Article publié le 23 mars 2007
Les grands félins ont de tout temps exercé un attrait indéniable sur les humains. Avec quelques rapaces diurnes tels que l’aigle ou le faucon, ils viennent largement en tête des animaux choisis pour emblème, pas vraiment pour symboliser la fraternité, mais bien sûr, pour les valeurs de puissance, de férocité, de liberté et d’indépendance qu’ils véhiculent mieux que tout autre animal. Leur pendant miniature -le chat- a récemment détrôné son concurrent millénaire canin en nombre d’animaux de compagnie de l’Hexagone, c’est dire la fascination que suscitent ces animaux à la fois si nonchalants, indépendants, et pourtant vifs, redoutables, précis comme peu de prédateurs le sont, en même temps que très intelligents, et parfois sociables. Ils ne laissent pratiquement personne indifférent, et pourtant, si vous demandez autour de vous "quelles sont les espèces du groupe des panthères", il est exceptionnel que vous obteniez la bonne réponse, et rare qu’elle soit même approchante.
Arrivant en tête des réponses données, il y aura généralement la panthère "tachetée" et la panthère "noire". Ensuite, pour quelques curieux amateurs de vie animale, viendront dans l’ordre le jaguar et la panthère des neiges ou once. Quelques fins observateurs vous feront remarquer que le tigre et le lion sont de grosses panthères. D’autres, de la même trempe, se demanderont s’ils faut considérer certains gros chats tels que le guépard, le puma, voire le lynx, comme des sortes de panthères. Enfin, une petite minorité de connaisseurs vous mentionneront la panthère longibande, ou panthère nébuleuse1.
Reprenons donc du début cet éventail de réponses. La panthère commune peut être tachetée ou noire, il s’agit d’individus de la même espèce, les spécimens mélaniques étant plus ou moins abondants selon les populations et n’ayant pas d’autre différence que la robe avec leurs congénères (le même phénomène existe chez d’autres félins, en particulier le jaguar). Cette panthère commune est en réalité la panthère proprement dite, et est généralement appelée léopard. Le jaguar est le cousin sud-américain et plus proche parent du léopard, tandis que l’once ou panthère des neiges (également appelée léopard des neiges), diffère selon les auteurs au point d’être maintenant classée dans un genre distinct, Uncia au lieu de Panthera. Appartenant également au genre Panthera : le tigre et le lion, qui sont des sortes de "maxi-panthères" au sommet de l’évolution par leur taille et leur force, et pour le lion, par sa sociabilité, unique chez les félins.
Le puma, le guépard et les lynx sont en réalité de "gros chats". Comme les panthères, me diriez-vous, sauf que les panthères au sens large se caractérisent par quelques particularités uniques telles qu’une ossification moindre des os du larynx, leur permettant de rugir (ou de feuler) mais pas de ronronner, ainsi que la forme de leur "truffe" (ou rhinarium). Bien que d’une taille souvent supérieure à beaucoup de panthères, le puma ne possède pas ces caractéristiques. Quant au guépard, le coureur de vitesse le plus performant que l’on connaisse (même en prenant en compte les espèces fossiles), sa classification est longtemps restée incertaine, jusqu’à ce que de récentes études en fassent un cousin du puma, dont une version intermédiaire vivait en Amérique du Nord il y a encore quelques millénaires. Idem pour les lynx, ocelot, serval, caracal, et autres grands chats, différents mais proches des espèces du genre Felis (notre chat) dans lequel ils furent longtemps classés.
Cet inventaire est familier pour presque tout le monde, y compris ceux qui ont très mal répondu à notre questionnaire initial, mais son grand absent, c’est donc la panthère nébuleuse. Nébuleuse non par sa méconnaissance du grand public, mais par les dessins de sa robe, formée d’auréoles étirées et ponctuées, évoquant celles d’un jaguar revisitées par Dali. Quoique connue depuis fort longtemps (elle fut décrite scientifiquement dès 1823 par Cuvier lui-même), l’espèce n’a guère dû faire l’objet d’un commerce intensif en pelleterie, contrairement à presque tous les autres panthérins et l’ocelot, heureusement pour elle. Pour vivre heureux, vivons caché.
