NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
Comment sauver nos ours ?

Article publié le 22 avril 2008

L’impunité prévaut aujourd’hui pour les tueurs d’ours. Les dernières affaires (dont celle de l’ourse Cannelle) ne cessent de le démontrer. A quand un engagement véritable de l’Etat pour cesser cette mascarade ? AVES France lance un appel.

Comment sauver nos ours ?

Rappelez-vous, c’était le 1er novembre 2004. La France apprenait que l’ourse Cannelle avait été abattue par un chasseur lors d’une battue au sanglier. C’est aujourd’hui, le 21 avril 2008, que la justice a rendu son verdict et a relaxé René Marquèze, le chasseur responsable de la mort de la dernière femelle de souche Pyrénéenne. L’annonce de Jacques Chirac qui qualifiait, ému en Conseil des Ministres, que « la disparition de Cannelle est une grande perte pour la biodiversité en France et en Europe » n’aura donc pas suffit. Cette décision de justice ne nous étonne malheureusement pas. L’Etat n’est d’ailleurs pas directement responsable de cette décision... Mais il l’est indirectement. Pourquoi ?

Depuis des années, la gestion de l’ours en France est devenu un combat politique. Nous avons déjà dénoncé à plusieurs reprises les élus locaux qui servent la soupe populiste (et non populaire) et se forgent un nom sur leur combat anti-ours. Défenseurs de la brebis libre et de l’agneau de montagne, Augustin Bonrepaux et Jean Lassalle en tête ont réussi à déplacer des montagnes et à déclarer la guerre à l’ours. Avec le butin en or massif de l’IPHB (Institut Patrimoniale du Haut-Béarn), association qui était censée apaiser les tensions entre l’homme et l’animal, ce sont les associations dites ultra-pastorales qui ont vu le jour. Perturbation des lâchers, saccage des communes pro-ours, grands organisateurs de manifestations et de battues anti-ours sous l’œil avisé des journalistes de tous poils, la guerre contre l’ours était déclarée, malgré les aides du plan ours faramineuses versées au pastoralisme pour soutenir cette activité.

Mais qui garde les troupeaux ? Pourquoi ne pas mettre en place des moyens de protection ? Tout simplement, l’ASPAP vous le dira, parce que la cohabitation est IMPOSSIBLE ! Voyez le bel exemple de l’AOC Barèges-Gavarnie qui, sous prétexte de tradition, ne peut pas parquer ses troupeaux ! Etonnant quand on apprend que "La tradition jusqu’en 1960 était de garder les brebis par des bergers avec des chiens (patous, borders collies ou labrits), également en Pays Toy". Ce n’est que récemment que les pratiques ont changé et 40 ans ne font pas une tradition. Le cahier des charges de l’AOC (Agneau du pays Toy) indique que les animaux doivent être élevés à l’herbe, il ne dit pas que les animaux doivent être libres sans surveillance. Le cahier des charges ne précise pas non plus qu’on n’ait pas le droit de rassembler les animaux tous les soirs.

Mais là, je m’égare... avant de revenir à la responsabilité de l’Etat dans le verdict qui nous intéresse, je me permets de vous rappeler quelques affaire précédentes.

