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Un plan d'action écologique pour les cités sensibles

Article publié le 24 février 2012

Les quartiers sensibles voient aujourd’hui le développement d’une économie parallèle. Cela prouve la dégradation sociale de ces habitats et la désespérance de la population qui y vit. L’auteur de ce texte, qui connaît bien cet habitat (*), propose un plan d’action pour faire entrer ces cités dans une économie positive.

 

 


Changer de regard :

Le filtre médiatique nous fait voir ces quartiers d'une manière très négative. Or, ils recèlent une énergie dormante importante, des diplômés chômeurs qui rongent leur frein, des compétences perdues et, en même temps, une volonté forte d'intégration économique. 

Les rénovations des années 80 et 90 ont entraîné un coup de jeune sur les cités. Elles ont été repeintes, on a dynamité quelques immeubles mais la situation économique est toujours la même : pas d'emplois sur place. 

Nous proposons une stratégie de reconquête économique qui installe des emplois pérennes au coeur de ces quartiers. Cette stratégie comporte quatre volets, interagissant les uns sur les autres. Elle est volontaire, ambitieuse et audacieuse. Certain la trouveront probablement irréaliste. Mais l'excès de réalisme ne mène pas forcément au bonheur de la réussite !

 

1-Revoir la "peau" des immeubles :

L'habitat social date, dans sa grande majorité des années 60 et 70. C'est un habitat mal isolé et dont la conception est dépassée. 

Pour le faire évoluer, nous proposons deux actions complémentaires :

-installer sur les façades sud, ou à défaut est ou ouest, selon les immeubles, des grandes vérandas, des grands balcons ayant au moins 2,5 mètres de profondeur. Construite de préférence avec des matériaux légers, il s'agira en réalité d'une nouvelle pièce. On obtiendra donc une augmentation de la surface de logements qui sont souvent trop exigus, avec une pièce supplémentaire "ouverte" sur l'extérieur. En appliquant les régles du bioclimatisme, ces pièces pourront aussi jouer un rôle dans le chauffage des appartements.

-installer, au contraire, sur les façades nord, une protection thermique extérieure supplémentaire. Cette seconde "peau" ne souffrira pas de ponts thermiques. 

Le résultat économique pour les habitants sera une diminution de leur factures de chauffage.

2-Faire de ces immeubles des producteurs d'énergie :

L'objectif est double : participer à la production du mix énergétique dont va avoir besoin la France de demain ; mais aussi faire entrer ces immeubles dans un circuit de production économique dont les bénéficiaires seront les habitants de ces quartiers.

Les immeubles dans les cités ont d'immenses façades et dominent le paysage. On peut donc envisager d'installer des capteurs photovoltaïque sur les façades correctement exposées ou sur certains toits. On peut mettre sur les toits, et le long des façades les plus exposées au vent, des mini-éoliennes. 

Ces équipements seront acquis par les bailleurs avec des prêts à long terme. Car les recettes de la vente de l'électricité seront partagées : une partie remboursera le prêt, l'autre partie sera donné aux habitants. Ce complément de revenus, certes symbolique, donnera du sens à ces équipements pour les habitants.

 3-Comment financer ces opérations ?

Dans le contexte économique actuel, il paraît de plus en plus difficile de dégager des capitaux publics pour ces quartiers. Il faut donc envisager d'autres méthodes de financement. En voici deux :

-quand cela est techniquement possible, on peut réhausser l'immeuble et lui rajouter deux ou trois étages en matériaux légers. La vente de ces appartements nouveaux va créer de la mixité sociale et permettre de financer l'installation de la nouvelle "peau" autour de l'immeuble.

-le financement de la rénovation thermique des bâtiments par une fiscalité environnementale originale : les contributions incitatives. Il s'agit de rajouter une petite contribution payée par les propriétaires. Le produit de cette taxe leur sera redonner exclusivement quand ils feront des travaux d'isolation ou de production d'énergie.

4-Installer des activités économiques au sein des cités : l'exemple des fermes urbaines.

Plutôt que de dynamiter certaines tours et barres, transformons les en fermes urbaines. On peut aussi installer ces fermes sur les toits des immeubles. Les avantages de ces activités sont multiples :

-elles fournissent du travail aux habitants (maraîcher, éleveur, vendeur, ...)

-elles permettent le recyclage des déchets organiques des habitants (les représentations courantes font de ceux-ci des personnes peu préoccupées par l'écologie. Ils ont, il est vrai, d'autres priorités économiques. Mais leur conscience du problème n'est pas moins importante que chez d'autres publics).

-elles permettront aux habitants de reprendre en main leurs destinés et de sortir du fatalisme où ils se trouvent englués.

 

Pour l'opinion publique, l'image de ces quartiers est foncièrement négative. Et aucune piste ne se dessine pour en sortir, sauf à croire en un hypothétique retour de la croissance. Un urbanisme volontariste, comme celui que je propose, permettra de sortir, par le haut, de cette impasse.

De plus, cela permet de recycler des lieux et des espaces, bloqués depuis des décennies, dans une dynamique plus écologique, offrant de réelles perspectives économiques.

 

 

 

 

(*) Il y travaille depuis 20 ans, en contact direct avec les populations.

source de l'image : karsavox.com

Thèmes

Ecologie Urbanisme

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commentaires
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par Bichac (IP:xxx.xx6.55.230) le 25 février 2012 à 00H44

Ben voyons ! Perette et le pot au lait en banlieue ("cités sensibles"). Couillon, naïf ou BoBo ?

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par Larirette (IP:xxx.xx3.219.62) le 26 février 2012 à 11H54

par Bichac

Ben voyons ! Perette et le pot au lait en banlieue ("cités sensibles"). Couillon, naïf ou BoBo ?

— -> Monsieur le principal de collège, formateur d’enseignants auteur de cette élucubration c’est les 3 en même temps !!!

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par leuk (IP:xxx.xx3.97.239) le 26 février 2012 à 10H49

"ci" ? le trafic de drogue est effectivement,avec le trafic d’arme, au coeur des citées pourquoi ne pas reverse les saisies a un font de soutient pour la renovation de l’enveloppe du bâtie .

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(IP:xxx.xx1.137.19) le 2 mars 2012 à 15H14

Merci pour cet article Monsieur Le Principal de Collège, formateur d’enseignants. Merci surtout car vous êtes, de par votre place sociale, au départ d’une amélioration possible.

"Pour l’opinion publique, l’image de ces quartiers est foncièrement négative." Mais les individus, qui les voient en négatif, continuent à penser à leur fameux :" à moi, rien qu’à moi, tout à moi" = le slogan qui emplit toutes nos administrations.

Je fais un peu le parallèle avec les propos que j’entendais sur la Chine à la fin de la période "Mao"....Les pays disaient, il faut les aider. Les reportages nous montraient une hécatombe causée par la famine. Les dirigeants Chinois étaient moqués et par moi aussi à l’époque. Je suivais le troupeau des gens dits ’Bien Pensants’ de tous les bords politiques !

Les responsables de la "levée" de la Chine, ont fait mettre à genoux, le matin, les intellectuels incompétents devant un long sillon creusé par une charrue et les incompétents ont au moins enrichi le sol qui les nourrissait, en mélangeant à la main, l’engrais humain avec la belle et bonne terre. ...Si l’on pouvait se passer de cette étape de révolution (40 à 60 millions pour la Chine, moins ceux morts de famine et de ses conséquences) pour enfin s’occuper de nos concitoyens qui se désespèrent dans les barres d’immeuble...MERCI, Monsieur Le Principal, d’essayer d’ouvrir une brèche dans ce Grand Silence.

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