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Biocarburants : chronique d'un désastre annoncé

Article publié le 13 janvier 2009

Biocarburants : chronique d'un désastre annoncé

D’abord présentés comme la solution miracle au réchauffement climatique, les biocarburants font l’objet de critiques de plus en plus nombreuses. L’huile de palme notamment, par son exploitation abusive en Indonésie, représente une menace pour la société et l’équilibre des écosystèmes. Ses promoteurs la présentent comme « l’énergie verte » de demain. C’est pourtant bien l’exploitation intensive de l’huile de palme qui a placé l’Indonésie au troisième rang des pays les plus pollueurs de la planète. Selon Greenpeace, l’équivalent d’un terrain de football est brûlé toutes les dix secondes dans ce pays pour remplacer les forêts tropicales par des plantations lucratives de palmiers à huile. De plus, l’assèchement des tourbières sur lesquelles reposent ces forêts libère une quantité considérable de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Le désastre écologique qu’entraîne la culture de cette nouvelle manne ne s’arrête pas là. Sur l’île de Bornéo, la déforestation favorise l’érosion des sols. Lors des fortes pluies, de grandes quantités de terre se retrouvent dans la rivière et asphyxient l’écosystème aquatique. Aurélien Bruné, un Français impliqué dans la défense du patrimoine naturel de l’île depuis une dizaine d’années, déplore ainsi la disparition des loutres et des crocodiles d’eau douce. Sur terre, la destruction des forêts primaires menace la survie des orangs-outans et des gibbons.

Mais la culture massive de palmiers à huile provoque également un drame social en Indonésie. Les paysans de l’île de Sumatra, dépossédés de leurs terres au profit des sociétés de plantations, peinent à obtenir quelques hectares en guise d’indemnisation. Alors que l’exploitation des biocarburants dans le monde a engendré une hausse considérable du prix des denrées, c’est toute une société à Sumatra qui dépend de l’économie du palmier à huile. Cette ruée vers l’or vert n’épargne pas les Dayaks, à Bornéo, qui considèrent que la forêt abrite l’âme de leurs ancêtres. Certains ne veulent même pas envisager l’idée de travailler un jour dans les plantations. « Ce serait comme être un coolie au temps de la colonisation », affirme l’un d’entre eux.

A voir sur France 5, Documentaire 52 minutes, Biocarburants : chronique d’un désastre annoncé, dimanche 18 Janvier 2009 de 21h15 à 22h15 réalisé par Sylvie Chabas

Lire sur Abonéobio d’autres articles sur les enjeux écologiques de la déforestation et les nuisances de la production de l’huile de palme comme carburants :

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Biodiversité Déforestation huile de palme greenpeace

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commentaires
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par linario (IP:xxx.xx2.13.162) le 13 janvier 2009 à 14H09

Les agrocarburants sont une monstruosité. Le fait de transformer de la nourriture en énergie et de connecter donc le marché de la nourriture avec celui de l’énergie va provoquer des explosions de la spéculation, des prix et donc des famines.

Et bien entendu, tout cela concoure à faire perdurer notre mode vie complètement déconnecté des réalités. Nous commençons à admettre que le pétrole sera épuisé et nous cherchons donc désespérément d’autres sources d’énergie sans bien entendu remettre un seul instant en cause notre mode de vie.

En admettant que les agrocarburants puissent suppléer aux énergies fossiles, il faudra en faire une production gigantesque qui détruira inexorablement les éco-systèmes et la bio-diversité.

Et tout ça au nom du capitalisme bien entendu.

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par Romain Desbois (IP:xxx.xx1.134.167) le 14 janvier 2009 à 07H20

Toujours les mêmes arguments bâteaux. Ca vous choque de transformer la nourriture en carburants alors que des gens meurent de faim ?

