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Les abeilles ont besoin d'une alliance entre politiques et industriels

Article publié le 24 janvier 2012

« Si l’abeille disparaît, l’humanité en a pour quatre ans », cette phrase attribuée à Albert Einstein est connue de tous. Cependant, au vu de la persistance d’une surmortalité des abeilles, la volonté de prendre cette maxime au sérieux semble inexistante. Il devient pourtant urgent que politiques et industriels s’allient pour protéger cette espèce en voie de disparition.

Les abeilles ont besoin d'une alliance entre politiques et industriels

 

Va-t-on enfin prendre le problème de la surmortalité des abeilles à bras le corps ? Le Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles ou CCD (pour l'expression anglaise « Colony Collapse Disorder ») est jugé très préoccupant par les apiculteurs, mais aussi par de nombreux écologistes, économistes et experts en raison de l'importance économique et écologique de l'abeille en tant que pollinisatrice. En effet, 80 % des fleurs, fruits ou végétaux répertoriés, qui constituent la base de l’alimentation mondiale et de la biodiversité, dépendent exclusivement de la pollinisation des abeilles.

En 2007, le taux de ruches abandonnées ou presque désertées atteignait 70 % voire 80 % dans les régions et pays les plus touchés. Un quart du cheptel des ruchers des États-Unis aurait disparu rien que durant l'hiver 2006-2007.

Le monde semble enfin décidé à agir, en étudiant les causes de cette surmortalité et en essayant de prendre des initiatives ambitieuses afin de l’endiguer.

Un rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) a recensé en mars 2011 une douzaine de facteurs expliquant la mortalité des abeilles. Pour Dennis Van Engelsdorp, chercheur de l'université de Pennsylvanie et coordinateur des groupes de travail étudiant le phénomène aux Etats-Unis, le chiffre serait même supérieur. "On a identifié soixante-quatre variables différentes, allant des pesticides aux modifications génétiques et agents chimiques, mais nous n'avons pas pu trouver LA solution », explique M. Van Engelsdorp. "En France on a cru avoir découvert un syndrome avec l'arrivée sur le marché du Gaucho et d'autres pesticides du genre, mais dix ans après on est toujours face au même problème", ajoute Philippe Lecompte, président du Réseau biodiversité pour les abeilles.

Des initiatives politiques commencent à émerger. Ainsi, en France, en janvier 2010, dans la continuité des engagements du Grenelle Environnement, Dominique Bussereau et Chantal Jouanno, alors secrétaire d’Etat chargé des Transports et secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, se sont engagés pour que les abords routiers soient en mesure d’accueillir des insectes pollinisateurs. Au printemps 2010, des espèces végétales mellifères ont été semées sur plus de 250 kilomètres d’accotements routiers afin d’offrir aux abeilles de nouvelles ressources florales pour leur alimentation. Ce dispositif sera étudié pendant trois ans.

Cette initiative vise également à rapprocher les abeilles des constructions humaines. De nombreuses associations écologiques comme Hommes et Abeilles estiment que les abeilles doivent être présentes en milieu urbain afin de maintenir leur biodiversité et les éloigner des zones agricoles traitées de façon intensive. "C’est simple : les abeilles meurent dans les campagnes mais elles sont très heureuses en ville", où elles vivent loin des frelons asiatiques ou du Varroa, un parasite destructeur, assure Nicolas Géant, qui produit 200 kg de miel sur le toit du restaurant La Tour d’Argent à Paris.

Les cultures intensives ont tué la biodiversité dans les campagnes, dit-il - "plus de haies, plus de petites fleurs : c’est le désert vert" - et la pollution d’un centre ville, "c’est de la rigolade par rapport aux insecticides, pesticides et fongicides".

Suivant cette tendance, plusieurs entreprises ont également décidé d’introduire les abeilles sur leurs sites de production. Ainsi, Guerlain, qui utilise du miel des abeilles noires d’Ouessant pour son sérum « Abeille Royale » a placé cinq ruches sur les toits de son usine à Orphin, près de Rambouillet. Non seulement, cela leur permet de se fournir en matière première mais également de protéger l’abeille noire d’Ouessant qui avait failli disparaître. L’entreprise L’Oréal a aussi décidé d’implanter six ruches au Château de Versailles depuis 2008.

La protection des abeilles ne pourra fonctionner sans une synergie totale entre l’Etat, les chercheurs et les entreprises. L’Etat car les politiques décident des initiatives à prendre au niveau législatif, les chercheurs car il faut étudier tous les facteurs entraînant une surmortalité des abeilles et enfin les entreprises car elles ont les moyens financiers de prendre des initiatives originales dans le cadre de leurs responsabilité sociale et environnementale. Une triple entente est donc nécessaire pour que la prophétie d’Albert Einstein ne devienne pas une réalité.

Source image : http://3.bp.blogspot.com

Thèmes

Biodiversité Ecologie Politique Responsabilité Sociétale d’Entreprise

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commentaires
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(IP:xxx.xx1.143.163) le 24 janvier 2012 à 14H29

MERCI pour ce très bel article. Dans nos campagnes, c’est toute la faune qui disparaît. La SNCF devrait encore en plus payer des indemnités pour les dégâts causés par les lapins et il n’y a plus un seul oiseau dans le ciel....Alors, si même la SNCF ne s’en sort pas devant la justice et préfère payer pour favoriser la désertification de notre sol après celle du ciel....J’écris désertification car des lapins, il n’y en aurait pas eu beaucoup de tuer par les quelques chasseurs qui restent encore. Alors pourquoi ces indemnités payées par la SNCF ? Le lapin est chez lui et pas l’agriculteur quand même.

