NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
Les compteurs intelligents sauveront-ils la planète ?

Article publié le 6 septembre 2010

Les compteurs intelligents sauveront-ils la planète ?

Sous ce titre un peu audacieux, il est en fait question de la capacité des technologies de la smart grid, ou gestion intelligente des réseaux, à aider à lutter contre le réchauffement climatique. La smart grid, c’est un ensemble de technologies qui combinent la connaissance des réseaux informatiques à celle des réseaux de distribution d’énergie. Concrètement, il s’agit de barder le réseau électrique, par exemple, de capteurs qui, reliés entre eux par Internet, permettent au distributeur comme au consommateur de savoir l’état des flux existants, des fuites, des surconsommations inutiles, afin d’optimiser la charge sur le réseau.


Google s’est lancé assez tôt dans cette bataille en proposant un tableau de bord qui, pour ceux qui s’intéressent aux web, ressemble à Google Analytics. Microsoft lui a emboité le pas avec Hohm, qui intégrera à terme la gestion de la voiture électrique. Enfin, ERDF a récemment installé certains de ces compteurs intelligents à Lyon. Mais sera-ce suffisant à changer nos comportements ? Cleantechies nous livre des pistes innovantes.


Une étude de l’American Council for an Energy Efficient Economy nuance cette affirmation, précisant qu’il est d’emblée difficile de faire la part entre le battage médiatique autour de ces outils nouveaux et leur utilité concrète, au quotidien. Et pourtant, la même étude confirme que les américains sont « energy blind », c’est à dire qu’ils ne voient pas, comme beaucoup, leur consommation d’énergie. A part une facture mensuelle, aucun indicateur ne leur dit si la veille, leur consommation a fait un pic, ni pourquoi, ni comment ça aurait pu être évité.


Si les compteurs intelligents permettent de mesurer ces choses (ils n’équipent pour l’instant que 4,7% des foyers américains, mais devraient atteindre les 40% dans les 5 à 7 ans), l’ACEE estime que ça n’est pas suffisant pour que les consommateurs agissent, et qu’il leur faut un autre levier d’action. Si l’efficacité des compteurs a commencé à être mesurée (une méta-étude de 57 études américaines, européennes et japonaises trouve une réduction de 4 à 12% de la consommation d’électricité dans les foyers équipés), tout dépend en fait de ce qu’affiche les tableaux de bords du compteurs. C’est ici que la psychologie entre en jeu : comment convaincre par des chiffres ou des courbes que le consommateur « dérape » ? Voici quelques enseignements étonnants de ces études :

  • Nous sommes moins réactifs à des programmes visant à réduire notre consommation selon les moments de la journée (heures pleines/ heures creuses) que tenter de réduire cette consommation en permanence.
  • Une crise énergétique serait le meilleur moyen de nous convaincre d’adopter ces compteurs, plutôt que les discours sur le développement durable. Les Californiens font régulièrement l’expérience des « power cuts » et comprennent que leur (sur)consommation individuelle sature le réseau qui est contraint de lâcher.
  • Les compteurs intelligents seraient concurrencés par les téléphones, notamment les smartphones. Plutôt que d’aller devoir ouvrir son compteur pour voir sa consommation, une application sur iPhone que l’on peut suivre partout inciterait à de meilleures économies d’énergie.

Ainsi, l’ACEE conclut que la smart grid ne doit pas être le mariage de deux champs : les technologies de l’information et l’énergie, mais de trois, en rajoutant les sciences du comportement pour rendre réellement efficaces ces mesures, et les convertir en actions au quotidien.


TechnoPropres
Thèmes

Electricité

Bookmark and Share
0 vote

commentaires
votez :
par zelectron (IP:xxx.xx3.92.108) le 7 septembre 2010 à 21H45

relever les compteurs !*

*Expression utilisée dans un autre secteur des "activités" humaines

Ce compteur s’approprie le qualificatif "d’intelligent" de façon indigne, il a été étudié pour servir exclusivement les intérêts d’EDF et surtout pas ceux des usagers.