1- des milliards d’oeufs sont utilisés dans les shampooings 2- 90% des terres cultivables et des terres prises sur les fôrets sont liés à l’élevage pour la consommation de l’homme en cadavres animaux. (et je ne parle même pas de l’eau). 3- les biocarburants peuvent être faits par les résidus de l’agriculture, par des plantes non comestibles tout ça bio. exemples :
- en 2007 60% des cerises sont restées à pourrir sur les arbres car les producteurs refusaient de baisser les prix aux consommateurs
- les huiles ne sont plus commercialisées que issues d’une première pression à froid, le reste pourrat servir à faire du biocarburant.
- des millions de litres d’huile de friture sont recyclés à grand frais (quand ce n’est pas jeté dans la nature) alors qu’un simple filtrage permet de la réutiliser dans les moteurs diesel (conçu dès l’origine par son inventeur pour fonctionner à l’huile végétale).
- les boues d’épuration peuvent être valorisées en fabricant méthane et combustible pour centrale thermique.
- et mille etc....

NE JETONS PAS LE BEBE AVEC L4EAU DU BAIN !

Je comprends mieux par toute cette propagande anti bio carburant, ce que faisait Borloo en juin dernier à la réunion des états européens avec l’OPEP pour leur demander de baisser le prix du pétrole. Qu’a promis nos élus pour que le pétrole baisse de 50% ? Je subodore que l’on s’est engagé à freiner les bio carburants. de quels côtés sont les écolos ? La production locale de bio carburant ne contribue-t-elle pas au commerce équitable alors que la facture pétrolière pèse tant sur ces économies fragiles ?

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par linario (IP:xxx.xx2.13.162) le 14 janvier 2009 à 14H45

Romain Desbois, le fait qu’un gaspillage indécent ait cour depuis des lustres ne justifie pas qu’on commence à convertir de la nourriture en énergie à l’échelle mondiale pour pallier notre dépendance au pétrole...

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.21.153) le 2 février 2009 à 19H46

Romain,

Dans l’univers des agrocarburants, seule la voie de la valorisation des déchets en biogaz reste pertinente. Mais la façon la plus efficace d’utiliser ce biogaz, ce n’est pas de le brûler dans le moteur d’un véhicule spécialement équipé, mais dans une centrale à cogénération qui produit électricité + chaleur, électricité alimentant des voitures électriques. A noter d’ailleurs que si l’intégralité des déchets produits en France (stations d’épuration urbaines et industrielles, décharges, déchets solides et assimilables dont déchets de l’industrie agroalimentaire, digesteurs agricoles) étaient valorisés en biogaz, on obtiendrait 3,3 millions de tonnes équivalent pétrole (SOLAGRO, estimation haute [http://ciele.nuxit.net/index.php?op...]) ; or les besoins des transports sont de 50 Mtep en France.

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(IP:xxx.xx6.77.2) le 13 janvier 2009 à 15H14

@ linario, les lobbyiste vous rétorqueront qu’il y a des plantes qui ne sont pas comestibles et qui sont utilisée par cette industrie qui faisait rêver les lecteurs de BD il y a un demi siècle.

En fait, ce sont des terres agricoles et de l’énergie qui sont dévoyées pour prouire de l’énergie et de la pollution. Cette industrie est criminelle et ne sert qu’au gaspillage et la pollution de la globalisation libérale.

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par linario (IP:xxx.xx2.13.162) le 13 janvier 2009 à 16H03

Si il s’agit de déchets agricoles, le problème ne se pose sûrement pas puisque que ça consiste à valoriser des détritus ce qui est une bonne chose. Mais il ne faut pas se leurrer, on ne fera pas avancer tous les véhicules de la planète avec des déchets...

Si il s’agit de plantes non comestibles, le problème est en revanche entier : l’utilisation des terres à des fins de production d’énergie entraînera une concurrence entre nourriture et énergie puisque les terres sont les mêmes.

Tout ça est illusoire. Les agro-carburants sont une piste intéressante, pour un paysan qui cultiverait un bout de champs afin d’alimenter son tracteur par exemple. Mais les utiliser pour remplacer le pétrole à une plus grande échelle est criminelle.

Mais de nos jours, avec la mondialisation, personne ne s’offusque que des entreprises privées acquièrent les droits d’utilisation de centaines de milliers d’hectares dans les pays du sud. Les riches pourront donc subvenir aux besoins de leurs voitures tandis que les pauvres crèveront de faim. C’est la plus pure logique capitaliste et vu les efforts que nos gouvernements mettent en oeuvre pour assurer sa survie en cette période de crise, il a sûrement de beaux jours devant lui...

