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Abandon du nucléaire en Allemagne : déjà 20000 postes supprimés

Article publié le 6 janvier 2012

Abandon du nucléaire en Allemagne : déjà 20000 postes supprimés

Angela Merkel, pour pouvoir se faire réélire dans un pays à forte imprégnation écologique, a finalement décidé de poursuivre sur la voie de l'abandon du nucléaire tracée par ses prédécesseurs sociaux-démocrates, alors que l'on aurait pu penser, sur la base du début de sa législature, qu'elle allait au contraire le relancer. Entre temps, bien sur, il y a eu la catastrophe de Fukushima au Japon qui a conforté les états d'esprit dans leur conviction antinucléaire.

Ainsi donc, avant la fin de l'année 2011, les Sept centrales nucléaires les plus anciennes du pays seront définitivement fermées.Une telle décision pourtant ne manquera pas d'avoir des effets sur les sociétés exploitantes de ces centrales, sur leurs sous-traitants et sur les industries connexes de leur exploitation.

C'est ainsi que parmi les énergéticiens allemands, deux exploitants des centrales promises à la fermeture ont annoncé des plans de restructuration sévères. RWE, Numéro 2 en Allemagne, a déjà annoncé qu'il allait supprimer 8000 postes de son organisation dans le monde qui emploie 72 000 personnes.RWE subit la fermeture accélérée de deux centrales qui diminue d'autant sa production et donc ses ventes d'électricité.Elle est ainsi passé d'un bénéfice de 594 millions d'euros au troisième trimestre 2010 à une perte de 174 millions d'euros sur la même période 2011.

Pour redresser l'équilibre économique de la société, RWE envisage de vendre 11 milliards d'euros d'actifs d'içi 2013 auxquels correspondent les 8000 postes mentionnés plus haut. Ce seraient donc des postes transférés avec les activités vendues dont il serait question. Fort bien, mais dans ce cas que deviennent les personnels en postes dans les centrales fermées qui ne sont pas des actifs vendables à qui que ce soit ? Mystère pour l'instant....

E.ON, l'énergéticien numéro 1, lui a annoncé une restructuration qui supprimerait entre 8000 et 11 000 postes également sur les 79457 dont il dispose dans le monde soit 10pct environ.

Toutes ces annonces sont liées aux fermetures déjà décidées. Au delà, jusqu'en 2022, il y aura d'autres centrales qui seront fermées et donc d'autres emplois supprimés dans les sociétés et chez leurs sous traitants.Dont le suédois Vattenfall et la filiale d'EDF, EnBW. L'impact global sur l'emploi en est pour l'instant inconnu.

Une bonne nouvelle pour nous, français, la décision de notre électricien national, EDF, qui a décidé au printemps dernier de se séparer de sa participation de 45 pct dans EnBW au profit du Land de Bade- Wurtemberg pour 4.7 milliards d'euros avait été particulièrement bien anticipé. Bravo Monsieur Proglio et mal vu pour le Land.

Du coté des fournisseurs d'équipements et de matériel à l'industrie nucléaire, à signaler bien sur l'annonce faite par Areva de se séparer de 1300 postes soit 20 pct des effectifs de son implantation d'Erlangen en Bavière. Areva fournit des matériels et des services à l'industrie nucléaire allemande et dispose pour cela de 8 usines et 5700 postes.Deux d'entre elles seraient fermées. A signaler également l'annonce faite par Siemens de son retrait de tout développement dans le nucléaire ainsi que son retrait de sa coentreprise dans ce domaine avec le russe Rosatom. Là aussi ce sont des emplois qui disparaissent.    

En principe néanmoins, ce retrait du nucléaire sera accompagné d'un redéploiement dans le domaine des énergies renouvelables, éolien et photovoltaîque. Ce dernier va déjà très mal en Allemagne concurrencé qu'il est par les produits chinois.Quant à l'éolien, il est d'ores et déjà bien établi chez quelques grands fournisseurs mondiaux dont Siemens, le danois Vestas,et même Areva.Peu de chance donc que cela crée de nouveaux emplois en nombre en Allemagne. Areva mentionne le projet de création d'un centre spécialisé dans le demantèlement des centrales nucléaires.

A suivre donc. 

Source image : http://a6.idata.over-blog.com

Thèmes

Nucléaire Responsabilité Sociétale d’Entreprise Emploi

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commentaires
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(IP:xxx.xx9.24.126) le 7 janvier 2012 à 11H31

Que des bonnes nouvelles en fait : moins cette industrie sera rentable et moins elle se développera. C’est un des enjeux du début de l’arrêt de quelques centrales en France : il suffit de mettre la main dans l’engrenage pour que les coûts explosent et que cela s’arrête aussi de manière naturelle. Commençons par fermer Fessenheim... et quand il n’y aura plus que l’EPR le coût du kwh aura triplé...