NB L’abus du mot "intelligent" dans le monde des objets et autres robots est caractéristique de la pauvreté des qualifications et de l’orgueil des intervenants de ces domaines.

votez :
par Tleilaxu (IP:xxx.xx4.144.229) le 14 septembre 2010 à 14H52

En effet ! Un bon moyen de se débarasser des techniciens qui venaient relever les compteurs. L’entreprise ne sera que plus profitable et versera plus de dividendes aux actionnaires. Et tant pis pour les techniciens qui ne cotiseront plus pour nos caisses de retraites... Encore une solution technique. C’est à croire que nous sommes des handicapés. ^_^

votez :
par Nonmaisdisdonc (IP:xxx.xx2.193.209) le 17 septembre 2010 à 09H53

Particulièrement d’accord avec TLEIXAXU à ce sujet. Ainsi en va t-il de même pour les caisses automatiques dans la Grande Distribution, pensez donc : Plus de caissière... moins de personnel, économie d’échelle financière Matériels qui ne revendiquent pas... ! Matériels qui peut travailler à la demande..le week end, la nuit pourquoi pas .. ! et cerise sur le gâteau.. on fait effectuer au "chers clients "(sous prétexte de plus de confort) le travail de l’ex caissière et qui plus est gratuitement. Trop fort la Grande Distribution... Allez le progrès est en marche, souriez !

votez :
par Nonmaisdisdonc (IP:xxx.xx2.193.209) le 17 septembre 2010 à 09H59

Pour revenir brièvement sur ces compteur : Huit milliards d’euros ! C’est au final ce que l’usager pourrait débourser pour l’installation dans les 35 millions de foyers abonnés à EDF d’un nouveau type de compteur électrique. Pour chaque Français, la facture devrait s’élever à 230 €. En retour, les ménages devraient mieux maîtriser leur consommation grâce à ce système rendu obligatoire par une directive européenne de 2006. Celle-ci stipule que 80% de la population devra être équipée d’ici à 2020. Cependant le chantier de ces compteurs ultramoderne pourrait bien tourner au cauchemar. Premier problème : le devis initial a explosé. Il devait s’établir selon ERDF (Électricité réseau distribution France), la filiale d’EDF chargée de la distribution de l’électricité, entre 4 et 5 milliards d’euros sur dix ans pour changer la totalité du parc français. Mais les collectivités locales, propriétaire des compteurs, ont pris leurs calculettes et annoncent… le double !

Un surcoût d’autant plus ennuyeux que ces compteurs, baptisés Linky, ont de sérieux ratés. Dans la région de Tours, sur les 40 000 compteurs de nouvelle génération qui devaient être installés au 31 mai, seuls 19 000 ont été mis en place. Et seuls huit fonctionnent correctement. Même mésaventure dans la région lyonnaise où 200 000 foyers devaient être équipés d’ici au mois de décembre.

D’où la colère des élus. « On se dit que ces milliards d’euros pourraient être mieux utilisés. A quoi cela sert d’avoir des compteurs du XXIe siècle si l’électricité est acheminée par un réseau vétuste ? » s’interroge Jean-Marc Proust, porte-parole de la Fédération des collectivités locales, qui concèdent l’exploitation du réseau de distribution électrique. Enfin, les syndicats redoutent que cette nouvelle technologie ne finisse par remplacer les techniciens chargés de la relève des compteurs et n’aboutisse à la suppression de 5 400 postes sur 45 000 chez ERDF.

Les Auteurs deSociété
rcoutouly - 65 articles
voxpopuli - 1 articles
ble2 - 35 articles
çaDérange - 299 articles
Biosphère Blog - 57 articles
ecolomaisjetemmerde - 3 articles
Mobilité durable - 178 articles
Greendriver - 1 articles