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Installer de l'agriculture dans les villes

Article publié le 2 mars 2011

Pendant longtemps, les restructurations urbaines ont consisté à démolir des barres ou des tours pour donner de l’espace aux cités les plus défavorisés. Pourquoi, plutôt, ne pas garder les immeubles les plus vétustes et les transformer en fermes urbaines verticales ? Cela peut sembler à priori loufoque mais cette idée mérite réflexion. Elle peut permettre de créer des emplois dans les cités et de retisser du lien social en mettant des activités économiques viable au coeur de zones où la seule économie qui fonctionnait était celle des trafics.

Installer de l'agriculture dans les villes

Le projet peut prendre la forme suivante. Choisir l'immeuble le plus vétuste de la cité. Reloger ses habitants. Casser les cloisons de l'immeuble en gardant la structure béton : dalle et soutènement. Garder les escaliers et ascenseurs. Ouvrir les façades pour faire rentrer la lumière et transformer les étages en serres.

Réaménager l'immeuble de la manière suivante : 

Au rez de chaussée : la coopérative, le magasin, des réservoirs d'eau, toutes les machineries, des composteurs (ou lombri-composteurs)

Au premier ou aux étages les moins ensoleillés : l'élevage de poulets et de lapins

Dans les autres étages (et de manière largement majoritaire) ; la production de légumes et de fruits

Au dernier étage, de nouveaux réservoirs d'eau, avec sur les toits des éoliennes et des panneaux solaires. Un système de récupération d'eau de pluie y est installé.

 

L'immeuble est réparti en lots soit d'élevage, soit de cultures. Les parties communes sont gérés par la coopérative, particulièrement le magasin qui vend l'ensemble des productions des coopérateurs. 

 

Ces coopérateurs sont des couples de jeunes issus de la cité, ou des cités environnantes, qui ont accepté de reprendre une formation agricole.

Les lots d'élevage produisent des lapins, des poulets et des oeufs, en bio, ils donnent leurs fumiers aux lots agricoles et bénéficient des résidus des lots agricoles qui peuvent nourrir leurs bêtes. Les étages de l'immeuble consacrés à cette activité comprennent des zones de poulaillers et de clapiers mais aussi des espaces de relative liberté pour les animaux.

 

Les lots agricoles cultivent d'autres étages avec un mélange d'arboricultures et de maraîchage, sur l'ensemble de l'année, avec une alternance selon les saisons. Ces serres sont chauffées et disposent d'arrosage automatique.Les cultures se font dans de grands bacs disposant d'une profondeur de terres différentes selon le type de culture. Ces bacs sont disposés à différentes hauteurs selon les cultures, et disposés de manière optimal par rapport au soleil. 

Premier avantage de ces fermes verticales urbaines : elles fonctionnent en quasi-autonomie. L'alimentation des plantes et des animaux est basé sur la récupération : récupération des résidus organique des résidents de la cité et du fumier produit par les volailles pour améliorer la terre des plantes, récupération des parties de plantes consommables en alimentation par les poules et les lapins.

 

L'électricité nécessaire est produite par les éoliennes, par un système de pompage-turbinage entre les réservoirs hauts et bas, par le photovoltaïque. Des colonnes éoliennes verticales peuvent être installés dans les anciens parkings jouxtant l'immeuble.

 

Le système hydraulique est conçu à partir des réservoirs en haut et en bas de l'immeuble, de système de récupération d'eau de pluie sur le toit et autour du bâtiment, avec un complexe de pompe et de turbine. Il permet à la fois de récupérer une grande partie de l'eau pluviale, de fournir de l'eau aux différents lots à partir des réservoirs hauts et de fabriquer de l'électricité selon le principe du pompage-turbinage.

 

Bien entendu, cette autonomie ne sera pas complète mais elle diminuera considérablement les charges et ... la production de CO2 ! 

 

Deuxième avantage de ces fermes verticales urbaines : elles recréent du lien social à l'intérieur des cités. Outre le fait que les créations d'emplois se font chez des jeunes de ces quartiers, le magasin permet aux habitants de se fournir en fruits, en légumes, en oeufs et en volailles de qualité à proximité de chez eux. Le magasin récupère aussi les déchets organiques des habitants. N'ayant pas d'intermédiaires, ni de frais de transports, les produits sont vendus à un prix convenable aussi bien pour les producteurs que pour la population défavorisée de ces quartiers.

