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Le lobby des pesticides pris en flagrant délire ?

Article publié le 14 septembre 2007

Suite à la sortie du livre « pesticides, révélations sur un scandale français » voici une enquête sur les critiques qui en ont été faites.

Le lobby des pesticides pris en flagrant délire ?

Étonnamment, ce livre a fait parler de lui mais pas autant qu’il aurait dû. En effet :

  • soit ce qui est dit est vrai, et vu la puissance de la charge, le scandale aurait dû éclabousser beaucoup de monde (INRA, ministère de l’agriculture, FNSEA, MSA, scientifiques, experts...).

  • soit c’est faux et il y aurait dû y avoir procès pour diffamation.

Et pourtant, presque aucune réaction, ni des services de l’État, ni des associations et entreprises incriminées. Seuls quelques médias ont parlé de ce livre, en général de manière élogieuse (Le Monde, le Canard Enchaîné, Libération, l’Express, Politis...).

En y regardant de plus près, le site « agriculture et environnement » est un des seuls médias à critiquer négativement ce livre. On trouve aussi le site alerte-environnement qui fait des copier/coller du site agriculture-environnement parfois sans le dire... Et bien sûr, ces deux sites ont été immédiatement repris dans plein de forums sans que leurs informations soient vérifiées.

Le Canard Enchaîné a enquêté récemment. J’ai voulu prolonger leur enquête.

1) à propos du site agriculture-environnement

* « Gil Rivière-Wekstein est membre de l’Afja (Association Française des Journalistes Agricoles) »

Il n’en est pas pour autant journaliste. Cet organisme a pour « membre associé » (sic !) Bayer qui produit l’insecticide Gaucho, accusé d’être une cause de mortalité des abeilles. Il a aussi comme autre « membre associé » (re-sic !) l’UIPP, organisation professionnelle des Industriels de la Protection des Plantes (avec Bayer, BASF et Monsanto entres autres). En clair, les fabricants de pesticides et d’OGM. Un « membre associé » paye une cotisation de 620 €. De là à dire que l’AFJA est financée par les fabricants de pesticides...

2) à propos du site alerte-environnement

Ce site a été créé le 26 février 2007 à 17:53:35, moins de 3 jours avant la sortie du livre (le 1er mars). Coïncidence ?

Il est géré par Gwen Le Gac (qui n’est pas journaliste) qui reprend des pages entières du site agriculture-environnement sans forcément y ajouter de critique ou d’analyse : comparer ici et ici.

Le Canard Enchaîné nous dit ceci : « Gwen Le Gac oeuvre dans la com’, notamment pour l’agence Regards International, qui s’occupait en janvier dernier du secrétariat général du colloque « L’agriculture a-t-elle encore un avenir ? » sponsorisé entre autres par Basf et Monsanto... ». Et aussi par Total qui fait aussi de la pétrochimie et des fertilisants.

Gwen Le Gac répond mais ne dément pas l’article du Canard.

3) analyse des critiques

Reprenons les 14 critiques de Gil Rivière-Wekstein (GRW) (à chaque fois, il y a le passage du livre cité GRW, sa critique puis enfin mon analyse) :

  • « A la fin de la guerre, se produit un miracle : l’invention du premier pesticide de synthèse, le DDT ».

Gil Rivière-Wekstein (GRW) : Faux ! De nombreux pesticides de synthèse sont antérieurs au DDT.

Vérification :
- « Le DDT était le premier insecticide moderne (...) Le DDT est synthétisé la première fois par Othmar Zeidler en 1874 »
- Il a fallu attendre 1939 et le développement de l’industrie chimique pour voir apparaître la première molécule à propriétés insecticides élevées  : le DDT

  • « Sans le chlore, pas de chimie, pas de pesticides... ».

GRW : Faux ! Le glyphosate ne comporte pas de chlore.

