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L'homme, l'ennemi de la nature

Article publié le 6 juin 2011

L'homme, l'ennemi de la nature

Nous avions interrogé récemment Alain Hervé, fondateur des Amis de la Terre en 1970 : « L’homme n’est qu’un élément de la nature qui a été doté d’une capacité de transformation trop brutale de l’environnement. Il nous faut donc abandonner notre anthropocentrisme pour ressentir profondément notre appartenance à la communauté des vivants. Nous sommes partis du vivant, et maintenant nous sommes responsables d’un tissu que nous détériorons. » Conception absolument inverse de celle de l’ex-ministre Luc Ferry, faisant référence à Fukushima : « La nature, aujourd’hui encore, demeure notre principale ennemie. »
Mais comme l’exprime Hervé Kempf*, « Il n’y a pas de dommage causé par la nature indépendamment des actions humaines qui le préparent ». Ferry est un conservateur atteint de nombrilisme humain, un homme des plateaux télé qui n’a rien lu des renouvellements de l’éthique. Cet ex-professeur de philosophie avait commis en 1992 un pamphlet, Le Nouvel ordre écologique. Le principal effet de ce livre avait été de geler les tentatives de pensée nouvelle, en frappant de suspicion en France toute réflexion sur la nature qui s’écarterait de l’humanisme kantien. Voici donc quelques précisions avec Stéphane Ferret in Ethique de la nature et philosophie de la crise écologique :
« Le sophisme kantien doit être dénoncé. Cette vision du monde, dite métaphysique H, accorde un primat inaliénable à l’être humain. Parce qu’elle est humanocentrée, la métaphysique H est réputée humaniste. Mais en s’arrogeant l’exclusivité des droits, l’être humain se prend pour le maître des lieux et la nature dépérit. La métaphysique H est une métaphysique de la mort, infectée de fond en comble par le sophisme de la valorisation. L’humanisme est une métaphysique de la mort dans la mesure où, isolant l’identité de l’homme de celle du reste du monde, il fonde ontologiquement l’appropriation, l’exploitation et l’exténuation de la nature. Obnubilé par l’être humain, la métaphysique H risque de conduire au naufrage de son unique sujet. La seconde métaphysique, non-H, considère l’être humain comme un fragment du monde, comme un existant parmi les autres existants. La métaphysique non-H est par définition a-humaniste, non-humaniste, si nous voulons dire par là non obnubilée par l’être humain mais certainement pas dirigée contre l’être humain. Notre époque est celle de la bascule de la première vers la seconde vision du monde, de la substitution progressive de la métaphysique non-H à la métaphysique H. »
Hervé Kempf concluait ainsi : « Ceux qui se croient en guerre avec la nature accroissent le danger. L’avenir appartient aux amis de la Terre ». La biosphère ne peut qu’approuver !
* LeMonde du 20 avril 2011, les Amis de la Terre

Source image : agoravox.fr

 

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Démographie

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commentaires
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(IP:xxx.xx1.193.65) le 6 juin 2011 à 18H13

Je conseille le livre "oui la nature humaine est bonne" d’olivier maurel sur le sujet de la nature humaine parce que l’on traite la nature comme l’on a été traité soi même par les parents (l’environnement) :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-livre-oui-la-nature-humaine-est-81319

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par France (IP:xxx.xx5.48.147) le 7 juin 2011 à 06H13

Les animaux aussi peuvent détruire leur environnement... quand ils deviennent trop nombreux ! Privés de loups, d’ours ou autres prédateurs décimés par l’homme, les cervidés peuvent se multiplier au point de dégrader la forêt dans la quelle ils vivent, au point que les gestionnaires des forêts sont amenés à organiser des battues afin de réguler ces populations. Bien sûr, le déséquilibre dû à la disparition des prédateurs est le fait de l’homme, mais on voit que sans facteur limitant, toute espèce vivante peut proliférer au point de détruire son environnement. Point n’est besoin de philosophie kantienne pour cela. Depuis des millénaires, l’homme s’efforce de réduire les effets de tous ses facteurs limitants : destruction de ses prédateurs, augmentation des ressources alimentaires par l’invention de l’agriculture et de l’élevage, construction d’habitats de plus en plus confortables, transport et échanges de marchandises, développement de l’hygiène et de la médecine etc ... Il s’en suit une augmentation exponentielle de la population humaine depuis le néolithique, d’abord très lente au début, comme toute évolution exponentielle, puis de plus en plus rapide, et actuellement explosive, avec un doublement des effectifs ces dernières quarante années. Quelques chiffres : 1500 : 500 millions 1800 : 1 milliard 1960 : 3 milliards 2000 : 6 milliards 2011 : 7 milliards Vous pouvez voir ces courbes sur le site wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Popula...

Même en changeant de philosophie, même en devenant tous des écolos vertueux, si nous continuons d’augmenter nos effectifs, par le simple fait de notre nombre, nous empiétons sur l’habitat des espèces sauvages et détruisons la nature, car il nous faut toujours plus d’espace pour nos villes et pour nos terres cultivables. Maintenant, nous arrivons aux limites de ce qui est supportable pour la nature et pour nos propres ressources, comme le montre cet article : http://www.delaplanete.org/populati...

Les guerres et autres désastres plus ou moins naturels n’ont eu jusqu’ici que peu d’influence sur l’accroissement de la population mondiale. Cela pourrait changer lorsque nous nous heurterons au mur des limites physiques de nos ressources, voire à leur épuisement. Nous assisterons alors au plus grand génocide qu’ai jamais connu la Terre depuis l’apparition de l’humanité, à côté du quel la dernière guerre mondiale apparaîtra comme un « incident ». Nous avons les moyens d’éviter ces catastrophes en stabilisant, puis en réduisant progressivement notre population, partout dans le monde, sans meurtres ni génocides, en réduisant seulement notre fécondité. C’est ce que propose l’association Démographie Responsable : http://www.demographie-responsable.org/

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par Didier (IP:xxx.xx4.19.211) le 8 juin 2011 à 17H49

Bien sur que l’homme est l’ennemi de la nature, et tout d’abord du fait de ses effectifs. La surpopulation constitue, et de loin, la menace principale. Car quoi que nous fassions par ailleurs, si nous sommes trop nombreux nous éliminerons le reste du vivant, c’est déja fait en bonne partie. Nous sommes 1000 fois (oui vous avez bien lu : 1000 fois) plus nombreux qu’il y a 10 000 ans.

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(IP:xxx.xx1.130.186) le 23 juin 2011 à 12H37

"""Nous sommes 1000 fois (oui vous avez bien lu : 1000 fois) plus nombreux qu’il y a 10 000 ans.""" Je me permets d’ajouter quand même que la Nature n’a eu aucune difficulté pour anéantir ses occupants en ces temps anciens. Il est des traces au Pérou, en Inde comme au Moyen-orient et en Australie....Pour plus de renseignements, voir internet sur ce sujet.

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par rabanggagru1970 (IP:xxx.xx6.57.151) le 22 juin 2013 à 19H23

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