 

Troisième avantage de ces fermes verticales urbaines : elles participent au développement économique de ces quartiers. Même si elles tendent à l'autonomie, ces fermes sont insérées dans le tissu économique local. Elles se fournissent en intrants à l'extérieur (grains pour les poulets, semences, etc...). Elles vendent leurs excédents de production auprès des commerçants de la région.

 

En définitive, le concept de fermes urbaines verticales provient de deux idées fondatrices. D'abord la nécessité de sortir du principe d'éco-quartier vitrine. Les fermes urbaines verticales peuvent s'insérer dans tous les quartiers où une tour, une barre est vétuste. Elles participent de la revitalisation écocroissante de ces quartiers.

La deuxième idée fondatrice est celle qui consiste à bricoler le réel sans chercher à faire table rase du passé. Il faut sortir du tout-neuf et, en tout lieu, bricoler à partir des technologies et des outils de politique publique existants pour que les entreprises et les organismes publics, avec la participation des habitants, puissent inventer une économie du réel plus responsable et durable.

 

Pour en savoir plus :

Des fermes urbaines dans les cités

Des grands ensembles d'hier aux Ecocités de demain

 

Source image : http://paris-ile-de-france.france3.fr

Thèmes

Ecologie Agriculture Responsabilité sociale Urbanisme

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commentaires
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par France (IP:xxx.xx9.115.36) le 3 mars 2011 à 08H51

Encore de l’agriculture hors-sol ! Les plantes et les animaux sont faits pour vivre en plein air, dans un milieu riche en biodiversité, c’est à dire en contact (même restreint) avec la nature. Le bio hors-sol n’est pas du vrai bio, même si on tente de ne pas utiliser de produits chimiques. L’équilibre de la nature me parait impossible dans un contexte fermé hors-sol, il y a fort à parier que le recours aux produits chimiques s’avèrera vite nécessaire. Si nous en sommes réduits à ces extrémités de cultiver dans des bâtiments, hors-sol, c’est que nous sommes trop nombreux sur Terre, que nous n’avons plus assez de terres agricoles. Nous avons nous-mêmes en majorité été élevés hors-sol, en tant que citadins, et cela déforme notre perception de la Nature. Nous rêvons d’appliquer notre mode de vie citadine aux autres espèces, car c’est le seul que nous connaissons. Mais ce n’est pas cela la vraie vie.

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(IP:xxx.xx9.132.168) le 3 mars 2011 à 11H31

L’idée n’est pas nouvelle !

Alphonse Allais avait déjà proposé que l’on construise les villes à la campagne !

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(IP:xxx.xx3.65.100) le 3 mars 2011 à 12H54

Bande de rêveurs. Calculez un peu la quantité d’énergie que vous pourrez accumuler en stockage turbinage avec un réservoir positionné sur un immeuble. Peanuts. Sachant que tout milite aujourd’hui pour des constructions de hauteur réduite, et moins massives donc moins résistantes, pour limiter les besoins énergétiques. Alors que nous avions tout ce qui fallait... Un gros producteur public d’énergie et des paysans capables d’assurer l’autonomie alimentaire de notre pays. Les technocrates ont détruit tout cela et vous apportez de l’eau à leur moulin en faisant la promotion de dispositifs qui lorsqu’ils sont fait à petite échelle relèvent uniquement du mauvais bricolage. Vous ouvrez une nouvelle porte aux margoulins. Ceux la même qui veulent à tout prix installer des panneaux photovoltaïques sur nos toits.

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(IP:xxx.xx9.132.168) le 6 mars 2011 à 17H06

@ (IP:xxx.xx3.65.100) le 3 mars 2011 à 12H54

"Vous ouvrez une nouvelle porte aux margoulins"

- Mais il y a tellement de gogos qui sont contents de se faire arnaquer par les margoulins de tout poil, pourvu que ce soit pour sauver la planète..... C’est bon pour la conscience de "faire quelque chose pour la planète".....

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par rcoutouly (IP:xxx.xx3.50.51) le 6 mars 2011 à 17H17

"Vous ouvrez une nouvelle porte aux margoulins. Ceux la même qui veulent à tout prix installer des panneaux photovoltaïques sur nos toits."

