s’aliène dans son incarnation sociale, ce qu’on appelle la ’réification’ : le devenir chose de rapports humains qui disparaissent derrière l’objet qui les incarne et deviennent impersonnels. C’est loin d’être entièrement négatif, comme on pourrait le croire un peu trop vite, car c’est ce qui nous donne une véritable autonomie par rapport à la société hiérarchique et fonde l’égalité des individus (voir Homo aequalis de Louis Dumont). Le paradoxe de l’argent, c’est qu’il permet l’individualisme le plus débridé et la négation la plus délirante de la société du fait même qu’il matérialise le commun et l’échange inter-personnel ! C’est un outil qu’il faut apprendre à maîtriser politiquement mais il ne faut ignorer ni ses dérives, ni ses potentialités entre autonomie de l’individu et dictature des marchés.

Le règne de l’argent, c’est le règne de l’équivalence entre tout et tout. On donne un prix à la vie, aux talents, aux hommes ! Il est absolument inacceptable de tout monétiser ainsi et l’on doit chercher à soustraire au marché nombre de services relationnels notamment. Notons cependant que ce n’est pas du tout la même chose de donner une rétribution (ou dédommagement) et d’en déterminer le montant en faisant appel au marché. La gratuité est encore autre chose. Non seulement la gratuité doit être préservée pour tout ce qui est ’biens communs’ mais elle doit être étendue à la reproduction numérique qu’on tente en vain de brider par des droits numériques condamnés d’avance. Même si les intérêts qu’elle bouscule résistent autant qu’ils peuvent, la gratuité est inévitable, techniquement peut-on dire, dans le domaine immatériel. Ce n’est pas sans poser nombre de problèmes au regard de l’ancien droit d’auteur et donc de la rémunération des créateurs. Il faut effectivement adapter les institutions et les modes de rémunération, notamment par la mise en place d’un revenu garanti, mais contrairement à ce que prétend la patron de la FNAC, la gratuité ce n’est pas le vol, dans le numérique au moins, c’est tout au contraire la propriété intellectuelle qui est du vol et se révèle complètement contre-productive !

Cette gratuité ne pourrait-elle être étendue au domaine matériel ? Non seulement c’est impossible mais ce n’est même pas du tout souhaitable car on a besoin de donner un prix aux choses comme au travail, pour économiser les ressources rares et reconnaître la valeur des compétences (on sait comme le travail domestique est méprisé de ne pas être reconnu monétairement). En fait on a surtout besoin de la monnaie comme système d’information et d’arbitrage pour établir nos priorités et répartir nos dépenses aussi bien au niveau individuel que collectif. Ainsi l’augmentation du prix du pétrole est inévitable pour en réduire la consommation. L’énergie ne pourra être gratuite tant qu’on ne se sera pas convertis à l’énergie solaire. L’importance de la monnaie n’a rien d’un énoncé théorique. Ce n’est pas une question de ’valeur’ morale, c’est un fait constaté qu’un apport monétaire crée de l’activité et dynamise les échanges, de même qu’il crée de l’inflation dès lors que la monnaie excède les ressources disponibles. Dans le système économique, le flux monétaire est un peu l’équivalent du flux sanguin dans le corps (ce qu’avaient bien vus les physiocrates), flux d’informations en sens inverse du flux de matières et de marchandises. L’argent comme équivalent universel a un peu le même rôle que l’énergie dans le domaine physique où elle peut se convertir en travail (l’énergie c’est ce qui se conserve et se transforme). Cette capacité est primordiale mais ce n’est pas tout. L’argent fonctionne aussi comme ’mémoire collective’ permettant l’investissement sur le long terme par la thésaurisation, l’emprunt et la dette. C’est une fonction que les monnaies locales ou de consommation, dites ’fondantes’, désactivent pour éviter la capitalisation mais qui reste essentielle.

Il doit être clair que non seulement on a besoin d’argent mais que la situation devient dramatique quand l’argent vient à manquer comme en 2001-2002 en Argentine ! Il y a bien une ambivalence de la monnaie mais les côtés négatifs ne doivent pas occulter les côtés positifs, tout est une question de bon usage et de régulation politique. Le pouvoir monétaire qui nous échappe aujourd’hui a toujours été le privilège du souverain, c’est un pouvoir que nous devons nous réapproprier ce qui n’est possible qu’au niveau local (que voudrait dire se réapproprier l’Euro ?). On ne peut rêver à un monde sans monnaie mais plutôt à des monnaies plurielles adaptées à nos fins économiques et sociales.

- Pourquoi relocaliser l’économie ?

La volonté de relocaliser l’économie apparaît bien exotique, et pour tout dire, bien peu crédible alors que la globalisation étend son empire partout, mais c’est justement pour cela qu’il faut l’équilibrer en préservant le tissu économique local. On sait que la libéralisation des échanges laisse des zones entières dévastées alors même que la productivité dépend de plus en plus de ce qu’on appelle les ’externalités positives’ c’est-à-dire non seulement les infrastructures et les voies de communication mais aussi la qualité des ressources humaines et le dynamisme économique local. Le développement local est devenu encore plus essentiel que par le passé, il faut donc bien relocaliser en partie l’économie, protéger les entreprises locales, non pour s’isoler du monde mais pour mieux s’insérer dans les échanges globaux en préservant nos richesses locales. Si chaque niveau garde sa pertinence, il devrait être bien clair que ce n’est plus la nation, ni même la région qui est devenu le plus déterminant dans cette reconquête du bas vers le haut (bottom-up) mais bien le niveau le plus local, celui de la municipalité ou des communautés de communes, là où se traitent les problèmes pratiques et humains, où il faut s’adapter au terrain pour préserver les ressources locales et valoriser les compétences disponibles.