Vérification : La phrase figure bien dans le livre (p. 193) mais doit être replacée dans son contexte. La citation exacte est : « le chlore est utilisé dans plus de 50 % de la production chimique industrielle. Sans le chlore, pas de chimie, pas de pesticides...  ». Les auteurs veulent juste souligner l’importance capitale du chlore dans la production chimique industrielle. D’autre part, c’est une partie où les auteurs parlent de l’histoire des pesticides, développés à l’origine grâce à d’importants stocks de chlore dont on ne savait que faire. Enfin, on trouve p.196 du livre : « après les organochlorés, ce sera le tour des organophosphorés. » Les auteurs savent donc qu’il existe des pesticides sans chlore.

  • « La preuve : le Danemark a interdit [le Round-up] ...en 2003. »

GRW : Faux ! Le Round-Up est toujours homologué au Danemark.

Vérification : on trouve p.205 du livre la vraie phrase : « La preuve : le Danemark a restreint [le Round-up] ...en 2003. »
GRW a remplacé « restreint » par « interdit »...

  • « En août 2006, nouvelle compilation de l’Ifen : cette fois, tenez-vous bien, 96% des cours d’eau et 61% des eaux souterraines contiennent au moins un pesticide. »

GRW : Faux ! C’est dans 96 % des points de prélèvements et non 96% des cours d’eau ; une précision qui figure dans le rapport de l’Ifen !

Vérification : voici ce que dit aussi le rapport de l’IFEN :« bien que ces points ne constituent pas un échantillon entièrement représentatif de l’ensemble des cours d’eau et des nappes souterraines du territoire national, ils permettent néanmoins de donner un aperçu de la contamination des eaux par les pesticides. »

Et la vision de l’INRA : « le sixième rapport IFEN sur les pesticides dans les eaux pointe ainsi une contamination quasi-généralisée des eaux par ces produits.

  • « Le parathion est attribué à Monsanto. »

GRW : Faux ! Il a été découvert par le Dr Gerard Schrader pour la société IG Farben dans les année trente.

Vérification : On trouve ceci dans le livre (p.204) : « un des nombreux pesticides mis au point ou commercialisés par Monsanto ». Les auteurs ne disent donc pas que Monsanto a créé le parathion.

  • « La Comtox, composée uniquement d’experts en toxicologie ».

GRW : Faux ! Il y a des spécialistes du sol, de l’environnement, de l’eau, des médecins, des universitaires, des représentants de différents ministères (Santé, Ecologie) et des écotoxicologues...

Vérification : les auteurs citent, dans ce passage p.221 du livre, le site de la « Direction Départementale de l’Agriculture et des Forêts du Nord » et détaillent ensuite largement la composition de la Comtox au chapitre 12 du livre. Au passage, voici une citation accablante du président d’honneur de la Comtox (chargée d’évaluer la dangerosité des pesticides) : « les générations futures se démerderont comme tout le monde » (p. 222 du livre).

  • « Car le méchant juge décide de suspendre du même mouvement l’autorisation de commercialiser le Régent ».

GRW : Faux ! Le juge Guary n’a rien interdit, c’est Hervé Gaymard qui a suspendu la commercialisation des traitements de semences à base de Régent.

Vérification : le livre précise bien que M. Gaymard a suspendu la commercialisation des produits contenant du fipronil (p.63 du livre). Mais le juge a effectivement été plus rapide que le ministre, cf arrêt en date du 16 décembre 2006, chambre criminelle n° pourvoi 06-80025 du parquet de Saint-Gaudens, repris dans la presse :

« La justice suspend la vente du Régent, accusé de tuer les abeilles »

C’est d’ailleurs sans doute la décision du juge a d’ailleurs qui a poussé le ministre à agir à son tour.

  • « Et le soja transgénique résistant au Round-Up a entraîné une augmentation des ventes de l’insecticide de 72% »

GRW : Faux ! le Roundup est un herbicide et non un insecticide. Quelle maîtrise du sujet !

Vérification : voici l’extrait exact : « Et le soja transgénique résistant au Round-Up a entraîné une augmentation des ventes de l’herbicide de 72% ».
Les auteurs ont donc employé le terme exact, c’est GRW qui déforme leurs propos !

  • « Le fipronil a toutes les chances de passer dans le lait, de s’y fixer et de contaminer ensuite ceux qui le boivent. ».

GRW : Faux ! Aucune étude n’a jamais mis en évidence la moindre trace de fipronil dans le lait.