Il faut effectivement avoir une vision critique sur cette histoire de panneaux photovoltaïques. Lire à ce propos : Quelle régulation fiscale pour le photovoltaïque ?

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(IP:xxx.xx5.26.113) le 5 mars 2011 à 21H10

Bravo pour votre idée. Du travail pour les habitants et non pour les pays lointains est je crois la seule possibilité de réinsérer les gens dans une société. Vous au moins, vous donnez un exemple réalisable.

Un très haut responsable se vante d’avoir éliminé plus d’un million et demi de fermes en quelques années dans des beuveries au champagne. Il ne peut même pas comprendre qu’il a fait crouler la France et les Français avec...Dans les actualités de ce samedi, on constate qu’encore un riche acteur part en Suisse pour cause d’impôts trop élevés et pendant ce temps, on vivote dans les barres et quartiers HLM sans possibilités de pouvoir travailler pour cause de sécurité sociale et des très nombreux papiers infaisables.

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(IP:xxx.xx9.132.168) le 6 mars 2011 à 15H20

"Rodrigue Coutouly..... formateur d’enseignants et de personnels d’encadrement au sein de l’Education nationale. Il s’intéresse depuis longtemps aux problèmes environnementaux..."

- Quand on voit les résultats de la "formation des personnels" de l’Education nationale, on est en droit de se faire du souci pour l’environnement......

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par rcoutouly (IP:xxx.xx3.50.51) le 6 mars 2011 à 16H12

Merci pour votre message intelligent et pertinent, cela fait plaisir !

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(IP:xxx.xx9.132.168) le 6 mars 2011 à 17H03

@ rcoutouly

"Merci pour votre message intelligent et pertinent, cela fait plaisir !"

- Il n’y a pas de quoi, c’est bien mérité. C’est moi qui vous remercie de votre appréciation flatteuse de ma remarque. Si elle vous a fait plaisir, j’en suis ravi.

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par rcoutouly (IP:xxx.xx3.50.51) le 6 mars 2011 à 17H12

Plaisir ? Non, je la traite simplement avec humour puisqu’elle est parfaitement imbécile.

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(IP:xxx.xx9.3.211) le 7 mars 2011 à 10H17

Ah ! L’humour..... Dernier recours lorsqu’il n’y a pas ou plus d’arguments !

"La meilleure façon de manquer d’humour c’est d’affirmer qu’on en a".

Didier Nordon

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par Rcoutouly (IP:xxx.xx7.58.96) le 7 mars 2011 à 13H48

"Quand on voit les résultats de la "formation des personnels" de l’Education nationale, on est en droit de se faire du souci pour l’environnement......".

Mettre en cause une personne travaillant dans un certain contexte, qu’il n’a pas choisi, en assimilant son travail à celui de l’institution, c’est à dire en généralisant, ce n’est pas un argument. Il faudrait donc que vous ayez un reproche concret à formuler pour que je puisse argumenter !

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(IP:xxx.xx9.130.170) le 16 mars 2011 à 09H35

"Il faudrait donc que vous ayez un reproche concret à formuler pour que je puisse argumenter !"

L’argument "concret" mais il saute aux yeux ! Il est connu de tout ceux qui veulent bien regarder la réalité en face ! L’argument "concret" c’est la dégradation profonde et inéluctable de notre éducation nationale (dont vous faites partie volontairement ou non et quel que soit le "contexte" dans lequel vous y sévissez) depuis 40 ans......

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par Rcoutouly (IP:xxx.xx7.58.96) le 16 mars 2011 à 10H07

Je ne nie pas la dégradation de l’Education Nationale, je la vis en étant au coeur du système. "dans lequel vous y sévissez" Par contre, c’est de la diffamation gratuite. C’est aux usagers et aux personnels avec lequel je travaille plus de 50 heures par semaine qu’il faudrait poser la question de mon efficacité.

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(IP:xxx.xx9.130.170) le 16 mars 2011 à 16H28

"je travaille plus de 50 heures par semaine"

- Y compris les heures que vous passez sur internet ?

==> "par Rcoutouly (IP:xxx.xx7.58.96) le 16 mars 2011 à 10H07"

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(IP:xxx.xx9.130.170) le 16 mars 2011 à 16H33

"Par contre, c’est de la diffamation gratuite."

 ????

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