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Impact du temps sur l'environnement : les transports

Article publié le 9 juin 2008

Nous avons vu, dans notre billet précédent, un premier exemple de l’impact du temps sur l’environnement. Nous avons constaté comment cet impact se manifeste dans notre consommation, notamment à travers l’utilisation des produits jetables.

Maintenant, je vous propose d’analyser l’impact du temps sur notre environnement, mais, cette fois-ci en abordant la question des transports..

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Sur le plan écologique, les voitures et les avions sont souvent montrés du doigt comme étant sources de pollution (émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre).

Interrogeons-nous  : est-ce vraiment la voiture ou l’avion la source de cette pollution massive ? Ne faut-il se demander : pourquoi avons nous besoin de ces modes de transport ? Qu’est-ce qui fait que je vais préférer l’avion au train, le train à la voiture, la voiture à la marche à pied, la bicyclette à la marche à pied ? Il faut avant tout analyser nos modes de vie.

Transports : un gain de temps sûrement !

Il suffit de nous écouter, nous manquons tous de temps ! Certains d’entre nous ont d’ailleurs horreur de “perdre leur temps”. D’autres ont même l’impression que, dans les grandes villes, les gens ne font que courir, se transformant en des êtres stressés et aggressifs sous la menace de “perdre du temps”.

Cela en devient même une drogue et ce phènomène est très bien décrit dans l’excellent livre de Nicole Aubert : Le culte de l’urgence, une société malade du temps. Tout est dans l’urgence, à la dernière minute. La preuve en est : les sociétés spécialisées sur les créneaux de l’urgence se multiplient et se développent (livraison express, vente de voyages dernière minute, etc…).

De ce fait, urgence oblige… le transport le plus rapide est exigé pour “gagner du temps” sur qui ? sur quoi ? La question est posée. La notion de temps est subjective. Ce qui peut être lent pour quelqu’un peut être rapide pour quelqu’un d’autre.

Tout écolo que l’on peut être, face à une urgence, pour nous rendre à un endroit particulier, il n’est pas sûr que l’on puisse se passer des modes de transport rapides actuellement décrits comme “polluants”. La pollution, le prix à payer pour répondre à nos urgences ?.

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Exemple de la livraison express

La livraison express combine plusieurs moyens de transport (avion+camion) pour acheminer le plus rapidement possible un colis. Comparé à un mode de transport plus lent, la logistique est moins optimisée, on met plus de camions sur les routes. Avec un délai un peu plus long, on remplit plus facilement les camions et on optimise les livraisons. Ecologiquement parlant, la livraison express émet plus de CO2 qu’une livraison classique.

Certaines personnes ou organisations souhaitent être livrés rapidement. “- Il vous le faut pour quand ? - Pour hier !”. Cette expression est pratiquement devenu un terme courant. Achat de dernière minute, organisation dans l’urgence, flux tendu, mauvaise gestion de stock … la livraison “express” rend bien des services tout particulièrement quand par exemple :

  • “Mince ! J’avais oublié l’anniversaire de ma soeur…. Vite, il me faut trouver un cadeau pour demain”
  • “Arghh ! J’ai plus de cartouches d’encre ! Il m’en faut absolument une nouvelle pour ce soir”.
  • “Arghh ! Rupture en stock ! Le client veut le produit rapidement”
  • “Ah ! Je suis en retard pour mon RDV de 16h00 ! Taxi !”

Bref, vous comprendrez que les raisons que l’on peut se donner sont multiples, mais sont surtout liées à l’individu, sa façon de s’organiser et de gérer son temps. Tout cela a donc un impact sur les moyens de transports utilisés. En somme :

Individu pressé => Livraison Express => Avion + Camion supplémentaire => + CO2 émis

Finalement être écolo (en matière de transport), ne serait-ce pas simplement être prévoyant, organisé et… prendre le temps ?

Florian Roulies Croque l\'Actu - Réalisme

La contrepartie : le prix à payer

Il semble qu’il y ait bien un prix à payer. Diminution des réserves énergétiques non renouvelables, réchauffement climatique, pollution, problèmes de santé et d’environnement… ce n’est peut être pas la génération actuelle qui paiera la facture mais la génération future. D’une certaine façon, ce “gain de temps” ne se fait-il pas au détriment de la génération future et de leur “temps” futur ?

