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Un artiste danois a voulu colorer le Mont-Blanc en rouge

La peinture n’a pas été versée mais les saletés restent .

Article publié le 6 juin 2007

Le plus haut sommet de l’Europe occidentale est devenu une autoroute pour alpinistes au prix de dégradations permanentes qui inquiètent et font réagir.

mont_blancOn ne va pas épiloguer toute la journée pour savoir si c’est de l’art ou du cochon, toujours est-il que l’artiste danois d’origine chilienne, Marco Evaristti (43 ans), dont je vous parlais dès décembre dernier, a bel et bien confirmé son intention de barbouiller de peinture rouge le sommet immaculé du Mont Blanc. Et une nouvelle fois, il a juré devant les journalistes que son « happening » écolo-culturel n’a rien d’un truc promotionnel mûrit dans l’esprit d’un illuminé en manque de notoriété mais qu’il s’agit d’un manifeste sérieux pour attirer l’attention sur les méfaits de la pollution provoquée par l’homme, l’alpiniste du dimanche en l’occurrence.

Evaristti, qui s’était fait connaître à ses débuts en exposant des poissons rouges dans des bols mixeurs que les visiteurs pouvaient actionner pour hacher menu les petites créatures aquatiques -une cruauté qui lui avait valu le protestations des associations de défense des animaux- le confirme ; il veut « tirer la sonnette d’alarme contre les dégâts occasionnés par les touristes dans les Alpes ».

Son cri de colère devait être rouge sur fond blanc, évalué à 45.000 euros, somme nécessaire pour verser avec l’aide de 15 assistants quelques 1200 litres de peintures biodégradables au sommet (4807m) du Mont Blanc et créer ainsi une tache mesurant 2500 m2. Évidemment, ce créatif qui a fait du tapage et de la provoc un mode d’expression artistique n’a pas prévenu les gendarmes du moment de son intervention mais eux ont réussi à lui passer les menotes, hier, et pourraient le poursuivre "pour atteinte au code de l’environnement".

Si la démarche de Marco Evaristti fait évidemment polémique, le constat sur lequel il base son action est incontestable. Le Mont Blanc de l’avis de tous ceux qui se préoccupent de son sort est devenu un supermarché du tourisme où se croisent en moyenne quelques 20.000 alpinistes chaque année pas tous respectueux, loin de là, de la nature ni de la propreté du lieu mythique.

Selon Jean-Marc Peillex, le maire de Saint-Gervais-les-Bains qui veut régulariser l’accès des alpinistes à ce site classé et avait organisé le 24 septembre dernier une journée de nettoyage de la montage, le Mont Blanc est de nos jours plus une décharge à ciel ouvert qu’un glacier. Il l’a écrit noir sur blanc dans un communiqué récent, Evaristti a lui voulu l’exprimer en badigeonnage rouge. Cela n’a pas marché mais a premis de parler, au moins, de la bonne cause.

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commentaires
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par L'Enfoiré (IP:xxx.xx9.185.244) le 6 juin 2007 à 13H22

Personnellement, je ne suis pas d’accord. Même biodégradable, cela laisse des traces. La protestation doit venir de l’intérieur, pas interagir en appliquant ses idées fofolles sur la nature elle-même. Bientôt il faudra appeler Greenpeace pour empêcher ce genre de manifestation. Un comble.

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par Le Chacal (IP:xxx.xx5.35.184) le 8 juin 2007 à 14H59

Ce genre de comportement est d’une stupidité crasse. Parce que le site est menacé, on doit le dégrader davantage ?

Une peinture biodégradable. Comment ? Par action de l’air ? de la Lumière ? de micro-organismes ? Comment aurait-elle été dégradée dans la glace à plus de 4500m d’altitude ? Sans oublier l’influence sur l’albedo du somment qui aurait conduit à une accélération de la fonte du glacier sommital.

Dans le même genre d’idée, demain, je fais parler de la destruction de la forêt équatoriale en y faisant un immense feu de joie. A moins que je ne me décide à parler de la faune aquatique en échouant un tanker sur les plages espagnoles... quoiqu’on me signale que certains l’ont déjà fait...

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par robert (IP:xxx.xx0.252.249) le 15 juin 2007 à 15H17

Une fois encore, le conformisme et le moutonisme bien-pensant ont frappé, à en juger cet article et les 2 commentaires précédents.

Oui, la penture bio-dégradable, ça existe et même si elle ne l’était pas, sommes-nous vraiment à cela près ?

Si, selon l’article, le Mont Blanc est déjà une décharge à ciel ouvert -fait que je déplore- , pourquoi s’offusquer de la sorte pour 1200 litres de peinture ? D’autant plus que la démarche est louable, la preuve : on en parle !

Quant à comparer la démarche de cet artiste à un feu de joie dans la forêt équatoriale, c’est un amalgame qui fait joli mais qui est extrêmement facile et tout-à-fait hors sujet puisque ce "happening" n’aurait fait que dégrader momentanément le site en question, déjà passablement pollué.

Le manichéisme somnolent n’apporte aucune réponse, je préfère de loin la provocation, même rouge !


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