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 « Responsabilité sociale » des entreprises et des territorialités

Article publié le 16 décembre 2009

Puisque que l’opinion reproche aux entreprises, que seuls prévalent les résultats financiers, elles doivent prendre en compte urgemment l’aspect social et environnemental de leurs actions.

 « Responsabilité sociale » des entreprises et des territorialités

Afin de réconcilier les Français avec les entreprises, et avec les territoires, une réforme est utile, celle-ci puisera ses principes dans la justice, une justice sociale pour les salariés, une justice mutualiste pour les entreprises et une justice pour l'équilibre d'un territoire donné.

Le problème est clairement identifié. Nous sommes en pleine guerre économique du fait de la mondialisation. Les salariés sont sous pression permanente, la concurrence travaille vite et bien, et il faut toujours vendre plus. Les objectifs (RACES) sont fixés, certes, mais les collaborateurs n'ont pas toujours les moyens ni le temps, pour « faire les objectifs ». Le management n'est plus respectueux des collaborateurs, ces derniers sont « mis plus bas que terre ». On les culpabilise sur tout. Un jour, le collaborateur craque et il se suicide. Les salariés, cadre, EI, non-cadre, ne se sentent plus considérés humainement, y compris les ingénieurs, qui ont vu en 10 ans leurs conditions de travail se dégrader. Souvent, ils invoquent l'importance immense accordée à la culture du résultat au détriment du reste. Assurément, les entreprises contribuent au developpement des territoires, puisque ce sont elles qui le financent par le levier fiscal, et elles font vivre les familles. Cela dépend aussi comment on considère le problème mais à partir du moment, qu' il existe une hiérarchie, sans possibilité de contester, puisque le salarié a la crainte de perdre son emploi, une entreprise est l'inverse de l'humanisme. S'il fallait davantage associer les subalternes aux décisions, dans ce cas, le manager perdrait son pouvoir, donc il ne prendra pas le risque d'y associer les subalternes. Les faits sont d'une clarté étonnante, les droits des salariés sont bafoués, en particulier lors d'un licenciement. Combien d'entretiens préalables ont été menés au mépris du code du travail ? Une entreprise n'a rien de démocratique, puisque le management est souvent autocrate.

Pour produire des biens « socialement utiles », il faut le définir au niveau du cahier des charges. Le canevas serait : « écologiquement soutenable », « socialement responsable » et « économiquement justifiable ». C'est un concept d' « éco-conception » qu'il faut intégrer de manière systématique dans les cahiers des charges des directeurs marketing. Une autre piste serait un partenariat (ou un échange) entre entreprises, avec la création d'une « réserve solidaire territoriale » pour financer des projets de type ISR. Ensuite, favoriser l'émergence d'un pôle de coopération entre les territoires, non pas organisé à une échelle nationale, mais par grandes régions européennes. L'état d'esprit d'une coopération décentralisée peut être une solution alternative pour converger vers l'idéal démocrate et l'entreprise responsable socialement.

Reste à définir le choix des acteurs et à les impliquer pour transformer la société. Qui assure le leadership ? Les politiques, les scientifiques, la sociéte civile, les pouvoirs publics et les entreprises d'un même territoire. J'ose imaginer une organisation découpée avec innovation et réalisme à l'échelle du territoire européen, puis chaque strate plus affinée en fonction de critères intrinsèques à la nature même du territoire, un modèle de « poupées russes », en quelque sorte. Afin d'être pleinement complet, sachant que l'objectif est connu, nous devons nous mettre d'accord sur la méthode. La méthode efficace tient en quatre phases : le diagnostic du problème (observation, caractérisation, qualification), le pronostic, les modalités de mise en oeuvre, le lancement des opérations, et l'analyse de la pertinence (3 à 5 ans après).

Comment répartir avec justice et avec équilibre les richesses au sein de l'entreprise ? Ce vaste débat appelle à développer l'intéressement et la participation, même pour les TPE. Obliger les TPE et les PME par la législation à la mise en place d'outils, tels que les PERCO et l'article 83 pour les salariés, en accord de la validation de l'expert-comptable. Il ne faut pas cependant mettre la viabilité de l'entreprise en jeu. Tout comme le précise avec humanité, François BAYROU, il faut « lutter contre cette idéologie, c'est l'idéologie de la division internationale du travail qui fait que l'on considère qu'il importe peu de savoir où les choses sont produites et fabriquées : l'essentiel est qu'elles circulent au meilleur prix ». Restons humain, effectivement.