Le stricte logique économique des ’avantages comparatifs’ et des ’régions qui gagnent’ suffit à donner une place déterminante à la relocalisation de l’économie dans une économie-monde. S’y ajoute un autre enjeu, encore plus déterminant, celui de l’écologie et de la nécessité de privilégier les circuits courts. Certes, il n’est pas mauvais de laisser croire que l’écologie pourrait être un facteur de croissance et une chance pour l’économie, si cela peut accélérer la reconversion écologique, mais on n’échappera pas à une décroissance de nos consommations matérielles au moins et donc à une réorganisation des circuits économiques au profit des circuits courts.

Favoriser les échanges de proximité constitue une nécessité écologique porteuse de grandes conséquences au point qu’on peut dire qu’elles sont révolutionnaires. Contrairement à ce qu’on peut s’imaginer, il n’y a rien là d’impossible alors qu’on peut dire que 80% de l’activité économique est déjà locale, malgré la mondialisation, et qu’on se dirige vers une économie dominée par les services. Il ne s’agit que de protéger et développer cette activité. On trouvera du coup que cela n’a pas grand chose de révolutionnaire, ne s’opposant pas frontalement au libéralisme. On aurait bien tort car, même si les intérêts des capitalistes ne sont pas vraiment menacés par une telle stratégie, c’est bien la seule voie possible d’une protection de la concurrence mondiale, d’une sortie du capitalisme et du dépassement du salariat à plus long terme, nouveau système de production qui se construit d’abord à l’intérieur du système précédent comme le capitalisme s’est développé dans les zones franches de la féodalité. Sans pouvoir détailler tous ces points, ce qui nous emmènerait trop loin dans l’analyse des transformations d’un travail de plus en plus autonome et précaire à l’ère de l’information, il faut souligner surtout que c’est une voie qu’on peut emprunter dès maintenant sans attendre un hypothétique renversement du libéralisme mondial, dont il n’y aurait d’ailleurs rien de bon à attendre sinon le pire sans doute ! Bien qu’on attende tout d’un pouvoir central encore, qu’on voudrait plus autoritaire et qu’il suffirait de ’prendre’ pour tout changer, c’est dans notre vie quotidienne, au niveau local, que nous pouvons retrouver dès maintenant un pouvoir démocratique et reconstruire une vie collective plus conviviale, améliorer notre qualité de vie. Ce ne sont pas les élections présidentielles qui devraient être les élections les plus importantes mais les élections municipales, qu’on se le dise !

- Pourquoi une monnaie locale ?

On n’a pu qu’indiquer trop brièvement la nécessité d’une relocalisation de l’économie mais pour y arriver, l’intérêt d’une monnaie locale ne devrait pas faire de doute. D’autres ’monnaies plurielles’ peuvent être utiles, qu’on peut désigner comme des monnaies de réseau, systèmes d’échange à l’intérieur de réseaux spécifiques (par exemple de l’économie solidaire) ou même de simples cartes de fidélité multi-entreprises. On peut imaginer ainsi que des réductions en Euros soient consentis par des grands réseaux de distribution contre des monnaies complémentaires, seulement ce modèle a l’inconvénient d’agir sur le même terrain que celui des monnaies ordinaires avec pour conséquence de ne pouvoir se généraliser sans devenir un pur et simple équivalent de la monnaie de référence et d’en perturber la gestion sans pouvoir en assurer le contrôle. A l’opposé, une monnaie locale est une monnaie territoriale, attachée à un pouvoir local démocratique. Cela en atténue fortement les perturbations éventuelles et procure de nombreux avantages au niveau de l’efficacité et de la régulation, redonnant au niveau local le pouvoir politique perdu au niveau national sur la monnaie et l’économie, pouvoir de création monétaire mais aussi de répartition et de taxation.

Non seulement c’est au niveau local qu’une monnaie complémentaire est le plus efficace, sans être incompatible avec la monnaie officielle, mais c’est bien l’outil privilégié de la relocalisation de l’économie puisque sa validité se limite à un territoire, il faut donc la dépenser localement. L’expérience des SEL (Systèmes d’Echanges Locaux) a montré, bien qu’à une échelle très réduite, l’efficacité de ces monnaies locales, entre autres pour employer ceux qui ne trouvaient pas de travail. Beaucoup d’autres expériences de par le monde ont montré l’utilité de ces monnaies locales, notamment lors de crises monétaires comme la crise argentine. Parfois de simples bourses d’échange de temps permettent de dynamiser les échanges locaux avec une forme primitive de monnaie qui s’apparente plus au troc et n’est pas généralisable mais qui a toute son utilité aussi.

Avec des monnaies municipales on passe à une toute autre échelle puisque cela toucherait tous les habitants de la commune qui recevraient une carte de paiement destinée aux échanges locaux. Dans un premier temps, cette carte pourrait se limiter à obtenir des réductions supplémentaires chez les commerçants ou les artisans locaux mais la mairie pourrait distribuer des montants différenciés de monnaie locale selon les populations concernées ainsi que des ’monnaies affectées’ à certaines prestations (sur le modèle des ’Tickets restaurants’), améliorant sa politique sociale sans que tout cela ne coûte rien au budget municipal ! L’acceptation de cette monnaie par les différents acteurs est fonction de la confiance qu’elle aura suscitée mais il faut éviter qu’elle devienne l’apanage d’une catégorie particulière (comme les ’minima sociaux’). Il est certain qu’elle intéressera d’abord ceux qui ne trouvent pas à employer leurs compétences sur le marché concurrentiel mais il faut obtenir des professionnels installés un petit pourcentage au moins en monnaie locale pour amorcer la pompe et assurer sa pérennité.

