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Le nouvel effort belge après Kyoto

Article publié le 14 janvier 2008

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Environnement Guy Verhofstadt demande une réduction des objectifs

L’après-Kyoto est sur la table. La Commission fixerait l’objectif de réduction du CO2 à 15 % pour la Belgique.

L’Europe entre dans le vif du sujet. Après la conférence de Bali sur les changements climatiques, la Commission s’apprête à tracer la route que chaque État devra suivre, après 2012, pour lutter contre le réchauffement.

Ce paquet législatif « énergie-climat », qui sera proposé aux Vingt-Sept le 23 janvier, suivra trois grands principes arrêtés l’an dernier : 1. Atteindre, à l’échelle de l’Union, une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre en 2020 ; 2. Porter la part des énergies renouvelables à 20 % dans la consommation globale ; 3. Améliorer l’efficacité énergétique de 20 %.

Selon nos informations recoupées auprès de deux sources officieuses, notre pays pourrait se voir assigner une cible de réduction globale des gaz à effet de serre de 15 %, d’ici à 2020, par rapport à 2005. Les efforts à entreprendre concerneront essentiellement le secteur des transports et du logement, qui ont explosé ces dernières années. Rappelons que la Belgique poursuit jusqu’à présent un objectif de réduction des gaz à effet de serre de 7,5 %, à l’horizon 2012, par rapport à 1990. L’exigence scientifique impose aux pays industrialisés une réduction de 80 % pour 2050 pour préserver la planète.

Suivant une nouvelle méthode de calcul, la Commission assignera ces objectifs globaux de réduction après avoir déduit au préalable les efforts réalisés dans le secteur industriel (marché des émissions) et via le développement des énergies renouvelables. C’est ce dernier point qui apparaît comme le plus polémique.

Pour la Belgique, la part globale d’énergies vertes serait fixée à 13 % de la consommation totale en 2020 (routes comprises), contre 2,2 % en 2005. «  Dans une étude commandée par la Commission elle-même, il apparaît que la Belgique a un potentiel de maximum 8 % à cet horizon 2020, note Olivier Van der Maren, conseiller environnement à la Fédération des entreprises de Belgique. Nous sommes plus petits que les autres et les sources renouvelables sont déjà exploitées au quart des possibilités… Imposer cet objectif de 13 % serait très coûteux… » Même son de cloche chez le producteur électrique SPE-Luminus : « Les ressources éoliennes, solaires, en biomasse ou hydrauliques demeurent limitées, note Anne Grandjean, porte-parole du deuxième producteur belge. Il faut demeurer prudent avec les ambitions. Nous sommes déjà trop courts en termes de production d’électricité… »

C’est notamment sur la base de ces arguments que le Premier ministre Guy Verhofstadt (Open VLD) a écrit au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, cette semaine, pour lui demander de revoir ces objectifs à la baisse.

Porte-parole de l’association européenne de l’Énergie éolienne, Isabelle Valentiny tempête : «  On a une décision ambitieuse des chefs d’État en 2007, on a un plan global, on amorce un tournant et voilà un Premier ministre frileux qui demande de faire moins. C’est incompréhensible ! La Belgique savait très bien quel serait l’objectif. À ce moment-là, Guy Verhofstadt a soutenu la décision des chefs d’État. Ce secteur représente une opportunité pour des centaines de milliers d’emplois en Europe. »

De son côté, le ministre wallon de l’Environnement Benoît Lutgen (CDH) ne refuse pas d’emblée cet objectif de 13 % : «  Il faut tenter de le réaliser, mais pas à n’importe quelle condition en évitant des effets pervers liés notamment à la filière des biocarburants, note-t-il. Ce qui me préoccupe davantage, c’est que la Commission a évincé le projet de taxe carbone, après 2012, sur les produits importés. Or, c’est une des seules manières d’éviter les distorsions de concurrence et de forcer les pays exportateurs à produire plus proprement. Je mettrai ce point sur la table du conseil européen… »

Enfin, notons que le Premier ministre Guy Verhofstadt a également évoqué dans sa lettre la question des quotas de CO2 alloués aux entreprises belges face au problème, notamment, de l’extension des activités d’Arcelor-Mittal dans le bassin liégeois…

Sauf feu vert de l’Europe, qui apparaît improbable, les Régions vont devoir trouver un terrain d’entente pour répartir le nouvel effort demandé à l’industrie par la Commission, d’ici à 2012. Une autre bagarre en perspective.

Sollicité par Le Soir, Paul Magnette (PS), le nouveau ministre du Climat-Energie, n’a pas souhaité répondre. Sa porte-parole se limite à préciser que Paul Magnette suit la ligne développée par Guy Verhofstadt dans sa lettre.

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commentaires
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par Cassandre (IP:xxx.xx2.18.96) le 14 janvier 2008 à 12H06

On ne saurait mieux démontrer l’inéluctabilité du recours à l’électronucléaire.

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(IP:xxx.xx4.186.250) le 14 janvier 2008 à 16H17

Le potentiel des enr en Belgique est loin d’être utilisé ; la géothermie est complètement sous exploitée, la cogénération a un énorme potentiel partout en Belgique, le solaire malgré les à priori ils sont loin d’être négligeables, µhydro, le potentiel éolien off et on est en théorie au 4e rang européen ( sans compter le µéolien), et la plus grande source d’enr , la biomasse venant de cellulose ( de façon raisonnée à partir de déchets )... l’économie d’énergie qui augmente mécaniquement le % d’enr du total... Evidemment avec cela il faut relocaliser les productions d’énergie pour éviter toutes les pertes en ligne inhérentes aux distances et tous les problèmes dû aux pollutions électromagnétiques. Si des desseins d’un bureau étranger ont démontré qu’une sortie du nucléaire tout en respectant le % d’enr dans les temps impartis sont possibles pourquoi demander une diminution de ces contraintes si avec du vouloir, on peux y arriver.

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par Atlantis (IP:xxx.xx3.70.22) le 19 janvier 2008 à 17H02

Et ben, quand on sait à quel point leurs maisons sont des passoires thermiques (encore pire qu’en France, c’est dire), à quel point ils sont en avance sur certains développements (chauffage à partir de compost par exemple), on ne peut douter de l’efficacité du lobbying chez eux (et donc du niveau de corruption des dirigeants). Mais qu’ils continuent ainsi, on va rigoler dans 1-2 ans ...

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par lisa SION (IP:xxx.xx1.46.252) le 21 janvier 2008 à 15H12

Je ne suis expert en rien du tout, mais je veux bien parier un truc. Si l’on doublait chaque poteau électrique d’un semblable éolien en proportion ( poteau routier, moyenne et haute tension...) On pourrait se passer de l’usine à laquelle ils nous raccordent, et cela sans aucun traumatisme visuel. ajoutez-y du solaire de sécurité à domicile, en absence de vent, et toute autre forme de sources d’énergie nationale entrerait en fonction de façon subalterne...

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