A la lumière de ce triste constat, un monde nouveau s'ouvre, par l'entremise d'une nouvelle régulation, pour une démocratie au sein des entreprises, qui n'auront pas d'autres choix à l'avenir, si elles souhaitent changer d'image, puisqu'il est reconnu qu'elles souffrent d'un « déficit de démocratie ». Les entreprises ont à gérer leurs propres contradictions pour concilier des impératifs : épanouissement humain, développement équilibré des territoires, démocratie, justice sociale, profit sur le long terme. Les marges de manoeuvre sont considérables. Dans ce monde ultra-concurrentiel, dans lequel règne une violence inouïe, espérons qu'un jour, on équilibrera les impératifs de rentabilité et de profitabilité avec une production de biens socialement utiles, une répartition équitable des richesses, avec une production économisant les richesses naturelles les plus rares, et enfin que les principes démocratiques retrouvent pleinement une place dans la vie de chaque entreprise du continent européen, territoire « unique », qui unit et réunit 480 millions de citoyens.


Pierre-Franck HERBINET

 

Source image : http://environnement28.proforum.fr

Thèmes

Environnement Communication Entreprise

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commentaires
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par Ninive (IP:xxx.xx1.252.163) le 30 juillet 2010 à 14H52

Bonjour Monsieur, vous vous présentez comme un homme politique et déjà j’ai envie de fermer votre message. Cependant la fin de votre dernier paragraphe me laisse espérer que vous êtes encore capable de réfléchir. Ainsi, j’ose ici venir vous écrire que tout cela est bien beau d’écrire que les autres , sans votre travail effectif bien sûr," on équilibrera les impératifs de rentabilité et de profitabilité avec une production de biens socialement utiles, " ...mais, il vient de se passer des manifestations pour les retraites OBLIGATOIRES et aucun politiciens n’a eu le courage de murmurer que cette saloperie d’obligation est un acte barbare pour certains d’entre nous. Une honte pour notre civilisation de martyriser des Êtres Humains de cette façon. Les courbes de mortalités indiquent bien que les courbes sont fonction de l’âge de prise des retraites en rapport avec les professions. De nombreuses personnes viennent de manifester pour avoir la joie d’obtenir l’obligation de la retraite mais, ils se contenteraient bien de leur propre retraite. Je suis certain qu’ils ne veulent pas tuer d’autres personnes et encore moins les martyriser mentalement !...les politiciens auraient pu indiquer que d’autres personnes, beaucoup moins importantes en nombre semble -t-il, pensent aussi à l’âge de la retraite mais ils y voient venir l’âge de leur grand départ arriver ! L’INSEE n’est pas réputé pour cacher son travail.

Alors, avant de venir faire la leçon pour les autres, et ici pour les pauvres entreprises et entrepreneurs surchargés de soucis si les politiciens pouvaient balayer devant leur porte et faire cesser le plus vite possible ce supplice visible dans les statistiques même ET surtout ressenti par une minorité , ce serait déjà un petit progrès pour eux ! car pour moi, les politiciens deviennent complice du fait de martyriser des êtres humains par une telle OBLIGATION .

Voilà Monsieur, bien maladroitement j’ai écrit ce que j’ai sur le cœur. Un simple mot à changer pour éviter un supplice en l’an 2010 ! Un simple mot à changer pour humaniser nos rapports humains dans notre pays. On pourrait mettre à la place ’d’obligation’ par exemple ’possibilité’ mais je suis certain que vous trouverez le mot ’JUSTE’. Il me semble très grave de vivre dans l’indifférence le déclin de certaines personnes qui osent parler de ce fait parfois . Il me semble qu’il y est ressenti comme un manque de respect de la Vie Humaine, de leur vie, par ces Êtres encore en vie ....et pour quelle connerie ! car jamais une sage femme n’a vu venir au monde un bébé avec un papier l’obligeant à prendre sa retraite à un âge défini et jamais sur les actes de décès,il n’est fait mention de cette obligation actuelle et stupide.

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par Dee (IP:xxx.xx5.4.100) le 27 mai 2012 à 04H28

Dès le commencement, je n’ai pas hésité à m’inscrire à votre portail. Je dois dire cette aprés midi que c’est sans remords. Il est remarquable !

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