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(IP:xxx.xx7.236.155) le 7 janvier 2012 à 12H38

Et combien de postes créées pour installer en 2010 7GW de photovoltaique, soit la puissance de plus de 7 réacteurs nucléaires installée en moins d’1 an ! http://www.photon-magazine.com/news...

Et combien d’emplois pour sécuriser et démonter ces centrales à l’arrêt ?

Alors qu’en France, c’est 18000 emplois rayés par la signature d’un moratoire rétroactif sur le photovoltaique.

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par Hervé (IP:xxx.xx7.188.81) le 8 janvier 2012 à 17H30

@ IP:xxx.xx7.236.155

7GW de solaire "remplace"(sauf la nuit et pas beaucoup en hiver) à peu prés l’energie produite par 1/2 réacteur et pas 7 pour un investissement de l’ordre de 20 milliards d’euros actuellement (cout du panneau + pose).

Les productions solaire et nucléaire ne sont pas directement comparables. La première est dispo parfois, l’autre pratiquement tout le temps.

En principe remplacer une activité qui occupe un poste par une activité qui en occupe 10 coute aussi plus cher.

En terme d’emploi les ENR sont un gisement énorme. On peut foncer la dedans ça créera plein d’emplois. Simplement, quant des français auront payé leur facture d’electricité verte, ils n’iront plus acheter leur bouffe car ils seront ruinés. Ce qui est gagné d’un côté sera perdu de l’autre. Une simple question de priorité en somme.

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(IP:xxx.xx7.236.155) le 9 janvier 2012 à 00H06

Bravo d’avoir compris que le photovoltaïque ne produit pas la nuit ! C’est pourquoi on utilise à la fois l’hydraulique, la co-génération à partir de biomasse et l’éolien, afin que les sources se complètent. cf http://www.agoravox.fr/actualites/e...

Je confirme que quand le photovoltaïque allemand produit à plein, soit 17,3GW (dont 7,3 installés en 2010), il remplace en fait 20,6GW de nucléaire (soit 22,8 réacteurs de 0,9GW) car le nucléaire centralisé oblige à produire 19% en plus pour la consommation de la filière et les pertes réseau du à la centralisation.

Et l’éolien a une puissance installée de 27,2GW en Allemagne pour les nuits (cf page 2 http://planete.blogs.nouvelobs.com/...).

Et l’installation des ENR en Allemagne a créé plus de 367 400 emplois (cf page 9) ! Mais il s’agit des emplois pour l’investissement initial, pas pour l’exploitation.

Et le photovoltaique produit aujourd’hui à 0,10€/kWh en France, soit moins cher que le prix de vente EDF (0,13€/kWh), et l’éolien est acheté à 0,08€/kWh, donc le nucléaire n’a juste plus aucun intérêt. (cf http://www.lesechos.fr/entreprises-...)

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(IP:xxx.xx1.57.113) le 9 janvier 2012 à 18H27

L’article d’agoravox raisonne sur des valeurs moyennes, pas de démonstration d’équilibre instantané. Pour info le Danemark a déjà couplé la cogénération avec l’éolien mais c’est largement insuffisant. De mémoire, leur Mix plafonne à environ 20%. Ils doivent négocier du stockage avec les lacs de Norvège pour aller plus loin. Actuellement, seuls les pays disposant de grosses ressources en hydraulique de lac peuvent intégrer les ENR de type Solaire et atteindre 100%.

Quelques petits rappels techniques :

- Le solaire a un taux de fonctionnement (chez nous) de l’ordre de 12%. Donc si par moment il peut remplacer les centrales classiques, ce n’est que par moment... De ce fait son utilisation sera limitée. En France, on pourrait intégrer 20GW crête facilement, mais ça ne remplacera qu’environ 2 EPR, pas plus. Aller au delà est possible mais plus compliqué.

- L’hydraulique (ENR géniale) ne peut se faire que si l’on dispose de montagnes en pente parcourues par des rivières. En France on est au quasi max pour environ 10 à 15% du mix dont seulement une partie (hydrau de lac) pourra réellement être affectée au soutien des autres ENR. C’est très insuffisant pour un mix à 100%. De plus elle dépend de la pluviométrie ce qui fait qu’on ne peut pas trop y compter quand même.

