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Sortir du Nucléaire, une catastrophe pour l'emploi ?

Article publié le 2 décembre 2011

Vous avez probablement dans votre entourage, des enseignants. C’est normal, ils sont plus d’un million, il est donc naturel que chacun d’entre nous en connaisse quelques uns. Vous avez aussi probablement dans votre entourage autant de personnes qui travaillent dans le nucléaire. Non ? Inexact ? Pourtant EDF nous dit qu’un million de personnes travaillent dans ce secteur !

Sortir du Nucléaire, une catastrophe pour l'emploi ?

Dans les médias, ces derniers jours, les chiffres de l'emploi dans l'industrie nucléaire ont fluctué. On a entendu, et lu, 700 000 personnes, puis le PDG d'EDF, Henri Proglio, nous a dit un million, on a avancé aussi le chiffre de 400 000 personnes. Que faut-il comprendre ?

EDF compte dans son million, 500 000 emplois dans l'industrie "gourmande" en énergie. Le raisonnement est le suivant : si on sort du nucléaire, l'énergie devient trop cher, ces entreprises vont se délocaliser. Ce raisonnement est très discutable : d'abord, il est parfaitement contestable que l'énergie nucléaire soit moins chère à l'avenir. Ensuite, le faible coût du kilowatt français est une exception typiquement hexagonale, presque partout ailleurs, l'énergie est plus chère. Pourquoi les industries partiraient pour retrouver les mêmes tarifs ailleurs ?

Ensuite, EDF compte 100 000 emplois que la filière nucléaire espère créer à l'avenir en se développant : EDF rend responsable par avance les anti-nucléaires d'emplois qui n'existent pas encore !

Reste 400000 emplois mais ceux-ci comprennent les emplois directs, lesemplois indirects (sous traitant, entreprise à l'activité associée) et les emplois induits (les commerces et activités de service pour la population travaillant dans le secteur). En réalité, la filière n'emploie directement que moins de 150 000 personnes en comptant la recherche, le traitement et le stockage (qui resteront quoi qu'il arrive !) et probablement les emplois liées à la défense nucléaire.

On mesure la vaste fumisterie que représente ce chiffre d'un million. Plus sérieusement, regardons les emplois perdus par la fermeture d'une centrale. Prenons l'exemple de Gravelines. Avec ses 4 réacteurs, il s'agit de 1600 emplois, soit 400 par réacteur ! Or la France dispose de 59 réacteurs réparties dans 19 centrales. L'accord PS-verts prévoit la fermeture de 24 réacteurs d'ici 2025, soit la perte directe de ... 10000 emplois en 13 ans !

On est loin du catastrophisme des pro-nucléaires. Les 408 térawattheures produites par le Nucléaire représente un ratio de 60 emplois par térawattheure, si on ne compte que l'entretien des centrales.

 

Tournons-nous maintenant vers les énergies renouvelables. L'Allemagne emploie, en 2010, plus de 350 000 emplois dans les ENR. Un quart seulement de ces emplois sont pérennes car ils correspondent aux opérations d'entretien et de maintenance ; le reste des emplois provient de l'installation de nouvelles centrales solaires, éoliens ou au biogaz. Mais la filière ENR allemande produit plus de 100 térawattheures par an. Le ratio des ENR est donc de 700 emplois par térawattheure, en ne comptant que les emplois stables de maintenance et de gestion des centrales. 

On peut donc dire que le secteur des ENR représente douze fois plus d'emplois que le nucléaire. Et cela sans compter tous les emplois que va créer la filière pour voir monter en puissance les ENR avec toutes ces éoliennes et ces centrales solaires et au gaz qu'il va falloir construire.

Tous le discours autour du nucléaire, industrie de l'avenir et de l'emploi s'écroule devant l'évidence : les énergies renouvelables ont des avantages indéniables pour l'emploi. En ces temps de crise, il faut seulement trouver la méthode qui va permettre de financer leur développement.