La panthère nébuleuse, alias Neofelis nebulosa, fait traditionnellement le lien entre les panthères et les chats, ce qui est dû non à sa taille (inférieure à celle du puma, et voisine de celle de l’ocelot en plus massif), mais à diverses caractéristiques anatomiques et comportementales. Une autre, qui l’est moins, en fait le seul "félin à dents de sabre" encore vivant : Neofelis possède des canines supérieures proportionnellement plus allongées que celles de tout autre félin actuel, même si on reste loin des gigantesques poignards du genre le plus évolué, le fameux Smilodon, disparu il y a à peine une dizaine de milliers d’années. Pour autant, Neofelis n’est pas directement apparenté à l’une des lignées éteintes de "dents-de-sabre", il constitue une énième amorce d’un processus souvent lancé dans l’histoire des félins (et même d’animaux n’ayant aucun lien de parenté avec ces derniers).
Plusieurs sous-espèces de panthères nébuleuses ont été décrites (de même qu’il existe plusieurs sous-espèces de léopards ou de tigres), toutes originaires d’Asie du Sud-Est. Or, il se trouve -et nous en venons enfin au sujet de cet article- que l’une s’est révélée bien trop différente de la sous-espèce nominative, et que le statut d’espèce à part entière lui a été octroyé de plein droit. Il s’agit de la forme originaire des îles de Bornéo et Sumatra, qui porte le nom de Neofelis diardi. Une première étude récente sur les caractéristiques de sa robe a permis de mettre en valeur des différences significatives entre N. diardi et N. nebulosa, avant d’être corroborée par des études moléculaires qui font remonter l’origine commune des deux espèces à 1,4 millions d’années. Les classifications sur bases moléculaires ne font pas tout, d’autant qu’un crédit exagéré est de nos jours accordé à ces méthodes qui bénéficient d’un effet de nouveauté, mais cette fois, les taxinomistes "classiques" et les "molécularistes" semblent d’accord. D’autant qu’il faut noter qu’à l’origine, la panthère longibande de Bornéo fut décrite comme espèce à part entière avant d’être ramenée au rang de sous-espèce. Il s’agit donc en fait d’un juste retour des choses. La systématique -classification animale ou végétale- oscille au gré de nombreux balancements entre "rassembleurs" et "diviseurs", les premiers voulant mettre l’accent sur ce qui rapproche les organismes, les seconds sur ce qui les sépare, le but étant d’atteindre une sorte de juste milieu (subjectif) qui permette de rendre compte à la fois des points communs et des différences.
L’intérêt de cette vraie-fausse découverte, qui paraît se résumer à un chipotage sur le statut taxinomique d’un animal déjà connu, pourra sembler limité. Du simple point de vue de la fascination indéniable portée aux félins par tout un chacun, évoqué en préambule, il est loin de l’être, et parions qu’avec leur raréfaction partout dans le monde, leur conservation constituera un sujet de préoccupation de premier plan avant longtemps. Et précisément, en accédant au statut d’espèce à part entière, la panthère longibande de Bornéo gagne des points de priorité en matière de sauvegarde de la biodiversité. Comme je l’évoquais à propos des dauphins d’eau douce, plus un organisme est éloigné des autres, plus sa conservation devient (ou devrait devenir) prioritaire. A ce titre, la conservation d’une espèce passe avant celle d’une sous-espèce. Sans compter qu’au cas où, un jour, la population des panthères longibandes devait chuter à un niveau critique (on situe en général le seuil critique vers 50 individus reproducteurs, en dessous duquel les risques de dérives génétiques et de dégénérescences sont excessifs, ce qui est pourtant arrivé au condor de Californie ou au perroquet kakapo), les individus résiduels de chaque espèce ne pourraient pas être rassemblés pour leur sauvegarde dans un parc protégé.
