Article publié le 14 mai 2008
Record du temps de passage à la frontière tout
d’abord : il m’a fallu 7 h pour obtenir mon visa israélien. Je suis
donc parti à midi d’Amman en Jordanie en taxi collectifs, et je suis
arrivé en mini-bus à 21h30 à Tel Haviv en Israël pour faire environ 200
km. Le fait que je me sois arrêté chez des connaissances en Syrie puis
au Liban n’a pas du jouer en ma faveur...
J’ai particulièrement apprécié le passage du No Man’s Land entre la
Jordanie et Israël. Vous êtes obligés de prendre un bus de la compagnie
nationale JETT de Jordanie pour traverser les 2 km de déserts qui
sépare les deux pays. Régulièrement, on aperçoit une tour de guet ou la
fenêtre d’un bunker au milieu d’un terrain très raviné. Si l’ambiance
est plutôt relax côté jordanien, on se rend tout de suite compte de la
parano israëlienne. Des militaires en civil sont armées de
mitraillettes, des murs de barbelés sont disposés de partout, et des
caméras filment sous tous les angles.
Allenby, ou King Hussein Bridge pour les Jordaniens, est un passage
de frontière non reconnu au niveau international je crois. C’est aussi
le seul point de passage pour les palestiniens munis du passeport
jordanien. Les bagages sont fouillés, puis on passe sous un détecteur
de métal et ensuite dans une drôle de machine qui souffle de l’air de
haut en bas. Je ne sais pas à quoi ça sert, mais il n’y en a qu’une et
tout le monde y passe.
Bref, je suis resté pendant plus de 7 heures sous le niveau de la
mer, puisque le poste frontière d’Allenbuy est proche de la mer morte,
à l’altitude de -417 m, ce qui est un deuxième record pour mon voyage.
Jérusalem, où je suis arrivé vendredi, est ma 23ème étape. Lors de
mon départ à Autun le 3 février, je n’avais pas prévus de venir au
moyen-orient.
Après la Turquie début avril, je devais continuer mon
voyage en direction de l’Europe de l’est accompagné de Mademoiselle
Purvi MAKWANA, une militante associative de Bombay. Je l’ai rencontré
lors du Forum Social Mondial pendant mon premier voyage en Inde en 2004.
Lorsque j’ai préparé mon projet, j’ai souhaité l’associer pour
partager nos points de vue : moi venant d’un pays riche et elle d’un
pays en plein développement. Les priorités de nos pays ne sont pas les
mêmes concernant le climat, nous n’avons pas le même passif militant
dans les structures écologiques : quelles seront les points communes de
nos analyses, et quelles vision des enjeux à moyen et court terme avons
nous ?
Sa nationalité indienne représente une difficulté car nous devons
faire face à une course d’obstacle administrative pour qu’elle obtienne
ces visas.
Notre objectif est toujours de nous retrouver à Istanbul,
point de contact entre l’Europe et l’Asie, si possible... Ce sera aussi
pour nous une manière de montrer que même des voyageurs du Sud peuvent
s’organiser pour partir en voyage et passer les frontières, malgré les
difficultés créées par les administrations.
En attendant, j’en profite pour découvrir le moyen-orient. Depuis
mon étape d’Izmir en Turquie, j’ai la chance d’être hébergé et d’éviter
les hôtels. Pouvoir vivre de cette façon est une chance pour essayer de
comprendre la vie de cette partie du monde. Il n’est pas toujours
évident de trouver des journaux en anglais ou en français, et de toute
manière, il est intéressant de connaitre l’opinion de ces hôtes sur la
situation actuelle du pays.