 

Source image : http://storage.canalblog.com

Thèmes

Energie Nucléaire Emploi

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commentaires
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par Thomas (IP:xxx.xx6.130.49) le 2 décembre 2011 à 15H06

Compliqué cette histoire de sortir ou non (ou à moitié) du nucléaire pour les néophytes comme moi (et surement comme de nombreux millions de Français). Je ne suis ni pro, ni anti-nucléaire, je voudrais simplement pouvoir me faire mon opinion sur des faits, des vérités, des chiffres exacts. Ce qui est embêtant c’est qu’on a toujours l’impression de se faire manipuler à coup de gros chiffres et de gros arguments, que ce soit d’un coté comme de l’autre.

S’il y avait une solution énergétique miracle, je pense que ça se saurait et tous les pays au monde l’utiliseraient. Hors ce n’est pas le cas. J’imagine donc que ça ne doit pas être aussi simple que ce que l’on veut bien nous faire croire (toujours d’un coté comme de l’autre).

Pour en revenir à votre article, qui parle principalement des emplois induits par chacune des filière. Je pense qu’il est clair que la filière ENR doit générer plus d’emplois : unités de production plus nombreuses, plus petites, éparpillées sur le territoire, rendements moindre ... Mais ce que je ne comprends pas dans votre argumentation, c’est que vous contestez le fait que l’énergie nucléaire soit moins chère, mais si elle requière 12 fois moins de personnel pour fonctionner, cela me semble assez logique qu’elle soit du coup meilleure marché, surtout en France ou la main d’oeuvre est l’une des plus chère au monde. D’ailleurs, l’énergie est globalement plus chère dans les autres pays européen qui ne tournent pas au nucléaire. Sans compter que pétrole comme gaz vont sensiblement augmenter dans les années à venir.

Vous posez également la question "Pourquoi les industries partiraient pour retrouver les mêmes tarifs ailleurs ?". Je pense justement que ces industriels peuvent rester encore en France car l’énergie étant moins chère, elle compense la main d’oeuvre plus chère. Si l’énergie arrive au même tarif qu’ailleurs, du coup il n’y a plus vraiment d’intérêt à rester en France ...

Au final, toujours aussi difficile de se faire une opinion claire. Pour ma part, la toute 1ère filière à développer de toute urgence est celle des économies d’énergies ! Pour le reste, je pense que je vais rester fidèle au bon dicton "il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier", et que donc avoir un bon mix énergétique sans pour autant sortir du nucléaire. Qui peut savoir ce que l’avenir nous réserve ? Peut être du nucléaire ’propre’ avec très peu de déchets et avec une durée de vie beaucoup plus limité, un risque infime et un coût de construction plus faible ? Peut etre de la photosynthèse industrielle pour générer de l’hydrogène à l’infini grâce au soleil .. Qui sait ... Reste qu’il faut explorer toutes les voies pour le savoir !

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par rcoutouly (IP:xxx.xx7.58.96) le 2 décembre 2011 à 16H49

Merci pour votre commentaire : pour le coût du nucléaire, je vous renvoie à un de mes autres articles consacré à cette question. Pour les industriels, je critique le raisonnement d’EDF qui considère que ces emplois seront automatiquement perdus alors que le critère du prix de l’énergie n’est qu’un critère de choix parmi d’autres. Pour le mix énergétique, il n’y a qu’une petite minorité d’écologistes excités pour croire qu’on sortira complétement du nucléaire rapidement. Le mix énergétique avec du nucléaire va continuer d’exister pendant au moins encore 20 ans, c’est une bonne chose ... dont est convaincu la majorité des gens qui veulent sortir -à long terme- du nucléaire.

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(IP:xxx.xx3.65.100) le 2 décembre 2011 à 17H46

Mettez vos actes en accord avec vos convictions. Au lieu de diffuser des inepties sur internet grâce à l’électricité d’origine nucléaire produite par l’abominable EDF (dont au passage tous les Français sont actionnaires) résiliez votre abonnement et fonctionnez 100% énergie renouvelable. Par précaution achetez des polaires et des bougies avant de mettre votre courrier de résiliation à la boîte.