- La cogénération est un moyen de production d’électricité combiné à une production thermique afin d’éviter les pertes. Lorsque elle est réalisée avec la biomasse, elle devient un moyen de production ENR. C’est un très bon complément en hiver lorsque on a besoin de chauffage thermique (C’est une des rares forme d’énergie ENR qu’on peut stocker facilement sur une longue durée et dont la disponibilité est garantie dans la limite de la nécessité d’usage de l’énergie thermique associée). Elle est donc lourde à mettre en marche et pas dispo tout le temps en pratique. (Mais c’est à développer).

- L’éolien produit quant il en a envie. En foisonnant les trois régimes de vent dont nous disposons, on a un très bon potentiel en France, ce qui rend son exploitation possible à grande échelle pour un mix qui pourra atteindre environ 80% ENR(si on a envie de massacrer nos paysages avec des machine et des lignes THT...)

A ce stade, des solutions examinées, rien qui permet de garantir l’appro Elec totale du pays : de faire un 100%. On doit donc de toute façon rajouter en plus des centrales à gaz en complément pour garantir la fourniture. (Centrales qui fonctionneront très peu, mais qu’il faudra fabriquer de toute manière et donc payer).

- La "décentralisation" de l’électricité ENR est un mythe (en fait un problème plutôt qu’un avantage car elle est réellement décentralisée mais pas ou il faut !). L’argument que c’est avantageux est vrai à petite échelle, lorsque toute la production peut être utilisée localement, mais archi faux lorsque les ENR représenteront une part importante du mix. Le foisonnement des diverses sources d’énergies qui produisent aléatoirement aux quatre coins du pays passe par un renforcement très important du réseau THT et MT. Actuellement le parcours moyen de l’énergie dans les réseaux de transport est de l’ordre de 100Km, ce sera beaucoup plus en Mix fortement ENR. Voir l’exemple allemand ou l’éolien est encore relativement faible : http://www.lemonde.fr/planete/artic...

Dans la pratique, réaliser un mix fortement ENR nécessite :
- De multiplier les sources pour pallier à l’intermittence
- De renforcer les réseaux électriques pour assurer le foisonnement
- De revoir tout le système contrôle commande du réseau

C’est bien entendu possible mais tout ça va rendre l’électricité extrêmement chère. En Allemagne elle est déjà presque le double qu’en France, et les prix risquent de monter encore.

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(IP:xxx.xx2.6.198) le 9 janvier 2012 à 23H25

L’article d’agoravox raisonne sur la production annuelle et l’enveloppe de la production instantanée : les chiffres de la production photovoltaïque nationale ne sont pas encore disponibles chez RTE. Et à moins que vous y ayez accès, vous ne pourrez guère faire mieux.

Mais c’est bien sur la production instantanée que les différentes ENR peuvent tout à fait remplacer totalement les centrales fossiles : chaque source renouvelable, pendant un moment, produire la puissance totale consommée, puis laisser la place à une autre des sources disponibles, avec en dernier ressort le lancement des sources commandables, hydraulique de barrage ou co-génération biomasse.

Et je vous confirme bien que lorsque les 17,3GW de photovoltaïque allemand produisent en instantané leur puissance crête, ils remplacent bien en instantané 22,8 réacteurs nucléaires de 0,9GW, compte tenu du très mauvais rendement de l’industrie nucléaire : ceci est en instantané, mais il semble que tout d’un coup vous préfériez comparer avec la production annuelle moyenne ?

L’autre avantage du photovoltaïque et de la co-génération biomasse, c’est que la production répartie dans chaque maison ou au moins dans chaque village, consommée sur place, vient soulager les lignes de transport, qui sont aujourd’hui chargée par les centrales fossiles. Si les éoliennes ne peuvent pas passer leur production sur le réseau actuel, c’est seulement parce que les centrales fossiles sont privilégiées et chargent le réseau THT.

Mais le vrai problème est que les sociétés d’électricité privées n’aiment pas la production domestique, parce qu’elle ne paye pas de péages sur leur réseaux : seule solution, repasser en régie la gestion du réseau de distribution électrique appartenant aux communes, comme pour l’eau potable !

Alors comme par magie, on verra le mix ENR devenir moins cher que les énergies fossiles, tout en diminuant la dette extérieure de la France, qui est composée pour 94% (47,7 milliards d’euros) d’importations d’énergies fossiles.

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par Hervé (IP:xxx.xx5.64.43) le 11 janvier 2012 à 00H04

Par magie bien entendu... On comprend mieux comment ça marche : Lorsque le soleil se couche sur l’Allemagne, le vent se lève automatiquement pour remplacer, bien sur, bien sur ! Et s’il manque un peu, il y a aussi le père noël qui habite en Laponie, c’est pas très loin ça aide...