Le but étant le développement local et humain, cette monnaie locale devra faire l’objet d’une gestion fine et attentive afin de ne pas en créer trop par rapport à ce qu’on peut acheter avec. Une des caractéristique de la monnaie locale, c’est d’échapper aux taxations habituelles, en particulier de la TVA. Dès lors, la TVA fonctionne comme une taxe douanière, un droit de douane pour les produits extérieurs. C’est la meilleure façon d’instituer un protectionnisme local sans se couper du marché et s’enfermer dans une impossible autarcie. Bien sûr on est ainsi en contradiction avec le dogme européen d’une ’concurrence libre et non faussée’, et l’absence de toute taxe n’est pas viable si le système se généralise. Il faudra donc instituer au niveau municipal un autre système de taxes, ne s’appliquant qu’à partir d’un certain niveau de revenu et non pas directement sur le produit lui-même, mais aboutissant pour les professionnels à une taxation en monnaie locale sensiblement inférieure à la TVA elle-même. Ce qui est toléré pour les SEL risque de se heurter ici à l’administration fiscale mais il faudrait surtout trouver un compromis et pour cela commencer d’abord l’expérimentation. A noter que ce qu’on appelle la ’loi Vauban’ permettant de payer ses impôts locaux en ’travail forcé’, ces impôts devraient pouvoir se payer en sol ! On peut trouver aussi un intérêt plus spécifique à une monnaie locale dans les lieux touristiques où cela permet de ne pas faire payer le même prix aux touristes et aux locaux...

La caractéristique d’une monnaie locale, c’est de n’être pas convertible en monnaie ordinaire et d’avoir une validité limitée (comme les Ticket restaurants encore une fois). C’est ce qu’on appelle une monnaie de consommation, pouvant faire ainsi l’objet d’une régulation à court terme. Il ne faut pas pourtant que cette conversion soit trop difficile non plus, affectant sa crédibilité et son acceptation par la population. Il faut donc prévoir une convertibilité à un taux assez désavantageux et qui peut être variable (entre 75% et 50% ?). La difficulté d’un tel dispositif, c’est qu’il doit s’adapter à un monde très mobile et donc qu’il faut pouvoir convertir une monnaie locale dans une autre monnaie locale. Cela peut sembler le plus difficile, c’est pourquoi c’est une grande chance de disposer d’une monnaie alternative comme le SOL capable d’assurer ces fonctions de conversion entre monnaies locales et la mise en réseau des premières expériences sans risque de faux monnayage. Pour l’instant le principe c’est 1 sol = 10 centimes = 1 minute mais la valeur en sol diminue à partir du 6ème mois pour s’annuler au bout de 3 ans s’il n’a pas été dépensé (modulable localement).

Les cartes sont prêtes, les terminaux de paiement (gratuits), les logiciels de gestion. L’opération qui attend des municipalités prêtes à faire l’expérience a déjà le soutien de la Macif, la Maif, le Crédit Coopératif, les Chèques déjeuners, même de l’Europe, de collectivités territoriales, de Claude Alphandéry, etc. C’est le moment ou jamais de tenter l’aventure qui ne se réduit pas aux limites de la commune mais constitue bien la base d’une alternative locale à la globalisation marchande, réappropriation de nos vies, de nos échanges et de la monnaie, beaucoup plus efficace qu’une illusoire ’propriété collective’ des moyens de production qui n’est qu’une version étatique du capitalisme. L’enjeu ici est à la fois démocratique, social, économique, écologique !

Les monnaies locales sont l’instrument privilégié d’une relocalisation de l’économie mais ce n’est pas pour autant le seul, bien sûr. Pour sortir du productivisme salarial et favoriser les productions locales, il ne faut pas seulement agir sur la circulation, il faut aussi transformer la production et la répartition des revenus par des coopératives municipales (structures de développement humain et d’échanges locaux) ainsi qu’un revenu garanti devenu indispensable dans la production immatérielle, mais c’est une autre histoire...

(Article pour La lettre du GRIT de juillet 2007 sur les Monnaies plurielles)

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commentaires
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par sarro (IP:xxx.xx9.124.107) le 25 mai 2007 à 14H30

Et vive l’économie plurielle avec marché, comme le propose Jacques Robin et Patrick Viveret.

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par Jean Zin (IP:xxx.xx2.221.186) le 25 mai 2007 à 15H14

Effectivement, je fais partie du GRIT fondé par Jacques Robin défenseur des "monnaies plurielles" depuis longtemps et dont Patrick Viveret, qui est à l’initiative du SOL, est aussi membre.

L’économie plurielle "avec marché" s’oppose aussi bien à la "société de marché" (ou dictature des marchés) qu’aux sociétés autoritaires qui suppriment toute liberté en voulant supprimer tout marché.

Il s’agit de subordonner les marchés (régulés) à la société et de développer l’autonomie de l’individu (développement humain), projet aussi éloigné de l’idéologie libérale que du communisme étatique mais qui est surtout réaliste et mieux adapté à l’ère de l’information.

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par krokodilo (IP:xxx.xx0.74.193) le 25 mai 2007 à 16H58

Je trouve votre article trop théorique, des notions générales, des mots mais pas assez d’exemples pratiques. Pour "relocaliser l’économie", il n’est pas nécessaire de réinventer la monnaie. Vous avez rappelé le pourquoi de la monnaie : d’abord le troc, puis on a inventé l’échange d’ objets rares qui symobolisaient un pouvoir d’achat, coquillages, colliers, perles, etc., puis la monnaie proprement dite. En plus ces monnaies locales sont non convertibles en monnaie nationale, et comme vous dites avec le risque de fabriquer localement trop d’inflation.