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par Philippe (IP:xxx.xx2.0.50) le 5 décembre 2011 à 06H35

Si vous le permettez, je vais poser le problème de la sortie du nucléaire de façon différente. La question de l’emploi ne se pose pas : c’est uniquement un argumentaire idéologique qui peut se décliner à l’infini et alimenter ad vitam aeternam tous les forums du web. Mais avons-nous le temps de l’éternité ? Si nous parlons de l’au-delà, soyons rassurés, la folie du nucléaire devrait rapidement régler le problème si ce n’est déjà fait. Il est évident que la fin du nucléaire s’impose et que les énergies renouvelables seront créatrices d’emplois nombreux et variés. Et n’oublions pas également que le démantèlement des centrales et la gestion des déchets demanderont une main d’oeuvre colossale pendant des décennies ! Je ne pense pas faire partie des écologistes excités ni être un taliban vert forcené mais Tchernobyl et Fukushima ne sont pas des vues de l’esprit. L’image d’un seul enfant contaminé par cette saloperie justifie à elle seule l’arrêt de cette merde infâme que des scientifiques egotiques et leurs affidés industriels ne veulent pas lâcher au nom du profit. On ne me fera jamais croire que le nucléaire est une démarche altruiste pour le bien de l’humanité ! Toute autre considération est nulle et non avenue.

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par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 6 décembre 2011 à 22H18

@ Thomas : Excellente réflexion, qui commente très bien les faiblesses de l’article.

Le nucléaire est une très mauvaise réponse au problème de l’énergie. L’ennui, c’est que les autres voies le sont aussi où coûtent carrément trop cher.

On nous rabâche les ENR, mais quand on y regarde de plus prés, les pays adulés consomment très majoritairement des énergies fossiles, dont la pollution est pas mal non plus.

Je serais curieux : est-ce que Philippe ou L’auteur ont résilié leur abonnement EDF et mis du solaire PV et des batteries pour remplacer ? Pourtant c’est possible mais ça coûte "un peu" plus cher et ça marche "un peu" moins bien...

Quand on voit des commentaires du genre celui de Philippe, ça fait peur. On peut comprendre qu’on va tous mourir (ce qui sera le cas un jour de toute façon).

Mais pour relativiser, il faut se renseigner sur la radioactivité naturelle, notamment à Ramsar en Iran, ou dans certains quartiers elle est bien plus élevée que dans la majeure partie de la zone interdite de Fukushima ou Tchernobyl. Les gens qui y vivent ne meurent pas plus qu’ailleurs, ils ont des enfants et ces enfants sont normaux. Pourtant ils y cultivent et mangent leurs légumes contaminés au radium, polonium... Lien : http://www.giga-asso.com/data/docum...

Et un lien antinuc. qui confirme : http://www.dissident-media.org/info...

Pour info, au delà de quelques Km de la centrale du Fuku, la radioactivité est inférieure à 30mS/an soit 3.4µS/h...

On nous rabâche le plutonium comme très dangereux (ce qui est vrai) mais en oubliant le polonium, encore plus dangereux, et présent partout, et même là : http://www.agoravox.fr/actualites/m... Un paquet par jour, ça peut faire 25mS/an soit plus que la limite légale des travailleurs du nucléaire.

En conclusion L’énergie nucléaire est bien quand ça pète pas, sinon c’est une catastrophe dont les effets vraiment dangeureux restent "relativement" locaux. A tous ceux qui on peur de la radioactivité, un bon conseil, changez de planète... parceque nucléaire ou pas on en bouffe de toute façon,99% est d’origine naturelle Et dépêchez vous quand vous serez dans l’espace car la haut vous prenez 1mS / jour, la dose légale de surexposition maximale annuelle en France pour le public (hors examens médicaux bien sur, parce que pour ça c’est pas mal non plus…)

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