Vérification : voici un avis de l’Afssa : « Pour l’enfant en bas-âge fort consommateur de lait, l’exposition théorique au fipronil peut, dans certains scénarios, dépasser la dose de référence toxicologique. »

On reste dans une approche théorique mais les auteurs, qui ont utilisé le conditionnel pour tempérer leur propos, ont raison de dire que le risque existe.

  • La présence de pesticides dans les eaux serait en « augmentation constante depuis des décennies ».

GRW : Faux ! Dans le rapport de l’Ifen de 2006, on peut lire que les valeurs de 2004 « sont très proches de celles figurant dans le sixième bilan annuel des pesticides dans les eaux, relatives à l’année 2002 ». En outre, les résultats ne sont systématiquement communiqués par l’Ifen que depuis 1998 (donc pas des décennies).

Vérification : les pesticides de synthèse sont utilisés depuis des décennies et les eaux françaises sont désormais très contaminées donc il y a eu une très forte dégradation depuis des décennies. De plus, il est logique qu’entre 2004 et 2002, les valeurs soient proches puisque 96 % des points de collecte sont touchés. Il ne peut plus y avoir de grande augmentation à ce niveau là !

  •  « Le constat sur le terrain est terrifiant. On glisse, on dérape sur des tapis d’abeilles mortes ».

GRW : Faux ! Aucune des études réalisées sur le terrain n’a mis en évidence des « tapis d’abeilles mortes ». Selon Eric Thybaud, en charge du dossier Gaucho pour la ComTox, « on n’a jamais réussi à montrer [les effondrements d’abeilles décrits par les apiculteurs] sur les études de terrain. »

Vérification : j’ai contacté Éric Thybaud (sans réponse pour le moment) pour savoir si ces propos sont bien les siens et s’ils n’ont pas été déformés. En attendant, voici un lien vers un article des Échos.

  • « Si on donne à l’insecte une plante gorgée d’un pesticide qu’elle produit, il s’habitue bien mieux que si vous lui infligiez une forte dose chimique à un moment particulier de sa vie. »

GRW : Faux ! Le maïs Bt a une efficacité supérieure à un traitement insecticide sur la pyrale.

Vérification : d’une part, nous avons un avis mitigé du gouvernement canadien sur la question, d’autre part, les cas d’insectes résistants aux pesticides (de même que des microbes résistants aux antibiotiques) sont avérés. Le livre précise d’ailleurs qu’un insecte plus dangereux que la pyrale s’est installé sur le maïs OGM (p. 249 du livre), confirmant les craintes du Sénat.

 

  • « Pour combattre nématodes, charançons ou champignons sur le bananier, il faut venir, repasser, revenir encore. Et pulvériser. Sur la plante ».

GRW : Faux ! Hormis les fongicides, effectivement appliqués sur la plante, tous les autres traitements sont effectués au pied des plantes.

Vérification : le glyphosate, substance active de nombreux herbicides, non seulement pénètre par les parties aériennes de la plante mais en plus ne pénètre pas par la racine.

On retrouve confirmation sur le site même du Roundup qui parle bien de « pulvériser sur le feuillage et les parties vertes ». On a d’autres confirmations par le CNRS et l’AFFSET.

  •  « Par précaution, précisons que dans les lignes qui suivent, nous n’affirmerons rien d’autre que notre grande ignorance ».

GRW : Vrai ! Mais diable, pourquoi alors avoir écrit ce livre ?

Vérification : les auteurs ont le mérite de le reconnaître et ont de multiples sources pour compenser.

  • Conclusion

Le livre est étayé et connu (vendu à plus de 20 000 exemplaires). Les principales (seules ?) critiques négatives viennent de GRW que tout le monde s’est empressé de copier/coller sur des sites ou des forums sans vérifier et c’est bien dommage : ses critiques sont faibles (14 critiques à rapporter aux 373 pages du livre), sans source, se fondent essentiellement sur des détails et sont exagérées voire carrément erronées.

Nous avons démontré que les deux sites analysés contiennent des erreurs flagrantes. Si GRW et Gwen Le Gac ne corrigent pas leur site respectif, nous pourrons considérer qu’il s’agit de désinformation volontaire.