A la demande d’un bien brave Monsieur, j’ai pris une petite pelle et me suis mis à genoux dans un champ et à plusieurs endroits du coté de Le Cateau dans le nord ...aucun animal, fusse un ver de terre ; rien ne bouge.

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(IP:xxx.xx9.174.67) le 30 janvier 2012 à 22H51

Il n’existe pas "d’abeille noire de Ouessant"... Mais par contre il existe effectivement un mouton noir de Ouessant qui a failli disparaitre lorsque qu’un bateau chargé de moutons a coulé à proximité de l’île. Des moutons ont alors nagé jusqu’à la côte et se sont mélangés génétiquement avec les moutons locaux. A Ouessant il n’y avait pas d’abeilles depuis une date indéterminée... Quant aux abeilles noires, abeilles locales dans une bonne partie de l’Europe dont la France, si elles ont été introduites à Ouessant dans les années 70, c’était justement pour les préserver des maladies et problèmes présents sur le continent. Ce qui est le cas : pas de pesticides, pas de Varoas (un prédateur), pas de famine en raison d’une grande diversité florale, des reines qui vivent et pondent lontemps. Bref le bonheur pour des apiculteurs, ce qui prouve entre autres que les pesticides (les insecticides enrobés autour des semences (Néonicotinoïdes : Gaucho, Regent, et maintenant Cruiser) qui sont toujours utilisé en France contrairement à ce que laisse penser votre article, sont un problème réel. Une fois les colonies affaiblies, elles réagissent ensuite à d’autres agressions (bactéries, ...), d’où la notion "multifactorielle" évoquée. C’est l’oeuf et la poule : mais le début des problèmes arrive en 1995 lors de l’introduction du Gaucho...

à suivre... si il reste des abeilles.

PS : en Italie, les Néonicotinoïdes ont été interdits depuis quelques années... La situation semble en amélioration (pour les apiculteurs et sans ruine des agriculteurs...)

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(IP:xxx.xx9.174.67) le 30 janvier 2012 à 23H09

Suite : Il est ridicule de dire qu’il n’y a pas de Frelon asiatique ou de Varroa en ville... ! Le Varroa est arrivé en France au début des années 80 et il y en a dans toutes les ruches (sauf à Ouessant, à la Réunion et aux Antilles. A la Réunion, cela ne va peut-être pas durer longtemps car il est arrivé à Madagascar). Pour ce qui est du Frelon asiatique, il est arrivé en France par la région de Bordeaux, et se répand de plus en plus vers le Nord, année après année. Il est acclimaté aux villes où il se ravitaille sur les marchés, ce qui finira par poser un problème de sécurité publique, vue son agressivité.

Quant à la meilleure santé des abeilles en ville, et la productivité importante en terme de production de miel, elle s’explique les deux autres raisons évoquées dans l’article : 1) la biodiversité plus importante en ville : une zone de monoculture (Colza pas exemple) est une source importante de nectar et pollen pendant 3 semaines puis un désert pendant 11 mois, entraînant une famine.

2) pas de semences enrobées (comme à Ouessant, quoi).

Il est effectivement important d’avoir des abeilles en ville, afin de prouver que cette différence ville-campagne est un fait admis par tous. Les apiculteurs ont souvent du mal à admettre cette démarche, car on ne permettra jamais à quelqu’un de vivre de son travail avec quelques ruches en ville. Ils vivent (de plus en plus difficilement) des ruches installées à la campagne qui meurent dans l’indifférence des politiques

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(IP:xxx.xx9.6.142) le 1er février 2012 à 11H36

Toujours la même sempiternelle "citation" attribuée à Einstein ! Il est BIEN établi aujourd’hui qu’Einstein n’a jamais ni prononcé ni écrit cette phrase ! Elle a été tirée d’une déclaration faite par un écolo dont je n’ai pas retenu le nom (sans intérêt d’ailleurs) lors d’un congrès écolo tenu à Bruxelles il y a une dizaine d’années et reprise par des journalistes en l’attribuant à Einstein parce que, de cette façon, elle a beaucoup plus de poids qu’attribuée à un certain Monsieur Tartempion parfaitement inconnu.........

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(IP:xxx.xx9.111.170) le 25 mai 2013 à 22H05

""« Si l’abeille disparaît, l’humanité en a pour quatre ans ""

Bon, ben avec ce que vient de déclarer Monsieur Poutine au secrétaire Américain John Kerry pour son homologue des USA ...ça va être difficile pour nous, les petits du peuple, de résister quatre ans durant cette troisième guerre mondiale.

Il devrait bien y avoir un semblant de début de preuve qu’il faut cesser ce jour même toute pulvérisation de ces poisons avec : "Un rapport du Ministry of Natural Resources and Environment of the Russian Federation (MRNE) ayant des "preuves incontestées" que certains insecticides neuro-actifs liés à la nicotine et plus connus sous le nom de néo-nicotinoïdes, seraient en train d’exterminer les abeilles et par conséquent, menaceraient les récoltes du monde entier. "

Depuis le temps que de nombreux scientifiques le disent en France....et la troisième guerre mondiale....Qu’ont-ils donc trouvé en plus ces chercheurs Russe ?

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(IP:xxx.xx8.220.215) le 10 août 2013 à 20H46

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