Quand la presse quotidienne Canadienne nage en plein humour noir, sans même s’en apercevoir.
Jeudi 13 septembre. Le très populaire Globe and Mail, quotidien de Toronto, placarde un bandeau en une de l’édition du jour à propos de la publication annuelle par le « World Conservation Union » de la liste des espèces animales menacées.
Au pays des sables bitumineux, modèle de plaie écologique, et du très « écolo-rigide » Stephen Harper, c’est toujours une divine surprise qu’une couverture traite d’une question relative à l’urgence de préserver notre environnement. Un article d’une demi-page, en page 3 du cahier principal détaille, photos et schémas à l’appui, la progression fulgurante de la menace (39% des espèces animales étudiées sont menacées).
On se prend à rêver à une sincère prise de conscience des média locaux, prémice possible d’un changement des mentalités et de la culture très nord américaine de l’Ontario.
Mais non, aucune chance !
Le même n° du Globe & Mail propose un cahier de 32 pages consacré à l’automobile.
32 pages, soit 12 de plus que le cahier des informations générales. Parmis lesquelles plus de 13 pages de publicité. Rien de moins. Inutile de faire un dessin.
Avec une accroche de couverture également alarmiste sur la baisse des ventes de pick-ups, monstres locaux surdimensionnés et ultra polluants. Vraiment angoissant !
Voilà la triste vérité. Le monde KO debout doit continuer de tourner, l’automobile reste une mine de publicité, signe de la bonne santé de ce marché des machines à gazer notre bonne terre. Et le coup de grâce pour les optimistes qui se satisfont d’un article écolo en demi page intérieure.
L’autre demi page est occupée par une belle pub pour BMW. Tragique !