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par Pierrot (IP:xxx.xx1.23.48) le 13 janvier 2009 à 15H26

Bon article. Il faut que la vérité sur le scandale des agrocarburant émerge plus. Jean Ziegler (expert Suisse à l’ONU) l’a dit fortement. Manger ou faire le plein est criminel.

Par contre les futurs agrocarburants de deuxième génération ont l’avantage de ne pas utiliser des produits alimentaires mais des déchets agricoles (tiges, ...).

A revoir dans une décennie !

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par Romain Desbois (IP:xxx.xx1.134.167) le 14 janvier 2009 à 07H24

de"mandez à Jean Ziegler que je ne suis pas sur ce coup, si quand il boit son whisky , il pense à tous ces pauvres qui meurent de faim ? Et oui on peut aussi dire picoler ou conduire il faut choisir !

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(IP:xxx.xx7.150.243) le 13 janvier 2009 à 17H26

Mais manger et faire le plein avec du biocarburant c’est encore mieux .Et ce n’est même pas une monstrueux.

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par mathieu hangue (IP:xxx.xx7.171.238) le 13 janvier 2009 à 17H32

Le gouvernement indonésien projette la destruction de 16,5 millions d’ha de forêts primaires. Non seulement les forêts sont brûlées, libérant du CO2 mais la plupart d’entre elles sont situées sur des sols tourbeux qui devront d’abord être asséchés avant la mise en culture. Lors de cette assèchement, les sols relâchent des quantités énormes de méthane. L’Indonésie est déjà le 3ème pays émetteur de gaz à effet de serre ! Voilà pour le bilan gaz à effet de serre...

Dans le Kalimantan, la partie indonésienne de Bornéo, le gouvernement prévoit UNE plantation de ...1,8 millions d’hectares et le déplacement de 3 millions d’humains. La commissaire aux Nations Unies pour les peuples autochtones prévoit dans les années qui viennent... 60 millions de réfugiés énergétiques, c’est-à-dire des personnes expulsées de leurs terres pour laisser place à des plantations de plantes destinées aux agrocarburants !

Et n’oubliez pas chers contribuables que vous participez aussi à ce massacre. En France, on détourne les 2/3 de la production d’huile de colza pour faire du Diester - nom commercial d’un diesel végétal détenu par la société Sofiprotéol - qui depuis pas mal d’années déjà est mélangé dans votre diesel. Cela rapporte, grâce à des mesures fiscales généreuses, un énorme pactole à cette société !

Résultat : la France est déficitaire en huiles alimentaires et importe de l’huile de palme. Il serait moins hypocrite de l’importer et la mettre directement dans nos moteurs que de nous faire croire que le Diester est "écologique" et en plus ce serait moins douloureux pour le contribuable...

Les Amis de la Terre ont fait une recherche et retrouvé de l’huile de palme dans de très nombreux produits alimentaires. L’Union Européenne première productrice d’agrodiesel dans le monde doit importer la moitié de sa consommation d’huile alimentaire...

J’ai déjà vu un document d’Inge Altemeyer très percutant sur ce sujet. J’attends celui de Sylvie Chabas.

MH

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par Romain Desbois (IP:xxx.xx1.134.167) le 14 janvier 2009 à 07H36

on peut être pour les bio carburant et ne pas cautionner ces méthodes fachos. En pleine crise des matières premières, le Japon n’a pas pu vendre le riz excédentaire. L’OMC lui impose d’en acheter à l’étranger alors qu’il est excédentaire en production interne. Pendant des années il a donc stocké ce riz (comme nous l’avons fait pour les excédents laitiers en Europe). Alors le Japon a décidé de le transformé en bio carburant. Absurde oui, mais ceci démontre, s’il est encore besoin de le faire, que la faim dans le monde n’est pas lié au bio carburants. Et que tous ceux qui bouffent du cadavre battent leur coulpe au lieu d’accuser les bio carburants des déforestations et autres famines.