Le livre critique haut et fort avec moult détails le travail du lobbye des pesticides qui sème le doute pour gagner du temps (comme pour le tabac et le réchauffement climatique) et cherche à ne pas ébruiter l’affaire autour du livre. Faisons du bruit ! Comme disent les auteurs en conclusion de leur livre : « à chacun son travail ». Ils nous ont alerté, à nous désormais de diffuser l’information !

Pour finir...

Un petit jeu : allez sur le site de Libération et faites une recherche avec le mot « pesticides ». Aucune trace de la critique qu’ils ont faite du livre mais vous verrez apparaître dans les « liens sponsorisés », le site de promotion des pesticides mis en place par l’UIPP (les fabricants de pesticides).

Thèmes

Ecologie Alimentation Agriculture Pollution OGM Pesticides Santé menacée

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184 votes

commentaires
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par Philippe VIGNEAU (IP:xxx.xx3.82.132) le 14 septembre 2007 à 12H38

brillantissime ! bravo !

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par aurelien (IP:xxx.xx0.198.12) le 14 septembre 2007 à 13H28

La pub de promotion des pesticides de l’UIPP avait aussi été présenté par le journal Le Monde (avec une grande bannière visuelle), il ya quelques temps.

Suite à cela, j’ai contacté le journal, car après un article sur "We feed the world", je trouvais un peu incohérent de placer une publicité de sponsor des multinationales de l’agrochimie sur leur journal (toutes membres de l’IUPP).

A la suite de cela, la publicité a été retirée du journal Le Monde.

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par aurelien (IP:xxx.xx0.198.12) le 14 septembre 2007 à 13H33

Merci pour cet article faisant le point sur des sites de propagande de certains lobbys.

J’ai également écrit une fois à l’UIPP, concernant leur édito sur leur site concernant les pesticides, et je n’ai jamais eu de réponse.

Ce genre d’organisme semble uniquement créé pour faire de pour soutenir les multinationales de l’agrochimie, comme le témoigne le concept d’"agriculture raisonnée", qui n’est qu’un outil de communication industriel.

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par Emmanuel (IP:xxx.xx2.132.208) le 14 septembre 2007 à 15H39

Bravo pour ce travail de contre-information, d’autant plus que la critique de Gil Rivière-Wekstein était foireuse puisqu’il ne citait les numéros de pages du livre.

Encore merci à vous. Menons la vie dure à l’agrochimie.

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par seik (IP:xxx.xx5.74.206) le 14 septembre 2007 à 16H48

merci d’avoir mis à notre disposition un matériel documentaire autrement plus documenté que celui de monsieur Gil Rivière-Wekstein .

il en est de son site comme d’autres qu’il surfe sur la vague d’un public énervé ; c’est plus un fond de commerce qu’une critique constructive .

quand à gwen le Gac elle cherche du travail c’est tout a son honneur .en faire une alliée eut été plus constructif semble t’il !!!

mais bon vous semblez plus dans la notion de "combat " que d’explication , d’adhésion .

comme votre adversaire !!

vive l’ECOLOGIE quand meme .

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par L’équipe NaturaVox le 14 septembre 2007 à 17H14

Bonjour,

Du changement au niveau européen... http://www.journaldelenvironnement....

Bien à vous,

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(IP:xxx.xx7.219.48) le 14 septembre 2007 à 18H39

"Étonnamment, ce livre a fait parler de lui mais pas autant qu’il aurait dû"

Moi je veux bien qu’on en parle de ce livre, mais comment je fais ? Si tous les élus, toutes les administrations, tous les journalistes font la sourde oreille, qu’est-ce qu’on y peux ? :/-)

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par Pierre Darmangeat (IP:xxx.xx3.79.1) le 19 septembre 2007 à 18H53