  • 1994, l’ourse Claude est abattue par deux chasseurs. A l’époque, il semble que la justice était beaucoup plus ferme envers les destructeurs d’espèces protégées. Le 16 février 1999, quatre ans après les faits, le tribunal correctionnel de Pau condamnait Alain Cedet et André Apiou (âgés respectivement de 41 et 79 ans) à une amende de 10.000 francs chacun, plus 39.252 francs de dommages et intérêts de frais de procédures, ainsi que d’un retrait du permis de chasse pour une durée de 5 ans.
  • 1997, l’ourse Mellba est abattue par un jeune chasseur. En plaidant l’état de nécessité (légitime défense), il bénéficie d’un non lieu.
  • 2004, l’ourse Cannelle est abattue par un chasseur (René Marquèze). En plaidant la légitime défense, il bénéficie d’un non lieu. Sous la pression des associations de protection de la nature, qui pensent que Cannelle vaut bien un procès, le parquet général demande que René Marquèze, le chasseur qui a tiré sur le plantigrade, soit jugé en correctionnelle. Le verdict prononcé ce jour annonce la relaxe du chasseur ; l’état de nécessité est validé.
  • Rappelons également que l’autopsie de Papillon, mort de vieillesse, avait révélé la trace d’une décharge de plombs dans son corps. Palouma, morte accidentellement en août 2006 suite à une chute, avait été victime de battues illégales pour la chasser de son territoire. Franska, tuée accidentellement par une voiture le 9 août 2007, avait subi les mêmes battues illégales, et l’autopsie de sa dépouille avait révélé qu’elle était criblée de plombs avant son accident... et nos plaintes n’ont rien donné (pas même un courrier des tribunaux saisis).
Tuer un ours est pourtant un délit (art. 415.3) qui peut valoir à son auteur 9.000 euros d’amende et 6 mois de prison... mais pas en France apparemment. Les erreurs ...
  • Des manquements de l’Etat sur le dossier de la protection des ours dans les Pyrénées.
  • Une politique de réintroductions peu ambitieuse, dont le seul but est de satisfaire les exigences de la communauté européenne. La France compte-t-elle un jour avoir une population d’ours viable sur son territoire ?
  • Une mauvaise utilisation des fonds destinés au plan ours, puisque l’IPHB a été subventionnée pendant de longues années sans pouvoir fournir de résultats, et en continuant d’indemniser les éleveurs qui refusent de mettre en place des mesures de protection sur leurs troupeaux
Les solutions ...
  • La création de zones de protection intégrale sur le territoire des ours (retour des réserves Lalonde qui avaient été instituées en 1990 par Brice Lalonde, puis abrogées par Michel Barnier en 1993, qui est d’ailleurs actuellement notre ministre de l’agriculture).
  • L’interdiction de la chasse et notamment des battues sur les zones dans lesquelles les ours sont signalés par l’équipe technique ours, chargée du suivi des plantigrades.
  • Que l’Etat mette en place un contrat avec les éleveurs afin de rendre systématique la protection des troupeaux dans les zones à ours.
Lien utiles
Conservation de l’ours des Pyrénées : le retour des réserves Lalonde
Ours : AVES France et Génération Ecologie plaident pour les zones de protection intégrale !
Lassalle - Bonrepaux : un couple anti ours uni pour le meilleur et pour le pire !
L’ours et l’IPHB
Ours des Pyrénées : quand la montagne brûle... Lien image
http://images.google.fr...
Bookmark and Share
60 votes

commentaires
votez :
par Joe Chruk (IP:xxx.xx1.20.123) le 22 avril 2008 à 12H58

Pour conserver l’espèce il faudrait, comme en Slovénie,que les protecteurs des Ours les approvisionnement régulièrement en nourriture. Ils ne seraient pas ainsi obligé d’attaquer les troupeaux. Au Quebec où il est recensé plus de 20 000 Ours, ceux ci ne font jamais de dégat car ils ont assez d’espace vital pour se nourrir à 80% de végétaux et de quelques animaux sauvages bléssés.

votez :
par tyler (IP:xxx.xx3.82.129) le 22 avril 2008 à 14H02

incroyable de lire des trucs aussi faux (surement une personne des villes qu’affectionne un peu plus bas Lea)... les ours slovenes ne sont pas nourris pour la simple et bonne raison que c’est une directive europeenne qui empeche cela et ce depuis le debut des annees 2000... la meme directive qui a prive les vautours espagnols des charniers mais c’est un autre probleme...

votez :
par michel (IP:xxx.xx3.71.164) le 22 avril 2008 à 21H00

Initié en 1982, puis généralisé à l’ensemble des régions à partir de 1983, l’inventaire du patrimoine naturel a permis de localiser et de décrire les zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique. On distingue les ZNIEFF de type I, qui correspondent à des zones d’intérêt biologique remarquable (espèces ou habitats de grande valeur écologique).Au total 1455 ZNIEFF, couvrant une superficie totale de 11 928 km² (sans double compte), ont été inventoriées en Midi-Pyrénées. Nous n’allons pas faire la fine bouche et prendre pour simplifier une superficie de 12 000 km² ou vivent allez, 6 ours soit 0,0005 ours au km² et vous vous dites 20 000 ours pour une superficie de 1 667 441 km² soit 0,011 ours au km² et vous pensez que les ours pyrénéens moins nombreux que les ours canadiens font plus de dégâts ? Cherchez l’erreur !! Vous êtes vraiment sérieux Monsieur ?

