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L'air de Paris

et de la campagne

Article publié le 2 juillet 2007

L’étude sur la pollution de l’air par les pesticides en île-de-france vient d’être publiée par Airparif. Une première.


image“ On ne saura jamais/ Si c’est en plein jour/ Ou si c’est la nuit/ Que naquît/ Dans l’île Saint-Louis/ L’ange ou bien le démon/ Qui n’a pas de nom/ Et que l’on appelle aujourd’hui/ L’Air de Paris”.

Lorsque Francis Lemarque chantait “l’air de Paris”, il ne pensait évidemment pas en ce temps là aux nanos-particules de chez Monsanto et Pioneer que nous respirons, non seulement dans nos vertes campagnes en période de tratement, mais aussi au coeur de nos cités déjà bien saturées et poisseuses. Vous aviez des migraines au printemps dernier ? Ne cherchez plus ; ni l’élection présidentielle ni le mauvais temps n’y étaient pour quelque chose.

Le souffle me manque à la lecture de l’article du Figaro sur l’air de Paris. Les chiffres font peur : la France est le troisième plus important consommateur (ou gaspilleur) de pesticides au monde. Au menu, en mars, on se prend un bon bol de Trifuraline, composé très volatil et rémanent qui vous caressera les narines toute l’année durant, en mai une bonne bouffée de Fenpropimorphe, et en juin on déguste avec l’Endosulfan*.

image

Telles sont les conclusions de l’étude menée par la très sérieuse AirParif (site). L’étude francilienne dit : “La toxicité des pesticides sur la santé humaine est reconnue, mais les effets d’une exposition chronique à ces polluants pour les populations agricoles, et plus encore pour la population en général, sont encore peu évalués, notamment par la voie aérienne”... “par exemple, plusieurs pesticides comme lelindane et le chlorothalonil sont classés par L’Agence de Recherche Internationale contre le Cancer (IARC) dans le groupe 2B, potentiellement cancérigènes. ”

Ces potions magiques ne font pas qu’infester nos rivières et nos nappes phréatiques, nous les respirons jusqu’au centre des grandes villes comme Paris qui sont entourées de champs agricoles.

Et des produits il en existe diverses familles : herbicides, insecticides, fongicides, corvicides, les rodenticides, mollusicides, nématicides, et régulateurs de croissance. 2900 tonnes par an pour la seule région Île-de-France. Sur tout le territoire depuis 50 ans, prendre sa calculette.
C’est simple, le paysan moderne n’est pas un amoureux de la nature, c’est même son pire ennemi. Il tue tout ce qui vit sur sa terre : insectes, champignons et bactéries, oiseaux, taupes, limaces, vers. L’épouvantail est remisé pour un arsenal chimique bien moins visible et moins poétique.

Mais qu’attend-on pour rationaliser l’emploi de ces produits nocifs ? Pourquoi les agriculteurs Français devraient-ils plus consommer de pesticides que leurs homologues Allemands ou Anglais  ? La France est-elle envahie par les pucerons qui s’arrêtent à la frontière ? Est-ce tout simplement une certaine culture de l’agriculture ? L’idée que “plus on met de pesticides plus on a de blé à l’hectare”, de la même façon que la ménagère se dit que plus elle met de lessive plus le linge sera propre ?

Parlons crûment. Cela me révolte de savoir que pendant que les recherches sur le cancer piétinent, qu’il y a recrudescence de pathologies cancéreuses, nos agriculteurs continuent de tous nous intoxiquer, non seulement l’eau (qu’on boit), mais la terre (qui nous nourrit), l’air (qu’on respire) et bien sûr la mer (amateurs de sushis...). L’agriculteur est lui-même hautement exposé car il est bien le premier à inhaler les produitsqu’ils épandent. Il devrait être, le paysan, le premier à s’indigner de la toxicité des produits utilisés comme “ adjuvants de productivité”. Est-ce qu’il ne sent pas coupable en quelque sorte ? Et si tous demain se mettaient à faire du bio ? Qu’adviendrait-il ? Leurs profits seraient moins élevés (et les subventions de la PAC aussi alors), mais leurs produits seraient de meilleure qualité peut-être aussi.

Si depuis un siècle déjà les agriculteurs produisaient du carburant pour nos voitures, ils ne pollueraient pas moins la terre qu’ils disent aimer, mais au moins on boufferait mieux.
Goûtez les carottes de chez Carrefour, ou les prunes ou les avocats, ... On s’en doutait un peu, maintenant on peut en avoir la preuve.

J’aimerais bien connaître les concentrations de pesticides dans les fruits et connaître les répercussions à long terme sur la santé.