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par mathieu hangue (IP:xxx.xx7.171.238) le 14 janvier 2009 à 09H52

Mr Dubois vous écrivez : " Absurde oui, mais ceci démontre, s’il est encore besoin de le faire, que la faim dans le monde n’est pas lié au bio carburants. Et que tous ceux qui bouffent du cadavre battent leur coulpe au lieu d’accuser les bio carburants des déforestations et autres famines."

On est bien d’accord, la faim dans le monde existait avant les agroarburants. Pourtant, la planète fournit suffisamment pour nourrir tous les humains. Le problème de la faim est essentiellement un problème de manque d’argent pour acheter à manger et dans la majorité des cas elle n’est pas due à un manque de nourriture.

Des millions d’humains consacrent la moitié , voire plus, de leurs maigres revenus pour se nourrir. La moindre tension sur les marchés, la moindre hausse précipite une famille dans la sous-alimentation.

Les premières émeutes de la faim ont eu lieu au Mexique en février 2007 et ce n’est pas un hasard. Depuis que le Mexique fait partie de l’ALENA - ce traité de libre échange avec les Etats-Unis et le Canada - le Mexique a perdu 2 millions de petits paysans et doit maintenant importer près d’un tiers de ses besoins en maïs. Lorsque les Etats-Unis lancèrent leur plan éthanol, ils engloutirent des quantités énormes de maïs et les prix partirent en flèche. Les Mexicains pauvres ne pouvaient plus payer.

Comme les primes au maïs étaient intéressantes, des agriculteurs abandonnèrent le soja pour le maïs, entraînant une diminution de la production de soja, de 16 millions de tonnes aux Etats-Unis, et là aussi des tensions sur les prix.

La ruée sur les agrocarburants s’est produite alors que des millions d’humains se trouvaient déjà dans une très grande précarité. Il est quand même difficile de nier le lien direct entre les émeutes de la faim et le lancement des programmes d’agrocarburants dans le monde.

De même, il est difficle de nier le lien direct entre la déforestation en Indonésie par exemple et le programme agrocarburants notamment de l’Union Européenne. Le nombre de raffineries en construction à Rotterdam, à Singapour, ou en Indonésie en sont la preuve.

MH

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par Romain Desbois (IP:xxx.xx1.134.167) le 14 janvier 2009 à 13H08

qui est le responsable le corrupteur ou le corrompu ? je ne nie pas que l’on fait n’importe quoi au sujet des bio carburants mais ce n’est pas la faute du bio carburant mais bien des hommes qui quoiqu’ils fassent le feront toujours pour asservir l’autre. Donc accuser uniquement les bio carburants de tout les maux est malhonnête. "Faire le bien ne justifie pas de le faire mal" (Romain Lutêce), ce en quoi nous sommes d’accord. Mais je répête les responsables ne sont pas les biocarburants.

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par linario (IP:xxx.xx2.13.162) le 14 janvier 2009 à 14H49

Romain Desbois, les responsables ne sont peut-être pas les "bio"-carburants (disons plutôt agro-carburants) puisque c’est un phénomène assez nouveau. Mais il est certain que le nombre de personnes incapables de se nourrir va exploser si on commencer à mélanger les marchés alimentaires et énergétiques.

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par Romain Desbois (IP:xxx.xx1.134.167) le 14 janvier 2009 à 08H55

Pourquoi tous mes commentaires ont disparus ? Qu’est ce c’est que cette censure ?

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par BoB (IP:xxx.xx4.198.53) le 15 janvier 2009 à 16H22

Parce qu’ils sont pourris tes commentaires lol

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.21.153) le 3 février 2009 à 02H28

" (...) Cet homme des rives du lac Tasik Chini, en Malaisie, est issu des Orang Asli, la population indigène de la partie péninsulaire du pays. Arrachés à leurs forêts nourricières pour permettre l’extension de la culture du palmier à huile, les Orang Asli comptent aujourd’hui moins de 90 000 âmes. Le droit au sol ne leur a jamais été reconnu. Animistes à l’origine, ils se raccrochent maintenant à la religion islamique. Les trois valeurs fondatrices du peuple Orang Asli, liberté, tolérance, consensus, et une connaissance inépuisable des secrets de la forêt disparaissent avec eux (...)" http://ecoloinfo.com/2009/02/01/ora...