votez :
par tss (IP:xxx.xx0.146.50) le 22 avril 2008 à 13H11

un rapport avait noté il y a quelque temps que la région midi-pyrénées etait la region où les gens se comportaient le plus brutalement avec les animaux domestiques !! alors les sauvages !pfuuu !

votez :
par JL (IP:xxx.xx3.87.192) le 22 avril 2008 à 13H15

Cette argument de légitime défense est insoutenable. En effet, de deux choses l’une : ou bien les ours sont dangereux pour les promeneurs, et ceux qui ne sont pas armés sont en danger, ou bien les chasseurs se mettent délibérément en situation de danger, et dans ce cas ils doivent prendre leurs responsabilités.

votez :
par Léa (IP:xxx.xx1.79.59) le 22 avril 2008 à 13H50

Il devient de plus en plus évident, que certains ont un avis sur tout ce qu’il ne maitrise pas. Les chasseurs dans cette vallée sont les premiers défenseurs des ours et ce, depuis longtemps...Il est certain qu’à Rouen vous avez peu de chance d’etre confronté à un tete à tète avec une ourse accompagnée de ses petits. Pour comprendre il faut l’avoir vécu, malheureusement, mais peu sont encore là pour pouvoir le raconter.

votez :
par Philippe VIGNEAU (IP:xxx.xx3.82.129) le 22 avril 2008 à 13H59

salut Lea alors moi qui suis des Pyrenees j’ai droit de te poser une petite question : pourquoi les chasseurs de la vallee ne reclament pas le remplacement de Cannelle ?... pourquoi les chasseurs ne reclament pas un parc naturel la ou l’ours vit ?... trop facile de dire que les gens des villes ne comprennent rien...

votez :
par Michel Olivier (IP:xxx.xx3.71.164) le 22 avril 2008 à 17H46

Je pense que Christophe Coret en tant que Président de l’association AVES France peut donner son avis en toute connaissance de cause. Au cas où vous ne connaîtriez pas cette association voici ce qu’elle est :

AVES FRANCE est une association loi 1901 de protection de la nature et de la faune sauvage. Elle est née en juin 2005 pour protester contre les dérives de la chasse à l’ours en Roumanie et apporter un autre point de vue sur le dossier des grands prédateurs en France. Nous soutenons également tout projet de conservation des espèces menacées.

Nos missions sont les suivantes :

- l’éducation et l’information du public : pour cela, nous diffusons régulièrement des articles sur les espèces menacées et l’environnement sur notre site internet http://www.aves.asso.fr. Nous relayons des pétitions. Nous mettons également en place des expositions sur les ours, les loups et la protection des troupeaux dans les structures éducatives. Nous avons également le projet de proposer des conférences sur la déforestation. AVES FRANCE diffuse et soutient les projets de conservation des espèces menacées dans le monde. Nous relayons le travail des associations sur le terrain et récoltons des dons en leur faveur, afin de leur apporter le soutien financier du public français. Nous avons commencé à établir des partenariats avec des pays d’Amérique du sud et d’Afrique où les petites OGN locales n’ont que très peu de moyens et ont besoin de notre aide. Nous présenterons au fil des mois davantage d’espèces menacées méconnues du grand public ou mal aimées, comme les requins, les crocodiles, des membres de la famille des primates, des marsupiaux... Nous tentons de lutter contre les spectacles de montreurs d’ours et d’animaux sauvages. Nous portons une attention particulière à la conservation des grands prédateurs en France mais également en Europe. Aussi, AVES FRANCE porte plainte dans les cas de destructions d’espèces protégées (ours, loup, lynx...)

