Article publié le 4 décembre 2008

Les résultats sont sans appel. Par exemple la Pie-grièche à poitrine
rose est "en danger critique" d’extinction sur notre territoire avec
seulement 30 à 40 couples en France.
Le Milan royal, pourtant espèce protégée, est classé "vulnérable",
victime de tirs au fusil et d’appâts toxiques. L’Aigle de Bonelli,
également protégé, est classé "en danger", menacé par la raréfaction du
lapin de garenne, sa proie favorite, et par les lignes à haute tension.
J’en suis d’autant plus affligé que j’ai beaucoup d’attachement pour le
Milan royal, très beau rapace à la queue en biseau rousse, facile à
repérer dans le ciel. Il venait souvent attraper des volailles dans la
basse cours de ma tante en Alsace lorsque j’étais petit et j’adorai
suivre la migration des Milan royaux et des Milan noirs qu’on voyait
encore nombreux planer dans le ciel de Suisse en septembre.
Parmi les espèces marines, le Pingouin torda et le Macareux moine, qui
subissent à la fois la pollution due aux hydrocarbures et les effets du
réchauffement climatique, sont considérés comme "en danger critique".
La conjugaison de l’ensemble de ces menaces se traduit par un déclin
marqué de nombreuses populations d’oiseaux comme le Pic cendré ou le
Bouvreuil pivoine dont la population a plongé de 60% en moins de 20
ans. C’est une tragédie naturelle, mais aussi culturelle. Toute mon
enfance je voyais ces magnifiques bouvreuils pivoine au dimorphisme
sexuel marqué (le male est pivoine, d’où le nom de l’espèce, et la
femelle marron) venir picorer les graines que nous leur destinions
l’hiver sur les rebords de fenêtre. Je n’en vois plus autour de la
maison familiale.
Au total, la part des espèces menacées est plus importante en métropole (26%) que dans l’ensemble du monde (12%), note l’UICN.
Mais tout n’est pas perdu, en faisant des efforts significatifs nous
pourrions inverser les tendances. Ainsi, les actions de protection des
zones humides engagées depuis plus de deux décennies ont permis
d’améliorer la situation de plusieurs espèces comme le Butor blongios,
un petit héron, et la Guifette moustac. Et après avoir disparu de
France pendant près d’un siècle, le Vautour moine niche à nouveau dans
les Grands Causses, en Aveyron, Midi Pyrénées, grâce à un programme de
réintroduction réussi.
Les causes de ces réductions d’effectifs sont aussi nombreuses que
diffuses. La première d’entre elle et dont nous devrions prendre
conscience pour certains écosystème c’est la perte d’habitat. Un
habitat forestier par exemple doit être suffisamment grand, les
reliques de forêt qui subsiste déci-delà ne sont pas un habitat
suffisant, trop éclaté. Les forêts n’ont pas toute la même qualité
écologique et il ne faut pas s’y tromper. Les grands espaces agricoles
sont souvent des « zones mortes » qui cumules les facteurs nocifs pour
la biodiversité. Il n’y a qu’à regarder la France sur Google Earth pour prendre conscience du problème des habitats naturels.

photo : autour de Waldighoffen, plaine d’Alsace
L’artificialisation du territoire qui ne cesse de grignoter de l’espace correspond à l’urbanisation et l’expansion des infrastructures. Elle engendre une perte de ressources naturelles et agricoles et une imperméabilisation des sols, généralement irréversible. La maîtrise de ce phénomène constitue un enjeu fort de l’aménagement durable des territoires.
Selon l’Ifen « En 2004, les zones artificialisées représentaient 8,3% du territoire métropolitain. Entre 1994 et 2004, elles ont progressé de 15%, ce qui représente une surface équivalente à celle d’un département français. Dans le même temps, la population n’a augmenté que de 5%. » Ces chiffres montrent l’irresponsabilité de notre non-gestion du territoire.
Les pollutions diffuses, qui affecte les réseaux trophiques (chaînes alimentaire) impactent sur l’ensemble de la biodiversité. Dans la même veine, nos pratiques agricoles non durable diminue la qualité des sols et donc de l’ensemble des écosystèmes ainsi affecté. L’Ifen encore explique que : « Les matières organiques du sol assurent de nombreuses fonctions environnementales. Elles constituent notamment un réservoir temporaire de carbone organique, pouvant agir comme source ou comme puits de carbone vis-à-vis de l’atmosphère. Les changements d’usage du sol et de pratiques agricoles influent sur l’évolution du stock de carbone des sols. Le stock de carbone organique dans les sols agricoles a diminué. Cette perte est estimée à 6 millions de tonnes de carbone par an, soit près de 0,2%, entre les périodes 1990-1995 et 1999-2004. Néanmoins, les sols forestiers ont stocké de l’ordre de 0,7 million de tonnes par an sur la même période.