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par Romain Desbois (IP:xxx.xx1.134.167) le 14 janvier 2009 à 08H56

Pardon , ils viennent de se réafficher ! Bizarre à l’instant ils n’étaient plus visibles

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par sobriquet (IP:xxx.xx0.253.169) le 14 janvier 2009 à 12H36

Quand cela se produit, il me semble que vider le cache du navigateur suffit à résoudre le problème. C’est sans doute un bug dans les données d’en-tête des pages web de Naturavox.

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par fafou0 (IP:xxx.xx4.15.30) le 14 janvier 2009 à 11H06

S’il n’y avait que le bio carburant, destructeur des espaces vitales pour nourrir la population planètaire !!!

Récemment, j’ai pu regarder un documentaire sur "Thalassa", nous montrant comment est faîte la nourriture à grande échelle que nous mangeons : de quoi faire peur...

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par Bloggy Bag (IP:xxx.xx1.137.65) le 14 janvier 2009 à 12H23

N’est-ce pas un peu trop simpliste, aussi simpliste que l’était l’affirmation de tout résoudre par les bio-carburants ?

Si la question est de remplacer totalement le pétrole par des bio-carburants, alors l’échec est annoncé et les catastrophes qui vont avec. Si la question est d’utiliser des capacités de production non exploitées par l’agriculture alors cela me parait nettement plus jouable. Souvenons-nous qu’il n’y a pas si longtemps, nous avions des jachères et que dans de nombreux pays la productivité agricole est plutôt faible. Sans oublier que nous n’en sommes qu’à la 1ere génération de biocarburant.

La bonne démarche me semble donc être d’améliorer la productivité nécessaire à l’alimentation en prenant en compte les impératifs de maitrise de la pression sur les écosystèmes et de qualité biologique de ce qui est produit, puis de produire un complément énergétique. Il me semble avoir lu il y a quelques temps déjà qu’un objectif de 10% de biocarburant était raisonnable. Cela ne résout pas le problème de rupture énergétique, mais cela permet de maitriser la transition. D’abord 10% de moins en pétrole, puis couplé à l’hybride on devrait encore gagner 30 à 50% et cela nous laissera le temps de passer en douceur au tout électrique ou au pneumatique.

Voilà un vrai plan pour surmonter la rupture énergétique, un vrai plan qui ne ruine ni les économies, ni les écosystèmes.

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par sobriquet (IP:xxx.xx0.253.169) le 14 janvier 2009 à 12H58

Même l’usage des déchets agricole pour produire des carburants pose problème. C’est certainement moins immédiat que l’accaparement des surfaces agricoles, mais c’est une menace à moyen ou long terme, surtout si cet usage se généralise.

En effet, les déchets agricoles restent des produits issus de la richesse du sol. Si l’on ne restitue pas au sol cette richesse, il s’appauvrit progressivement, et à moyen ou long terme, la désertification menace. L’usage des engrais n’est qu’un remède à court terme à cette menace.

Tout ce qui vient de la terre devrait en définitive retourner à la terre. On peut se permettre de brûler les matières organiques à une échelle marginale, mais en faire une source majeure d’énergie aura un impact non négligeable sur la qualité des sols.

A ce sujet, l’usage de la biomasse pour produire de l’électricité, comme le projette le Ministère de l’Environnement, est à surveiller de très près : il faut éviter l’accaparement des déchets organiques à cet usage, préférer le compostage (et éventuellement le biogaz) à la combustion, etc. Sans cela, la biomasse ne vaudra pas beaucoup mieux que les biocarburants.

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par Romain Desbois (IP:xxx.xx1.235.52) le 15 janvier 2009 à 00H33

Personne n’a affirmé que l’on allait tout résoudre avec les bio carburants ! Les déchets agricoles ne sont pas rendus à la terre d’ors et déjà ! Et puis du jatropha aux algues en passant par le jacinthe d’eau qui eutrophie les cours d’eau et qui double de superficie en quelques jours (en Thaïlande par exemple) sont des sources non négligeable d’exploitation valorisant une "pollution". Et puis l’on sait bien produire de l’alcool pour le boire et là pas d’états d’âmes ! Idem pour les cosmétiques et autres shampooings agrémentés de produits comestibles ! L’on peut d’ors et déjà faire bien plus que 10 ou 20 % ! Mais si déjà l’on faisait ce qui est possible de faire, de la production de méthane (boues d’épuration, compostage)au recyclage des huiles de friture, déjà le poids du pétrole sur la pollution de l’air serait moindre.