Autre info, les allemands sont en train d’essayer un mix fortement ENR sur une île. Pour le moment, ça va être très dur... Voir :http://www.laliberte.ch/info/sortie...

Pour info, une partie très significative des 47G€ de la dette énergétique de la France est constituée de pétrole ou de gaz. Energies fossiles qui servent pas mal dans les transports et l’industrie et le chauffage. La aussi je suppose que vous avez prévu la biomasse en remplacement. (L’oxydo-réduction au charbon de bois ou le gazogène pour les transports ?).

Vous êtes sur qu’il y aura assez de biomasse en France pour répondre a tout ces besoins en même temps ? Moi je ne suis pas vraiment convaincu.

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(IP:xxx.xx2.6.198) le 11 janvier 2012 à 01H13

Le père Noel, c’est tout ce qui reste pour recuperer les tonnes de matières toxiques et radioactives éparpillées par Tchernobyl et Fukushima, et tous les autres accidents et leurs conséquences, oubliés ou dont on n’a pas entendu parlé, par exemple à cause de la main-mise de l’AEIA sur l’OMS. Et le père noël, c’est la seule sécurité prévue dans les centrales nucléaires contre les accidents imprévus...

Il se trouve que le vent et le photovoltaique sont naturellement complémentaires, et que l’hydraulique et la cogénération biomasse viennent compléter les quelques moments nécessaires.

Et il faut bien sûr éliminer les gaspillages flagrants, comme le chauffage électrique, qui est interdit dans les pays qui savent gérer un réseau électrique.

Pour les énergies fossiles importées, toutes les applications de chauffage sont remplaçables par du solaire thermique et la cogénération biomasse. Et les solutions électriques pour le transport sont justement conçues avec du stockage, qui peut exploiter les pointes naturelles des sources renouvelables.

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par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 12 janvier 2012 à 13H43

Ah non, pas Tchernobyl, c’est devenu la première destination touristique d’Ukraine. Si le Père Noël la nettoie, c’est comme raser la tour Eiffel chez nous !

Concernant la complémentarité du vent et du soleil, cela voudrait dire que lorsque l’un produit, l’autre s’arrête et vice versa. C’est pas trop comme ça que ça se passe en pratique, de ce que j’ai pu constater. Il est vrai que des fois ça se complète, mais pas toujours loin de là. La productivité moyenne de l’éolien en hiver est effectivement un peu plus élevée qu’en été, mais ça ne compense pas l’effondrement du solaire l’hiver, en moyenne et encore moins en valeur instantané. On passera forcément par un recours aux fossiles dans un premier temps. Après il faudra voir l’évolution des techniques de stockage...

Concernant le chauffage solaire, on peut s’attendre à un comportement similaire aux actuels chauffe eau solaire, c’est à dire une très bonne productivité l’été, beaucoup moins bien l’hiver, surtout dans le nord. Dans votre "modèle" c’est principalement la biomasse qui va devoir éponger tous les manques (pas d’hydraulique ou d’éolien si vous supprimez le chauffage électrique). L’ennui, c’est que cette ressource est limitée, surtout si on n’utilise pas d’engrais. Pas de quoi assurer tout ce que vous prétendez. Mais bon, on peut toujours rêver.

De toute façon, le seul chantier de la rénovation des bâtiments et des économies d’énergie en vue de passer le PeakOil sans trop de casse est déjà gigantesque, voire même infaisable. Alors vouloir en même temps passer au 100% ENR, c’est de la folie pure.

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(IP:xxx.xx7.236.155) le 13 janvier 2012 à 12H01

"par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 12 janvier 2012 à 13H43

Ah non, pas Tchernobyl, c’est devenu la première destination touristique d’Ukraine. Si le Père Noël la nettoie, c’est comme raser la tour Eiffel chez nous !"

Votre manque de respect pour les morts, les blessés et les populations déportées de Tchernobyl est dégoutant.

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par Hervé (IP:xxx.xx7.188.81) le 14 janvier 2012 à 11H29

Bonjour, je cite un fait c’est tout. Lien : http://www.courrierinternational.co...

Le choix de conserver la zone interdite en l’état est un choix Ukrainien. Le site est devenu la première destination touristique de ce pays. La Biélorussie toute proche a fait le choix opposé.

Les lieux de catastrophes deviennent souvent des sites touristiques. Je ne pense pas que ce soit condamnable. Par exemple Malpasset en France Lien : http://www.frejus-saint-raphael.com.... Les sites nucléaires ne semblent pas échapper à la règle. La centrale de Three Mile Island aux états unis se visite aussi.

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