Donc ma brave dame Léa, vous dites que les chasseurs protègent les ours en Pyrénées ?? Vous avez des exemples à nous proposer, des actions entreprises par ces ardents défenseurs de la faune sauvage…pour la survie de l’espèce, la mort de Canelle dernière Ourse de souche Pyrénéenne, en est un exemple frappant, NON ?

Ce gentil R. Marquèze intrépide chasseur devant l’éternel :-( vous a, nous a (nous les Français tant de la campagne, que des villes) privé d’un patrimoine génétique (encore un) que nous ne retrouverons plus jamais. Vous ne trouvez pas cela grave ? Moi si ! Et je ne pense pas que se retrouver en face d’une ourse et de ses petit, nous mette en danger de mort…Il faut être complètement inconscient pour se retrouver dans une telle situation, car l’équipe de suivi des ours donne sans cesse la position des plantigrades. Enfin vous nous dites » pour comprendre, il faut l’avoir vécu » on pourrait croire que vous Vous êtes retrouvée dans cette situation, vous, la montagnarde accomplie… ;-) Et pour finir « Peu son encore là pour pouvoir le raconter » ce qui veut dire qu’ils sont tous morts tués par l’ours, ou qu’ils sont morts de vieillesse et que plus personne ne peut se vanter d’une telle situation car il n’y a plus d’ours dans le Pyrénées et qu’il est très difficile, à moins de le faire exprès, de tomber sur cet animal sauvage…

votez :
par Christophe CORET (IP:xxx.xx2.58.202) le 22 avril 2008 à 18H58

Peut-on être français et ne pas habiter dans les Pyrénées et donner son avis sur la gestion de l’ours ? Je pense que oui. Je suis ce dossier depuis des années, et même si je vis principalement à Rouen, je vis également en Transylvanie, en Roumanie, où la CHANCE de rencontrer des ours est bien importante que dans les Pyrénées. Alors oui, je me permets de donner mon avis. On peut avoir l’étiquette "écolo" même quand on est catalogué "citadin". Je puis vous jurer que lorsque je suis en roumanie, je suis certainement plus rural que vous !

votez :
par bodidharma (IP:xxx.xx1.101.164) le 22 avril 2008 à 19H48

Oui, l’homme est responsable et rendra compte un jour. Sur cette terre où l’ombre et l’aurore ont leur tour, Sois l’intendant de DIEU, mais l’intendant honnête. Tremble de tout abus de pouvoir sur la bête. Te figures-tu donc être un tel but final Que tu puisses sans peur devenir infernal Vorace, sensuel, voluptueux, féroce, Échiner le baudet, exténuer la rosse, En lui crevant les yeux engraisser l’ortolan Et massacrer les bois trois ou quatre fois l’an ? Ce gai chasseur, armant son fusil ou son piège, Confine à l’assassin et touche au sacrilège. Penser, voilà ton but ; vivre, voilà ton droit. Tuer pour jouir, non. Crois-tu donc que ce soit Pour donner meilleur goût à la caille rôtie Que le soleil ajoute une aigrette à l’ortie ; Peint la mûre, ou rougit la graine du sorbier ? DIEU qui fait les oiseaux ne fait pas le gibier

Victor Hugo  :-((

votez :
par kumasan (IP:xxx.xx5.199.221) le 12 juillet 2008 à 21H34

Un regain dans l’engagement politique citoyen pourrait aider à remettre en place les réserves Lalonde (entre autres choses) et combattre les chasseurs. Une mémoire à long terme sur les politiciens dangereux également. Par ailleurs, au lieu d’investir dans de l’immobilier à but lucratif, l’achat de terres au vu de constituer une réserve privée pourrait fonctionner. Au prix des terrains actuel, une coopérative ou un fonds sous forme d’association de mise en commun de terres serait envisageable.


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]

Les Auteurs deBiodiversité
Jacques Froissard - 1 articles
Biosphère Blog - 37 articles
ble2 - 10 articles
Sylvie Simon - 34 articles
lucazal - 1 articles
lisaravine - 1 articles
Loïc Fel - 78 articles
Ecoloteky - 207 articles