Le développement durable souffre de nombreuses idées reçues. Aussi je
me réjouissais de la campagne "recyclons les préjugés" initiée depuis
quelques semaines par Eco-Emballages. La saga avait bien commencée puisqu’on cassait par exemple l’idée reçue qu’il "faut laver les emballages avant de les trier", ce qui est inutile, ou qu’on double-cassait le préjugé que « trier ne sert à rien, tout finit dans les mêmes bennes ».
Mais j’ai sursauté à l’analyse du préjugé n° 5 "Les emballages envahissent nos poubelles" auquel Eco-Emballages répond "faux" en le justifiant par le fait que "ces emballages ne représentent que 20 % du poids total et que c’est beaucoup moins qu’il y a 10 ans". Je ne pense pas que ce type de déclaration soit ni très responsable ni très performante en terme de pédagogie. Tout d’abord, même si on constate une légère baisse ces deux dernières années, le tonnage des ordures ménagères a doublé entre 1960 et 2003 pour atteindre près de 400 kg par an et par habitant. Ensuite, on parle de poids alors que pour le consommateur c’est surtout le volume des emballages qui est significatif (qui fait ses courses sait qu’une fois déballées vous pouvez déjà descendre un sac entier de sur-emballages). Les emballages (bouteilles, cartons, boîtes de conserve, sacs...) représentent aujourd’hui en volume entre 1/3 (source Ademe) et 1/2 (source CNIID) du contenu de nos poubelles. Chaque ménage jette en moyenne 10 emballages par jour.
Mais la réponse d’Eco-Emballages au préjugé 4 "les contribuables sont les seuls à payer" m’avait déjà interloqué en y répondant "faux" et en expliquant que les coûts étaient partagés par les entreprises, les collectivités et les citoyens. Ce qui ne me semble pas très "juste" car in fine… les entreprises payent effectivement une éco-taxe, ridicule d’ailleurs, mais elle est répercutée dans le prix de vente payé … bien sûr par le consommateur (pour l’électro-ménager cette éco-participation est d’ailleurs bien mieux mise en exergue sur l’affichage prix, ce qui peut avoir un effet pédagogique), les collectivités locales financent le traitement des déchets avec … les impôts du citoyen, du contribuable. Bref, c’est bien le citoyen, contribuable et consommateur qui paye.
faut laver les emballages avant de les trier", ce qui est inutile ; c’est certain alors qu’il faut économiser l’eau avec la secheresse annoncée .
je confirme que les emballages constituent l’essentiel de mes déchets alors que je suis le seul de mon quartier à faire le tri sélectif et à mener le tout aux diffrents containers mis en place . J’ai peu de déchets alimentaires , mon chien mangeant le plus gros ! ayant trié verre , plastiques , papiers et tetrabicks et cartons , boites de conserves etc , je n’ai pas plus d’un sac de 30l par jour alors que nous avons encore 4 enfants à charge ...
Comment les déchets d’emballages pourraient-ils baisser quand on voit que maintenant les paquets de biscuits sont divisés par trois, quatre sachets intérieurs, dans lesquels les biscuits sont encore emballés individuellement ! C’te drôlerie...
Le beau slogan qu’on nous a sorti il y a quelques années : le pollueur doit être le payeur.
Nous faisant croire ainsi que lorsqu’un pétrolier s’échoue, c’est la compagnie pétrolière qui doit payer les énormes frais de dépollution.
Mais comme le fric de ces compagnies pétrolières c’est le mien, le tien, le nôtre, au final, c’est toujours nous les pigeons.
Ainis apparaît ce fantastique et insupportable paradoxe :
plus on consomme, plus on pollue.
plus on pollue, plus ça augmente le coût de la vie.
plus le coût de la vie augmente, moins on consomme.
la baisse de la consommation crée la crise économique.
pour éviter l’enlisement, les États prennent des mesures pour "relancer la consommation"
Ce petit jeu de dupes va durer jusqu’à quand ? La planète Terre étant un espace fini et limité, il va forcément arriver un jour où ce $$$ystème se heurtera violamment contre un mur.