Bonjour, Comment faire ? C’est effectivement la question principale que se pose le lecteur de base, c’est-à-dire la plupart des gens (dont je suis). Toutes les instances gouvernementales responsables font effectivement la sourde oreille et ce, à tous les niveaux pour ce qui est de la santé publique et de l’environnement. Par exemple, « on » fait un coup d’éclat en envoyant un super-ministre de l’Environnement constater de visu ce que tout le monde sait depuis fort longtemps : les glaces de la planète fondent (il n’y a qu’à regarder les glacier des Alpes, pas la peine d’aller si loin), et la banquise fond comme beurre au soleil… Gâchis financier, gâchis de carburant, participation au réchauffement par l’affrêtement inutile d’un avion présidentiel luxueux dans lequel on est surpris de trouver un sympathique médecin aventurier et chercheur… Par exemple, « on » parle haut et fort de la catastrophe qui vient de toucher les Antilles, on s’aperçoit que la terre est empoisonnée, alors que les Antillais écolos se tuent à le crier depuis des années et des années. « On » continue à prendre les gens (vous et moi) pour des imbéciles… Les Antilles, on en parle parce qu’elles viennent d’être dévastées par un joli cyclone, et que ne pas en parler ferait désordre. Parle-t-on des autres Dom, des Tom ? Jamais. Qui, parmi vous, a jamais entendu un membre du gouvernement quel qu’il soit, tirer la sonnette d’alarme au sujet de l’environnement de la Nouvelle-Calédonie, par exemple ? Et pourtant… Alors, oui, « Comment faire ? » P. S. : J’ai lu ce livre, bien entendu. Le pire n’est pas tant l’énumération des substances toxiques employées joyeusement et répandues à l’envi depuis des lustres, mais bien la monstrueuse collusion de toutes les instances gouvernementales de notre beau pays, que celui-ci fût rose, blanc, ou bleu, avec le lobby agro-chimique ! Et ce ne sont pas les effets de manches du proche « Grenelle de l’Environnement » qui y changeront quoi que ce soit : ce n’est que poudre aux yeux afin de nous endormir, et les empoisonneurs ont de beaux jours devant eux. Ces gens sont des assassins en puissance, au sens propre : ils ont le pouvoir d’imposer leurs décisions à nos gouvernants, lesquels se gardent bien de leur faire du tort. La Terre est malade. De l’Homme. Il faut lire aussi le bouquin d’Yves Paccalet « L’espèce humaine disparaîtra, bon débarras ! » On y trouve une saine colère et un brin de poésie qui ne gâte rien. Bien cordialement ;) + :/-)

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par velocopeau (IP:xxx.xx7.137.29) le 20 septembre 2007 à 19H11

Comment faire ?

Manger bio. Mettre en place des AMAP pour avoir des légumes moins cher et un contact direct avec le producteur. De plus en plus de collectivités arrêtent les pesticides dans leur service des espaces verts.

Et puis, voter pour ceux qui sont contre ce système. Ou faire soi-même de la politique. Un simple courrier à sa mairie peut faire réagir.

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par lepiche (IP:xxx.xx5.60.110) le 14 septembre 2007 à 23H25

Un commentaire de GRW est quand même exact.

Quand il est dit :

« Pour combattre nématodes, charançons ou champignons sur le bananier, il faut venir, repasser, revenir encore. Et pulvériser. Sur la plante ».

GRW : Faux ! Hormis les fongicides, effectivement appliqués sur la plante, tous les autres traitements sont effectués au pied des plantes.

GRW a raison. Quand il dit "au pied des plantes", il parle lui aussi des bananiers. Mais bien sûr, le glyphosate doit être appliqué sur les mauvaises herbes pour les détruire (appliqué sur le bananier, il le détruirait), plantes dont vous parlez dans votre vérification ci-dessous.

Vérification : le glyphosate, substance active de nombreux herbicides, non seulement pénètre par les parties aériennes de la plante mais en plus ne pénètre pas par la racine. On retrouve confirmation sur le site même du Roundup qui parle bien de « pulvériser sur le feuillage et les parties vertes ».

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par velocopeau (IP:xxx.xx7.137.29) le 20 septembre 2007 à 19H16

<<<GRW: Faux ! Hormis les fongicides, effectivement appliqués sur la plante, tous les autres traitements sont effectués au pied des plantes.>>>

GRW a tort car les insecticides sont pulvérisés sur la plante et certains herbicides aussi. Je ne sais pas ce qu’il en est exactement pour les bananiers mais des variétés OGM sont faites justement pour résister aux herbicides pour pouvoir épandre plus facilement. Ainsi, on détruit toute vie, sauf la plante prévue pour résister.