Un exemple de changement qui peut se faire sans monnaies locales : pourquoi acheter des fraises d’Espagne gorgées d’eau, fabriquées sous de gigantesques serres qui pompent la nappe phréatique(ils voulaient acheter de l’eau en france et la faire venir en pipeline jusqu’au sud de l’Espagne), et en faisant bosser dans des conditions médiocres des polonais ou autres nationalités (je sais, ça fait des emplois) , mieux vaut en manger moins souvent et acheter de bonnes variétés locales plus savoureuses. Bref, pour changer de comportement, il n’est pas nécessaire de réinventer la monnaie, seulement notre mode de vie, nos choix.

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par Jean Zin (IP:xxx.xx2.221.186) le 25 mai 2007 à 18H19

Certes, mon article est assez théorique. Il fait partie d’un dossier où il y aura des articles faisant référence à des expériences pratiques (il y en a de nombreuses). On peut effectivement tenter de relocaliser l’économie sans monnaies locales. Les AMAPs en sont un exemple mais c’est assez lourd car il faut s’engager d’avance à acheter la production annuelle d’un agriculteur.

Une monnaie locale simplifie les choses et rend la relocalisation plus efficiente. Sans être absolument nécessaire, il serait quand même très étonnant qu’on arrive à une véritable relocalisation sans monnaie locale. Je ne vois pas pourquoi on s’en priverait. Créer une monnaie supplémentaire n’est pas aggraver une monétarisation déjà omniprésente, ce n’est pas tant ajouter de la monnaie que se soustraire à la monnaie marchande. Ce n’est pas comme si on en était encore au troc qui a été abandonné dès que les échanges ont été trop importants et les communautés trop nombreuses. Il ne s’agit jamais de revenir en arrière.

On ne peut faire l’impasse sur la théorie ici car on ne peut en rester à des idées simplistes. Il faut que ça marche, qu’il n’y ait pas trop d’inflation et gérer les conversions d’une monnaie à l’autre (qui existe toujours comme entre les tickets de nourritures, soi-disant inconvertibles, et les véritables dollars aux USA).

L’idée qu’il "suffirait" de ne pas acheter des produits non locaux ne mène à rien. C’est surestimer notre liberté et notre intelligence, croire beaucoup trop être dans la vérité et les autres dans l’erreur. C’est en fait une position libérale et individualiste, position morale qui rend l’individu responsable de sa situation ce que dément la sociologie la plus basique, sans parler de l’ethnologie ou de l’histoire des religions...

Plutôt que de prétendre formater les gens, les discipliner, leur imposer un mode de vie, la monnaie locale rend simplement moins chers les produits locaux achetés localement et renforce les consommations locales au détriment des produits "importés".

Je comprends qu’on puisse préférer faire preuve de sa haute moralité en résistant aux fraises que nous imposent les circuits de distribution actuels mais il est bien plus efficace d’utiliser une monnaie locale pour constituer d’autres circuits de distribution, plus courts et plus humains (sans égard aux choix individuels). Il faut savoir si on veut changer le monde ou seulement se changer soi-même. On ne se sauvera pas tout seul !

Enfin, il ne s’agit pas tellement de réinventer la monnaie que d’appliquer ce qui a déjà été réinventé un peu partout dans le monde, avec plus ou moins de bonheur, en essayant d’aller un peu plus loin cette fois car on s’en est donné les outils...

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par Guillaume (IP:xxx.xx5.194.154) le 25 mai 2007 à 18H38

Reéinventer nos choix, certes. Mais vous parlez là d’une intiative personnelle, qui n’a que peu d’impact hors des gens qui savent que vous magez de "bonnes" fraises. L’avantage d’une monnaie locale est sa visibilité, le fait que vous n’êtes plus le seul à agir ainsi.

Bien sûr, vous n’êtes pas le seul à ne pas vouloir manger de mauvaises fraises. Mais, en achetant de bonnes fraises, vous avez payé avec votre argent, votre argent qui n’a pas de raison particulière d’avoir été "proprement" gagné. ("proprement" signifie ici simplement que l’humain moyen est suffisamment occupé à gagner sa vie que lui demander de la gagner le plus éthiquement possible, le plus "proprement" possible, n’est pas chose aisée).

L’apparition d’une monaie locale donne l’opportunité de pouvoir se faire rémunérer en monnaie locale, par un échange local. Et c’est cette opportunité, cette possibilité, cette mise en relation qui change tout.

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par eaglestorm (IP:xxx.xx0.103.150) le 27 mai 2007 à 23H57

entièrement d’accord, moi aussi je suis plus pour revoir notre comportement, celui-là même qui nous à ammener là où nous sommes aujourd’hui, avec ses avantages et ses inconveniants, pour cadrer plus avec notre environnement et en prenant en compte les paramètres de globalisation qui n’étaient jusqu’à présent que des théories.

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par Tzecoatl (IP:xxx.xx1.187.146) le 25 mai 2007 à 18H34

Salut à toi, Jean Zin, ô vénérable philosophe.

Connaissant Patrick Viveret (mais pas dans la vie réelle) de part les activités de André-Jacques Holbecq, je me suis permis de construire un nouveau paradigme monétaire particulièrement ambitieux (qui exige une réforme des institutions, hélas), l’étalon-propriété, dont j’ai établi les principes de base à l’url suivante : http://www.liberaux.org/index.php?s...