Je me pose une question, et j’aimerais qu’un agriculteur me réponde par ce blog : nos agriculteurs vont-ils un jours en avoir marre de produire avec des insecticides, et gaspiller 75 % de leur produits de traitement, perdus en aérosol ? (voir ces chiffres l’étude en ligne de Airparif)

Cela me désole que nous ne puissions rien faire contre cela (on ne va pas se mettre à respirer l’oxygène en bouteille... quoique). La Commission européenne, qui n’est jamais aussi efficace que sur l’environnement (évidemment) prévoit d’achever un programme de révision des substances actives les plus dangereuses en 2008. Pauvres commissaires, vous aurez à affronter la tempête des empoisonneurs industriels. Pourquoi la Commission européenne ne placerait-elle pas au chapitre des priorités le développement de l’agriculture éthique, respectueuse, bio  ? Ou financer des recherches publiques sur des façons de protéger les sols des parasites non cancérigène et non toxique ? (Je rêve, mais je le fais exprès...)

Chez soi, pendant qu’on essaie de prendre mille précautions à lutter en vain contre l’exposition des enfants aux gaz des pots d’échappement, qu’on essaie de leur donner à manger des petits pots “bios”, ils respirent du Trifluraline et du Lindane de chez Bayer, un cocktail de molécules qui circulent dans leur sang, passe la barrière membraneuse de leur cerveau, de leurs poumons, de leur foie... Tant d’efforts réduits à néant. Et c’est ça, leXXI° siècle ?

Peut-être en 2107 se diront-ils : “Mais que faisaient nos parents ? Ils savaient, et ils n’ont rien fait, ils ne réagissaient pas ? N’avaient-ils aucune volonté politique ? Les dirigeants des grandes industries n’avaient-ils pas d’enfants eux-mêmes ? Plus jamais ça ! ”. Un étudiant en sociologie du XXI° siècle tombera sur ce genre d’article du fin fond des archives du web...
Peut-être alors que les touristes américains reviendront visiter la ville qu’ils avaient désertée en 2030, dépolluée, exempte de soufre, de CO2, et de nanos-particules insecticides.

Un détail : l’étude de la société AirParif a été financée par la DRASS (Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales) dans le cadre du Plan Cancer, ce qui en dit long sur les pistes de recherches menées conjointement par la MSA sur les rapports entre pesticides et maladies neuro-dégénératives et cancers.

*voir le document d’un chercheur sur la pollution du Lac Pavin par l’Endosulfan sur Oboulo.com

un peu d’espoir sur futura-sciences

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commentaires
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par LE CHAT (IP:xxx.xx8.247.148) le 2 juillet 2007 à 12H43

salut brisefer ,

malgré que l’endroit où j’habite est très pollué , au moins les ravages causées par les agriculteurs polleurs s’y font moins sentir qu’en région parisienne et que la Provence où il y a peu d’agriculture intensive a préservé pas mal de biodiversité .J’ai encore pu le constater ce week end en me promenant , la diversité des papillons rencontrés (machaons , flambés , belles dames , satyres , lycènes , pièridés , soucis , sylvains ) l’atteste . j’ai rencontré aussi une colonie de pentadomes rayées ( des fans du milan AC ;-) )http://www.beneluxnaturephoto.net/f... ?

bien à toi

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par LE CHAT (IP:xxx.xx8.247.148) le 2 juillet 2007 à 12H48

http://www.passion-photos.net/post9...

cette photo là est mieux

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par nat.faure (IP:xxx.xx2.252.18) le 2 juillet 2007 à 13H40

Je vous comprends, j ai quitté Paris la mort dans l âme à cause de l air, et c ’ est pareil ici ! Les pesticides et tout le reste que vous n’ acceptez pas , c’est "L Air du temps"

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par PTK (IP:xxx.xx8.7.16) le 2 juillet 2007 à 22H32

Le ton du post n’est acceptable : mettre sur le dos des agriculteurs une partie de la pollution des villes et se lamenter n’est pas la voie du changement.

Loin de moi l’idée de nier la toxicité de la pollution d’origine agricole, c’est la façon de facilement dresser les uns contre les autres des acteurs qui des responsabilités bien partagées qui me hérisse le poil.

Pour commencer, l’air que respirent nos concitoyen ruraux vivant à proximité des plaines céréalières est bien plus saturé en particules chimiques que l’air des villes.

Ce sont ensuite les citadins, de loin les plus nombreux, qui consomment les produits agricoles produits avec force intrants. C’est à eux de faire bouger les choses en boycottant ceux-ci, en tarissant la demande et en encourageant la production du bio, et pourquoi pas en obtenant l’interdiction des usages de toxiques (y compris sous forme OGM !)

Oublier ensuite que le cercle vicieux productivité/intrants en agriculture a été DECIDE par les technocrates urbains, c’est un peu fort. Quid des lobbies semenciers/agrochimie ? du forcing productiviste agricole des années 1950 ? Du poids de Bruxelles (et de Paris, et des administrations centralisées d’une manière générale) dans le choix des cultures économiquement utiles ?