Garder bien vivantes pour nos enfants ces "plus petites des panthères" pour leur montrer de visu que les "plus grands des chats" peuvent être plus puissants qu’elles, me paraît d’un intérêt bien supérieur à celui, éphémère, d’une majorité de cochonneries que nos sociétés entretiennent à grands frais, sans parler, bien entendu, de l’intérêt écologique proprement dit.
1 : Pour certains spécialistes, le chat marbré (Pardofelis marmorata) est également un membre du groupe des panthères, malgré sa taille semblable à celle d’un chat domestique. Il faut noter d’ailleurs que sa robe, sa longue queue et sa répartition géographique rappellent celles de Neofelis. Mais la classification de cet animal rare et mal connu est encore controversée.
Tiens, je tombe sur Natura Vox. Un problème technique quelque part ?...
Intéressant , comme d’habitude...
Merci pour cet article qui parle de ma lointaine famille ;-) on en a parlé au journal de 20h sur tf1 ! en règle générale , les félins sont Des prédateurs très performants situés en haut de la chaine alimentaire . pour ceux qui veulent en savoir plus sur les félins , il y a souvent de très bons documentaires sur national géographic tv . LES CHATS sont redevenus les number one en France ! Merci pour l’info ;-)
Bien à toi
@ The cat
Un chat qui veut se comparer à une panthère...quelle prétention ! ;-)
Article passionant et de haut niveau . Y a t-il des pardofelis marmorata en Europe ? Quid de leur répartition géographique ?
Salut à vous deux, Bouddha Zen et Matou Marrant, mes fidèles et bienveillants lecteurs. Je me doutais bien que vous viendriez ronronner dans mes parages. Mais j’avoue que ça m’ennuie que ces parages-là soient excentrés vers Naturavox, mon but étant de susciter l’intérêt du plus grand nombre, y compris ceux qui sont a priori rétifs. Ici, je me doute que les lecteurs n’ont pas besoin d’être convaincus. D’ailleurs, pour alléger Agoravox, il serait plus judicieux de créer un "Sarkoségovox", il y aurait de la matière à héberger. :-/
Merci en tout cas, Le Chat, pour la mention au journal de TF1. Je l’ignorais, et je suis fort aise d’apprendre que nos journalistes réalisent de l’importance d’une telle information même pour le grand public.
Bonjour, Docdory, et merci pour votre appréciation. Concernant le chat marbré, je n’en connaissais pas grand-chose, et n’en avais jamais vu de bonnes photos, jusqu’à ce que je tombe sur ce site :
http://fauvesdumonde.free.fr/c_marb...
Vous y trouverez des indications intéressantes, notamment sa répartition géographique, qui englobe le sud-est asiatique (comme la panthère longibande) et surtout de très belles photos, montrant son extraordinaire queue qui lui sert vraisemblablement de balancier lors de ses déplacements dans les arbres.
J’espère que cette espèce fera rapidement l’objet d’études plus approfondies, parce que s’il s’avère que c’est réellement une version miniature d’une panthère, ce serait passionnant.
Excellent article.
Je partage avec vous les remarques sur l’exil de ce type d’article sur naturavox. J’avais déjà exprimé mes réserves à ce sujet ; ce type d’article devrait rester sur agoravox, qui n’est pas qu’un site de débat politique.
Bonjour
Pourquoi un tel sujet est-il excentré dans une chapelle à part ? Il a sa place sur l’agora ?
Cordialement
Le furtif
eh oui , c’est bien sur TF1 que j’ai appris cette nouvelle et j’ai surfé sur le web ensuite pour avoir plus d’info , car il faut bien reconnaitre que nos amis les animaux ont tendance à disparaitre sur le chaines grand public aux profit des emissions endemolisées et abêtissantes . à part quelques matous gaffeurs dans vidéogag , le néant ! heureusement qu’il y a arte , national geographic et planète pour avoir des bons reportages animaliers .