Je souhaitais seulement te faire part de ma découverte.

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(IP:xxx.xx9.252.108) le 25 mai 2007 à 21H00

"La monnaie fait l’objet, non sans raisons, de toutes les opprobres."

Uniquement chez les gauchistes. Chez nous, elle ne pose aucun probléme.

Heu si, le piratage, c’est du vol.

Sinon, je ne voit pas l’interet de ces élucubrations, qui de toute façon ont déja était testé par OWEN, au début du XIXéme. Votre monnaie devra se caller sur l’Euro, et donc n’apportera RIEN.

Surtout que, les entreprises partis en Chine, vous imaginez bien qu’elles n’en ont plus RIEN à foutre de la France et de ses quelques millions de consomateurs pleurnichards..

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par Tzecoatl (IP:xxx.xx0.230.179) le 26 mai 2007 à 08H08

"Uniquement chez les gauchistes. Chez nous, elle ne pose aucun probléme." Une monnaie crédit à réserve fractionnaire ? C’est également du vol et de la fraude.

Lien intéressant : www.fauxmonnayeurs.org

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(IP:xxx.xx5.194.154) le 26 mai 2007 à 09H33

Le genre de mépris de l’autre et de ses opinions qui donne envie de fuir la France.

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par Jean Zin (IP:xxx.xx5.121.33) le 26 mai 2007 à 10H13

Effectivement, j’ai toujours méprisé l’argent et la richesse, même quand j’étais chef d’entreprise et que je limitais mon salaire. Il n’est pas inutile de le préciser car ce n’est certainement pas par amour de l’argent que je défends des monnaies fondantes.

En fait, depuis que l’argent existe tous les sages, les poètes, les savants, les hommes de bien et de quelque noblesse ont méprisé l’argent qui n’est que l’idole des imbéciles (sauf quand on manque d’argent pour vivre bien sûr !) Thalès déjà devait subir les railleries de ceux qui se moquaient de sa philosophie et c’est juste pour leur clouer le bec qu’il avait spéculé sur les pressoirs d’olive se faisant une petite fortune afin de bien montrer que ce n’était pas par incapacité à gagner de l’argent qu’il méprisait la richesse. Ce n’est que très récemment d’ailleurs, par l’influence de l’Amérique et de sa douteuse "morale" protestante que la richesse se fait moins honteuse dans ce vieux pays catholique, mais cela ne durera pas car il n’y a rien de plus ennuyeux et stupides que les riches ! On ne fait pas une civilisation avec ça, seulement une décadence...

Evidemment, tout cela n’a rien à voir avec Owen et bien sûr on ne peut rien pour qui ne veut rien comprendre et s’en dit fier encore ! les monnaies locales ont déjà montré leur efficacité même si elles ont montré aussi leurs limites dont il faut tenir compte. Dans notre monde il n’y a pas de miracles, il n’y a que des outils limités dont il faut savoir se servir mais dont il serait bien bête de se passer.

Peu importe que les entreprises capitalistes partent en Chine, d’abord il n’y en a pas tant que ça, ensuite l’important c’est qu’on travaille les uns pour les autres et qu’on échange entre nous même si la production industrielle se réduit comme l’agriculture avant elle. Notre pays est loin d’être dépourvu de ressources intellectuelles qui compteront de plus en plus alors que la force de travail sous-payée est remplacée irrémédiablement par les machines.

Ceci dit, je ne suis absolument pas un libéral, même pas un alter-libéral comme le voudraient certains, je suis clairement anti-libéral au sens où je constate qu’un excès de libéralisme tue la liberté et que je défends nos libertés concrètes, celle de vivre ensemble dans les meilleures conditions avec le maximum d’autonomie (y compris un "revenu d’autonomie"). On peut bien me traiter de gauchiste si c’est l’insulte à la mode et la seule façon de ne pas être de droite mais je n’ai certainement rien à voir avec tous les archéo-gauchistes qui en sont encore à Trotsky ni avec l’appareil autoritaire communiste ! De ce point de vue je serais même plutôt un libéral modéré en effet puisque c’est la liberté qui m’importe en premier mais je sais que pour cela il faut absolument s’opposer au libéralisme européen le plus dogmatique. C’est d’ailleurs ce qui frappe avec le libéralisme, c’est son caractère dogmatique qui vaut les débats entre marxistes-léninistes d’antan ! Non, le piratage n’est pas du vol car on ne prend rien en le copiant et tout le monde se fout de savoir si "Une monnaie crédit à réserve fractionnaire" c’est du vol ! Il faut se méfier de ces discussions byzantines, ce ne sont que des mots. Il y a des problèmes pratiques à régler. La monnaie locale est un outil à essayer, pas la fin de tous nos maux !

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par Tzecoatl (IP:xxx.xx0.144.239) le 26 mai 2007 à 13H26

D’accord avec toi sur les dérives du libéralisme, qui est devenue la recette miracle pour nos bruxellois. D’autant plus que cette doctrine est hélas dévoyé à une économie de rente (maitrise sans concession de l’inflation).

"tout le monde se fout de savoir si "Une monnaie crédit à réserve fractionnaire" c’est du vol !" Là, je ne suis pas d’accord. Tout le monde s’en fout, car cette information est soit autocensurée (et oui, tout le monde est tenu par des banques) soit sévèrement sanctionnée. Les médias préfèrent s’étaler sur les broutilles que les clients rencontrent lorsqu’ils sont en situation délicate plutôt que le pot au roses (merci à A J Holbecq d’y avoir remédié).

