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La voiture électrique roulera-t-elle pour l'industrie nucléaire ?

Article publié le 30 décembre 2008

La voiture électrique roulera-t-elle pour l'industrie nucléaire ?

D’après une étude du Cabinet Sia Conseil, reprise par Les Echos, le développement du parc de véhicules électriques français pourrait entraîner "un besoin annuel en énergie de l’ordre d’un réacteur EPR", et "nécessiter la construction d’un EPR", d’ici 2020. Ce scénario, basé sur le développement des flottes d’entreprise, anticipe un parc roulant électrique de 1,1 à 1,4 millions d’unités en 2020. Une projection de Renault table sur 1 million à la même époque. Soit 100 000 véhicules à produire ou importer chaque année. La flotte électrique française comporte actuellement 10 000 modestes unités, principalement chez La Poste et EDF.

Une étude qui arrive à point nommé pour l’industrie nucléaire française

Cette étude tombe bien pour EDF, lancé dans la construction de 2 centrales de type EPR. Le gouvernement français prépare en effet la Programmation pluriannuelle des investissements de production d’électricité (PPI), présentée au Parlement début 2009. Dans une contribution au même quotidien le 24 décembre, Benjamin Dessus, souligne l’opacité du chiffrage des coûts comparatifs des filières énergétiques effectué par RTE, gestionnaire du réseau. En résumé, l’étalon est l’énergie nucléaire, dont le détail des coûts de production est inaccessible pour cause de secret commercial (sic). D’après le Président de Global Change, la capacité de production nuclaire étant maintenue constante, la France disposerait en 2020 d’un excédent de 140 TWh (Terrawatt/heure) d’électricité, dont il faudrait exporter une partie. Ou qui permettrait la recharge des batteries lithium-ion des véhicules électriques.

Réseaux intelligents : vers une nouvelle donne énergétique

L’approche productiviste néglige l’irruption prévisible des technologies des "réseaux intelligents". Celles-ci vont fortement modifier notre mode de distribution et de consommation d’électricité, comme le souligne Michel Derdevet, Maître de conférence à l’IEP de Paris, dans Les Echos du 26/27. Transportant conjointement électricité et données, ces réseaux permettront en effet de connecter efficacement les multiples sources de production d’électricité, dont les énergies renouvelables. Ils amèneront une gestion optimisée des utilisations de l’énergie. La Commission européenne a d’ores et déjà lancé la Plateforme technologique Smartgrids, "pour les réseaux électriques du futur".

Optimiser la synchronisation entre production et consommation

La programmation des recharges, leur insertion intelligente dans les cycles de production et de consommation joueront donc un rôle majeur dans le développement des véhicules électriques. Et sur la planification éventuelle d’un EPR "dédié".

Globalement, le XXIème siècle se jouera sur l’intelligence économique et technologique et le pilotage fin du rapport entre ressources et utilisations. Une évolution pas évidente pour notre économie nationale fondée sur la production massive, présumée bon marché, d’électricité d’origine nucléaire.

Thierry Follain

Visuel : Moovie, concept-car électrique par Peugeot

Thèmes

Energie Nucléaire

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commentaires
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par Olivier (IP:xxx.xx9.18.75) le 30 décembre 2008 à 17H21

Bonjour, Les conclusions de l’étude SIA-Conseil sont erronées. Plus d’infos ici : http://www.electron-economy.org/art... a+ Olivier

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par Efel (IP:xxx.xx9.82.54) le 31 décembre 2008 à 11H01

Bon en même temps, si EDF ou Areva (parmi leurs clients) leur commande une étude, ce n’est pas pour en conclure qu’il faut augmenter le parc éolien ou la production décentralisée photovoltaïque...

Il faut donc toujours relativiser les résultats d’une étude en fonction des commanditaires. :->

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par karva (IP:xxx.xx6.110.153) le 4 janvier 2009 à 17H20

Sur les besoins des voitures électriques :

Je résume un calcul simple, je vous conseille de lire les estimations données sur le site de "Sauvons le climat" par un conférencier :

http://www.sauvonsleclimat.org/new/...

Un voiture en France fait 13.000km/an et il faut à peu près 15Kwh électriques sortant d’une centrale pour faire 100Km. Donc cette voiture a besoin de 2MWh électrique dans l’année. Un EPR produit (produira !) à peu près 11TWh, cad assez pour 5 millions de ces voitures électriques (VE).

Donc si Renault arrive à mettre un million de VE, un cinquième de EPR suffit. Une bagatelle ! Bien sûr, ce sont des millions de VE qu’il faut, mais on voit qu’une demi-douzaine de EPR suffiraient aux 30 millions de voitures circulant aujourd’hui en France.

Je pense que vous ne savez pas faire de calculs, alors vous répercutez des choses fausses sans réfléchir (comme pour le lithium).

Karva

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par Thierry Follain (IP:xxx.xx2.87.188) le 4 janvier 2009 à 20H29

Vous appartenez apparemment à cette catégorie de lecteurs qui estiment que si on cite une information pour l’analyser, c’est qu’on la "répercute". En ce qui concerne le lithium, je faisais état d’un rapport propspectif s’inquiétant de la quantité de lithium pur exploitable. Rien que de très normal si on établit une veille sur le développement durable. Les réponses que j’ai eues, du genre "il y a plein de lithium sur la planète" ne contredisaient en rien le rapport cité, qui peut certes être remis en question. Il y sans doute des montagnes d’or sur ou sous Terre, le problème est également de les exploiter à un coût rentable. Pour revenir au présent article, j’ai mis en relation 3 éléments : une étude purement quantitative qui calcule à sa façon combien d’EPR seraient nécessaires pour tant de voitures électriques, j’indique ensuite que cela tombe à point nommé pour EDF qui, tout comme Areva, veut construire des EPR, en se fondant sur des prévisions de consommation et sur un comparatif entre filières largement opaque. Ce que je souligne, tout comme la persistance d’un surplus d’électricité nucléaire à parc maintenu constant malgré la mise hors service de certaines tranches vieillissantes. Il est clair d’ailleurs, qu’aucun EPR ne sera jamais exactement "dédié" à la recharge des véhicules électriques. Enfin, je persiste et signe : les démarches qui se contentent de calculer combien de mégawatts consomment tant de voitures n’ont aucun sens si on ne se pose pas la question de l’intelligence des réseaux et de l’optimisation de la consommation d’une ressource en énergie nucléaire remarquablement et dommageablement peu souple. Vous savez peut-être "faire des calculs", mais conclure paisiblemement qu’il faudrait "juste" 6 EPR à 4 milliards d’euros pièce minimum, sans parler des déchets radioactifs associés, pour qu’on roule électrique semble un raisonnement plutôt basique. Ou alors, la voiture électrique est tout sauf un vecteur de développement durable. Les raisonnements purement productifs et quantitatifs devraient appartenir au passé : tel est le message. Et surtout pas la glorification de l’EPR, centrale qui n’est qu’une xème version d’un modèle conçu dans les années 60. Tout sauf une avancée technologique.

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par _Ulysse_ (IP:xxx.xx3.202.245) le 6 janvier 2009 à 14H34

Bonjour,

Je partage l’avis d’Elec, l’estimation faite est fausse. Je soupçonne fortmeent que le seul but de cet étude soit de justifier la construction de centrales EPR pour des hypothétiques voitures électruques. La réalité est tout autre : la construction de 2 centrales EPR est prévue à brève échéance pour le renouvellement du parc, tout ceci est déjà planifié.

Pour des détails sur les calculs de rendement, consommation et émissions de C02 d’un parc électrique :

http://eco-sceptique.over-blog.fr/a...

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