Et en plus elle est superbe cette panthère !
je decouvre avec plaisir ce site....
en foret de Fontainebleau ,j’ai eu plusieurs fois l’occasion de voir la nuit dans la lueur de mes phares un Sylvestris Felis ,toujours à peu près au meme endroit...
son territoire de chasse sans doute ......
c’est un animal qui s’est raréifié ......
et malheureusement victime du trafic routier.....
Maxim....
Encore un article très agréable à lire Thucydide, et en plus cette fois ce n’est pas pour nous apprendre la disparition d’un espèce, mais son apparition :-)) Merci à vous.
Bonjour,
Très bel article et très intéressant en plus. J’en ai appris beaucoup. J’ai toujours aimé la panthère par sa beauté, son profil, son élasticité à la disposition de la perfection d’un réel prédateur.
Je me suis toujours demandé pourquoi on a tellement mélangé son nom dans des différences aussi importantes. Une panthère tigrée dorée et une noire sans ligne. Il y a de quoi s’y perdre. Pourquoi parler de cet animal avec le même nom dans des cas aussi peu semblable en aspect, en manière de vivre ? En mal de nom ? Heureusement, qu’il n’existe pas de racisme dans le règne animal !!! :-))
Bonjour, l’Enfoiré, heureux que vous me suiviez ici...
Pour répondre à vos questions, les noms qui sont donnés aux animaux à la base correspondent aux apparences, et ce n’est qu’après coup qu’on peut se rendre compte, par l’étude de leurs relations de parenté, si ce nom est vraiment adapté. C’est le cas avec les noms scientifiques, qui sont remodelés à mesure que progressent nos connaissances, mais les noms vernaculaires restent inchangés pour des raisons de compréhension générale. Parfois, les spécialistes influent sur le nom vernaculaire pour en faire adopter un autre s’il est vraiment trop inadapté. Ainsi, pour être précis, le terme panthère devrait donc être réservé aux membres du genre Panthera, mais dans ce cas, il comprendrait le tigre et le lion, et exclurait la panthère longibande et la panthère des neiges (l’once).
De nombreux exemples existent dans le langage courant. Par exemple, la chouette hulotte est apparentée au hibou moyen-duc, tandis que le grand-duc est proche du petit-duc, et la chouette effraie appartient carrément à une famille distincte. Mais les termes "chouette" et "hibou" se référaient à la présence d’aigrettes sur la tête (semblables à des oreilles), or, la présence de ces aigrettes varie beaucoup d’un genre à l’autre et ne signifie pas grand-chose dans la classification de ces oiseaux. De même, le terme de perruche est réservé aux perroquets de petite taille à queue plutôt longue. Les petits inséparables ne sont donc pas appelés perruches, contrairement à la calopsitte, par exemple, alors que cette dernière est en réalité un petit cacatoès. Les grands aras ne sont pas appelés perruches, mais les membres du groupe voisin des conures, qui ressemblent à des aras en miniature, sont communément appelés perruches. Des discordances du même genre existent entre les différentes espèces de canards et d’oies. On pourrait multiplier les exemples à l’envi.
Quant au racisme chez les animaux, je suis au regret de vous détromper, mais bien sûr qu’il existe. Chez les animaux non sociables, qui repoussent leurs congénères autant que les membres d’autres espèces, ce racisme se traduira par un refus de s’apparier avec un partenaire d’une espèce différente. C’est la base de la sélection sexuelle, qui participe à la formation des espèces. Souvent, ils seront plus agressifs à l’égard d’un congénère que d’un membre d’une espèce voisine, une sorte de racisme à l’envers (!), car chez les espèces solitaires et territoriales, le congénère est un concurrent direct.
Quant aux espèces grégaires, elles vont préférer la compagnie de leurs semblables à celle des membres des espèces voisines, en plus de l’appariement préférentiel. Au niveau des sous-espèces, le phénomène est beaucoup moins marqué, mais une ségrégation sur l’apparence, le comportement, le chant, etc. peut exister partiellement. C’est un phénomène universel favorisé par la sélection naturelle, et l’homme n’y échappe pas tant qu’il ne cherche pas sciemment à surmonter son instinct, ce qu’il est censé faire s’il prétend maîtriser son destin, contrairement aux autres animaux.