Et quand j’entends toutes les gauches (je me définis comme libéral de gauche, ou mieux, libéral-étatiste, soit) poussser leurs cris d’orfraies au sujet des tares du monde financier et des actionnaires, peu de choses justifie de telles revendications, d’autant plus que c’est le secteur bancaire le soubassement et les piliers de notre système financier actuel. Bref, ils s’attaquent aux conséquences, non pas aux causes.

Si la discussion que j’ai entretenu sur l’étalon propriété est sur un forum libéral, c’est surtout parce que les libéraux sont presque les seuls à connaitre les règles du jeu bancaire.

Après, l’expérience des monnaies fondantes telle qu’elle a été pratiquée à Wörgl, avant d’être classée au rang de mythe, mérite un sérieux dépoussiérage afin de redonner une aura aux effets vertueux qu’on attribue à ce type de monnaie.

Par contre, vous n’expliquez pas la façon dont cette monnaie, le SOL, sera émise, car c’est trop souvent là que l’émetteur de monnaie tire abusivement avantage de son statut (généralement, tu me donnes tes produits et moi je te donne mes billets :-p ).

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par Jean Zin (IP:xxx.xx5.121.33) le 26 mai 2007 à 16H12

Il ne s’agit pas de revenir ni à Owen, ni à Wörgl. Les effets vertueux d’une monnaie locale, c’est de dynamiser les échanges locaux, de fausser la concurrence au profit des échanges de proximité. Le fait qu’elle soit fondante est plutôt une façon de ne pas se substituer aux devises convertibles et capitalisables.

Il me semblait clair que l’émission est municipale et que s’il y a bien risque d’inflation, cette émission est sous contrôle démocratique. Bien sûr la bonne gestion est essentielle mais le caractère fondant de la monnaie simplifie la gestion et permet surtout de corriger assez rapidement les émissions excédentaires (les effets inflationnistes sont à courte durée).

En fait c’est un peu plus compliqué car il y a plusieurs systèmes possibles qui peuvent cohabiter (sol coopération, sol affecté, sol engagement) mais cette richesse, qui sera bien utile à l’avenir, est sans doute une faiblesse pour la mise en place car cela brouille la compréhension.

Il n’empêche qu’il peut y avoir une multiplicité de création monétaire : outre une monnaie affectée à une prestation municipale, il peut y avoir création monétaire par les commerçants eux-mêmes donnant des sols en contre-partie des achats en euros, sols qui pourront se transformer en remise ensuite sur les prix en euros, il peut y avoir création monétaire par une banque coopérative, etc.

L’important c’est de savoir qu’on en est à l’expérimentation et que, donc, ce sont aux acteurs à décider de la mise en place et les difficultés devront être résolues une à une.

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par Tzecoatl (IP:xxx.xx0.139.170) le 27 mai 2007 à 09H48

Enfin, tu ne nous expliques pas comment le montant des acquisitions de "points SOL" sont déterminés.

Après, je classerai le SOL dans le registre des monnaies respectueuses d’une doctrine, ici solidaire, protectionniste et écologique.

Je ne dis pas que l’euro ne respecte pas également une doctrine, puisqu’il est émis par l’idéologie qui agite le bocal du banquier, seul autorisé à émettre de la monnaie, donc à orienter l’économie dans tel ou tel autre direction.

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par Jean Zin (IP:xxx.xx2.52.36) le 27 mai 2007 à 11H03

Il n’y a pas une seule façon de gagner des sols et cela dépend des endroits (d’une négociation locale). J’ai évoqué qu’on pouvait gagner des sols comme on gagne des points avec des cartes de fidélité. On peut aussi gagner des sols en vendant sa propre production ou bien en travaillant pour une association de l’économie solidaire ou par du "travail bénévole" ou même par la participation à la vie démocratique locale, etc. Ce qu’il faut comprendre surtout c’est que ce n’est pas partout pareil dès le moment que c’est ne monnaie locale et qu’il faut s’adapter aux réalités du terrain comme aux souhaits des citoyens (ainsi qu’aux conflits d’intérêts éventuels). Il n’est pas question d’imposer des règles rigides alors qu’on commence l’expérimentation...

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par Tzecoatl (IP:xxx.xx5.113.239) le 27 mai 2007 à 17H55

D’accord, donc l’octroi de SOL (les crédits définitifs) est déterminé par une communauté locale, je dois y être là, non ?

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par ddacoudre (IP:xxx.xx1.176.212) le 10 juin 2007 à 23H16

Bonjour. Ton avis aurait gagné à être commenté. L’opprobre sur l’argent n’est pas à couleur politique ; mais souvent le fait de ceux qui n’en ont pas et voudraient en posséder pour faire avec, ce qu’ils reprochent à ceux qui en ont de faire. Sociologiquement les plus démunis ne sont pas tous à gauche ; car tout au long de l’histoire les plus démunis ont toujours était la classe la plus nombreuse, et l’on ne peut pas dire que globalement la majorité des périodes de gouvernances soient de gauches. Même observation dans les états mondiaux. Le phénomène qui engendre cela à parfaitement était développé par la Boétie "dans le discours sur la contrainte de la servitude volontaire", sauf bien sur ton point de vue sur la Chine qui est contemporain et juste. Cordialement.