Même si ce n’est pas ce que nous voulons intentionnellement, il faudra plus que des initiatives individuelles pour répondre à cette problématique de nature collective. Notre mode de vie s’est construit sur une mobilité rapide, individuelle et accessible à tous grâce au pétrole.

Lorsqu’il n’y aura plus de pétrole ou que ce dernier sera excessivement cher, mes enfants auront-ils encore accès à des modes de transports individuels rapides ? Quelles seront les conséquences ?

Est ce que fonctionner dans l’urgence est compatible avec notre environnement ? Et plus largement avec le développement durable ?

Conclusion… dans le prochain billet.

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commentaires
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par jcm (IP:xxx.xx4.151.7) le 9 juin 2008 à 13H59

Faut-il investir dès maintenant dans le cheval ?

De trait ou de trot ?

Bientôt cotation du baudet à Wall Street...

Plus sérieusement faire porter sur l’individu la responsabilité du "toujours plus vite" ne me semble pas très pertinent.

Dans ses actions personnelles l’individu n’a souvent pas le choix, notamment par manque de transports collectifs, et il utilise donc un véhicule "rapide" car en fait il n’y a que ce type de véhicule sur le marché, et un véhicule "lent" que l’on multiplierait aujourd’hui à l’infini serait la cause d’un bouleversement intense de la société, qui n’y est pas préparée.

Cela m’amène à la gestion des entreprises en flux tendus : le moteur sorti hier soir de la chaîne de production dans un coin de l’Europe doit être ce matin dans le coin pour être monté dans un mixer, une voiture ou je ne sais quoi qui utilise ce type de moteur, le produit fini ainsi obtenu est en rayon le lendemain dans un point de vente.

C’est ainsi que cela fonctionne, et il n’a pas appartenu à l’individu lambda d’en décider.

Ce sont des entreprises, poussées par des investisseurs, qui ont "rationalisé" les cycles de production et financiers, à leur profit et sans tenir compte des coûts inhérents à ce mode organisationnel qui pèseront sur l’ensemble de la société : les fameuses "externalités".

Cet "impact du temps sur l’environnement" correspond tout à fait à la notion d’externalité.

Alors ce n’est pas demander à l’individu de renoncer à une livraison express qu’il importe de faire (de toutes façons très souvent il n’a pas le choix) mais une remise en cause profonde de fonctionnements sur lesquels l’individu lambda n’a pas de prise.

Un individu lambda qui, dans un certain nombre de cas d’ailleurs, fera tout son possible pour restreindre ses déplacements et ne pas appuyer trop sur le champignon, prix du pétrole oblige, ou sera éventuellement un de ces travailleurs pauvres qui dorment dans la rue tout autant que celui qui changera chaque année de 4x4 : l’individu lambda n’est pas une réalité, il ne correspond à rien et dans ce sens on ne peut pas vraiment invoquer une responsabilité personnelle dans ce qui se produit aujourd’hui du point de vue de la gestion du temps.

Par contre l’individu lambda pourrait devenir un acteur de cette organisation de la société s’il cessait d’accepter, pour lui même éventuellement mais aussi et surtout au nom de principes qu’il saurait défendre, en refusant que certains processus existent et causent des dommages sévères, environnementaux, humains, sociaux etc...

Même si l’on se demande ce qu’il faut vraiment attendre d’une population qui a largement voté pour un égoïste et stupide "travailler plus pour gagner plus" nous pourrions "descendre dans la rue" pour refuser ce transfert de richesses des salaires vers les dividendes (10% en 15-20 ans), coincer enfin ces "grands escrocs patrons" qui empochent des salaires astronomiques, appuyer la lutte contre les paradis fiscaux, obtenir une forte taxation des dividendes au delà d’un certain seuil (Enercoop les limite à 4,5% par exemple)...

Cette dernière mesure serait d’ailleurs peut-être le meilleur moyen de restaurer les salaires ET conduire les entreprises à ne plus travailler en flux tendus pour revenir à des stratégies de stocks tampon qui offriraient de forts avantages du point de vue des transports, mais qu’elle ont choisi de ne plus utiliser/financer car c’est plus coûteux POUR ELLES que les flux tendus.

Moralité si la balle est peut-être dans le camp de l’individu lambda, ce n’est assurément pas du côté de ses options habituelles de choix, en tout cas pas dans le choix d’une livraison plus ou moins rapide...


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