Et l’actualité de la banane nous montre que les pesticides sont ravageurs pour la santé humaine : http://www.lefigaro.fr/sciences/200...

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par jfa16 (IP:xxx.xx5.192.116) le 15 septembre 2007 à 15H03

Bravo pour cet article clair, précis et documenté.

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par Rouletabille (IP:xxx.xx7.60.48) le 17 septembre 2007 à 08H50

Alors que les ventes de leur livre Pesticides, révélations sur un scandale français, connaissent un net ralentissement, François Veillerette et Fabrice Nicolino viennent de recevoir un très embarrassant soutien, en la personne d’un mystérieux personnage masqué sous le pseudonyme de Velocopeau. Ce dernier aurait « mené une petite enquête » sur les « mensonges que l’on trouve à propos du livre Pesticides, révélations sur un scandale français ».

Le 21 août 2007, il a adressé les fruits de ses « recherches » à A&E « avant diffusion sur le net, afin de récolter [ses] remarques ». Une démarche toute à son honneur...sauf que son texte figurait déjà sur Internet (sur le forum du site doctissimo.fr) dès le 16 août 2007 ! Mais au-delà de ce petit mensonge, qu’a découvert notre justicier de la vérité ? Que le rédacteur d’A&E - « un des seuls médias à critiquer négativement ce livre » -, est membre de l’Association française des journalistes agricoles (Afja), dont font également partie, en tant que membres associés, plusieurs directeurs de communication des industriels producteurs de pesticides. De là, le subtil Velocopeau tire hardiment la conclusion suivante : « Il y a donc un lien entre Agriculture et environnement et les fabricants de pesticides ». Difficile de faire plus ridicule !

Ensuite, Velocopeau croit avoir repéré que deux des quatorze critiques du livre effectuées par A&E trafiqueraient les citations. C’est qu’il ne retrouve pas qu’en page 249, François Veillerette et Fabrice Nicolino qualifient à tort d’insecticide l’herbicide Round-Up, ainsi que l’a relevé A&E. De même, une autre erreur de taille lui échappe : le fait que MM. Veillerette et Nicolino ont écrit que « le Danemark a interdit [le Round-up] ...en 2003, alors qu’il est toujours homologué », comme l’a également signalé A&E. Comblé par ses deux découvertes, Velocopeau s’indigne : « C’est de l’escroquerie ! On trouve p.205 du livre la vraie phrase : “ La preuve : le Danemark a RESTREINT [le Round-up] ...en 2003.” “ Restreint” et non pas “ interdit“ ! Il y a une différence énorme ! Gil Rivière-Wekstein commet une erreur soit très grossière, soit volontaire. Trafiquer une citation pour pouvoir la critiquer est un procédé peu flatteur ! »

Mais n’importe qui ne s’improvise pas Rouletabille ! Car si Velocopeau ne retrouve pas ces citations, c’est tout simplement que MM. Veillerette et Nicolino ont bien pris acte des erreurs majeures qui figuraient dans l’édition originale de leur ouvrage. Donnant raison à A&E, ils ont d’ailleurs pris la précaution de ne pas les reproduire dans les rééditions suivantes... Avant de s’exciter, notre fin limier aurait dû s’assurer qu’il consultait bien la bonne version du livre !

http://www.agriculture-environnemen...

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par velocopeau (IP:xxx.xx7.137.29) le 17 septembre 2007 à 11H33

Réponse au commentaire de Rouletabille (a priori, il s’agit de Gil Rivière-Wekstein si j’en juge le lien à la fin de son commentaire)

1) Rouletabille : De là, le subtil Velocopeau tire hardiment la conclusion suivante : « Il y a donc un lien entre Agriculture et environnement et les fabricants de pesticides ». Difficile de faire plus ridicule !

Vélocopeau : Ridicule ? Je n’emploie pas les termes de complicité, corruption... je dis juste qu’il y a un lien et il y en a effectivement un, vous ne démontrez pas l’inverse (ce serait d’ailleurs difficile).