@Thucydide,
Merci pour ce commentaire fouillé digne d’un biologiste passionné.
Croire que nous avions inventé quelque chose était vraiment mal pensé. Le racisme, aussi. La guerre, c’est connu, certains l’ont dans leur tablette interne. Aille, pauvre terre. ;-)
Ouf !! Tout est bien rangé maintenant !! Quand je pense qu’on avait classé une espèce d’espèce dans une sous espèce d’espèce...Ouf !!...Mais quid de la panthère rose ???
Une autre question me ronge..Dans quelle espèce ou "sous espèce" la panthère a t-elle classé son photographe ?
excellent article et une qualité en plus , il a donné lieu a un débat passionnant avec mes momes .
ton écriture passe bien avec les petits aussi ; ça méritais d’etre mentionné .
nous nous sommes aussi demandés le pourquoi de la répartition des taches et leurs utilitées ?
et les réponses sont rares ?
si l’un ou l’autre avait creusé le sujet ?
Le sujet des félins est éminemment populaire, notamment auprès des enfants, je ne suis donc qu’à moitié étonné. Pour répondre à la question des taches, elles ont une utilité : dans l’univers de pénombre dans lequel évoluent ces animaux, elles contribuent à rendre les contours de l’animal moins visibles. On appelle ça un effet disruptif. Ca peut paraître étonnant, puisque hors contexte, l’animal semble plus voyant et plus coloré, mais c’est comme ça, et ce phénomène se reproduit chez toutes sortes d’animaux. De même, les rayures des zèbres, en apparence si décoratives, leur permettent de se fondre dans les hautes herbes.
Maintenant, à quoi sont dues les différences que l’on voit d’une espèce à l’autre ? Difficile de répondre à cette question. En partie sans doute au fait que les conditions de luminosité ou de clair-obscur varient d’un type de végétation ou d’une latitude à l’autre, en partie aussi parce que la sélection sexuelle, que j’évoquais plus haut, tend à favoriser de petites différences extérieures (pouvant porter sur l’apparence, ou sur la voix, ou l’odeur) pour que les individus se reconnaissent entre membres d’une même espèce.
Passionnant ! Félicitations. J’ai dévoré, c’est le cas de le dire, votre article.
Formidablement intéressant, comme toujours. La différence avec le chat marbré est-elle progressive, très légère ou n’a-t-elle rien à voir ?
C’est dommage, ils ne considèrent pas la taille comme un caractère majeur, ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chat_m... (vous pourriez les aider peut-être). Le dessin est rigolo, mais je pourrais presque faire aussi bien.
Les variations de la taille ne sont pas dues qu’à un avantage contre le froid en zones inhospitalière. Les manchots-pingouins et les chats-"panthera" connaissent une disparité. La raison n’est pas la même ?!
Non, pas vraiment. En réalité, la taille est en équilibre précis avec la facilité avec laquelle un animal obtient son alimentation. Plus la nourriture est abondante et facile à récolter, plus l’animal devient gros, il n’a pratiquement que des avantages à cela (moins de prédateurs). Les plus gros animaux sont toujours ceux qui occupent une niche écologique ou la nourriture est abondante et facile à se procurer : ce sont presque toujours des herbivores ou végétariens, ou encore, dans les océans, les planctonophages. A l’inverse, les animaux insectivores sont presque toujours de petite taille, vu que contrairement aux organismes planctoniques, qui se rassemblent en densités immenses sans obstacle pour leur récolte, les insectes ne peuvent être capturés que un par un. Ce qui nécessite bien plus de dépense d’énergie, et donc abaisse la taille de "rentabilité".
Le facteur froid intervient en déplaçant légèrement ce seuil vers le haut, en accroissant l’avantage d’une grosse taille par rapport à l’inconvénient de devoir dépenser plus d’énergie pour une ressource pas plus disponible. La contrepartie de l’acroissement de la taille de l’organisme, c’est que la nombre des individus diminue.










