Les prothèses mammaires : un autre scandale sanitaire ?

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Le scandale de Médiator révèle la défaillance de notre système de surveillance des médicaments et des dispositifs sanitaires. Elle provient d’une gangrène de l’organisme de contrôle de personnes ayant des conflits d’intérêts. Autrement dit, ils sont payés par les parties adverses pour être juge et parti. En 1998, cette relation scandaleuse a été à l’origine de la création de l’Afssaps et la dissolution de son ancêtre. Vu les scandales récents, l’organisme semble n’avoir changé que de nom.

Ce scandale remet en question la sécurité réelle de tous les autres médicaments et dispositifs sanitaires agréés. Pour les médecins de base, qui appuient leur pratique sur la recommandation des experts payés par l’État, c’est l’angoisse. Comment pourraient-ils vérifier eux-même toutes les données médicales après 40 heures de travail hebdomadaire en moyenne sans compter la comptabilité, la gestion du personnel, la gestion des produits utilisés, la paperasse des caisses de sécurité sociale ?

80 médecins ont été blâmés car ils prescrivent le Médiator en dehors de l’indication préconisée par des experts de l’Afssaps. Mais qu’en est il en cas de complications quand l’indication de prescription est totalement justifiée mais le produit est mal jugé par ces experts ?

Tel est le problème des fuites des prothèses mammaires. Les conséquences sont dramatiques (1). Tout d’abord, cette opération n’a pas une indication vitale mais psychologique de bien être. L’apparence a pris une place très importante dans notre société et constitue une part de bien-être psychologique.

Pour cette raison, la reconstitution mammaire est totalement prise en charge par la société via la Sécurité sociale en cas de cancer ou si le chirurgien peut justifier une possible amélioration psychologique grâce à l’opération comme le cas d’une déformation mammaire importante des seins suite aux grossesses multiples avec retentissement dans la vie de couple.

prothese mammaire

De ce fait, les demandeurs d’intervention mammaire sont souvent des personnes psychologiquement fragiles. Dans l’indication purement esthétique, ce sont également des personnes fragiles psychologiquement. Plusieurs études révèlent un taux de suicide bien plus élevé de deux fois en moyenne dans cette population par rapport à la population générale ((2) page 56). Par conséquent, les échecs ont un retentissement moral aussi plus grave.

En avril 2010, le scandale des prothèses mammaires défectueuses éclate. Le plus terrible est que les études effectuées sur ces prothèses ne semblent pas prouver leur innocuité sur la santé des patients comme le révèle le rapport édifiant de l’HAS (Haute autorité sanitaire) sur les études existantes sur les prothèses mammaires en Mai 2009 (2). Et malgré ce manque de preuve d’innocuité, ces prothèses ont été tout de même commercialisées et greffées sur de nombreux patients.

Cette étude recense 572 études mais seules 48 (8,4%) ont été retenues comme fiables. Il existe alors de très grand nombre de publications « bidon ». En ce qui concerne la prothèse PIP, une seule étude a été considérée comme sérieuse ! Comment les experts des autorités sanitaires ont-ils pu permettre la commercialisation d’un produit de « confort » dont une seule étude sérieuse est répertoriée ? Quant aux chirurgiens plasticiens qui se donnent toujours le rôle d’expert en esthétique, aucun n’a révélé ce fait. Tous ont longtemps utilisé ces prothèses. Cela remet en question la légitimité de leur prétention d’être le fer de lance et la garantie de la qualité en médecine esthétique.

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