Article publié le 29 mai 2007
Nos nouveaux gouvernants semblent gagnés par la vague verte. Dès son premier discours, juste après son élection le 6 mai, notre président de la République a mentionné la lutte contre le réchauffement climatique dans la liste des actions à mener. Ensuite nous avons eu droit au super ministre » de l’Ecologie et du développement durable, à une rencontre avec les ONG et une autre dans la foulée avec des experts, à l’annonce d’un « Grenelle de l’environnement » pour l’automne, à des déclarations qu’on aurait jamais pensé entendre un jour dans la bouche de certains, le rythme est soutenu. Résumé.
Vendredi 18 mai 2007
Alain
Juppé, véritable numéro deux du gouvernement, a pris les rênes son
ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables
avec « enthousiasme, curiosité et détermination », un ministère inédit qui aura « une mission d’évaluation transversale des politiques publiques au regard du développement durable ».
Son action s’articulera autour de quatre pôles opérationnels :
transports et déplacements ; habitat, aménagement urbain et aménagement
du territoire ; politiques énergétiques ; et un pôle écologique
concernant les ressources et les équilibres naturels.
Dimanche 20 mai 2007
Invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, Alain Juppé a parlé d’« inventer une nouvelle croissance qui s’accompagne évidemment d’une décroissance des gaspillages, de la surexploitation des ressources naturelles mais qui peut trouver dans le combat pour le développement durable une nouvelle source de créations, de nouveaux produits, de nouveaux comportements, de nouvelles activités ». En matière de transports, le « dossier du fret ferroviaire sera un des dossiers nationaux prioritaires ». Il a aussi appelé les constructeurs automobiles français à « développer des voitures moins polluantes » et a jugé que la lutte contre le réchauffement climatique supposera de « s’attaquer aux transports aériens ». « On peut décider qu’on ne peut rien faire et que tous les lobbies vont se coaliser pour nous expliquer qu’il ne faut toucher à rien. Mais si on ne fait rien on va dans le mur ». Alain Juppé a même répondu à ses détracteurs. « J’ai entendu certains s’émouvoir de ma conversion à l’écologie mais je crois que l’enthousiasme des néophytes peut faire plus que la lassitude des vieux grognards un peu blasés ».
Lundi 21 mai 2007
Nicolas
Sarkozy et son ministre de l’Ecologie, Alain Juppé, se sont entretenus
pendant une heure trois-quarts avec les représentants de neuf
organisations et fédérations (Greenpeace, WWF, les Amis de la Terre, la
Fondation Nicolas Hulot, la Ligue de protection des oiseaux (LPO), le
Réseau Action climat (RAC), la Ligue ROC, la fédération France Nature
Environnement (FNE) et Ecologie sans frontières) pour préparer l’ordre
du jour de ces états généraux de l’environnement inédits qui se
tiendront à l’automne. « Le ’Grenelle de l’environnement’ ne sera pas un énième colloque pour constater l’urgence écologique et conclure qu’il faut agir », a déclaré Nicolas Sarkozy à ces organisations. « Il s’agit bien d’une négociation sur des mesures concrètes ».
Trois priorités ont été définies : la lutte contre les changements
climatiques ; la préservation de la biodiversité ; les conséquences de
la pollution sur la santé. Le ministre a promis que le gouvernement ne
prendrait pas de décisions « lourdes contraires à leurs requêtes »
sur des sujets aussi sensibles que le nucléaire, les OGM ou les
autoroutes d’ici au mois d’octobre. Cet engagement ne concerne pas « les décisions déjà prises », a-t-il précisé, notamment l’EPR, générateur actuellement en construction dans la Manche, contesté.
Dans l’après-midi, le duo Sarkozy-Juppé a reçu des experts (un philosophe, des économistes, des scientifiques ...). Une des questions qu’ils se sont posées : faut-il changer d’indicateurs économiques pour mieux rendre compte de l’impact de l’économie sur l’environnement ? Le porte-parole de l’Elysée, David Martinon, a confirmé que plusieurs intervenants avaient « montré les limites des agrégats actuels de la comptabilité publique » et estimé qu’il fallait réfléchir à la manière d’intégrer dans ces agrégats l’impact négatif des dégâts causés à l’environnement. « Le président de la République a rappelé au cours du débat avec les experts sa volonté de créer les conditions d’une expertise indépendante et la nécessité de la présence de scientifiques, d’économistes et de philosophes auprès des décideurs publics pour éclairer ce débat ».
Mardi 22 mai 2007
Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat chargé des Transports a déclaré sur la chaîne Public Sénat qu’ « il y a trop de transport routier à longue distance » et s’est prononcé pour davantage de fret ferroviaire et des autoroutes de la mer, solutions « qu’il nous appartient de mettre en oeuvre maintenant ».
Les
réactions face à ces bonnes dispositions gouvernementales sont dans
l’ensemble positives. Les ONG invitées à l’Elysée ont salué
l’initiative et qualifié les discussions d’« historiques, cordiales, sans tabou »,
malgré les désaccords sur le nucléaire et les organismes génétiquement
modifiés. De leur côté, les experts de la biodiversité et des
changements climatiques ont salué l’écoute de Nicolas Sarkozy et
d’Alain Juppé. Pour Nicolas Hulot, « on est passé de la passion à la raison ». Jean-Marc Jancovici, expert climat-énergie du comité de veille écologique de la fondation Nicolas Hulot a assuré qu’ « on n’avait pas l’impression d’avoir affaire avec des arrière-pensées particulières (ni) à des hypocrisies particulières ».
Seule voie discordante celle du Réseau Sortir du nucléaire (RSN) qui se
déclare « sceptique » qui prévient qu’il refusera de participer au
"Grenelle de l’environnement" « si le décret de création du réacteur nucléaire EPR (dans la Manche) n’est pas préalablement abrogé ».
Une attitude regrettable. Personne n’est naïf et les représentants des
diverses ONG ont reconnu que les discussions seraient difficiles
notamment sur les OGM, les pesticides ou le nucléaire. Mais pour une
fois que les questions environnementales sont mises en avant sur les
calendriers ministériels, il faut accepter de se retrousser les manches
et de travailler de manière constructive. Les militants, experts et
sympatisants écologistes sont plus nécéssaires que jamais en cette
période.
Les déclarations de ces derniers jours sont une bonne surprise mais il ne faudrait pas se laisser aveugler par tant de bonne volonté verte. Attendons les actes, notamment la décision sur le maïs OGM MON 810, Juppé ayant déclaré au journal Le Parisien qu’il faudrait s’inspirer de l’Allemagne qui vient de suspendre son autorisation. Mais la ministre de l’Agriculture s’est empressée de rectifier qu’il ne fallait surtout pas prendre de décisions hâtives. La révolution verte s’annonce compliquée.
Article bien écrit, intéressant et informatif Merci.
Si on pouvait ajouter parmi les priorités climatiques de ne plus assécher la planète en modifiant le cycle de l’eau par réduction des recharges souterraines ainsi que leur surexploitation on pourrait ainsi démontrer que le réchauffement climatique n’est pas un mal si on irriguait les déserts pour y faire pousser de la biomasse afin de recycler le co2.
Pour ceux qui n’auraient par tout compris, le réchauffement n’est pas responsable de la sécheresse.