source : IFEN
« La teneur en matières
organiques des sols européens diminue, sous l’influence de différents
facteurs : la conversion des pâtures, forêts et végétation naturelle en
terres arables, les labours profonds, le surpâturage, l’érosion des
sols, les feux de forêts et le changement climatique. Ce dernier laisse
augurer une accélération de la décomposition des stocks importants de
matières organiques des sols d’Europe du Nord. »
On remarquera que les zones les plus appauvri correspondent aux zones
les plus cultivées. Des pratiques nouvelles d’agriculture ou de gestion
des sols se développent, les modèles alternatifs et durables existent
mais il y a encore bien du chemin à parcourir. Sur la base de ces
constats et de l’urgence, nous pouvons tous participer en veillant à la
qualité de nos achats d’une part et nos pratique d’habitant d’autre
part (espace consommé, types d’habitations, éviter l’usage des
polluants etc…)
Photographie : Olivier Martin Delange
Thèmes
merci pour cet article indispensable
LA situation est dramatique , j’aimerai croire que l’homme va changer et proteger la (sa) nature.
Mais non... nous sommes trop cons !
Merci pour cet article de qualité en espérant qu’il participera à la sensibilisation du public !
Par contre, ce que j’apprécie beaucoup moins est la présence à coté cet article de la publicité de BAUMAUX devenu tristement célèbre par son attaque contre le producteur de semences KOKOPELLI ! Ce dernier, en adéquation parfaite avec les objectifs de NaturaVox, préserve avant tout la biodiversité. Personnellement,je suis contre toute soumission aux ukases des producteurs mondiaux de graines auxquels les commerçants tels BAUMAUX sontsoumis !
connaissez vous beaucoup de gens qui vont sur internet chercher des infos ?
Bonjour,
Merci pour cet article qui ne peut que susciter l ’inquiétude quant à la pérennité de certaines espèces d’oiseaux (encore qu’ils ne soient pas les seuls touchés).
Comme toujours, il faut espérer que la prise de conscience soit réelle et durable pour freiner, voire inverser la tendance.
La destruction du littoral de la Côte d’Azur est une sévère mise en garde pour les autres littoraux comme la Bretagne qui sont aussi menacés par l’urbanisation galopante et parfois mal appréciée par les décideurs politiques.
Du reste, et j’en discutais avec un chasseur récemment, les animaux désormais acculés dans de minuscules portions de territoires en viennent à tenter de s’approprier le territoire des hommes. En Lorraine par exemple, les hardes de sangliers n’hésitent plus à ravager les terrains mitoyens de forêts. A méditer...
Cordialement
« Les animaux désormais acculés dans de minuscules portions de territoires en viennent tenter de s’approprier le territoire des hommes. »
Dans la presqu’île de Saint-Tropez les milliardaires pour protéger leurs gazons des sangliers sont obligés d’installer des clôtures électriques...normal, il y a quelques décennies les sangliers étaient chez eux ...puis ces derniers sont peut être plus nombreux qu’avant, puisque même les vignes doivent maintenant être protégées !
@+ P@py
"....la présence à coté cet article de la publicité de BAUMAUX...."
>> L’argent n’a pas d’odeur, non ?.....
>> D’un autre côté, il n’est pas inintéressant de lire les attendus du tribunal ayant codamné kokopelli afin de mieux connaître les deux côtés de la question :
HTTP ://WWW.KOKOPELLI.ASSO.FR/PROCES-KOKOPELLI/BAUMAUX.HTML
QUELQUES EXTRAITS DES ATTENDUS
Attendu qu’à l’inverse depuis quelques années (1999), une association sous le nom de KOKOPELLI au prétexte de remettre en valeur, dans les pays Européens, les anciennes variétés potagères, de les rendre de nouveau accessible aux jardiniers en organisant une production et une distribution de semences commercialise sur catalogue et sur Internet de très nombreuses graines,
Qu’en revanche, elle ne respecte en rien les obligations légales
Qu’elle vend à partir de catalogue et sur son site Internet www.kokopelli.asso.fr/adhesi.... De très nombreuses variétés qui n’apparaissent pas au catalogue officiel
Qu’elle met ainsi en vente soit des produits similaires sous plusieurs noms, soit des plantes qui ne possèdent plus une qualité susceptible d’être commercialisée,
Qu’elle trompe le consommateur sur la qualité des produits mis à la vente et leur propose des produits non autorisés à la vente, éventuellement dangereux,
Qu’elle fourni à des jardiniers amateurs des plantes susceptibles de se développer sur un continent qui n’est pas le leur sans aucun contrôle des autorités nationales.
......