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par ddacoudre (IP:xxx.xx1.176.212) le 11 juin 2007 à 00H44

bonjour.interressant débat d’idée.Il s’agit effectivement plus d’un rééquilibrage par toujours le travail. A ce principe de monnaie locale il y a un avenir à long terme quand les masses monétaires auront désertées le vieux continent et également le continent US. Suivant la vitesse à laquelle nous allons épuiser nos ressources avant d’en trouver de nouvelle, car c’est souvent dans la difficulté que l’on devient imaginatif, ou l’accroissement de leur cherté qui les rendra inaccessible, il nous faudra bien pour ne pas tomber dans le dénuement développer toutes les richesses qui n’intéressent pas les placements financiers. Alors soit de nouvelles richesses apparaitront, ou le capital ira épuiser son énergie et ses matières premières dans les pays de l’Est oriental, dont la Chine qui n’a que faire de 400 millions Européens. Entre temps la monnaie officielle risque de se faire rare voire inaccessible pour beaucoup de sorte que la monnaie locale peut être les prémisses d’un nouvel ordre monétaire.

Naturellement nous pouvons changer de comportements, mais force est de constater que la majorité des citoyens français et européens sont caricaturalement capitalistes.

Bien sur que la monnaie n’est qu’une projection de notre organisation sociale « domestico économique ».

Bien sur que le problème n’est pas la monnaie mais la conception de nos relations avec l’autre.

Bien sur que l’Etat pourrait mettre en place un double système monétaire, revenir à une autre politique keynésienne.

Mais derrière ce bout de papier monnaie il y a tout le pouvoir politique que nous lui conférons, au-delà de sa seule fonction de moyen d’échange. Celui qui le possède est puissant, celui qui le désire est soumis, et il faut ajouter les rêves qu’il suscite, y compris le rêve de ceux qui voudraient bien modifier sa répartition, mais qui espèrent en un renversement du destin : « Et si je modifie un processus qui peut me rendre puissant » ? Pourtant, du pouvoir régalien de battre monnaie, nous sommes passés à une organisation qui enverrait en prison pour escroquerie, tout particulier qui s’y livreraient. Organisation du pouvoir des banques d’émettre de la monnaie, en prêtant de l’argent qu’elles n’ont pas, sous réserve qu’elles se garantissent auprès de la banque centrale, et que tout le monde ne la convertisse pas en de la monnaie fiduciaire.

N’est-ce pas merveilleux la confiance ? N’est-ce pas la le sommet de la « créativité » ? Au début les hommes n’avaient rien. Ils créèrent, le troc, puis la monnaie métallique, puis fiduciaire en papier normalisé, puis scripturale, un peu d’encre sur un bout de papier, demain une puce, autant dire plus rien. Si ! Un capital, confiance dans une valeur fictive qui ne vaut que par la crédibilité du fonctionnement de sa structure, et qui constitue un paradoxe car elle réduit le capital, confiance des hommes entre eux.

Malheureusement l’avantage que présente encore cette loi du marché, c’est offrir des biens et des services dans le cadre d’une anticipation qui peut être à la fois planifiée (projet), suscitée (publicité, offre), suivie (demande), et ce, peut importe qui pourra bien s’enrichir au passage. Pourtant il faut nous comprenions que ce ne sera jamais, tous les hommes, quel qu’en soit notre désir, et que les hommes qui le seront, ne le seront jamais à titre définitif (perpétuellement). Donc, rien ne nous contraints à fabriquer des pauvres ou d’en conserver, pour se reconnaître riches. Tout comme la richesse peut reposer sur d’autres critères, que ceux que nous avons établis. Et cela nous est permis ! Permis, justement parce que la monnaie est fictive, et qu’elle peut être utilisée pour développer des marchés là où il n’y a rien comme tu le suggère avec la monnaie locale.

L’essentiel demeurant que son organisation monétaire permette à chacun de disposer d’un revenu sans altérer la capacité à produire et c’est là le plus difficile au travers des normes « méritocratiques » en place. Particulièrement devant le difficile problème de la motivation, celle qui consiste à développer, consentir un effort contre une récompense (l’effet carotte). Aujourd’hui, il est plus facile d’aller sur la lune, que de persuader les hommes qu’ils vivent dans un système monétaire fictif. Il est tout aussi difficile de les persuader que la circulation réglementée de monnaie ne doit pas être un mur infranchissable, car ce mur n’existe que dans notre esprit, et ce n’est pas ce mur de papier virtuel qui est infranchissable, mais seulement certains de nos comportements et préjugés. Si la loi Moore pouvait s’appliquer à notre intelligence cela serait merveilleux, car nos échelles de valeur n’ont pas heureusement, un caractère héréditaire.

Rien n’empêche donc la mise en place de monnaie locale sauf si elle développe des citoyens de deuxième zone. il serait plus facile que les citoyens se réaproprient le pouvoir d’émettre de la monnaie dont les énarques les ont dépossédé.Mais là on entre dans le domaine des moyens de la démocratie c’est un autre sujet. cordialement

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(IP:xxx.xx8.39.206) le 25 mai 2007 à 22H54

Une expérience de ce genre a eu lieu en Allemagne au début du vingtième siècle. Elle a permis à beaucoup de monde d’éviter les affres de la crise de 29, en leur autorisant à continuer de fonctionner avec une économie plus saine que l’autre. Ses promoteurs indiquent que cela est dû au fait qu’il s’agisse d’une monnaie "qui s’use" (qui perd de sa valeur avec le temps). Je pense pour ma part que cela est dû au fait que cette monnaie s’était désolidarisée du Deutsche Mark avant sa dévaluation (enfin bon je suis pas économiste). Cet évènement illustre un bienfait de la localisation.

Finalement la Deutsche Bank a attaqué les promoteurs de cette monnaie en justice et a eu gain de cause, car la Deutsche Bank est sensée avoir le monopole de la monnaie. Ce fut la fin de l’aventure pour cette monnaie là.

Je n’arrive pas à envisager que l’Etat puisse autoriser l’emploi de telles monnaies, car elles permettent de se désolidariser totalement de l’économie du pays, et ainsi de saper sa puissance économique.Et pourtant, je suis convaincu de leur intérêt pour les vrais gens.