Il est évident que l’on doit généraliser le solaire, l’hydrolien et l’éolien ; pas en centrales dont le gigantisme n’a d’égal que la déperdition jusqu’au consommateur.

Le débat me semble être : gardons ce que l’on fait plutôt que de prendre une alternative imparfaite, même si cela apporte une amélioration.

Mais bon actuellement l’on brûle des veaux dans les cimenteries pour que le cours de la viande de cadavre de veaux ne chute pas. Élevage dont la filière est subventionnée par l’État ! Le gaspillage est surement la première source d’énergie dans laquelle l’on peut puiser sans compter.

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par sobriquet (IP:xxx.xx2.55.103) le 15 janvier 2009 à 14H57

Ben oui, mais justement : une gestion intelligente des déchets agricoles et des boues d’épuration me semble incompatible avec leur valorisation énergétique, hormis par compostage.

Et vous oubliez que l’alcool et les shampoings finissent également dans les boues d’épuration.

Si l’on se met à tolérer une mauvaise gestion des déchets, des cours d’eaux, etc. au prétexte que l’on en tire de l’énergie, on s’expose à devenir dépendants de ces travers et à être incapables de revenir en arrière. Je conviens que le jatropha est un cas particulier.

L’efficacité énergétique et la qualité de l’air sont des sujets importants, mais pas autant que la qualité du sol : en France, nous n’y sommes pas sensibilisés, mais nous n’aurons pas l’air malin avec de l’air pur, de l’énergie abondante, et des champs stériles. C’est pourtant à cela que l’on s’expose en brûlant la biomasse !

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par mathieu hangue (IP:xxx.xx7.171.238) le 17 janvier 2009 à 14H06

Romains, vous écrivez : "Personne n’a affirmé que l’on allait tout résoudre avec les bio carburants ! "

Si, si, certains l’ont affirmé.

Georges Bush dans son discours de politique générale du 23 janvier 2007 disait : "L’éthanol est un élixir magique en mesure de régler tous les problèmes économiques, environnementaux et diplomatiques".

Et question régler les problèmes, il a montré ce qu’il savait faire, le Georges...

MH

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par BoB (IP:xxx.xx4.198.53) le 15 janvier 2009 à 16H21

Agro et biocarburants doivent être développés à une plus grande échelle. Je préconise de fabriquer le plus de carburant possible à partir de ressources qui aurait pu servir à d’autres humains (mais apres tout ça n’est pas notre probleme). Je pense que nous devrions ensuite utiliser ce carburant afin de bruler rapidement la foret amazonienne. Le probleme de sa sauvegarde s’en trouverait ainsi définitivement réglé.

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.21.153) le 2 février 2009 à 17H09

Abonéobio,

Je trouve votre billet intéressant. Et en phase avec une étude majeure qui vient d’être publiée sur le sujet :

Le département Energie et atmosphère de l’université de Stanford a publié fin 2008 une étude multicritère [ http://www.stanford.edu/group/efmh/... ] permettant de comparer sérieusement les différentes énergies renouvelables susceptibles de répondre aux besoins du secteur transport. Critères utilisés : émissions de CO2, consommation en eau douce, pollution chimique, surfaces utilisées, impact sur la biodiversité etc. Il ressort de cette étude majeure que les agrocarburants ont le bilan le plus médiocre. A noter que la combustion des agrocarburants pose des problèmes sanitaires sérieux, ce qui est tout sauf négligeable [ http://environnement.branchez-vous.... ].

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par laurence-aboneobio (IP:xxx.xx5.43.25) le 2 février 2009 à 17H21

Olivier, merci pour votre soutien ;)

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.21.153) le 2 février 2009 à 19H50

De rien Laurence ;) D’autres références utiles ici : http://www.electron-economy.org/art...

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