Attendu que cette manœuvre est destinée à accroître en apparence au moins, la variété des graines mise à la disposition du consommateur mais surtout le chiffre d’affaires de l’Association KOKOPELLI,
Qu’en effet, il n’est pas difficile de se démarquer de la concurrence en faisant valoir l’exclusivité de la vente de certains produits lorsque ceux-ci sont interdits à la commercialisation,
Que les clients ne peuvent trouver ces semis et plants impropres à la commercialisation que par le biais de la marque KOKOPELLI,
Que l’excuse selon laquelle cette association vient défendre un patrimoine de graines oublié n’est en rien fondée,
Qu’en effet même si d’anciennes variétés potagères ne sont plus proposées à la vente car la demande par la clientèle professionnelle ou amateur est inexistant, ces variétés n’en sont pas pour autant menacées de disparition mais précieusement conservées dans des centres de ressources génétiques.
Qu’elles peuvent se révéler essentielles dans les années à venir en matière d’alimentation, de santé et servir à l’obtention de nouvelles variétés avec des qualités bien spécifiques.
Que surtout rien « n’empêche l’Association KOKOPELLI de faire mettre au catalogue officiel les graines qu’elle commercialise,
Que si sa démarche est saine comme elle tente de le prétendre, cette solution lui est ouverte,
Que pourtant elle s’y refuse,
....
Attendu qu ‘en se conformant à la réglementation en vigueur, la Société Graines Baumaux dispose nécessairement d’un choix plus limité à proposer à ces clients,
Qu’aussi les actes commis par l’Association KOKOPELLI sont des actes purement déloyaux au sens de l’article 1382 du Code civil.
Attendu que quand bien même, l’association KOKOPELLI tente de dissimuler son activité commerciale sous divers prétexte écologique où caritatifs, elle fait du commerce une activité très importante comme le démontre la présentation de son site (pièce n°38)
Qu’elle est un concurrent direct de l’entreprise Baumaux
Que le préjudice financier est certain mais ne peut être exactement déterminé dès lors que le chiffre d’affaire de l’association KOKOPELLI n’est pas connu,
Que la jurisprudence positive admet sans concession le principe selon lequel « il s’infère nécessairement d’un acte de concurrence déloyale un trouble commercial constitutif de préjudice, fût-il seulement moral »(voir Cass.Com 01/07/2003, n°de pourvoi 01-13052 et Cass.Com 03/06/2003, n°de pourvoi 01-15145)
Que dès lors le triptyque fait générateur- préjudice moral- lien de causalité est établi du seul fait du trouble commercial constitué par la commercialisation, par l’Association KOKOPELLI, de plants et semences non inscrits sur la liste officielle, Que le préjudice ayant eu lieu au siège de la Société GRAINES Baumaux, il convenait de faire une juste application de l’article 46 2°/ du nouveau Code de Procédure Civile et de saisir la juridiction de céans,
Il n’est plus temps de simplement protéger les espaces naturels en les regardant mourir lorsque la température augmentera dans les prochaines décennies. L’heure est à la reconquête d’espaces de vie pour les populations vivantes. C’est parfaitement réalisable, dès lors que l’on attache une vraie valeur à la vie sur terre. Il existe des centaines de milliers d’ha disponibles pour les habitats naturels, et il faut les conquérir. D’où la nécessité de développer une nouvelle profession, orientée uniquement sur la biodiversité, composée d’ouvriers et d’ingénieurs spécialistes du vivant. voir le génie écologique en BD sur www.dervenn.org.
Bonjour à tous,
Je viens réagir à cet article qui est intéressant mais il reste quelques détails à rajouter. En effet les causes de la diminution de la biodiversité des oiseaux en France (ainsi que de nombreuses autre classes animales) est dues à beaucoup plus de facteurs. Oui la pollution et l’urbanisation joue beaucoup, la diminution du monde rurale, des espaces "pures", de la faible densité de population perturbe cette biodiversité. La réglementation de la chasse n’est peut être pas assez stricte et les mentalités pas encore toutes altruistes. On parle souvent de nuisance à grande échelle, comme la dégradation des niveau trophiques ou la déforestation. Mais on oublie aussi le comportement individualiste de chaque citoyen qui est souvent irresponsable envers la nature. Nombre de fois j’ai pu observer des personnes tirant sur des oiseaux avec des petites carabines à plombs ! Cela ne les tuent pas tout le temps, ça les blesse et c ’est encore pire. Ces actes se répandent de plus en plus en milieu urbain, ce qui entraine aussi des dégâts envers les habitant aux alentours (plombs ou balle perdues). Par la suite, un problème plus globale celui du réchauffement planétaire. Info ou intox, les résutats sont là. On peux remarquer la présence des étourneaux plus irrégulière dans nos régions, et la disparition (migration) de certaines espèce due au trop forte différence de températures à certaines périodes, même si cela est infime pour nous.
En bref il y a vraiment trop de causes concernant la diminution de cette biodiversité, et cela s’applique aussi bien en France que dans le monde entier. L’Homme tiens le rôle maître et possède les solutions. Malheureusement je ne vous apprends rien aujourd’hui, mais trop de facteurs l’empêche de mettre la machine « sauvegarde de l’environnement » en route, cela arrivera-t-il un jour ?










