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La ruée vers l'Or Lourd

Article publié le 31 mai 2007

La ruée vers l'Or Lourd

J’appelle "Or Lourd" les sables bitumineux de la région de l’Athabasca dans la province de l’Alberta, située dans l’est du Canada et limitrophe avec les Etats-Unis au Sud. Les sables bitumineux sont un mélange de pétrole extrêmement visqueux, quasiment du bitume, mélangé à du sable, de l’argile et de l’eau dont la nature a généreusement doté cette partie du Canada, connus depuis le XVIII ème siècle mais jamais exploités industriellement depuis.

La raison en est simple, il sont très couteux à exploiter par rapport aux pétroles conventionnels. Au lieu de faire des forages dans le sol comme pour des gisements pétroliers classiques, les sables bitumineux s’exploitent comme une mine classique de surface en extrayant à l’aide d’excavateurs et de camions géants (dumpers) le "minerai" de la veine de sable bitumineux pour le traiter ensuite et le transformer en brut synthétique dans des installations extérieures semblables à des unités de raffinage (Upgrader). Un processus donc très semblable à celui de l’extraction du minerai et de son traitement chimique pour le transformer ensuite en métal.

Ces sables bitumineux s’étendent dans cette région sur des surfaces considérables. Ils forment des veines épaisses de 40 à 60 m mais recouvertes de 0 à 75 mêtres d’un mélange d’argile, de sable et d’eau qu’il faut d’abord enlever pour accéder à la veine exploitable de sable bitumineux. Ils constituent néanmoins des ressources d’une importance considérable en volume puisque les réserves prouvées du Canada ne sont pas très différentes de celles de l’Arabie Séoudite.Voiçi ci-contre un exemple typique de ce genre d’exploitation.

canalblog140Pour pouvoir exploiter un tel minerai, il faut donc arriver tout d’abord à séparer le sable du bitume et ensuite à transformer ce bitume en un brut utilisable dans des raffineries conventionnelles. Car le bitume en tant que tel n’a que peu d’application. Il faut donc soit le fluidifier avec des produits pétroliers plus légers pour le transformer en un brut de viscosité conventionnelle traitable en raffinerie, soit le soumettre à un crakage pour transformer les hydrocarbures très lourds qui le constituent en molécules hydrocarbonées plus lègeres.

Au-dela du problème technique d’arriver à rendre ce minerai utilisable, l’ensemble de ces traitements coûtent extrêmement cher, de l’ordre de 22 dollars du baril pour la seule extraction et de l’ordre de 42 dollars si on y rajoute l’upgrading en pétrole léger, ce qui explique leur non exploitation pendant des décennies. Il a fallu attendre la montée du prix du baril de brut dans les environs de 50/70 dollars et surtout la conviction que ce niveau de prix allait se maintenir durablement pour que l’exploitation en démarre réellement.

Car se lancer dans l’exploitation de ces sables bitumineux nécessite non seulement des investissements très lourds, mais de la durée pour les développer, les installer, en mettre au point les procédès et assurer un retour satisfaisant sur ces investissements financiers. L’aspect inquiétant de cette ruée vers l’or lourd est justement que cela signifie le maintien à long terme du prix du baril de pétrole au niveau auquel il se situe actuellement, voire plus.

Autre inconvénient de l’exploitation de ces sables bitumineux, le coût écologique que ces traitements comportent. Il faut tout d’abord défoncer sur des centaines d’hectares le sol sans vraiment penser pouvoir le rendre un jour, en fin d’exploitation, à son état originel de forêt boréale. Les autorités Canadiennes ont accepté de ne pas exiger le retour à l’état d’origine de ces terrains mais seulement la remise dans un état équivalent, c’est-à-dire des terres cultivables. Par ailleurs, ce type d’exploitation consomme beaucoup d’eau, 4 à 5 m3 d’eau pour un 1 m3 d’huile produit, eau qui est prélévée dans la rivière Athabasca. La totalité de l’eau consommée dans l’exploitation actuelle des sables de l’Athabasca est équivalente à celle consommée par la Ville de Calgary.

Enfin, cette exploitation nécessite la mise en oeuvre d’énormes installations de producion de vapeur et d’énormes matériels gros consommateurs de carburants et gros émetteurs de CO2. C’est d’ailleurs la raison de l’accroissement de 30 pct des émissions de CO2 du Canada depuis 1990 et celle de l’annonce par son nouveau gouvernement qu’il sera incapable de respecter les engagements du protocole de Kyoto que le Canada a pourtant signé.

A suivre dans un article suivant

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commentaires
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(IP:xxx.xx6.0.120) le 31 mai 2007 à 17H46

il parait qu’il y a des études pour implanter des centrales nucléaire à proximité des installations de raffinage pour profiter de l’excedant calorique des centrales et ainsi ne plus etre contraint de bruler une partie du petrole extrait (1/3). mais bon il ya des délais d’une dizaine d’année entre début construction et mise en service !

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par raminagrobi (IP:xxx.xx3.62.14) le 31 mai 2007 à 22H50

Il est très intéressant s’apprendre tout ce que coûte (en dollars, en eau et en techniques diverses)l’exploitation des sables bitumineux. Est-il possible de mesurer le coût de ce type d’extraction en ENERGIE CONSOMMEE ? Combien utilise t-on d’équivalent-baril pour en sortir un ? Car finalement, c’est ce rapport qui est le plus important. Si on utilise plus d’un baril pour en produire un, alors ce n’est pas viable sur le plan "économicologique". Raminagrobi

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par bigup (IP:xxx.xx4.186.250) le 7 juin 2007 à 16H00

déjà vu un doc et le rapport en coût est supérieur à un baril pour extraire un baril de chiste bitumeux


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