
photographie : Olivier Martin Delange
Vivant dans une zone urbaine des plus denses il nous est difficile de parvenir à trouver un paysage dont toute trace d’intervention humaine immédiate est invisible. On peut toutefois s’en donner l’illusion en quelques rares endroits in situ, et plus facilement par le truchement de la photographie in visu. Olivier Martin Delange s’emploie à cet exercice avec obstination et talent.
Mais pourquoi cherchons nous cette illusion de paysage vierge, ce mythe de l’espace qui n’est pas transformé par la main humaine ?
Je n’ai pas de réponse toute faite ayant peu travaillé sur cette problématique précise mais c’est un point récurent chez les écologistes qui parlent de la beauté de la nature et de l’expérience grisante qu’ils en retirent. Dans les textes quelques peu « puristes » des auteurs les plus emblématiques ou les plus engagés c’est dans la mesure où la nature est une altérité à l’humanité qu’elle attire (elle terrifie pour la même raison d’ailleurs).
Pour que la nature face écho à l’humanité et qu’elle conserve son altérité absolue aucune trace humaine ne doit l’altérer. Ainsi les terres qui font rêver sont réputées « vierges » de même que les profondes forêts primaires ou forêts « vierges »… mais l’aventurier souhaite voir ces sites… pourtant la simple visite est une source d’inévitables interactions avec le milieu naturel qui dès lors n’est plus vierge… quel horrible paradoxe !
Et voilà un des moteurs à catastrophe les plus courants : notre recherche de contact avec la nature, d’originalité et d’espaces vierges de toute intervention humains ont entraîné une fâcheuse tendance au tourisme… toujours plus loin, plus nombreux et plus destructeurs.
Pour corriger le tir, certains opérateurs de vacances clé en main proposent une formule pour l’écotourisme (plus ou moins rigoureux), mais quelques soient les efforts consentis, voyager pollue plus que rester chez soi… Des comportements et des valeurs culturels sont à réviser en la matière…
Heureusement, pour l’œil avisé la nature, est toujours et en partout « autre ». Son altérité n’a pas besoin de beaucoup d’espace, ni de beaucoup de temps pour se manifester comme il en est dans le parc où cette photo a été prise.
par la Mouche du coche (IP:xxx.xx2.22.240)
le 8 août 2008 à 10H38
.... ??????
par Andydrew (IP:xxx.xx6.69.51)
le 8 septembre 2008 à 15H56
Pareil !
... ? ? ? ? ? ?
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