Ce que le Grenelle de l’éducation ne prend pas en compte en ce moment c’est que la révolution culturelle, dont il est de plus en plus question, est déjà en marche et depuis des années. Elle conduit cette révolution à un changement de posture radical de toute personne, vis à vis de la nature et vis à vis du corps social.
Les réflexions menées en ce moment sur l’éducation dans le cadre du Grenelle de l’environnement sont bien décevantes à bien des égards. Tournant toujours autour du seul ministère de l’Education nationale, traitant de programme, de disciplines, de connaissances...alors que c’est de méthodes, de projets, de savoir être et valeurs que nous devrions parler.
C’est une nouvelle culture qui est en émergence, là sous nos yeux. L’éducation doit être mobilisée certes mais aussi avec elle tous les autres leviers que sont la formation, l’information et la sensibilisation. Hélas dans le groupe éducation du Grenelle ce n’est pas ce qui est en train de se passer.
Cette nouvelle culture en émergence qui pourra donner une
chance à l’humanité de sortir de la crise écologique et sociale où elle se
trouve, exige une école qui donne sa place à la nature et à une nouvelle
pratique citoyenne, ce sont les deux jambes de l’EEDD (éducation à
l’environnement vers un développement durable).
Nous avons à changer fondamentalement notre relation avec la nature pour passer
de la culture de la domination à une culture de l’attention. C’est un chemin
immense, le début de ce chemin ne peut se faire que dans la rencontre intime de
la personne avec les plantes, les bêtes, l’eau, la pluie, la nuit... Il suffit
pour s’en convaincre d’observer un enfant s’émerveiller de la magie de la
germination... Les humains ont à découvrir qu’ils ne sont pas seulement dans la
nature mais qu’ils sont de la nature... partis avec tout le vivant il y a tant de
temps dans la même aventure.
Nous avons aussi à préparer des jeunes (et tous les citoyens) actifs dans la société,
prêts à participer et pas seulement au jour de la catastrophe pour ramasser le
pétrole sur les plages ou faire le planton devant une décharge comme à Naples,
mais participer en étant informés et en anticipant pour trouver l’harmonie et l’équilibre
dans le territoire qu’on habite, comme toute bonne mère ou père de famille
le fait pour sa maison.
Nous avons à nous préoccuper de la capacité de faire des choix plus que des connaissances.
Jean-Jacques Rousseau disait que les malheurs des hommes leur venaient plus de
l’erreur que de l’ignorance. Il a raison, pourquoi tout axer comme ça sur la
connaissance, quand nous devons nous préparer à faire des choix individuels et
collectifs, pour cela il faut être informés, il faut entendre les positions et
arguments des uns et des autres, il faut en un mot apprendre à débattre, c’est
le coeur du propos de l’EEDD.
Au même titre qu’il y a un bonheur à être dans la nature (plaisir terriblement subversif puisqu’il est gratuit) il y a un bonheur à débattre entre citoyens et à sentir ce corps social commencer à palpiter sous nos yeux.
Rendre l’usage à chacun de ces deux jambes, c’est ce que nous devons répandre dans toute la société.
La déception n’est pas très étonnante. Cette nouvelle culture, cette révolution culturelle, ne peut provenir que de la marge. Elle ne pourrait provenir des institutions et être en même temps porteuse de changements fondamentaux. Enfin, AMHA ;-)
Ce texte résonne avec mes conviction profondes et mes moteurs d’action !
Je serais très heureuse que vous acceptiez de rejoindre nore réseau Apprendre 2.0 : il me semble qu’il y a matière à avancer ensemble sur ces questions fondamentales !
http://apprendre2point0.ning.com/
NB Ce réseau est ouvert à tous ! ;-)
rien de nouveau par rapport à vos derniers articles donc ...
i want my 5 minutes back !
Oui :"il faut en un mot apprendre à débattre, c’est le coeur du propos de l’EEDD." Et pour ce faire il faut créer de nouveaux outils publics de réflexion et de débat ; la méthode de ces nouveaux débats devant aussi être innovante et rompre avec nos habitudes de tout couper en petits morceaux parce que débattre thématique par thématique est un enfermement et un sans issue ; le débat doit être "politique" c’est à dire global , porter sur le sens , la direction , le projet de société ; les thématiques ne sont là que pour saisir la logique qui les unit (élaboration d’un diagnostic sociétal,d’un état des lieux ) et nous permettre de faire émerger une vision de l’avenir : un projet de société . C’est ce que je demande par exemple à Christine Albanel : créer ce genre d’outil sur la TV publique , merci de donner un coup d’oeil et soutenir ma
Proposition à l’attention de Madame Christine Albanel postée le 5/02 /2008 sur http://forum.gouv.fr/article.php3?i...
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