Dernière remarque : un travail réalisé par un professionnel pour un particulier, payé avec une monnaie parallèle, reste sujet à la TVA. Ca gâche quand même le plaisir :/-)

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par Jean Zin (IP:xxx.xx5.121.33) le 26 mai 2007 à 10H32

Il y a eu toutes sortes d’expériences, certaines encore en cours depuis tout ce temps, bien que sous des formes différentes que celle proposée ici. On peut donner cette référence : http://monnaies.locales.free.fr/Bla...

Il y a effectivement eu plus d’une fois une reprise en main des monnaies locales par les banques centrales mais l’époque n’est plus la même avec l’Euro et l’intensification des échanges mondiaux. Il n’est bien sûr absolument pas certain qu’on puisse acquérir notre indépendance monétaire mais cela vaut le coup de la tenter et il n’est pas impossible de réussir car c’est une nécessité économique de notre époque. L’important c’est que nous en avons la possibilité effective avec le SOL. Il n’est plus temps de se demander si l’Etat peut autoriser ces expérimentations ! Loin de saper la puissance économique, c’est un instrument qui la renforce au contraire, c’est vraiment l’intérêt de tous dans le contexte actuel.

Un travail fait par un professionnel dont une partie est payée en monnaie locale n’est soumis à la TVA que sur la partie payée en Euro si le reste est considéré comme un rabais (un peu comme les tickets des grandes surfaces qui sont des monnaies fondantes qui permettent d’avoir une remise sur la prochain passage à la caisse). Il ne faut pas rêver, on ne pourra se passer de taxation si l’opération remporte un grand succès mais on peut commencer sans taxes pour amorcer la pompe et ensuite appliquer un autre type de taxe, plus faible que la TVA et ne pénalisant pas les moins productifs. C’est compliqué mais il faut s’y mettre car les bénéfices écologiques et sociaux sont très grands.

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par vachefolle (IP:xxx.xx0.132.20) le 31 mai 2007 à 09H33

Pourquoi se compliquer la vie. Il suffit d’utiliser le vrai argent en FRANCS !!

Utilisez les pieces et billets encore en francs ou en DM et autre monnaie de l’Euroland.

L’avantage est que cela constitue une monnaie convertible clairement identifie, tout en etant plus une monnaie utilisee.

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(IP:xxx.xx3.7.210) le 5 juin 2007 à 15H06

Il y a deja eu une tentative de monnaie locale comparable il y a quelques années.

Cela s’appelait le SEL. (Systeme d’Echange Libre)

Ce systeme a été condamné pour une raison simple. Meme si echanger ses heures de travail contre celles de ses voisins est une bonne idées a priori(je t’achete une heure de mecanicien pour faire ma vidange, je te vends une heure de maintenance de ton PC...), la pratique represente de fait un refus de l’impot, des cotisations sociales....

Alors envelopper son travail au noir d’un vocabulaire alternatif, anti-mondialisation, eeco-citoyen c’est bien, mais la realité est plus sinistre.

La priorité est de faire baisser notre systeme qui taxe tout et tue l’economie au niveau global. La priorité n’est pas de faire des bidouilles dans son coin en expliquant qu’il est normal que son patron paie des charges mais que nous devons nous en abstenir...

Le SOL, le SEL ne sont en fait que des caches misères de ces hypocrisies.

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par Jean Zin (IP:xxx.xx2.206.35) le 5 juin 2007 à 15H33

Non seulement les SEL (Systèmes d’Echanges Locaux) existent toujours mais s’il y a bien eu un procès en Ariège, il a été gagné car leur fonction sociale justifie qu’ils ne payent pas de taxe.

Il n’est pas question de supprimer toutes les taxes ou cotisations sociales seulement de les réduire pour les échanges de proximité. Loin de tuer l’économie "au niveau global" les taxes et les prestations qu’elles permettent sont une condition absolue de la productivité des économies modernes (ce qu’on appelle les externalités positives). Les pays qui payent le plus de taxe comme les pays nordiques, sont les plus performants et ceux qui en payent le moins sont les plus pauvres (sauf exceptions comme l’Irlande qui profite de l’Europe). En tant qu’ancien chef d’entreprise je sais bien que les taxes ne sont en aucun cas le problème (enfin il doit y avoir des aménagements) sauf quand on est en concurrence avec l’étranger (ce qui justifierait des droits de douane) dès lors que nos concurrents ont les mêmes charges. Ces discours sont de la démagogie ou de l’ignorance...

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par max7 (IP:xxx.xx3.151.254) le 4 juillet 2007 à 10H23

Je pense qu’il s’agit plus d’ignorance, une ignorance qui reflète la forte inertie des mentalités dans notre pays.

Pourquoi ne pas vouloir tester un système d’échange différent qui redonne à tout un pan de notre culture un moyen d’exister et de reprendre ses avantages comparatifs régionaux.

Le sol permettrait à ceux qui veulent s’engager dans un mouvement populaire local de s’exprimer et de défendre leurs valeurs. Ceux qui ne voudront pas y adhérer parce qu’il préferrent obéir à la logique monétaire imposée par les banquiers, seront libres de ne pas suivre.Et c’est tant mieux.

Je pense en effet que le changement se fait par la volonté d’action des gens, mais cela ne suffit pas.Il faut donner des moyens d’action car sinon on reste effectivement dans une amélioration individuelle du cadre de vie. Le Sol c’est donner à chacun le choix de la société dans laquelle il veut vivre...

Vive La Liberté !!!


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