Une des plus grandes catastrophes écologiques de notre monde s’est passé dans l’ex-Union Soviétique, dans cette Asie Centrale que j’essayais de vous restituer dans un message du 19 octobre.C’est la disparition de la Mer d’Aral, une mer intérieure actuellement à cheval sur la frontière entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan et qui disparut quasiment sur une période de quarante ans. Merci le communisme !!
La mer d’Aral était une immense mer intérieure du 68 000 km2, le double de la surface de la Belgique. Elle était alimentée par deux fleuves, l’Amour Daria au sud et le Syr Daria à l’est. Dans les années 1950, l’Union Soviétique lança le grand programme et slogan de la "conquête des terres vierges"
. Il consista pour cette zone à l’irrigation à partir de ces deux fleuves de pas moins de 7 millions d’hectares pour y produire...du coton. Seul inconvénient le prélèvement d’autant d’eau dans ces deux fleuves réduisit l’apport d’eau à la Mer d’Aral de 55 millions de m3 en 1960 à seulement 7 millions quelques années plus tard
Que se passa-t-il ? Pendant que la production de coton montait en flèche, la surface de la mer d’Aral commença à se restreindre et la salinité des eaux à monter de 10 g/Litre en 1960 jusqu’à 220g/l en 2007. Avec des conséquences catastrophiques pour la biodiversité et la disparition de la vingtaine d’espèces de poissons spécifiques à cette mer et la fin des activités de pêche dès 1980.
Ce qui restait de la mer d’Aral elle même se scinda en deux, la petite mer au nord et la grande mer au sud. Un port de pèche important comme celui d’Aralsk tout au nord se trouva relégué à plus de 100km des eaux libres.Vous avez sans doute vu des photos de ce qui était autrefois une mer devenu une steppe aride, sablonneuse, parsemée de carcasses rouillées de bateaux de pêche où paissent des chameaux.
L’ouest a heureusement fait preuve de solidarité et la Banque Mondiale a ainsi financé avec le gouvernement kazakh un barrage de 13 kilomètres, celui de Kokaral, à 250 km au sud d’Aralsk pour bloquer les eaux et tenter de recréer un petite mer d’Aral. C’est ce qui s’est produit grâce aussi, coté kazakh, à une diminution des prélèvements d’eau pour l’irrigation. Car du coté de l’Ouzbekistan infiniment moins riche de pétrole que son voisin Kazakh, il n’est pas question de se passer du coton qui compte pour 25 % de ses exportations.
Prochaine étape, la construction sur le Syr Daria d’un second barrage pour en réguler le débit qui devrait permettre à la Petite Mer d’accéder à nouveau au port d’Aralsk et de retrouver une profondeur d’eau de l’ordre de 50 mètres. Par contre la Grande Mer reste condamnée tant que l’irrigation cotonnière à partir de l’Amour Daria se poursuivra. D’autant que plus en amont le Kirghizistan souhaite développer ses capacités hydroélectriques...
La réapparition de le petite mer a modifié le climat (-45°C en hiver/+50°c en été) pour le rendre un peu plus doux et la pluviométrie a augmenté. Le poisson a réapparu et de nouvelles espèces vont y être introduit. La Corée du Sud a même construit une conserverie de poisson flambante neuve qui commencera ses activités à base de poisson importé de Mourmansk. C’est néanmoins la preuve que ses promoteurs croient à la réapparition de la pêche dans la petite Mer d’Aral.
Un retour à la vie pour cette mer intérieure dont on souhaite qu’elle puisse se poursuivre
N.B. : Tiré de Histoire de l’Asie Centrale contemporaine de René Létoile chez Fayard que je remercie .
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Merci pour cet article plein d’espoir.
J’ajouterai que la Russie a encore des terres vierges et non exploitées par l’homme. N’oublions pas que c’est le plus grand pays au monde, terre de contrastes à la nature polluée ou vierge.. Otchin spasiba
IL faut préciser que le détournement des fleuves a été fait sous la houlette du Ministère de l’eau de l’URSS "Vodstroï" qui était dirigé à l’époque par le fils du "grand révolutionnaire" Sverdlov.(Il avait donné son nom à la ville de Sverdlovsk qui autrefois et à nouveau s’appelle Ekaterinburg. Et pour détourner les fleuves ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère ! Ils ont utilisé de l’explosif nucléaire pour ces travaux de génie civil. C’est la raison pour laquelle il n’est plus question de revenir en arrière directement, il faudrait ré-utiliser de l’explosif nucléaire ! Et ça se serait "mal vu" pour un projet écologique ! @+
Une chose intéressante sur cette mer :
http://www.regard-est.com/home/brev...
Du 10e au 14e siècle, le niveau aurait été 10 m plus bas qu’avant le début du désastre.
Cordialement.
Je vous remercie pour votre article. Je suis heureuse que les efforts portent leurs fruits en ce qui concerne la petite mer. Il est vrai que c’est un crève-coeur quand on regarde les photos satellite d’hier et d’aujourd’hui, quel désastre, la grande mer est définitevement perdue. Voir tous ces bateaux échoués en plein désert est ahurissant,nous ne mesurons jamais la portée de nos actes en terme d’écologie. Le lac Tchad lui aussi est en mauvaise posture.