2) Rouletabille : Avant de s’exciter, notre fin limier aurait dû s’assurer qu’il consultait bien la bonne version du livre !

Vélocopeau : quelle version ? Sachant que Gil Rivière-Wekstein ne cite ni l’édition du livre, ni les pages où il pioche ses citations, comment savoir sur quoi il se base ?

3) Rouletabille : Le 21 août 2007, vélocopeau a adressé les fruits de ses « recherches » à A&E « avant diffusion sur le net, afin de récolter [ses] remarques ». Une démarche toute à son honneur...sauf que son texte figurait déjà sur Internet (sur le forum du site doctissimo.fr) dès le 16 août 2007 !

Vélocopeau : effectivement, mais mon article n’était pas fini (comme je l’annonce d’ailleurs sur le forum en question, cf lien ci-dessous). Dès que mon article m’a semblé fini, je l’ai envoyé pour relecture aux différentes parties. http://forum.doctissimo.fr/nutritio... Pour reprendre Rouletabille : "Avant de s’exciter, notre fin limier aurait dû s’assurer qu’il consultait bien la bonne version de l’article !"

M. Rouletabille, avez-vous des arguments sur mes autres commentaires ? Si non, peut-on considérer alors que "qui ne dit mot consent" et que mes critiques sont pertinentes ?

On attend toujours une vraie critique du livre sur le fond et par sur quelques détails...

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par Fabien (IP:xxx.xx6.119.221) le 1er octobre 2007 à 19H59

Effectivement, il y a des erreurs dans la première édition du livre. Effectivement, le Round’up est cité comme insecticide. Cela dit, difficile d’en tirer la conclusion que les auteurs maîtrisent mal leur sujet. A l’écriture, on peut faire ce type d’erreur. Une investigation débouchant sur un ouvrage de près de 400 pages est un gros travail. En revanche, Fayard devrait s’offrir des correcteurs scientifiques dignes de ce nom.

En revanche, même sans erreur de forme, la critique de nature et environnement reste très superficielle sur le fond, sans compter que certaines des remarques de Vélocopeau restent néanmoins probablement valables.

L’ensemble des articles du site Nature et environnement est léger sur le fond, d’ailleurs. Comme cet article insistant sur le fait que les effondrements de colonies d’abeilles sont dues à un parasite. Comme s’il n’était pas plausible qu’un parasite profite de l’affaiblissement des abeilles par d’autres causes pour se propager. La notion de cofacteur, c’est trop complexe pour votre petite tête, monsieur Weikstein ?

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par GRW (IP:xxx.xx7.185.32) le 6 octobre 2007 à 15H11

Fabien a écrit : "Comme s’il n’était pas plausible qu’un parasite profite de l’affaiblissement des abeilles par d’autres causes pour se propager. La notion de cofacteur, c’est trop complexe pour votre petite tête, monsieur Weikstein ?"

Mais, cher ami,

Le fait que les causes de mortalités d’abeilles sont multifactorielles est précisément la thèse de mon livre : Abeilles, l’imposture écologique !!! (www.affaire-gaucho-regent.com)

D’ailleurs, les mêmes apiculteurs qui attribuaient tous leurs problèmes de mortalités au Gaucho et au Régent, et qui prétendaient que les maladies n’étaient pas un problème, ont aujourd’hui quelques difficultés pour expliquer ce qui se passe dans les ruchers depuis l’interdiction de ces deux produits !

Il est vrai que depuis les américains font des recherches sur les causes d’effondrements de leurs colonies. Et qu’ont-ils trouvé : des virus, de la varroase, des protozoaires (Nosemosa Apis et Ceranae), bref que des maladies... Et rien de très significatif sur les pesticides. Etrange non ?

Gil Rivière-Wekstein

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par velocopeau (IP:xxx.xx7.137.29) le 10 octobre 2007 à 12H18

GRW "Il est vrai que depuis les américains font des recherches sur les causes d’effondrements de leurs colonies. Et qu’ont-ils trouvé : (...) rien de très significatif sur les pesticides. Etrange non ?"

