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Ecologie profonde

Article publié le 14 octobre 2010

Ecologie profonde

Puisqu’il a été plusieurs fois question d’écologie profonde sur ce blog, je colle ici le texte de l’article que j’ai consacré au sujet dans mon Dictionnaire énervé de l’écologie (à paraître dans les tout prochains jours) :

Ecologie profonde
En anglais, deep ecology. École de pensée dont le père fondateur est le philosophe norvégien Arne Næss (1912-2009). Selon ce dernier, l’humanité doit être considérée, non pas comme une espèce à part ou supérieure aux autres, mais comme une partie de la biosphère.
L’écologie « classique » pose comme finalité de la morale et de l’action la satisfaction des besoins humains, et attribue au reste du vivant le statut de simple ressource : tels sont l’anthropocentrisme et l’humanisme. L’écologie profonde inscrit, au contraire, le destin de l’Homo sapiens dans une vision totalisante de la vie : c’est un biocentrisme. À ses yeux, le fond du problème n’est pas l’homme en tant que tel, mais l’homme et l’ensemble des espèces avec lesquelles il coévolue depuis son apparition.
Arne Næss formule pour la première fois ce concept dans un article qui paraît en 1973, et qui est intitulé « Le mouvement écologique superficiel et le mouvement profond ». Il y affirme notamment : « Le droit de toute forme de vie à exister est universel et ne saurait être quantifié. Aucune espèce ne détient plus qu’une autre un droit spécial à exister. » Les idées d’Arne Næss choquent les penseurs humanistes, religieux, bien-pensants, communistes, progressistes, béni oui oui ou politiquement corrects. Mais ses propos constituent une revigorante incitation à la réflexion.
Cependant, au contraire de ce que font semblant de croire Luc Ferry dans son essai Le Nouvel ordre écologique, ou Jean-Christophe Ruffin dans son roman Le Parfum d’Adam (mais tout est permis dans un roman !), les tenants de l’écologie profonde ne sont pas nombreux ! Loin de la secte en quête de pouvoir… La deep ecology, combien de divisions ? Zéro… Ce n’est pas demain la veille qu’on verra un « fascisme vert » éliminer des humains pour faire de la place aux requins, aux loups ou aux éléphants.
Il arrive que, dans ses moments de fantasme sadique (qui ne connaît pas ce genre de délire ?), et au désespoir de voir l’Homo sapiens se conduire si bêtement et si méchamment, l’auteur de ce Dictionnaire envisage pareilles extrémités. Petit plaisir innocent de l’imagination ! Mais qui permet de poser, sous forme d’interrogation provocante, le grave problème philosophique des limites de l’humanisme. Celui-ci nous commande de privilégier l’humain en tout temps et en tout lieu. Nous en sommes d’accord. Mais supposons qu’en 1933, par une magie d’histoire-fiction, nous ayons devant nous, d’une part le couple Hitler-Eva Braun, et d’autre part le dernier couple de tigres.
Nous ne pouvons en sauver qu’un seul. Lequel choisissons-nous ?

Source image : Lumière du soir, mont Jovet.

Thèmes

Biodiversité Ecologie

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1 vote

commentaires
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par Michel Tarrier (IP:xxx.xx3.130.92) le 14 octobre 2010 à 15H19

Cher Yves, mon choix d’écolo radicalement radical est tout fait : je donne Eva Braun à bouffer au dernier couple de tigres. Hitler n’était pas consommable.

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par copainsky (IP:xxx.xx7.234.210) le 14 octobre 2010 à 17H10

Pour la science et l’ecologie svp, ça prend 10 min et ça fait avancer les choses ! http://bit.ly/boT5RG

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par Marc Viot (IP:xxx.xx6.121.119) le 15 octobre 2010 à 12H43

Si j’existe pour les sauver, c’est qu’il reste encore un être humain mâle.

Donc, je nique Eva, je lui ouvre le ventre pour en extraire l’embryon et je l’implante dans l’utérus de la tigresse qui peut alors bouffer tranquillement cette saloperie et ... je sauve les deux espèces ;-)

PS : je donne Hitler au tigre pour le distraire pendant le processus

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par Manso (IP:xxx.xx4.46.108) le 17 octobre 2010 à 08H59

Si « l’humanité doit être considérée, non pas comme une espèce à part ou supérieure aux autres, mais comme une partie de la biosphère », alors devant les dégâts provoqués par ses activités et son surnombre, son effectif ne devrait-il pas être géré ?

http://www.demographie-responsable.org/

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par France (IP:xxx.xx4.173.20) le 17 octobre 2010 à 11H36

Pour ne pas se retrouver devant un choix si cornélien : choisir de sacrifier un (des) humain(s) pour sauvagarder une espèce animale, le mieux est de faire en sorte qu’il ne se pose pas : éviter la surpopulation par une limitation responsable des naissances (responsable, pas obligatoire). d’ailleurs, Hitler et le nazisme ne sont-ils pas le fruit d’une surpulation ? (Kinder, Küsche, Kirsche... espace Vital...) La guerre n’est-elle pas la conséquence d’une natalité excessive et déséquilibrante, induisant 20 ans plus tard un excès de population jeune, qui ne trouve pas sa place, et qui la cherche en conquérant les territoires voisins ?

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par fleurnacre (IP:xxx.xx1.119.154) le 28 octobre 2010 à 14H56

je suis pour le controle des naissances : mais à qui laisserions nous le droit ,le choix ;il nous est impossible de nous mettre d accord :l humain est fait de tant de contradictions _il faudrait que nous nous comprenions nous meme :le jour ou nous serons aptes à comprendre completement et simplement l etre humain ;nous serons habilites à agir dans notre interet commun . En attendant que ce nouvel ordre existe ;je nous souhaite ,qu il n y ait plus d hiroshima, de guerres stupides pour un bout de terrain ,ou de fanatiques religieux incapables de compassion qui s en prendraient inutilement à des faibles. a bon entendeur

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(IP:xxx.xx9.132.242) le 31 octobre 2010 à 16H23

"En attendant que ce nouvel ordre existe..."

Que faut-il entendre par là ? Un "nouvel ordre mondial" ? Sinistre perspective s’il en est ! Vous faites peur......

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