De plus, les chiffres rapportés de l’article cité sont inexacts (3200 t/an et non 2900) et vouloir sommer sur 50 ans les pollutions de tous les produits n’a pas de sens, certains produits étant très volatiles et d’autres, utilisés dans le passé et interdits depuis, plus dangereux.

Si le but du post est d’avoir des réactions d’agriculteurs, je ne pense pas que ce type d’amalgame plutôt haineux draine beaucoup d’agriculteurs vers ces forums. D’ailleurs, s’il est occupé à fourbir ses pulvérisateurs et tuer la terre qu’il déteste, l’agriculteur a autre chose à faire qu’à trainer par ici. Ce ne doit pas être une attente prioritaire de l’auteur.

Cordialement néanmoins,

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par Brisefer (IP:xxx.xx7.54.137) le 7 juillet 2007 à 22H39

En effet, mon but n’est pas de provoquer les agriculteurs,ce serait avoir de bien basses intentions et, je l’ai écrit, ils sont les premières victimes sur leur santé des produits toxiques qu’ils utilisent...

Personne n’oublie les vices attachés à la construction européenne perméable aux lobbys donc je n’en ai pas parlé. Mon article ne prétend pas être un article de fond comme vous auriez pu en écrire Monsieur, mais lz coup de gueule d’un cioyen informé des études d’airparif sur l’air ambiant ; je reflète l’inquiétude qui s’empare de tous les êtres humains qui vivent ici.

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par Paul (IP:xxx.xx6.196.237) le 7 juillet 2007 à 11H40

Je ne vois pas où est la prétendue haine contre les agriculteurs dans ce texte. Pendant longtemps la question des pollutions aux intrants agricoles a été taboue, essentiellement grâce au lobbying fanatique de la FNSEA.

Faire peur aux "parigots" serait un trés bon moyen de faire casser la gueule à l’agriculture "déraisonnable".

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par Yoann (IP:xxx.xx5.27.102) le 2 septembre 2007 à 12H33

Salut Brisefer

Tu as un ou deux trains de retard.

Va sur http://e-phy.agriculture.gouv.fr/ , catalogue des produits phytopharmaceutiques homologués en France. Tu verras que l’endosulfan est interdit en France. C’est récent mais c’est un fait qui démontrent ton ignorance en la matière. Quand un rapport sort, il est déjà désuet. On peut aussi noter que quelques substances que tu dénonces sont largement utilisées par les jardiniers du dimanche.

je vais te faire un calcul bete : traiter le puceron sur pommier. utilise 0,25 kg/Hectare de SUPREME (label abeille). On traitement à 200 L/Hectare. Il y a 2500 pommier à l’hectare. Donc je remplis une cuve de 200 L d’eau. T’y fout 0,25 kg de supreme Chaque pommier a donc recu 8 cl d’eau et 0,1 g de Supreme que tu fait en avril (floraison).

Je te parie que le jardiner du dimanche balance la moitié de la bouteille sur son arbre tous le 15 jours

Il faut que tu comprennes un certain nombre de chose

- Les agriculteurs, aussi, ont des enfants
- Les agriculteurs connaissent et façonnent la campagne
- A défaut d’aimer la nature, ils y vivent.

- L’agriculteur veut, comme toi, gagner sa vie. Les marge sont faible. Son plus grand intérêt : Réduire ses couts, donc entre autre, ses apports phytosanitaires.
- L’apports phytosanitaires n’est pas un plaisir mais une nécessité : En france, la production est CONCENTREE par bassin. Ce qui induit une concentration du parasitisme. Il est tres probable qu’ en l’état actuel des technique, tu fasses récoltes nulle sans apport phytosanitaire. Et que dirait un parisien si on lui vendait une limace dans sa salade ou un ver dans sa pomme. En Fruit, le consommateur et la grande distribution impose l’apport de fruits zero défaut : C’est pour moi une des source du probleme.

Il y a cinq ans j’étais parisiens, je t’aurais cru. Aujourd’hui tes propos me semble abérents. J’étais ingénieur en micro électronique avant de devenir arboriculteur. Je suis encore étonné de la grande technicité de ce métier. Cette technicité passe bien sur par la connaissance de la nature (Comment ne pas aimer la nature quand on la connait ??) Tout est vraiment fait pour réduire voir éliminer dans certains cas les apports phyto (trop couteux). Les quantités de produits ramenées à l’arbre sont tellement infimes qu’ils ait facile de les contenir à la parcelle. D’ailleurs, les substances ont une durée de vie plus ou moins courte et les plantes nous aident à les DEGRADEES.

Nous vendons des pommes à travers le monde. Certains pays sont plus exigeons que d’autres en matieres de residus phyto. En tout cas, nos clients sont toujours plus exigeant que les reglementations nationales. Une limite dépassée signifie client perdu. Nous avons nos propres laboratoires d’analyses. Il est inconcevable pour nous d’envoyer un lot de fruit qui serait hors norme.


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