Ben non, rien d’étrange là-dedans. D’une part, c’est aux USA, le contexte peut être différent, d’autre part, vous ne citez encore une fois aucune étude, c’est un peu facile... Surtout, les études sont souvent financées par des fonds privés et il est bien plus pratique de rechercher des causes extérieures plutôt que celles qui impliqueraient ceux qui financent les études... Le livre de Veillerette et Nicolino démontre très bien les intérêts en jeu et pourquoi on n’arrive pas à avoir d’étude indépendante. Il y a quelques années, on aurait pu avoir le même débat sur l’amiante ou le tabac. On sait maintenant ce qu’il en est ! Je pense qu’un minimum de prudence est nécessaire si on ne veut pas risquer d’avoir des morts sur la conscience. Mais peut-être vous arrangez-vous avec votre conscience ?

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par velocopeau (IP:xxx.xx4.243.1) le 16 octobre 2007 à 14H58

GRW : "les américains font des recherches sur les causes d’effondrements de leurs colonies. Et qu’ont-ils trouvé : (...) rien de très significatif sur les pesticides."

Un article citant Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l’INRA : "Que faire pour tenter d’enrayer le déclin des abeilles ?

Les causes de leur régression sont connues : élimination de leurs sites de nidification, raréfaction des plantes qui leur fournissent nectar et pollen, maladies et parasites... Et, surtout, épandage de pesticides, particulièrement destructeurs pour les abeilles. Celles-ci, en effet, possèdent très peu de gènes de détoxification, comme l’a confirmé tout récemment le séquençage du génome de l’abeille domestique.

Comment agir ? En ce qui concerne la réduction et la fragmentation de leurs habitats, on peut tout à fait renverser la tendance. Si on se contente de faucher les talus une fois par an, si on préserve un peu mieux les prairies naturelles, si on optimise l’utilisation des jachères fleuries, les abeilles se porteront déjà mieux. De même si l’on prend des mesures plus efficaces d’un continent à un autre contre les espèces invasives, tel le frelon asiatique. Mais, avant tout, il faut réduire l’usage des pesticides. Les agriculteurs comme les jardiniers doivent prendre conscience que les abeilles sont totalement démunies vis-à-vis de ces produits toxiques. Et qu’elles sont de précieuses auxiliaires de leurs cultures, à protéger en priorité."

http://www.lemonde.fr/web/article/0...

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par frontenas (IP:xxx.xx9.101.204) le 20 septembre 2007 à 17H51

J’ai pu découvrir grâce à Velocopeau le site agriculture-environnement.fr que je trouve très bien fait. J’ai pu mesurer un certain nombre d’enjeux de l’agriculture et les gentils ne sont aps toujours ceux que l’on croit. D’ailleurs, cela montre surtout que sur ces questions d’agri et de développement durable, les choses ne sont ne sont jamais noir/blanc. JE vous recommande donc vivement ce site pour mieux comprendre les enjeux du Grenelle de l’E. www.agriculture-environnement.fr

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par velocopeau (IP:xxx.xx7.137.29) le 20 septembre 2007 à 19H18

Comment pouvez-vous dire ça après mon article ?

Je ne dis pas que tout le site est un tissu de mensonges, je ne me suis intéressé qu’à la partie qui concerne le livre mais tout de même, ce site mérite d’énormes pincettes avant de le prendre pour argent comptant...

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par bolino (IP:xxx.xx4.155.216) le 9 octobre 2007 à 20H59

Comment le peut-il ? Frontenas ne serait-il pas tt simplement un nouveau faux-nez pour ce pathétique GRW ??  :-p

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par JFK (IP:xxx.xx8.38.198) le 13 février 2012 à 11H07

A propos de Gil RIVIERE-WEKSTEIN

En 2003, il est interpellé par des amis agriculteurs, qui lui proposent de lancer une lettre d’information indépendante des syndicats et des associations professionnelles, pour répondre aux mises en cause environnementales de plus en plus fréquentes dont le monde agricole fait l’objet. De cette rencontre est née Agriculture & Environnement (A&E), une lettre résolument polémique et engagée.

Un mercenaire au service de toutes les causes rentables.

Les Auteurs deBiodiversité